« Bonjour à toutes et à tous, c’est David Guiraud, maire de Roubaix ». À son bureau, dans l’escalier de l’hôtel-de-ville ou bien installé dans les tribunes du vélodrome… l’ex-député insoumis reste, dans la droite ligne de sa campagne, très actif sur ses réseaux sociaux. Sur Instagram où il compte plus de 500 000 abonnés, deux de ses récentes vidéos dépassent même le million de vues, signe que son audience s’étend très au‐delà de la ville aux mille cheminées, ravie à la droite le 22 mars dernier.
Si sur le fond, son début de mandat est tout sauf spectaculaire [lire plus bas], David Guiraud veille néanmoins à rester visible. « À Roubaix, on n’avait jamais vu un maire qui se met autant en scène », note Rémi Lefebvre qui n’en est toutefois pas surpris : la communication digitale est l’une des forces de l’ex-parlementaire de 33 ans, un enfant de la télé et des réseaux sociaux. C’est par ailleurs également la marque de fabrique de Jean‐Luc Mélenchon et de LFI.
« Pour l’instant, David Guiraud ne peut pas faire grand‐chose d’autre que de communiquer, décrit le chercheur qui publiera à la mi‐août une longue analyse des élus insoumis (Faire parti autrement ?, Raisons d’agir Editions). Il sait qu’il a été porté par un très fort désir de changement… mais il sait aussi qu’il faut des mois pour que la machine municipale se mette en branle, poursuit le politiste. Les grands projets mettent quant à eux plusieurs années à se concrétiser. »
« Il veut faire du buzz, c’est facile de raconter n’importe quoi dans une vidéo »
Dans l’attente de réalisations à mettre en avant, le maire vise un unique objectif dans ses vidéos : valoriser son action et celles de ses équipes, par ailleurs encore en cours de constitution ; le recrutement d’un nouveau directeur général des services est notamment prévu pour la rentrée.
Mediacités a dénombré 16 vidéos face caméra du maire depuis son élection. S’il peut sembler élevé, ce rythme de publications est au contraire décrit comme faible par son entourage. Son activité sur les réseaux sociaux, déjà inédite à Roubaix, n’aurait ainsi pas encore atteint son rythme de croisière.
Costard‐cravate, barbe bien taillée, coiffure soignée avec toujours ses emblématiques lunettes rondes sur le nez, le nouveau maire n’hésite pas, dans ses vidéos, à s’attribuer des succès hérités de son prédécesseur, à mettre en scène des fausses innovations, ou encore à grossièrement noircir le bilan de l’ancienne municipalité.
Fin …