ÉDITO – Mécénat des temps modernes

Une expo consacrée au génie de la Renaissance ouvre cette semaine à Paris. Chez Mediacités, nous avons choisi de vous parler d'un autre Vinci, passé maître dans l'art d'engranger les profits sur le dos des contribuables, grâce aux concessions autoroutières et aéroportuaires que l’État et les collectivités lui ont accordées.

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Image d’illustration

Tous les médias nationaux (parisiens ?) en parlent : un génie de la Renaissance, une exposition exceptionnelle qui ouvre ses portes cette semaine, des œuvres jamais sorties d’Italie exposées sur les cimaises du Louvre, les proportions parfaites de l’homme de Vitruve… Vous l’avez ? Bravo. Mais à Mediacités, c’est d’un autre Vinci que nous avons choisi de vous parler. Un géant, lui aussi, mais avec une approche nettement plus industrielle de la peinture, de l’architecture ou des transports. Un maître du Sfumato, là encore, mais dont le voile flou et vaporeux entoure non pas d’énigmatiques Mona Lisa, mais des contrats passés avec L’État et les collectivités locales. Un artiste, incontestablement, mais dans la manière de maximiser ses profits sur le dos des contribuables, en exploitant les failles des concessions autoroutières et aéroportuaires que les pouvoirs publics lui ont accordées.
 
Illustration cette semaine dans nos éditions lyonnaise et nantaise. Dans la première, nous dévoilons comment la filiale aéroportuaire du géant du BTP pioche dans la trésorerie des aéroports de la région, pourtant biberonnés aux subventions publiques, pour se verser de généreux dividendes. Dans la seconde, où nous avions révélé des pratiques équivalentes il y a quelques mois, nous nous intéressons cette fois à une cagnotte accumulée en vue de la construction de Notre-Dame-des-Landes. 121 millions d’euros qui, malgré l’abandon du projet, pourraient définitivement finir dans les poches de Vinci. François Ier fut le mécène de Léonard ; l’État et les collectivités semblent jouer le même rôle pour Vinci. Pas sûr, cette fois, que le public y trouve son intérêt.

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Par Benjamin Peyrel