Depuis plus de trente-cinq ans et les premières lois de décentralisation, tous les gouvernements successifs renforcent les responsabilités des élus locaux. Certains tentent aussi de rationaliser le « millefeuille territorial ». Tous ces efforts ont-ils permis de faire progresser la démocratie au niveau local ?

Sans aller jusqu’à dire que la décentralisation n’a fait que conforter des féodalités aux mains de barons locaux, la situation actuelle n’a rien de réjouissante. En raison du système électoral majoritaire, le maire qui souhaite être autocrate dispose de tous les outils pour l’être - et ce sans pouvoir être inquiété. Il peut démettre ses adjoints de leurs délégations, ce qui lui confère un pouvoir de pression énorme vis-à-vis de sa majorité. Ses opposants se comptent sur les doigts d’une main. Et il ne peut pas être renversé par le conseil municipal.          

Le pouvoir des maires est d’autant plus exorbitant qu’ils ne disposent d’aucun contre-pouvoirs face à eux - ou si peu - et qu'ils n’ont de comptes à rendre à personne. Ce déséquilibre est susceptible d’entraîner de véritables catastrophes locales. C'est grave : les collectivités gèrent des budgets considérables et mènent des politiques qui ont un impact non négligeable sur la vie quotidienne des Français.

Comment expliquez-vous un tel déséquilibre au pays de Montesquieu, le théoricien de la séparation et de l . . .

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