Ces villes du Nord et du Pas‐de‐Calais qui pourraient basculer à l’extrême droite

Boulogne-sur-Mer, Lens, Cambrai, Calais… Poussé par les scores historiques enregistrés dans des dizaines de villes du Nord et du Pas-de-Calais en 2024, le Rassemblement national compte bien s’appuyer sur ces territoires pour remporter de nombreuses mairies en mars 2026. Mediacités fait le point sur celles où le parti lepéniste pourrait renverser la majorité.

Cambrai, Liévin, Carvin et Denain (sur le montage-photo) font partie de la dizaine de villes de plus de 15 000 habitants du Nord et de Pas-de-Calais que le Rassemblement national espère faire tomber dans son escarcelle aux prochaines municipales. Illustration : Facebook des candidats RN + montage Mediacités

En 2007, Marine Le Pen choisit Hénin‐Beaumont, commune ouvrière du bassin minier de 26 000 habitants au cœur du Pas‐de‐Calais pour parachever son ascension au sein du Front national (FN). Elle n’y a pas d’attaches, mais convertira ce territoire traditionnellement acquis à la gauche comme son fief au fil des années, bien aidée par Bruno Bilde et Steeve Briois, deux figures locales importantes pour le parti.

Une ascension aussi permise par les scandales qui s’accumulaient du côté des maires de gauche : à Hénin‐Beaumont, il y a d’abord eu Gérard Dalongeville, révoqué par le Président de la République après sa mis en examen puis sa condamnation pour détournement de fonds publics, puis Daniel Duquenne, déclaré inéligible car la fonction qu’il occupait l’interdisait de candidater à une élection, et enfin Eugène Binaisse, condamné pour favoristisme.

Dès 2014, Hénin‐Beaumont devient la première commune du Pas‐de‐Calais à basculer aux mains du FN, et c’est Steeve Briois qui réussit l’exploit. Le candidat d’opposition avait vu ses scores progresser régulièrement, d’élection en élection. Depuis, la ville est devenue un vrai laboratoire local pour le parti, qui remporte six ans plus tard, une autre commune importante : Bruay‐la‐Buissière, qui compte 22 000 habitants, avec Ludovic Pajot.

Faire mieux qu’en 2020

Mais globalement, ces élections de 2020, tenues dans le contexte particulier de la crise Covid, douchent les ambitions que le Rassemblement national (RN) nourrissait dans d’autres communes du Nord et du Pas‐de‐Calais. En 2026, les espoirs renaissent : le parti a connu une percée inédite lors des récents scrutins, avec de nombreux nouveaux députés élus en 2022, ou en 2024.

Dans ces deux départements, le RN compte sur l’expérience des candidats pour faire la différence. Bien que beaucoup soient jeunes, ils sont nombreux à s’être formés directement dans la machine du parti, dans l’entourage des élus : à l’Assemblée nationale, au Parlement européen, et surtout à la mairie d’Hénin-Beaumont ou de Bruay‐la‐Buissière.

Mais la dizaine de grandes villes qui pourraient basculer aux mains du RN ont longtemps résisté. Les maires sortants, dont un certain nombre prévoit de se représenter, ont quasiment tous été réélus dès le premier tour en 2020. La popularité nationale du RN suffira‐t‐elle à les renverser ? Que se passera‐t‐il dans les communes où les maires historiques seront absents du prochain scrutin ? Mediacités décrypte les défis qui attendent le parti, qui voit déjà plus loin : remporter pour la première fois la présidence d’une agglomération et obtenir un groupe au Sénat en septembre prochain.

Calais :  Marc de Fleurian (RN)  vs Natacha Bouchart (Divers droite)

 

Cambrai :  Stéphane Maurice (RN)  vs Nicolas Siegler (Divers droite)

 

Lens :  Bruno Clavet (RN)  vs Sylvain Robert (PS)

 

Liévin :  Dany Paiva (RN)  vs Jérôme Darras (PS)

 

Béthune :  Alexandre Maaseele (RN)  vs Olivier Gacquerre (UDI)

 

Boulogne‐sur‐Mer :  Antoine Golliot (RN)  vs Frédéric Cuvillier (PS)

 

Carvin :  Arnaud de Rigné (RN)  vs Philippe Kemel (PS)

 

Douai :  Thierry Tesson (RN)  vs Frédéric Chéreau (PS)

 

Denain :  Joshua Hochart (RN)  vs Anne‐Lise Dufour‐Tonini (PS)

 

Caudry :  Mélanie Disdier (RN)  vs Frédéric Bricout (Divers droite)

 

logo-esj-lilleCet article a été réalisé en partenariat avec les étudiants de Master 2 de l’Ecole supérieure de journalisme de Lille (ESJ Lille). 

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Par Vladimir Benlolo, Vincent Brunet, Victor Giat et Théo Guimier (ESJ Lille) avec Eden Sakhi Momen

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