Opaque. Depuis le début du scandale du lait infantile contaminé, le même adjectif revient pour qualifier le géant de l’agroalimentaire Lactalis, présidé par Emmanuel Besnier. Une culture – un culte – du secret profondément enracinée au sein du groupe de Laval, en Mayenne : à la lumière des dossiers passés du laitier, force est de constater que l’entreprise de la famille Besnier entretient un art certain de la dissimulation.
Craon : petits arrangement (déjà) avec la règlementation
L’usine Célia de Craon est au cœur de ses déboires actuels, mais ce n’est pas la première fois qu’elle cause des tourments à Lactalis. Acheté par le groupe en 2006, le site s’est équipé en 2012 d’une seconde tour de séchage pour produire de la poudre de lait. Celle-ci domine les environs de la bourgade du sud de la Mayenne et les embaume certains jours d’une odeur de vanille. Problème : Lactalis l’a construite un peu vite. L’entreprise entame les travaux (en mars 2012) sans prendre la peine d’attendre les résultats d’une enquête publique, pourtant obligatoire. Or ceux-ci s’avèrent défavorables, en raison notamment de la destruction d’une mare.

Rien de crucial en matière de sécurité alimentaire, mais la méthode témoigne de l’habitude qu’a le groupe de s’affranchir des règles administratives et d’une sorte de sentiment de toute puissance dans son fief mayennais. Lactalis « place les autorités administratives devant le fait accompli », déplore alors le commissaire enquêteur. La justice a d’ailleurs fini par lui donner raison. En juin 2016, le tribunal administratif de Nantes annulait ainsi le renouvellement de l . . .

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