L’analyse de Mediacités

Mis à jour le 10/03/2026
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Soutenir le développement des arts numériques à Toulouse, notamment l’animation et le jeu vidéo, en s’appuyant sur des lieux qui pourront accueillir ces entreprises à valoriser ce savoir-faire auprès du grand public : La Grave, les Argoulets avec le projet privé Icone.

"Cet engagement s’est concrétisé par la candidature de Toulouse Métropole à l’appel à projets France 2030 Pôle territorial des Industries Culturelles et Créatives le 15 octobre 2025", assure le service de presse de la mairie.

L'argument semble faible pour estimer que la promesse a été réalisée. En effet, les lieux ciblés pour accueillir et valoriser le savoir-faire toulousain autour des arts numériques n'ont pas vu le jour. Après avoir gagné l’appel à projet “Dessine moi Toulouse” en 2019, le bâtiment de 16 000 m² nommé Icône Arena annoncé en grande pompe en 2019, devait voir le jour en 2022 dans le quartier des Argoulets. Quatre ans plus tard, ce complexe porté par le promoteur immobilier Edelis et l’agence Stakrn de Montpellier est au point mort. Dédié aux jeux vidéo pour les amateurs et les professionnels, doté d'une école de e-sport, d'un incubateur de start-ups, d'escape game interactifs, de salles de réalité virtuelle et des simulateurs, le projet devait voir le jour sur un terrain appartenant à Tisséo, mais l’agence de transports de la métropole a invoqué des contraintes techniques. Un nouveau lieu était à l’étude en 2023, mais aucune piste alternative ne s'est concrétisée.

“Cela ne nous a pas trop étonnés que ce lieu ne voie pas le jour, car il était surtout orienté vers l’e-sport et il y a eu un éclatement de cette bulle en 2020. Nous étions intéressés par des lieux pour travailler, car il y a peu de studios à Toulouse pour les jeux vidéos”, analyse Julien Barbe, développeur de jeux vidéos et président jusqu’en 2024 du Toulouse Game Dev, une association qui regroupe environ 80 développeurs de jeux vidéos indépendants et organise le salon du jeu vidéo de Toulouse. 

Toulouse Game Dev a néanmoins réussi à obtenir des espaces de travail en 2022-2023 au sein d’un lieu porté par la société de production Bleu citron, en échange d’une collaboration artistique pour un concert interactif mêlant piano et création visuelle au Métronum. Même si la collectivité ne finance pas de projets de développement dans le secteur du jeu vidéo, l’organisation des Toulouse Game Days a obtenu récemment une aide de la métropole.

De même, aucun lieu dédié au cinéma d’animation n’a vu le jour sur le site de la Grave, où le projet de Cité des Arts n’a pas avancé durant ce mandat. Mais le secteur semble davantage soutenu par Toulouse métropole, qui organise depuis 2019 un appel à projets via son fonds de soutien à la production cinématographique et audiovisuelle (600 000 euros de dotation totale en 2025). En 2024, la générale productions et TAT ont reçu chacun une subvention de 50 000 euros pour leurs séries d’animation “Music queer” et “Les aventures de Pil”. La métropole soutient également le festival Cartoon Forum (28 000 euros en 2025), un forum de coproduction dédié au marché de l’animation pour la télévision, qui a lieu en septembre, avec des diffuseurs, investisseurs, et autres partenaires de plus de 40 pays.

Selon Julien Barbe, la volonté politique de la collectivité se situerait surtout dans le soutien de projets croisés, dans le champ des industries culturelles et créatives notamment. “On a été appelés pour des consultations sur un projet de lieux de travail au sein du Grand Matabiau et aussi pour France 2030. Mais à cause du manque de budget de l’État, tout ça est au point mort”, ajoute Julien Barbe. 

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