Ce 19 mars, à la même heure, un match à distance s’est joué entre les deux principaux concurrents du second tour de l’élection municipale à Lille. D’un côté, Arnaud Deslandes, maire sortant et incarnation de près d’un siècle de socialisme sous le Beffroi. De l’autre Lahouaria Addouche, jamais élue, et autoproclamée « candidate du peuple », face à « l’alliance des notables » créée à l’entre-deux-tours. En jeu ? Une écharpe de maire attribuée ce dimanche 22 mars. Mediacités s’est dédoublé pour vous faire l’analyse de ce dernier choc… en mode journalisme sportif : on refait les meetings.
Les terrains
- Lahouaria Addouche et Jean‐Luc Mélenchon jouent à guichets fermés
L’outsider insoumise, surprise du 1er tour de l’élection, avait d’une certaine manière déjà plié le match… avant même le coup d’envoi. L’affluence à son meeting – à laquelle la présence annoncée de Jean‐Luc Mélenchon n’est évidemment pas étrangère – était immanquable. Et pour cause, les quelque 1 500 places de l’auditorium du Grand Palais, n’ont pas suffi pour installer tous les spectateurs.
Dans le hall attenant, plusieurs centaines d’autres ont dû s’asseoir par terre afin d’écouter les orateurs du soir. Au micro, Lahouaria Addouche jubile : « Vous êtes près de 3 000 ce soir [l’ordre de grandeur semble plutôt être 2 000], je crois battre un record. Je prends le temps de savourer un petit peu parce que la majorité actuelle ne me craignait pas… et quand je vous vois en face de moi, je pense qu’ils ont beaucoup à craindre ».
- Au Gymnase, un melting pot inédit de rouge et de vert
Devant la salle du Gymnase – forcément moins grande que le Grand Palais -, qui décidément voit passer beaucoup d’équipes politiques ces dernières semaines, l’heure est à la réconciliation. Les fanions de Stéphane Baly et d’Arnaud Deslandes sont tous les deux de sortie à l’entrée. Des écologistes arborant leur traditionnelle écharpe verte se mélangent aux adjoints de la majorité sortante, après avoir passé six ans dans l’opposition.
Dans les enceintes, résonne la chanson September, d’Earth, wind and fire, dont les paroles semblent célébrer ces retrouvailles : « L’amour était en train de changer les esprits des prétendants / pendant qu’il chassait les nuages ». Nombreux sont ceux qui ont honoré l’invitation à ce mariage. Pourtant, les équipes n’ont prévu étonnament que 180 sièges. Ceux‐ci se révèlent rapidement insuffisants, et de nouvelles assises sont installées à la hâte. Au total, ce sont environ 400 personnes qui se rassemblent. « Je suis très heureux de voir cette salle pleine à ras‐bord, et fier de voir rassemblée la gauche que nous aimons. Nous ne sommes plus très loin de la symbiose », a commenté Arnaud Deslandes, en introduction de son discours.
Les compos
- Dans l’équipe insoumise …