Dimanche 28 juin 2020. Au terme d’un scrutin historique, perturbé par la crise du Covid, Grégory Doucet et Bruno Bernard, inconnus du grand public quelques mois plus tôt, sont élus maire de Lyon et président de la métropole de Lyon. Au sommet de la « vague verte », qui a balayé d’anciennes baronnies dans plusieurs grandes villes de France (Strasbourg, Bordeaux, Marseille, Poitiers…), les vainqueurs du jour s’apprêtent à monter sur scène pour leurs premières déclarations, au Ninkasi, dans le quartier de Gerland. Mais une grande banderole déployée par des militants contre le mal‐logement vient soudain refroidir l’ambiance dans la salle. « Mairie verte ? Maintenant, à Lyon, pas d’expulsion », prévient l’affiche, rapidement retirée par le staff de campagne.
Samedi 17 janvier 2026. Près de 800 personnes s’entassent à la Sucrière, dans le quartier de la Confluence, pour le grand meeting de lancement de campagne de Grégory Doucet. Le maire sortant, en lice pour un deuxième mandat, se trouve dans la position du challenger face au rouleau‐compresseur Jean‐Michel Aulas, candidat de la droite et des macronistes, conforté sondage après sondage. Ce soir‐là, les écologistes se sont fixés la mission de remobiliser leurs troupes et d’imposer l’idée que la partie n’est pas encore jouée, malgré le « backlash » écologique ambiant. Mais dès la première prise de parole, une poignée de militants contre le sans‐abrisme font déraper la communication bien huilée en scandant : « Les écolos mettent les enfants à la rue. »