Demander la suppressions des vols commerciaux de minuit à 6h
Mairie + Métropole Mobilités
Promesse tenue
Promesse de Jean-Luc Moudenc
Liste majoritaire à la mairie de Toulouse
Divers Droite

L’analyse de Mediacités

Mis à jour le 19/05/2025
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En octobre 2004, Jean-Luc Moudenc - alors récemment élu maire de Toulouse - écrivait au préfet pour lui demander l'interdiction des vols de nuit, entre minuit et six heures du matin. Seize ans plus tard, puisque rien n'avait changé, le maire sortant Les Républicains promettait, en 2020, de renouveler sa demande s'il restait au Capitole.

Une fois réélu, l'édile a tenu sa promesse. En décembre 2023, lors d’un conseil métropolitain, les élus de Toulouse Métropole ont voté, à l’unanimité, un vœu commun (groupes des Indépendants, de Métropole Avenir et de Métropole solidaire écologique et démocratique) dans lequel est formulé une demande à la société de l’Aéroport Toulouse-Blagnac "d’arriver à la suppression totale des vols programmés en cœur de nuit d’ici la fin du mandat". 

S’en est suivi la signature d'un Pacte gagnant-gagnant par la Métropole de Toulouse, le 21 mars 2024. Ce texte promet la réalisation d’une étude d’impact sur le transport aérien du trafic aérien et prévoit la mise en place d’un plan pour qu'il n'augmente pas. 

L’étude, menée par le préfet de Haute-Garonne, a été présentée le 27 septembre 2024, en même temps qu’un plan qui propose d’interdire les décollages des vols commerciaux entre minuit et 6 heures du matin et de limiter les atterrissages sur cette même tranche horaire. 

Ces préconisations ont été transmises aux ministères concernés et seraient au cœur d’un désaccord entre la ministre de la Transition écologique et le ministre des Transports. Le texte pourrait être amendé et assoupli pour une mise en œuvre prévue en 2026. 

De son côté, la Métropole de Toulouse n’est pas compétente pour adopter un cadre légal contraignant pour réguler les nuisances sonores aériennes la nuit. Malgré la demande répétée du Collectif contre les nuisances aériennes de l’agglomération toulousaine (CCNAAT), aucun capteur de bruit pour contrôler les nuisances de l’aérien n'a jamais été installé à Toulouse par la Ville, selon Chantal Beer-Demander, présidente du collectif. 

Le Mairie de Toulouse et Toulouse Métropole a donc bien respecté sa promesse de demander la suppression des vols commerciaux de nuit. Sans avoir ni la compétence ni la volonté de s'investir pour y parvenir. À ce compte-là, Jean-Luc Moudenc pourrait à nouveau promettre de demander dans le cadre de la campagne 2026. Cela n'engage pas à grand chose...

Pour preuve, 473 vols commerciaux ont été enregistrés entre minuit et six heures du matin durant l'été 2024 à l’aéroport de Toulouse-Blagnac. Seuls 23 étaient prévus. 

Et mercredi 21 mai, lors de l’étape du Tour de France Décibel Villes, la question des nuisances aériennes n’a pas été mise au programme de la journée de sensibilisation aux nuisances sonores en ville organisée par le Centre d’information sur le bruit (Cidb), en partenariat avec la Mairie. 

Au grand regret du CCNAAT, qui organise un rassemblement, à 8h30, devant le siège de Toulouse Métropole. 

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Maintenir les subventions allouées à la culture

Mairie Culture
Promesse abandonnée/non tenue
Mis à jour le : 09/03/2026
Maintenir notre soutien aux institutions et aux associations culturelles, tant professionnelles qu’amateurs, avec une stabilité des subventions allouées à la culture. Nous nous engagerons aussi à accompagner efficacement nos acteurs culturels dans leurs recherches de financements complémentaires.


Au même titre que les clubs sportifs, les associations culturelles ont subi en 2025 une coupe de leurs subventions, justifiée par la mairie de Toulouse par la baisse des dotations de l’État. Si des réajustements ont eu lieu en cours d’année, seulement 60% du montant alloué l’année précédente n’a dans un premier temps été versé, obligeant les structures à revoir leur fonctionnement et à alléger leur programmation.

En plus des compagnies de spectacle vivant et des centres culturels, particulièrement impactés, cette cure d’austérité a visé les bibliothèques, qui ont encaissé une baisse de 60 % de leur budget «  action culturelle  » et un gel des recrutements avec notamment le non renouvellement des contractuels (-15% des effectifs entre septembre 2024 et septembre 2025, selon la CGT), obligeant les structures à s’adapter en fermant certains jours. Plusieurs bibliothèques de quartier craignent à moyen terme leur fermeture définitive, comme Bonnefoy, Ancely, Duranti, ou Roseraie.

Cette récente cure budgétaire n’est pas la première. En 2021, le soutien au secteur culturel a été amputé d’un million d’euros, passant de 7 à 6 millions d’euros. Argument alors prôné : la baisse de la contribution du casino pendant le Covid. Une quinzaine d’acteurs avait alors été impactée.

Le ton avait déjà été donné sur le mandat précédent, puisque Jean-Luc Moudenc avait annoncé dès avril 2015 la baisse de 25% des subventions aux associations sur la durée de son premier mandat. D’après les investigations de Mediacités, entre 2012 et 2021, le soutien aux associations culturelles est passé de 22 euros à 17 euros par habitant

La collectivité a annoncé qu'elle maintiendrait en 2026 le même niveau de subvention aux associations qu’en 2025. Mais il n’a jamais été question de retrouver le niveau de 2020.

 

Créer des opportunités d’animation éphémère de nos quartiers

Mairie Culture
Promesse en partie appliquée
Mis à jour le : 09/03/2026
Créer des opportunités d’animation éphémère de nos quartiers, par exemple au sein du Grand Matabiau et de l’ex-prison Saint-Michel. Nous développerons les initiatives d’urbanisme transitoire, en mettant à disposition provisoirement certains lieux à, entre autres, des activités artistiques.


Utiliser les grands chantiers de la ville pour proposer une carte blanche à des artistes, ou mettre à disposition des lieux voués à la démolition pour des activités culturelles. À première vue, cette promesse a été tenue. Mais elle se limite souvent à une simple mise à disposition des lieux, la municipalité n’étant que rarement à l’origine de ces initiatives. De plus, elle s'accompagne peu souvent d'une aide financière.

En février 2026, des murs situés à l’arrière des barrières du chantier Grand Matabiau, rue Périole, ont ainsi été ouverts à 40 graffeurs de Toulouse, mais aussi de Londres, de Tahiti ou du Brésil. Un projet coordonné par John Mite, le temps que les murs ne soient rasés, mais qui, selon nos informations, n'a pas bénéficié d'une aide financière de la municipalité.

En mars 2025, une trentaine d’artistes de street art se sont relayés pour graffer les palissades installées dans le cadre du chantier du métro du puits d’aération entre la station François Verdier et Matabiau. Les oeuvres sont renouvelées tous les quatre mois jusqu’à fin 2027. Une galerie à ciel ouvert portée par l’association des commerçants de Saint-Aubin et Tisséo. Mais selon le directeur artistique du projet Nikko K.K.O, elle n’a bénéficié d’aucun soutien financier de la mairie, qui a seulement autorisé le projet. Seuls quelques commerçants ont contribué à l’achat de matériel.

Plusieurs lieux destinés à la démolition ont également été ouverts à des événements culturels ou artistiques éphémères durant le mandat écoulé. La Maison Babayaga a ainsi expérimenté un tiers-lieu culturel éphémère en investissant pendant quatre mois, en 2024, une maison du quartier Saint-Cyprien vouée à la démolition. Expositions, concerts, ateliers pédagogiques : au total, une cinquantaine d’artistes l’ont investie, sous la coordination du collectif toulousain Salade Suprême. Mais le projet n’a pas non plus bénéficié d'aucune subvention municipale ou métropolitaine.

En revanche, la Maison Malepère a bénéficié d’une aide de quelques dizaines de milliers d’euros de Toulouse métropole. Ce mini tiers-lieu social, solidaire et culturel situé sur la future place centrale du quartier en plein essor de Montaudran, a proposé sur quatre saisons estivales consécutives une programmation gratuite en plein air à dominante musicale… Lancé à la demande de l’aménageur public métropolitain Oppidea et mené par l’Agence Intercalaire, qui fait de « l’occupation temporaire des bâtiments et espaces inutilisés », le projet a été animé culturellement par le bureau de production Playtime.

On peut aussi mettre à l’actif de la mairie, la projection de créations artistiques sur la thématique du végétal sur 12 pignons de bâtis de la rue, la façade du Castelet et la Prison Saint-Michel. Une proposition faite en décembre 2025, dans le cadre du chantier de réaménagement urbain et paysager de la grande rue Saint-Michel, pour laquelle Toulouse Métropole a travaillé avec les agences d'urbanisme Dessein de Ville et de conception lumière Quartiers Lumières, ainsi que quatre artistes.

Permettre aux crèches et aux assistantes maternelles de bénéficier des manifestations culturelles

Mairie Culture
Promesse en partie appliquée
Mis à jour le : 09/03/2026
Permettre aux crèches et aux assistantes maternelles de bénéficier de nos manifestations culturelles dans des conditions privilégiées, adaptées aux plus petits.

La mairie de Toulouse a lancé en 2025 un “appel à projet résidence d’éveil artistique et culturel en crèche”, dans le cadre du projet éducatif de territoire (PEDT) 2022-2025, “qui prévoit dans ses engagements éducatifs, une thématique : «L’art et la culture » visant à promouvoir l’accès de tous les publics aux usages et aux pratiques culturelles”. 

L’objectif : Développer un nouveau format d’éveil artistique et culturel en direction des enfants accueillis en Établissement d’Accueil du Jeune Enfant (EAJE) sur le temps d’accueil des enfants âgés de 0 à 3 ans. Seuls trois établissements petite Enfance de la Mairie de Toulouse ont été cette année bénéficiaires du projet : le Multi Accueil Saint Simon ; la crèche collective Jules Julien associé à la crèche familiale Rangueil et le multi accueil avec le relais petite enfance République. 

Avec un montant alloué de 40 000€, soit 13 300 euros par résidence d’artiste, ce projet est financé aux trois quarts par l’Etat, à travers le Fond d’Innovation Petite Enfance (FIPE), et un quart par la direction Petite enfance de la mairie de Toulouse. L'action, gratuite pour les familles, n'a pas encore été reconduite pour l'an prochain.

D’autres initiatives, comme “Mes poissons d’avril”, un festival porté par les centres culturels toulousains depuis 2023, sont destinées aux tous petits (0 à 5 ans). Mais elles ne sont pas spécifiquement adressés aux crèches et aux assistantes maternelles.

 



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