La mairie de Treillières, en Loire-Atlantique. / © Photo : Guillaume Frouin

Treillières : l’association Anticor envisage de déposer plainte contre la commune

Les ennuis continuent pour Alain Royer, le maire de Treillières, commune de 10 000 habitants au nord de Nantes. Après la série de révélations de Mediacités sur les pratiques de l’élu qui ont conduit en octobre 2020 à la démission de cinq de ses adjoints, les tracas judiciaires s’accumulent. Après la procédure dans l’affaire de l’hippodrome illégal du Dominu (lire notre enquête du 8 février 2020) et la plainte concernant la décharge sauvage utilisée par la commune (lire notre enquête du 21 mai 2020), un troisième dossier devrait bientôt être porté à l’attention de la justice : les commandes de mâts solaires à plusieurs prestataires, dont l’entreprise Fonroche. Une société dont le représentant dans la région n’est autre que le voisin du maire de Treillières et son éphémère adjoint à l’urbanisme, comme nous l'expliquions en octobre dernier.

Après un signalement effectué par son antenne de Loire-Atlantique, l'association de lutte contre la corruption Anticor s’est saisie du dossier. Le 8 mai dernier, elle a entériné la décision de poursuivre en justice la mairie de Treillières, annonçait Presse-Océan mercredi 12 mai. Si les détails de la plainte sont encore à l’étude, l'association s’interroge notamment au sujet des nombreux travaux et achats d’équipements d’éclairage public effectués sans mises en concurrence entre 2014 et 2020. Interrogé, Alain Royer affirme « que les marchés des mâts solaires ont été passés en toute transparence ». Et dit « en avoir ras le bol de toutes ces attaques ».

Des attaques ? Plutôt la révélation de nombreuses erreurs de gestion qui, comme l'achat forcé d'une jardinerie à 720 000 euros, plombent très sérieusement les finances de la commune, ainsi que Mediacités le précisait le 15 mars dernier. A force de voir les dossiers s’accumuler, c’est peut-être bientôt la justice qui, à son tour, finira par en avoir « ras-le-bol » des affaires de Treillières et de son maire.


Lire ou relire nos précédentes enquêtes sur Treillières

 

Benjamin Peyrel
Co-fondateur de Mediacités et rédacteur en chef de son édition nantaise. Avant de me lancer dans cette aventure, j'ai débuté au quotidien La Croix et suis passé par différentes rédactions (L’Humanité, Le Parisien, etc), avant de rejoindre L’Express et d'écumer préfectures et sous-préfectures pendant dix ans. Je m’intéresse notamment aujourd’hui aux montagnes de données que les collectivités comme les citoyens produisent quotidiennement et aux moyens de les utiliser pour faire avancer l'information.

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