Les listes de Johanna Rolland et Foulques Chombart de Lauwe sont‐elles représentatives des Nantais ?

Les deux listes nantaises pour le second tour des élections municipales 2026. Montage : Anouck Fily / Mediacités

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Par Anouck Fily

Mediacités a passé au crible la composition sociologique des listes de la maire sortante (PS) et de son rival (LR) au second tour avec un outil du collectif Démocratiser la politique. Avec peu de conformité avec la sociologie nantaise, malgré l'arrivée de dix colistiers LFI dans celle de la socialiste.

Deux listes restent en lice pour le second tour des municipales nantaises où 203 144 électeurs sont appelés aux urnes. D’un côté, celle du challenger Foulques Chombart de Lauwe (LR), qui porte l’union de la droite et du centre, avec une liste de 69 noms inchangée dimanche après une deuxième place au premier tour (33, 77 %), ne débouchant sur aucun accord. 

De l’autre, la liste d’union de la gauche de la maire sortante (PS) Johanna Rolland, arrivée première (35,24 %) désormais alliée aux insoumis après leur retrait (11,2 %, troisièmes du premier tour) dans le cadre d’une « fusion technique ». Soit une union alambiquée, « sans accord programmatique » et « sans modification du périmètre politique de la majorité ». Concrètement, les dix premiers candidats insoumis intègrent la liste de second tour Johanna Rolland en position éligible. Dix colistiers initaux sont retirés en parallèle. 

Mais ces deux listes sont‐elles représentatives de la sociologie de la ville et donc des Nantaises et des Nantais ? Comment se composent‐elles par rapport au conseil municipal sortant ? Quelles sont leurs différences ? Comme au premier tour, Mediacités les a analysées à l’aide d’un outil participatif de Démocratiser la politique [lire En coulisses], notées un peu comme un « nutriscore » ou un « classement énergétique » :   B   C   D   E   F .

Les deux listes nantaises pour le second tour des élections municipales 2026. Montage : Anouck Fily / Mediacités

 

Liste de Johanna Rolland : toujours très classes moyennes et supérieures, même avec LFI

La liste « La Gauche unie pour Nantes » rassemble désormais dix partis et micro‐partis de gauche : moins Place publique et le PRG, opposés à l’accord avec La France insoumise qui y fait donc son entrée (10 colistiers sur 69). Le Parti socialiste y reste largement dominant, avec 17 colistiers issus de ses rangs, puis les Les Écologistes (11) et les communistes (5).      

Son équilibre sociologique évolue peu, malgré cette arrivée de dix insoumis. La liste de Johanna Rolland reste majoritairement composée de classes supérieures (52%), alors que celle menée par William Aucant apparaissait, au premier tour, plus représentative socialement de la ville de Nantes. Sa note demeure  E . « Une liste représentative de Nantes, de ses quartiers, ses forces et ses fragilités, où les Nantais peuvent se reconnaitre », plaidait néanmoins la maire sortante, avant le premier tour.

Liste de Foulques Chombart de Lauwe (LR) : très classes supérieures et monde de l’entreprise, rien ne bouge

À droite, la liste « Votre nouveau souffle pour Nantes » ne change pas d’une virgule, on y compte toujours près de 40 % de candidats issus du monde économique, notamment de l’industrie et de l’ingénierie. Au total, 57 % des colistiers de Foulques Chombart de Lauwe appartiennent aux classes supérieures, plus de deux fois leur poids sociologique réel à Nantes. Les classes moyennes ne représentent que 18 % des candidats, et les classes populaires restent marginales (5 %). La liste comprend également environ 20 % de retraités. Sa note est toujours de  F .

Un décalage avec le discours du candidat, qui affirme pourtant : « Ma future équipe connaît Nantes par cœur et a Nantes au cœur… cette liste reflète les Nantais ». Soulignons pour finir qu’on y trouve 16 encartés Les Républicains, 15 Horizons, 11 macronistes (Renaissance surtout) et 3 Nouvelle énergie, le parti de David Lisnard, maire de Cannes.

Municipales à Nantes : les listes des candidats sont‐elles représentatives des Nantais ?

À l’initiative de ce nouvel outil utilisé par Mediacités, le collectif Démocratisons la politique s’est basé sur les professions des candidats et candidates (telles que déclarées en préfecture) pour les catégoriser en classes sociales en les pondérant selon la position de chaque candidat sur la liste.

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