« L’alternance à Lille, elle est possible, elle est souhaitable. Je vais dire, après soixante‐dix ans de socialisme, elle est même absolument indispensable ! » C’est avec ces mots que Stéphane Baly choisit de conclure le dernier débat avant le premier tour à Lille. Le terme d’une campagne offensive contre le maire sortant Arnaud Deslandes – pur “bébé Aubry” – et l’espoir donné à ses électeurs qu’un vote pour “Lille Demain” serait un vote « de changement ».
Sauf que le 15 mars, il est largement devancé, par Arnaud Deslandes, comme c’était attendu, mais aussi par Lahouaria Addouche, ce que personne n’avait senti venir. Troisième, il a rapidement dû digérer la défaite. Et choisir son camp.
Retour vers le futur
Faiseur de roi ou de reine, Stéphane Baly a tranché. Pour celui qui se décrit comme « le plus socio‐démocrate des écolos », la balance a sans surprise penché en faveur du maire sortant. Cette occasion manquée de tourner la page socialiste apparaît néanmoins en complète contradiction avec sa campagne au ton dégagiste. Menacé comme rarement, le bastion lillois du parti à la rose devrait finalement être sauvegardé à la faveur de ce ralliement d’entre-deux-tours. La liste “Tout pour Lille demain” – résultat de la fusion du “Tout pour Lille” d’Arnaud Deslandes, et du “Lille Demain “de l’écologiste – est un retour vers le futur.
Après six années passées dans l’opposition, Stéphane Baly et ses alliés (Génération.s, Debout!, L’après) ambitionnent de recréer une majorité rose‐verte qui a déjà existé durant trois mandats de Martine Aubry jusqu’à la sécession de 2020. « Nous avons besoin de nous retrouver, de démontrer la force de la gauche et de renouer les fils d’une histoire qui a eu de belles heures par le passé afin de construire un bel avenir ensemble », a déclaré Arnaud Deslandes, lors d’une conférence de presse annonçant cette union. Filant la métaphore romantique, le maire sortant a imagé, au micro d’