Vaccination, dépistage, commerces non-essentiels, confinements, couvre-feux, masques : les sujets de discorde entre ministres, technocrates et élus de terrain n’ont pas manqué au cours de l’année écoulée. Rarement l’organisation politique, administrative et territoriale de la France n’avait été autant questionnée ! Comment expliquer, avec le recul, les multiples ratés de cette gestion de crise ? Au-delà de la vigueur du SARS-CoV-2, faut-il incriminer le manque d’anticipation des décideurs nationaux – véritables donneurs d’ordre –, les lourdeurs de la haute administration, ou la partition à double-tranchant jouée par certains élus menant campagne ?

Critique des effets de manche, coups de communication et tentatives de récupération des uns et des autres, Romain Pasquier met en lumière les origines de notre impuissance collective. Cet observateur avisé des institutions et des administrations françaises appelle à faire de la transformation de l'action publique un sujet de débat des prochaines élections départementales, régionales et présidentielle.                

Pourquoi le gouvernement privilégie-t-il désormais une approche locale et refuse de reconfiner une troisième fois la France entière, face à la circulation de variants du Covid-19 plus contagieux ?

Romain Pasquier : En se mobilisant de façon parfois véhémente depuis près d’un an, les élus locaux ont sans doute poussé Emmanuel Macron et son gouvernement à apprendre de leurs erreurs passées. Cette volonté de résister à la pression des « blouses blanches » et trouver un point d’équilibre entre les enjeux sanitaires, économiques et sociaux est assez nouvelle chez l’exécutif.

La marque de cette gestion de crise n’en demeure pas moins farouchement jacobine, « jupitérienne. » Si l’État central décidait demain d’un reconfinement national . . .

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