L’analyse de Mediacités

Mis à jour le 09/03/2026
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Conserver la vocation théâtrale du Pavillon Mazar, qui ne perdure pas dans ses conditions d’exploitation actuelles. Ce lieu unique de Toulouse doit rester consacré à la culture ; nous y contribuerons, dans le partenariat avec toutes les autres institutions publiques.


Il y a quelques jours, le monument classé accueillait le vide-dessing des Toulousaines. En 2021, Groupe Merci a quitté l'ancienne fabrique de draps du XIXe siècle, transformée depuis 24 ans en un laboratoire du théâtre vivant. De fait, la ville de Toulouse a finalement décidé de ne pas se porter acquéreur ni de louer ce bâtiment classé.

Contrairement à sa promesse, la mairie n’a pas formulé d’offre de rachat aux propriétaires, qui ont refuser de continuer à louer le bâtiment à ses occupants. Faute d’alternative, la compagnie de théâtre (reconnue laboratoire permanent des arts de la scène) a dû quitter les lieux le 18 mars, comme le lui a signifié la Cour d’appel de Toulouse. « Les procès à répétition et l’indifférence de la Ville de Toulouse ont eu la peau de L’ours Mazar », soulignait la compagnie dans l’avis de décès qu’elle a publié pour signaler son expulsion prochaine.

La troupe, conventionnée par la Drac Occitanie et largement subventionnée, entretenait des relations tendues avec les propriétaires du Pavillon depuis des années. Comme nous le racontions, le Groupe Merci a fait appel à la mairie pour racheter le bâtiment, lorsque les familles Perrier et Aspart ont décidé de ne pas renouveler son bail en 2011. Réclamée en 2013, une expertise des Domaines publics a estimé le Pavillon Mazar entre 540 000 et 700 000 euros. Trop peu pour les propriétaires.

Pendant la campagne des municipales de 2020, le Groupe Merci avait organisé des performances sous le titre « L’Ours caillassé » pour sensibiliser à sa cause, ainsi qu’un débat sur l’avenir du lieu, le 26 janvier 2020. Nicole Yardeni, l’adjointe en charge des relations avec les acteurs culturels, avait alors affirmé : « Nous contribuerons à son rachat, c’est une évidence ».

Interrogée par nos soins, la municipalité a affirmé qu’elle attendait le soutien de la Région et du Département pour acter un rachat. Mais la collectivité demandait aux autres organismes de tutelles de s’engager bien au‐delà d’un co‐achat, en finançant davantage le fonctionnement de la structure et ce, sur plusieurs années. De sorte que la SARL du Groupe Merci puisse verser à la mairie un loyer suffisamment important (bien supérieur aux quelque 1 000 euros dont elle s’acquittait jusqu’ici) pour lui permettre d’amortir son investissement.

« Aujourd’hui, la situation économique et financière ne nous le permet plus (d’acheter le lieu, ndlr). D’autant plus que la Ville possède un domaine patrimonial très important, notamment dans le domaine du théâtre, dont il faut assurer les indispensables travaux d’entretien et de sécurité. La collectivité a plusieurs fois exprimé sa volonté de maintenir une activité théâtrale (recherche, création et  formation) au Pavillon Mazar. C’est pourquoi elle a proposé de louer le lieu, précise encore la mairie. Le montant de loyer proposé par la municipalité, 3 000 euros, a été fixé après expertise d’un cabinet indépendant. Il a été refusé par les propriétaires le 18 janvier. »

À l’image de son manque de volonté à engager les travaux pour le hangar du collectif d’artistes Mix’art Myrys, la municipalité n’a montré une nouvelle fois aucun engouement à préserver un lieu culturel historique.

Le groupe de Thierry Oldak (GTO), spécialisé dans les acquisitions immobilières en cœur de ville, a racheté le lieu en 2022, ce qui laissait présager un renouveau. Il n’en fut rien. 

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