Bidule_carre_512px

David Kimelfeld candidat à la Métropole en 2020

«Oui, je serai bien sûr candidat. » David Kimelfeld a officialisé mardi ce que tout le monde savait déjà : son envie de garder la tête du Grand Lyon après les municipales de 2020. Depuis plusieurs semaines, le président de la Métropole, qui a succédé à Gérard Collomb lors de son départ au ministère de l’Intérieur en 2017 – sans lui rendre son trône à son retour -, ne cachait plus ses ambitions. Pour mettre fin au secret de polichinelle, « Kim » n’a pas choisi les pages du Progrès mais le Talk Politique, une émission vidéo du Figaro animé par le journaliste conservateur Yves Thréard. Tout sauf un hasard pour l’élu de centre-gauche, qui veut ratisser large – y compris à droite – lors des élections de l’année prochaine.
 
Dans le détail, le patron de la Métropole ne sera donc pas candidat à la Ville de Lyon, ni tête de liste dans le 4e arrondissement, dont il est maire depuis 2011. « Je vais rester président de cette métropole jusqu’à la fin et je vais porter un projet au-delà de 2020. J’en ai envie. Je ne le ferai pas seul, mais collectivement pour répondre aux grands enjeux de cette métropole : être attractif et répondre aux enjeux sociaux et écologiques », a-t-il fait savoir.
 
Voilà pour le plan de bataille. Reste à savoir avec quelles troupes il compte la mener. Avec « une majorité la plus large possible », qui rassemblerait « des socialistes, des écologistes, des centristes », promet l’ancien secrétaire fédéral du PS du Rhône, passé à La République En Marche. Du vrai Gérard Collomb dans le texte, pour un élu qui mène pourtant une guerre de tranchée face au maire de Lyon. Ce dernier, qui a annoncé cet automne qu’il sera « candidat à Lyon » en 2020, n’a pas encore dit s’il optait pour la Métropole ou la Ville.

Gérard Collomb en son fief

En déclarant sa candidature dès aujourd’hui, David Kimelfeld entend donc forcer « Gégé » à jouer cartes sur table. Au risque de compromettre le « rassemblement » qu’il appelle de ses vœux ? L’intéressé balaie la critique : « Les gens n’ont que faire de nos querelles intestines, de nos querelles de partis, de nos querelles de personnes. Ils veulent du concret. »
 

Du concret, comprendre : draguer ouvertement les frondeurs En Marche (lire notre article détaillant les dissensions internes à LREM), des clins d’œil appuyés aux socialistes locaux et la recherche de soutiens auprès des élus Synergies, les petits maires centristes de l’Ouest-lyonnais. Des groupes hétéroclites, que David Kimelfeld entend bien faire cohabiter : « Ce n’est pas ou les socialistes ou Gérard Collomb », prévient-il. Promis, il soutiendra bien sûr le baron lyonnais « s’il souhaite être candidat à la mairie de Lyon », c’est-à-dire pas face à lui. Avant de préciser : « Mais la question ne se pose pas à 15 mois des élections. » Pour David Kimelfeld en revanche, le compte à rebours est bien lancé.


Bidule_carre_512pxFrais d’inscription pour les étudiants étrangers : Lyon 2 fait de la résistance

L’Université Lumière-Lyon 2 a fait savoir la semaine dernière qu’elle refusera d’appliquer la hausse des frais d’inscriptions pour les étudiants extra-communautaires (hors Union Européenne) décidée cet automne par le gouvernement. Le plan, baptisé – avec un sens consommé de l’ironie – « Bienvenue en France », prévoit de multiplier par quinze les droits d’inscriptions pour les étudiants concernés. Le coût d’une année de licence passerait ainsi de 170 à 2770 euros.

« L’augmentation des droits d’inscription ne paraît ni pertinente ni juste car elle concerne des étudiant.es parmi les plus fragiles et bat en brèche le principe d’égalité de traitement entre usager.es du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche », justifie l’Université Lyon 2 dans son communiqué. « De nombreux/ses étudiant.es devront renoncer à leurs projets de formation en France en raison du niveau des frais d’inscription. Cette éviction concernera en premier lieu les régions du monde les plus pauvres et, plus généralement, les étudiant.es les moins fortuné.es. », précise-t-elle.

lyon 2 quais
L’université Lyon 2, campus “Berges du Rhône”. Photo : N.Barriquand/Mediacités.

L’université Lyon 2 rejoint six autres facs françaises ayant refusé cette hausse, comme le relate Libération. Les présidents de ces établissements dénoncent un manque de concertation de la part du gouvernement, demandent une suspension de la mesure, et indiquent vouloir utiliser toutes les possibilités légales pour exonérer les étudiants étrangers de cette flambée des prix. Côté ministère, Frédérique Vidal a déjà rappelé le « devoir d’obéissance et de loyauté » qui incombe aux dirigeants d’universités, et a jugé que l’augmentation n’a « pas vocation à être remise en cause dans son principe comme dans son calendrier ». On a connu plus conciliant.

Si le ministère tient à renforcer les budgets des universités, Mediacités suggère de jeter un œil aux tarifs des consultants rémunérés par l’Université de Lyon. Dans une enquête publiée en septembre dernier, nous révélions le montant d’un de ces marchés : 900 000 euros sur deux ans, attribué à deux cabinets d’expertise parisiens pour un résultat plus que léger. Selon notre calcul rapide, de quoi payer les frais d’inscriptions (augmentation comprise) de plus de 300 étudiants étrangers. 


Bidule_carre_512pxL’opéra de Lyon recrute

On savait Serge Dorny sur le départ. Le directeur de l’Opéra de Lyon prendra les rênes du prestigieux Bayerische Staatoper (opéra d’Etat de Bavière) à Munich en septembre 2021. Rien d’étonnant, donc, à découvrir dans le dernier numéro de Télérama, sur une pleine page, une petite annonce de la maison lyrique lyonnaise intitulée « L’Opéra national de Lyon recrute son directeur général/sa directrice générale ». Mais à Mediacités, un détail nous a interpellé. Dans la liste des compétences requises, entre « capacité de management de projets » et « expérience des relations avec des partenaires publics », il est écrit que les postulants doivent « être à même de conduire un dialogue social de qualité ».

« De qualité » plutôt que « médiocre » ? On ironise, mais la précision est loin d’être anodine. Elle fait écho à la fin de règne agitée de Serge Dorny, en poste à Lyon depuis 2003. Vous vous en souvenez peut-être : en marge de nos révélations sur les notes de frais astronomiques du directeur en mai 2017, nous relations le malaise persistant parmi le personnel de l’opéra, tous services confondus. En cause, « l’autoritarisme » d’un patron « incapable d’instaurer des relations humaines saines et fructueuses », selon une lettre ouverte publiée quelques années auparavant par des artistes, techniciens et autres agents de l’opéra.

Les turpitudes de l’opéra de Lyon

Depuis l’affaire des notes de frais et ses conséquences (dont un sévère audit de la ville de Lyon), le climat s’est (un peu) amélioré en interne. Les 430 permanents (dont une centaine d’intermittents) ont soudain vu leur directeur s’appliquer à faire le tour des services. Les bas salaires ont été revalorisés. Mais le bilan de l’ère Dorny restera plus glorieux sur le plan artistique que social. Les candidats à la succession – adeptes du « dialogue social de qualité » – ont jusqu’au 15 février prochain pour se manifester. On connaîtra à la fin de juillet 2019 le nom du futur directeur de l’opéra de Lyon.


Bidule_carre_512pxBientôt sur vos écrans

Les Lyonnais verront-ils bientôt des spots publicitaires sur les trottoirs ? Selon Lyon Capitale, le groupe JC Decaux a demandé à la Métropole de Lyon l’autorisation de tester un panneau publicitaire numérique dès 2019. Une accélération du calendrier, puisque l’entreprise doit déjà installer une centaine de panneaux similaires en 2020, comme le prévoit le marché de Vélo’v électriques passé par la collectivité avec JC Decaux. Une expérimentation en forme de passage en force : aujourd’hui le règlement local interdit ce genre de dispositif. Mais la Métropole serait prête à une dérogation, un nouveau règlement plus permissif devant être voté dans les prochains mois. De quoi faire hurler le collectif Plein la vue, qui réclame au contraire une diminution de la publicité dans l’espace public.

En octobre dernier, l’association signait une tribune sur le sujet publiée par Mediacités. Elle listait les arguments contre l’installation de ces écrans géants dans nos rues : « La pollution visuelle, les messages sexistes ou de malbouffe qu’elle diffuse, la consommation d’énergie, l’agression permanente et l’injonction à consommer partout tout le temps », sans parler du « danger que représentent les écrans vidéos pour la santé », en particulier celle des enfants. Pour la Métropole, l’essentiel est ailleurs : le dispositif doit lui rapporter 38 millions d’euros sur 15 ans. Les Lyonnais n’auront qu’à faire comme leurs élus : fermer les yeux.

Capture> A (re)lire sur Mediacités
« TRIBUNE – Pourquoi le Grand Lyon doit réduire la publicité dans l’espace public »

 


Bidule_carre_512pxUne page se tourne pour les librairies Decitre

Il était resté lyonnais plus de cent ans. Le groupe de librairies Decitre, dont la première boutique a ouvert en 1907 place Bellecour, vient d’être racheté par le groupe Furet du Nord. Le libraire lillois fait l’acquisition de la dizaine de magasins Decitre installés pour la plupart dans la région, et de la société Decitre Interactive, spécialisée dans les métadonnées et la vente de livres en ligne. Avec cette opération, le Furet du Nord double presque son chiffre d’affaire, qui devrait passer de 82 à 150 millions d’euros, précise France 3 Hauts-de-France. Pour les amateurs de bouquins, pas de fermeture de librairie annoncée pour le moment. Pour les lecteurs de Mediacités, présent à Lyon comme à Lille, un ordinateur suffira.

Si vous souhaitez nous adresser des documents en passant par une plateforme sécurisée et anonymisée, rendez-vous sur pals.mediacites.fr

Point final.

Réagir à l'article

Merci d'entrer votre commentaire !
Merci d'entrer votre nom ici