Le candidat Les Républicains à la mairie de Nantes a dévoilé les noms de ses 68 colistiers. Les milieux économiques y sont en position de force, tout comme LR, Horizons et les macronistes. Avec un nom qui fait polémique.
Les 69 colistiers de « Votre nouveau souffle pour Nantes » avaient rendez‐vous au Quai West, sur l’île de Nantes, ce vendredi 6 février. Un mois quasiment jour pour jour après la maire (PS) sortante Johanna Rolland, c’est au tour de son principal rival, Foulques Chombart de Lauwe, 46 ans, de dévoiler son équipe complète en vue des élections des 15 et 22 mars.
« Ma future équipe connaît Nantes par cœur et a Nantes au cœur… cette liste reflète les Nantais », affirme le conseiller municipal (depuis 2020, seulement) avant d’égrener des profils issus de secteurs variés : santé, social, culture, sport, etc. Soit 25 membres classés « société civile ». Mais, derrière cette diversité affichée, une constante saute aux yeux. « Les entrepreneurs sont bien représentés sur cette liste », dépeint lui‐même « Foulques Chombart ».
40 % des colistiers issus du monde économique
En effet, des chefs d’entreprise ou personnalités du monde économique (industrie, ingénierie) sont présents en nombre. Mediacités en a compté près d’une trentaine sur 69, ce qui représente près de 40 % des colistiers. Parmi ceux‐là, on trouve notamment : Frédérique Barteau (numéro 26), déléguée générale du Medef des Pays de la Loire ; Elizabeth Scoarnec, ex‐présidente de la Jeune chambre économique de Nantes et gestionnaire de salles de sport ; Antoine Bertheas, président d’une société d’études de marché ; ou encore Patrick Lonchampt, entrepreneur et ex‐journaliste.
Dès la mi‐décembre, Foulques Chombart de Lauwe, consultant pour le cabinet de recrutement Keyman « dans le civil », avait organisé une journée centrée sur l’économie. Une visite d’usine et un repas, en présence d’une quinzaine d’entrepreneurs locaux, s’étaient enchaînés en compagnie de Christelle Morançais, présidente (LR) de la région Pays de la Loire, auprès de laquelle il a travaillé.

« Nantes doit redevenir une terre d’entrepreneurs. Elle l’est aujourd’hui, mais ça n’est pas valorisé. Nantes a l’esprit d’entreprendre, mais il faut arrêter de brider la prise d’initiative », indique la tête de liste des Républicains. L’enjeu est aussi électoral : depuis les années Ayrault, le monde économique nantais a décroché de la droite pour voter PS (voire LREM, ensuite, aux scrutins nationaux). « On sent un vrai ras‐le‐bol de Johanna Rolland et des écolos, les entrepreneurs viennent à nous », avance‐t‐on dans l’entourage de Foulques Chombart de Lauwe.
Sur la liste de la socialiste, la première déposée en préfecture, on recense une quinzaine de noms issus du monde de l’entreprise. Dont le dernier arrivé, Jérôme Caillé, gérant de salons de coiffure qui préside l’association de commerçants nantais Unacod. La part des candidats issus de la sphère publique y est comparativement bien plus importante : une vingtaine contre une petite dizaine pour « Votre nouveau souffle pour Nantes ».
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LR et Horizons en force
Les partis politiques ne sont cependant pas en reste sur cette liste. Six élus sortants de la droite et du centre (de LR à Renaissance) y figurent aux meilleures places. Dès la deuxième, pour la « bayrouiste » et ex‐ministre Sarah El Haïry, qui prendrait la présidence de Nantes Métropole en cas de victoire. Ou encore la troisième pour Guillaume Richard, conseiller municipal et métropolitain, mais surtout chef de file nantais d’Horizons, le parti d’Édouard Philippe, qui se retrouve ainsi fléché vers un éventuel poste de premier adjoint.
Immédiatement après, on trouve encore l’ex‐députée macroniste Valérie Oppelt (quatrième) ou encore la sénatrice LR Laurence Garnier (sixième) qui, après avoir essayé de passer le flambeau des municipales à Julien Bainvel (en vain), s’est finalement rangée derrière « FCL ».
Sur les 69 colistiers, 16 sont encartés chez Les Républicains. On en trouve aussi trois issus du parti « Nouvelle Énergie » du très libéral maire de Cannes, David Lisnard. Ce proche de la tête de liste est d’ailleurs venu la soutenir à Nantes, ce 10 février. « Je ne suis pas là pour dire aux Nantais pour qui voter, je ne suis pas contre Johanna Rolland. Je suis là pour témoigner du caractère et de la persévérance de Foulques Chombart de Lauwe », indique le candidat à la présidentielle.

Juste derrière LR, principale force politique de la liste, se positionne le parti d’Édouard Philippe, Horizons, qui compte 15 représentants. Les macronistes sont au nombre de 11, dont 8 voire 9 siglés Renaissance et 3 MoDem. Notons au passage un renouvellement, qui avait cruellement manqué il y a six ans pour la droite. On peut même parler de coup de balai. Sur les 69 noms de la liste, 11 seulement figuraient déjà sur celles de 2020, qu’elles soient menées par Laurence Garnier (LR) ou Valérie Oppelt (LREM).
Avec un grand absent, comme annoncé : l’élu régional (depuis 2021) et municipal (depuis 2008) Julien Bainvel, qui a annoncé avoir refusé une place non éligible, le 23 janvier. « J’ai l’outrance, le mensonge et le sectarisme en horreur. Je suis libre, je l’ai toujours été et j’entends le rester », justifiait le concurrent malheureux à la primaire LR.
D’ailleurs d’autres élus sortants de l’opposition manquent à l’appel : les centristes Anne‐Sophie Lamberthon‐Guerra et Pauline Weiss ou les expérimentées Louisa Amrouche et Sophie Van Goethem. Enfin, un nom politique détonne en 68ᵉ et avant‐dernière position de la liste : celui de Claude Seyse, ancienne adjointe (ex‐PS donc), époque Ayrault.
La Machine, le FC Nantes et l’UNI
Le volet société civile de la liste dévoile ses têtes d’affiche (même si certaines sont… encartées) : Catherine Saudray, directrice juridique de la Compagnie de la Machine ; Jean‐Paul Bertrand‐Demanes, gardien et joueur le plus capé du FC Nantes ; Marc Jegagden, dirigeant de Vestal Group et président de feu Le Collectif nantais (qui voulait racheter le club à Waldermar Kita) ; Pierre‐Antoine Gourraud (numéro 5), chercheur renommé, spécialiste de génétique qui affiche l’ambition de « réveiller Nantes ».
Mentionnons aussi Bertrand Tertrais, président de l’association d’insertion Partage 44. L’objectif de cette « alliance » est « de proposer une alternative crédible pour Nantes, fondée sur le courage, le bon sens et la responsabilité », projette Foulques Chombart de Lauwe.
Julien Bainvel, le modéré qui se rêvait maire de Nantes, quitte la politique municipale
Toute présentation d’une liste ne serait pas complète sans sa polémique. Sur celle de Johanna Rolland, la présence en septième position d’Édith James, figure de la gauche radicale et ancienne insoumise, avait suscité des critiques en nombre à droite. Le retour de bâton ne s’est pas fait attendre.
Depuis plusieurs jours, une photo circule en effet sur les réseaux sociaux de l’autre côté du spectre politique. On y voit Max Rivet, 31ᵉ sur la liste de « FCL ». Le responsable nantais du très droitier syndicat étudiant UNI, y pose aux côtés de Marion Maréchal, lors d’une visite à Nantes de l’eurodéputée d’extrême‐droite il y a deux ans. Cela fait des mois que, dans le camp de Johanna Rolland ou chez les insoumis, on pointe le rôle de l’UNI comme « passerelle avec l’extrême‐droite », dans la campagne de Foulques Chombart de Lauwe. « Cela mobilise notre électorat », constate un socialiste.
« À 16–17-18 ans, lorsque l’on est curieux et ouvert : on échange. Ouvrir le dialogue, ce n’est pas forcément adhérer », répond Max Rivet sur X (ex‐Twitter), en publiant d’autres photos – de lui avec la maire de Nantes, Gérard Larcher, président (LR) du Sénat ou le député de Nantes (LFI) Andy Kerbrat. De son côté, la tête de liste de droite et du centre l’assure de « tout [son] soutien. »
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