L’aéroport Lyon Saint-Exupéry au régime Vinci

La décision remonte à 2016. Propriétaire de Lyon Saint-Exupéry, l’État met en vente ses parts d’Aéroports de Lyon (ADL), la société qui exploite la plateforme aéroportuaire. Autrement dit, il privatise. « Saint-Ex’ » est alors le 4e aéroport de France en termes de trafic, après Roissy, Orly et celui de Nice. Le groupe de BTP Vinci remporte le gros lot, via un consortium [lire ci-dessous « La carte d’identité »], pour 535 millions d’euros. Et depuis ? Trésorerie siphonnée au profit des actionnaires, malaise social dans les rangs d’ADL ou de ses sous-traitants, soupçons de pollution au kérosène, crise sanitaire encaissée sur le dos des salariés… Mediacités scrute régulièrement la gestion de l’aéroport lyonnais par le géant Vinci. Découvrez l’ensemble de nos enquêtes publiées depuis 2019 dans ce dossier.

Carte d’identité

Depuis la privatisation de 2016, l’aéroport de Lyon est géré par un consortium détenu à 60% par Vinci Airports, filiale du groupe Vinci. La Chambre de commerce et d’industrie de Lyon (25%), la région Auvergne-Rhône-Alpes (5%), la Métropole de Lyon (7%) et le département du Rhône (3%) complètent le tour de table de la société Aéroports de Lyon (chargé également du petit aéroport de Bron). Son contrat d’exploitation court jusqu’en 2047.
Dans la région, Vinci Airports pilote également les aéroports de Clermont-Ferrand, de Chambéry et de Grenoble. Mais avec 128 destinations et près de 12 millions de passagers en 2019 – avant la crise du Covid-19 -, le groupe a fait de Saint-Exupéry la vitrine de son savoir-faire aéroportuaire. Non sans arrière-pensées : jusqu’au début de l’année 2020, Vinci comptait bien récupérer dans son escarcelle la société Aéroports de Paris qui exploite Roissy-Charles de Gaulle, Orly et Le Bourget. Sauf que… Comme l’ont démontré nos enquêtes, l’arrière-boutique n’est pas toujours aussi reluisante que l’image vendue par la communication d’Aéroport de Lyon.
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Qui sommes-nous ?

Journaliste indépendante, spécialiste des contrats des collectivités et des processus de privatisation, Isabelle Jarjaille enquête depuis 2019 pour Mediacités sur la gestion de l’aéroport par Vinci. Elle a notamment révélé comment l’exploitant ponctionne bénéfices et trésorerie au profit de ses actionnaires, les discussions houleuses au sein du conseil de surveillance de l’aéroport sur les baisses d’effectifs ou encore la pression exercée sur les sous-traitants chargés du contrôle des passagers et des bagages, qui fragilise la sûreté des vols.
Également collaboratrice régulière de Mediacités, Blandine Flipo, journaliste spécialisée entre autres dans les sujets environnementaux, a de son côté enquêté sur des traces de pollution au kérosène, constatées par des riverains de l’aéroport puis sur la riposte organisée, sur le sujet, par l’exploitant.
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Pourquoi enquêter sur l’aéroport

Infrastructures construites par la puissance publique, nombre d’aéroports régionaux ont fait l’objet d’une privatisation ces quinze dernières : Lyon, mais aussi Toulouse, Nantes ou Nice. Pour autant, considérées par les collectivités comme des outils de l’attractivité économique et touristique de leurs territoires, les plateformes aéroportuaires continuent parfois de bénéficier d’aides publiques comme Mediacités l’a documenté.
L’utilisation de l’argent du contribuable n’est pas la seule raison d’enquêter sur Aéroports de Lyon. Avec plus de 400 salariés – sans compter ses sous-traitants – la société contrôlée par Vinci est un acteur économique important de l’agglomération lyonnaise. Enfin, alors que le gouvernement envisage de privatiser les aéroports parisiens – projet gelé depuis le début de la crise sanitaire -, se pencher sur les conséquences du désengagement de l’État à Lyon Saint-Exupéry permet d’éclairer le débat autour de ce projet.
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À l’aéroport de Lyon, Vinci prive ses salariés de bureaux et accroît le malaise social interne

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À l’aéroport Lyon Saint-Exupéry, les agents de sûreté « au bord de la rupture »

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