2020-09-lyon-promesse-phare-rev
Créer un Réseau Express Vélo (REV) de 450 kilomètres
Métropole Mobilités
Promesse en partie appliquée
Promesse de Bruno Bernard et Grégory Doucet
Liste majoritaire à la métropole de Lyon
Europe Écologie Les Verts (EELV)

L’analyse de Mediacités

Mis à jour le 23/01/2026
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Le « Réseau express vélo » de la campagne électorale a été rebaptisé « Les Voies lyonnaises », et les 450 kilomètres alors affichés ont fondu à 250 kilomètres à réaliser d'ici à 2026 [lire plus bas]… dans un premier temps. Face aux « contraintes techniques », dixit Bruno Bernard, le nombre de kilomètres de voirie réalisé ne devait ensuite n'être « que » de 200, comme l'avait annoncé le président de la Métropole dans Met', le magazine de la collectivité, en janvier 2024.

Las ! Au final, c'est l'objectif de 180 kilomètres (et non 250 ou 200) d'ici à mars 2026 qui a été retenu. Contraint sur le plan budgétaire, Bruno Bernard a encore réduit ses ambitions sur les Voies lyonnaises à l'approche de la fin du mandat. En conférence de presse, en janvier 2025, le président du Grand Lyon a aussi rejeté la responsabilité de cette baisse du nombre de kilomètres sur ses opposants en citant notamment l'ancien maire LR de Caluire-et-Cuire Philippe Cochet. Celui-ci a livré bataille à la Métropole, pétition à l'appui, pour empêcher le passage de la « VL7 » sur la voie verte de la commune.

Mi-décembre 2025, selon le tableau de bord de l'association La Ville à vélo, 131 kilomètres de Voies lyonnaises ont été réalisés, 36 kilomètres sont en travaux et 5 autres kilomètres sont prévus. Soit un total de 171 kilomètres qui ne font pas tout à fait 180... Tout en saluant « une volonté politique sans précédent en faveur des mobilités actives », l'association cycliste de référence dans la Métropole déplore « un projet inachevé » et « de nombreuses discontinuités à traiter rapidement ». Une carte élaborée et diffusée par La Ville à vélo, que nous reproduisons ci-dessous, illustre assez bien le propos...

 

« On ne finira pas la totalité du réseau d'ici à la fin du deuxième mandat »

En tout, le réseau des Voies lyonnaises comprend, sur le papier, 350 kilomètres. Interrogé par Mediacités en janvier 2026, le président de la Métropole Bruno Bernard, candidat à sa réélection, a déclaré que l'ensemble ne serait pas achevé d'ici à la fin d'un éventuel deuxième mandat. « On prévoit la construction de 100 kilomètres supplémentaires sur les six prochaines années », précise l'écologiste. Soit environ 280 kilomètres livrés en 2032. L'équivalent de deux tiers de la promesse initiale écrite noir sur blanc dans le programme électoral de 2020.





[Notre analyse en septembre 2020] Bruno Bernard has a dream… Avec son « REV » (pour Réseau express vélo), le président de la Métropole promet de démultiplier les kilomètres de pistes cyclables. Objectif consigné dans son programme électoral : 450 kilomètres. De quoi favoriser l’usage de la petite reine jusque dans les communes périphériques et pas seulement le long du Rhône. Depuis son élection, l’écologiste a néanmoins nuancé son engagement : au cours de ce mandat, il vise la réalisation des 250 premiers kilomètres de REV. La promesse initiale était donc à comprendre au-delà de 2026…

Avec de nombreux cyclistes dans ses rangs - dont le maire de Lyon Grégory Doucet -, la majorité EELV se sait attendue sur le sujet vélo, marqueur par excellence de l’écologie politique en milieu urbain. Si le réseau cyclable s’est considérablement développé (passant de 339 kilomètres en 2008 à 791 kilomètres en 2018, d’après les chiffres de la Métropole), Lyon est encore loin de pédaler autant que Strasbourg où la part modale du vélo atteint les 8% (pour l’agglomération) et 15% (pour la ville). Quand il était co-président de l’association La Ville à vélo, Fabien Bagnon, devenu vice-président de Bruno Bernard chargé « des mobilités actives », défendait, dans Lyon Capitale, que le Grand Lyon pouvait viser 10% de parts modales d’ici à 2026. À lui de jouer maintenant !

L’actualité de cette promesse

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Mettre en place des critères écologiques et sociaux dans l'attribution des aides aux entreprises

Métropole Économie
Promesse tenue
Mis à jour le : 26/01/2026
Cette promesse concerne essentiellement la métropole de Lyon, qui possède des compétences en matière de développement économique. 

Depuis 2022, près de 400 entreprises ont bénéficié d'une aide directe de la part de la Métropole, pour un total de 3,1 millions d'euros, selon les données fournies à Mediacités par la collectivité début 2026. Ces subventions concernent principalement les secteurs de l'alimentation (17%), du commerce/artisanat (15%), de l'industrie (11%) et des déchets (10%). 

A titre d'exemple, en septembre 2025, la collectivité a attribué 600 000 euros d'aides à 20 entreprises pour les soutenir dans la mise en place de projets écologiques : achats de machines pour diminuer leur prélèvement en eau, équipements moins gourmands en énergie, réduction des déchets, développement d'une « nouvelle activité industrielle circulaire »...

Par ailleurs, la Métropole a accordé 46 783 euros de subventions à des TPE/PME dans le cadre du dispositif Lyon Eco Energie (LEE) pour des travaux d'amélioration de leurs performances énergétiques (isolation de toiture, remplacement d'éclairage, pompe à chaleur...)

Enfin, 97 328 euros ont été versés à 26 entreprises pour « la réalisation de bilans carbone collectifs, l’analyse du cycle de vie, le développement des achats et la transformation en société à mission ».

Élargir les trottoirs

Mairie + Métropole Mobilités
Promesse en partie appliquée
Mis à jour le : 26/01/2026
Difficile de décréter que cette promesse a été tenue vue les innombrables trottoirs que compte le Grand Lyon… Ceci dit, la Métropole a alloué un budget de 25 millions d'euros à son plan Piéton, qui prévoyait notamment l’élargissement d’une partie des trottoirs de l'agglomération. Et, plus précisément, la collectivité a créé un « fonds trottoirs » par l'intermédiaire duquel environ 9 millions d'euros ont été investis au cours du mandat, selon le chiffre communiqué par Fabien Bagnon, vice-président chargé des « Mobilités innovantes et actives ».

Cet argent a servi a élargir des trottoirs et « résorber des points noirs de la marche à pied », selon les mots de l'élu : « Au début du mandat, en 2020, on avait comptabilisé 18 % de voirie dans l'agglomération sans trottoirs ou avec des trottoirs non réglementaires. » Le chantier des Voies lyonnaises a par ailleurs contribué au développement des trottoirs puisque chaque création de ces « super pistes cyclables » a été accompagnée d'une requalification de l'ensemble de la voirie concernée.




[Juillet 2023] A la mi-mandat, les travaux pratiques quant à l'élargissement des trottoirs étaient en cours, comme rue de la Convention, à Villeurbanne, ainsi que nous l'avions relevé dans L'Œil de Mediacités, à l'occasion d'un conseil métropolitain.

Développer le métro E

Métropole Mobilités
Promesse abandonnée/non tenue
Mis à jour le : 23/01/2026
L'idée de cette nouvelle ligne pour desservir l'Ouest de Lyon datait de la campagne municipale de Gérard Collomb en 2014. Bruno Bernard l'a remise en cause dès son élection à la présidence du Sytral, en septembre 2020, comme nous vous le racontions dans L'Œil de Mediacités.

Malgré tout, le syndicat des transports en commun (devenu autorité organisatrice des transports) a reconsulté la population sur le projet - il avait déjà l'objet d'une consultation publique en 2019 -, conformément au plan de mandat adopté en décembre 2020. Las ! Au printemps 2022, Bruno Bernard enterre définitivement le métro E (au sens figuré). A la place, il promet un « tram express », en partie souterrain, deux fois moins coûteux et livré d'ici une dizaine d'années.



En juillet 2023, le Sytral a opté pour une nouvelle version du projet, baptisé « TEOL », qui privilégie une desserte du secteur Charcot, au détriment du quartier Saint-Irénée. Deux options restaient encore sur la table pour chaque bout de ligne : un passage par le cours Suchet ou par la rue Montrochet, côté Confluence (les deux options nécessitent la construction d'une passerelle sur la Saône) ; une desserte du quartier Libération, à Tassin-la-Demi-Lune, ou un tracé direct entre Ménival et Alaï, côté Ouest lyonnais. 

« Ce n'est pas gênant de changer d'avis sur un projet »

Lors de ses voeux à la presse, le 23 janvier 2026, Bruno Bernard est revenu sur l'abandon du métro E, alors que son adversaire LR Véronique Sarselli s'est engagée à ressusciter ce projet. « Nous avons fait le choix d'abandonner la ligne E car nous avons trouvé une alternative - TEOL [lire plus haut] - qui nous permettra de desservir ce secteur tout en réalisant une économie d'un milliard d'euros par rapport à la construction d'un nouveau métro. Cet argent nous a permis de faire la rocade tramway à l'Est avec T9 et T10 pendant ce mandat et T8 lors du prochain mandat », justifie le président de la Métropole.


« Oui, le métro E figurait sur la profession de foi d'un de nos candidats, mais ce n'est pas gênant de changer d'avis sur un projet : avant d'être élu, je n'avais pas toutes les infos, assume l'écologiste. Je ne savais pas par exemple qu'il était possible de faire passer un tramway sous la colline [référence au tunnel prévu pour la circulation de TEOL]. »

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