L’analyse de Mediacités

Mis à jour le 22/01/2026
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Avant d'évaluer cette promesse, rappelons que l'hébergement d'urgence - un droit inconditionnel - relève avant tout des compétences de l'Etat, qui n'applique pas entièrement la législation en la matière. La métropole de Lyon, qui a repris les prérogatives du département du Rhône sur son territoire, est responsable de la mis à l'abri de certains publics au titre de la protection de l'enfance : les mineurs, les jeunes majeurs placés, les femmes enceintes et les mères isolées avec enfant de moins de trois ans. La ville de Lyon n'a elle aucune compétence obligatoire dans ce domaine. 

Mais, pendant la campagne de 2020 et au début de leur mandat, les écologistes ont fait de ce sujet une priorité, en souhaitant mettre en place une « politique d'hospitalité volontaire » allant au-delà de leurs obligations légales, en partant du constat d'une carence de l'Etat sur ce sujet. Les écologistes et leurs alliés avaient notamment promis un plan « zéro enfants à la rue » et « un objectif de résorption totale des bidonvilles et campements ». Une ambition difficile à mettre en œuvre : même s'il a augmenté à 8800 places, le parc d'hébergements d'urgence géré par la préfecture dans le Rhône est complètement et durablement saturé. Plus de 3000 personnes étaient à la rue dans l'agglomération lyonnaise pendant l'hiver 2025-2026. 

Pendant les six ans du mandat, la métropole et la ville de Lyon ont fourni un effort incontestable. Alors que la commune de Lyon n'avait quasiment aucune politique en la matière en 2020, elle gère aujourd'hui près de 500 places (en grande partie via le CCAS). Le Grand Lyon dispose aujourd'hui de 737 places « stabilisées », auxquelles s'ajoutent des dispositif temporaires comme la Colline (190 places) ou la Maison Decomberousse, qui s'adressent aux mères isolées avec enfant, ainsi que des centaines de nuitées d'hôtel financées chaque année. L'ensemble de ce dispositif permet de mettre à l'abri chaque année environ 3000 personnes « contre 40 en 2019 », indique la collectivité sollicitée par Mediacités en janvier 2026.

La Métropole précise à Mediacités que le budget consacré à l’hébergement d’urgence pour les mères isolées avec enfants de moins de 3 ans est passé de 800 000 euros en 2019, à 11,3 millions d’euros en 2024.

Les écologistes, ainsi que la commune de Villeurbanne, ont également soutenu un dispositif humanitaire inédit, qui avait permis de mettre à l'abris plus de 200 personnes fin 2025. A cela s'ajoute la tentative d'instaurer un rapport de force avec l'Etat, y compris en l'attaquant en justice pour mettre en évidence ses carences.

#MediacitésLyon #Solutions À Lyon, des « sites humanitaires » bousculent la prise en charge des sans‐abris et soulignent les carences de l’État


Une initiative qui a déjà permis de loger près de 200 personnes, mais elle suscite la réprobation de la préfecture et de certains acteurs du secteur.

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— Mediacités (@mediacites.fr) 23 septembre 2025 à 18:29



Si le renforcement du dispositif d'hébergement d'urgence est réel (d'où le classement de cet engagement dans les promesses « tenues ») le mandat a toutefois aussi été marqué par des couacs et des échecs importants : qu'il s'agisse de la remise à la rue de jeunes mères avec des bébés âgés de quelques jours, de la difficile gestion des mineurs non-accompagnés par la collectivité ou encore d'expulsions de squats qui ont entraîné une forte défiance de la part des collectifs militants. Fin 2025, plus de 300 enfants étaient sans solution d'hébergement à Lyon, selon le collectif Jamais sans toit.




[juillet 2023, à la mi-mandat] La Métropole consacre 8,6 millions d’euros à son plan de lutte contre le sans-abrisme. L’enveloppe sert, entre autres, à subventionner des centres d'hébergement d’urgence indépendants.

Le Grand Lyon aide également des associations qui œuvrent  à la réinsertion des sans-abris. Elle a ainsi annoncé reconduire « 28 projets pilotes en matière d'accompagnement » comme par exemple, en octobre 2021, le programme « Premières heures de chantier », initialement créé par Emmaüs Défi, financé à hauteur de 140 000 euros. Il s’agit d’accorder aux bénéficiaires un accompagnement social, et un contrat de travail « utile » de quatre heures par semaine, encadré par un éducateur spécialisé, payé au Smic.

Les moyens accordés au programme « Logement d’abord », un dispositif de lutte contre le sans-abrisme piloté par l’État, ont par ailleurs légèrement augmenté (de 1,02 million d’euros en 2018 à 1,1 millions euros en 2023).

Dans une tribune publiée sur Rue89Lyon en février 2023, la vice-présidente de la fédération nationale des Samu sociaux déplorait toutefois des efforts trop faibles. Selon le Grand Lyon, on dénombre 20 000 personnes mal logées dans la métropole, dont 2500 sans-abri.




Engagement auprès du Pacte pour la transition.

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