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Le bilan de Radar
Les promesses phares de Martine Aubry
Nos journalistes suivent les engagements de la maire de Lille sur certains dossiers clés. Ce travail de suivi va durer jusqu’en 2026. Et nous avons besoin de vous : alertez‐nous si vous disposez d’une information au sujet de l’une de ces promesses.
La réquisition des logements vacants est parfois présentée comme LA solution pour répondre à la pénurie de logements. Violette Spillebout, adversaire de Martine Aubry aux municipales de 2020, assurait pouvoir en remettre 8 000 sur le marché, quand Stéphane Baly, autre challenger, avançait le chiffre de 3 000. La maire de Lille, elle, avançait vouloir en requalifier 2 000 sur 7 000. Un objectif réduit car s’appuyant sur le chiffre des logements effectivement mobilisables, le reste concerne selon la Ville « la rotation normale des habitants dans le parc de logement (vacance de friction : déménagements, travaux) et ne restent pas vacants longtemps. Ils n’ont pas vocation à faire l’objet d’une mobilisation par les collectivités ». Les 2000 logements visés par Martine Aubry concernaient alors des logements vacants depuis au moins deux ans. Pour réussir ce défi, la Ville a pu compter sur l’appui de la Métropole européenne de Lille qui a présenté en 2021 un dispositif innovant contre la vacance. Mais celui‐ci ne visait que 1 600 logements à remettre sur le marché de l’ensemble de la métropole… et sur une période de 12 ans. Lors du conseil municipal du 12 décembre 2025, l’un des derniers du mandat, Anissa Baderi, adjointe au maire en charge du logement a fait un point sur la situation. « Pour rappel, le [Plan local de l’habitat 2022–2028] relève 2900 logements vacants », a‑t‐elle précisé, ajoutant que « la Ville de Lille dispose d’une concession logements vacants dégradés avec La Fabrique des quartiers qui lui permet d’agir ». Aujourd’hui, 638 logements ont été remis sur le marché, a ajouté l’élue. L’action de la Ville s’articule autour de différents dispositifs : procédures d’abandon manifeste, service communal d’hygiène et de sécurité qui réalise des visites et produit des arrêtés d’insalubrité. Avec 638 logements remis sur le marché, nous considérons cette promesse comme en partie appliquée. Un bilan trop faible, au regard des oppositions, qui proposent quasiment toutes dans leur programme pour 2026 d’agir davantage à cet égard, alors que « des logements sont vacants depuis plusieurs dizaines d’années », critique par exemple l’équipe de Violette Spillebout.
La rénovation des logements, notamment sociaux, devient primordiale à Lille à l’heure où un certain nombre d’entre eux ne sont plus louables pour des questions de performance énergétique. La Ville de Lille a notamment lancé avec la MEL en 2013 la Maison de l’Habitat Durable, qui accompagne les propriétaires lillois qui souhaitent rénover leur bien. Lors du conseil municipal du 12 décembre 2025, l’adjointe au maire en charge du logement, Anissa Baderi, a fait un point sur la situation en fin de mandat, rappelant que la rénovation des logements énergivores était une « priorité », alors qu’un quart des Lillois vit en situation de précarité énergétique. Grâce à l’action de la Maison de l’Habitat durable (co‐gérée par la Ville et la MEL), l’élue précise que 4725 ménages Lillois ont bénéficié de conseils. Plus de 3700 logements privés ont été rénovés sur le plan énergétique avec des aides publiques. 729 logements ont fait l’objet d’une rénovation globale grâce aux aides de la Ville. « Le gain énergétique moyen est de 61% ce qui représente un saut de trois étiquettes énergétiques », précise Anissa Baderi. En ce qui concerne les copropriétés, Anissa Baderi indique que 8 ont été accompagnées, pour un total correspondant à 720 logements. Le service d’habitat de la MEL (AMELIO) a quant a lui participé à la rénovation de 24 copropriétés, ce qui correspond à 2400 logements. 1882 logements sont en passe d’être rénovés d’ici fin 2026. Dans le cadre de rénovations globales, la Ville a souhaité rehausser les exigences en matière de gain énergétique et a accompagné le financement de l’amélioration de 1058 logements. Elle rappelle que des baisses successives de subventions allouées par l’Etat à l’Agence nationale de l’habitat (ANAH) sont intervenues au cours du mandat, ce qui a conduit à une suspension des aides en 2025. Anissa Baderi précise que sur l’ensemble du mandat, 3 316 logements sociaux ont été réhabilités ou sont engagés dans un projet de réhabilitation, dont 1513 étaient encore en phase d’étude en 2025. « Nous observons une diminution significative du nombre de logements [classés] E,F, G dans le parc social : ‑37% », a‑t‐elle ajouté. L’élue cite notamment la résidence Charles Péguy à Lille‐Sud ou la résidence Sarrazins à Wazemmes. Si nous sortons nos calculettes, la Ville de Lille a donc, à la fin du mandat, participé de près ou de loin à près de 12 000 projets de rénovation dont 3316 sociaux (dont certains sont engagés mais non terminés). La promesse de Martine Aubry est donc quasiment appliquée.
De nouveaux yeux se sont ouverts un peu partout dans la ville de Lille depuis six ans. Longtemps réticente à la vidéo‐surveillance, Martine Aubry a changé son fusil d’épaule. Ce sont désormais pas moins de 196 caméras de vidéosurveillance qui scrutent les passants de la ville de Lille contre seulement 8 auparavant (celles‐ci étaient toutes installées dans le quartier de Wazemmes). Depuis le 1er août 2024, la ville a mis en place la vidéoverbalisation. Un centre de supervision urbain (CSU) a vu le jour le 2 février 2021. Le nouvel équipement a coûté 2,3 millions d’euros et reçoit en direct – et 24 heures sur 24 – les images venues de Lille et ses communes associées, Lomme et Hellemmes. L’équipe municipale précise que 3 801 vidéo‐interventions et 2 574 réquisitions judiciaires ont été enregistrées depuis la création du CSU.
À la jonction de la politique économique et écologique, Martine Aubry proposait de créer EuraClimat, « nouveau pôle d’excellence consacré à la lutte contre le dérèglement climatique(…) Il sera tout à la fois incubateur de start‐ups et de projets, laboratoire de recherche, espace‐conseil pour guider les entreprises dans l’évolution de leurs pratiques, lieu d’échanges entre associations et lieu de vie ouvert aux Lillois autour d’un démonstrateur de la neutralité carbone. » Le projet devait être mené « avec la MEL et en concertation avec tous les partenaires publics et privés intéressés. » Après EuraTechnologies, EuraSanté ou encore EuraMaterials, EuraClimat doit constituer une nouvelle « filière d’excellence » métropolitaine. Le projet a bien été lancé par la MEL, en 2021. « Volontairement, le projet ne s’amorce pas autour d’un site physique mais autour d’un ensemble de déclinaisons opérationnelles pouvant former un ensemble de solutions (…) », précise la délibération. Dans son rapport de développement durable 2024, la Ville de Lille précise certaines actions menées par Euraclimat depuis sa création : lancement d’une « communauté de labellisés » suite à plusieurs sessions d’appel à manifestation d’intérêt pour « innover pour l’excellence climatique », avec plus d’une trentaine de projets retenus, soutien à la réalisation d’un livre blanc à destination de la filière textile…
En 2020, Lille proposait 25 % de produits bio dans les écoles primaires et 43 % dans les crèches. 31 % des produits cuisinés étaient locaux et labellisés « Hauts‐de‐France ». A la fin du mandat, la Ville de Lille affirme désormais servir « plus de 80 % de bio et/ou local » dans les cantines scolaires, sans donner le détail. Nous classons donc cette promesse comme en partie appliquée. Un détail plus précis est donné dans le rapport de développement durable 2024 : ‑54% de produits bio dans les écoles, 38% dans les crèches ‑33% de produits locaux dans les écoles, 41% dans les crèches
La construction d’une piscine olympique sur la friche Saint‐Sauveur, c’est le serpent de mer lillois. Comme Mediacités s’en fait régulièrement l’écho, le projet patine depuis plus de dix ans. En cause : les multiples recours contre le projet déposés par des associations écologistes. A la fin du mandat, le projet de réhabilitation de la friche reste globalement en pause, mis‐à‐part la réalisation d’un parc. Mediacités est longuement revenu sur les raisons d’un abandon de la piscine qui ne dit pas son nom. La Ville de Lille s’est finalement résolue à la hâte, à construire une nouvelle piscine transitoire Porte d’Arras, qui ouvrira à l’été 2026, alors que Marx Dormoy est à bout de souffle. La campagne municipale 2026 sera l’occasion de relancer le sujet… Ou non.
Martine Aubry a mis en tête des priorités de son quatrième mandat la « métamorphose paysagère » de la ville, sa végétalisation et l’augmentation de la place de la nature, en promettant notamment la création ou le réaménagement de 90 hectares d’espaces verts. Lors du conseil municipal du 21 novembre 2025, Marion Gauthier, adjointe au maire chargée de la transition écologique dans la ville, a présenté le rapport développement durable 2025 dans lequel on peut suivre l’évolution des hectares de verdure déjà transformés et des livraisons à venir. Selon les chiffres présentés, à la fin du mandat 50 hectares de parcs, jardins et square seront livrés. À partir de 2026, l’aménagement de 30 autres hectares d’espaces verts est déjà engagé. Ce qui fait un total de 80 hectares assurés à l’horizon 2031. Les 10 restants font encore l’objet de pré‐études. Plusieurs projets d’espaces verts sont accomplis ou en bonne voie. Les places Jeanne d’Arc et Phillipe Lebon ont été verdies. La rénovation des 11 hectares du Jardin des Plantes s’est achevé en 2025 avec des travaux sur les bassins pour un montant d’1,2 million d’euros. En juillet 2025, la ville inaugurait le nouveau Parc de la charité, un espace de 6000 m² dans le quartier Vauban‐Esquermes, après avoir acheté le jardin privé de la communauté des filles de la charité de Saint‐Vincent de Paul. On peut considérer que cette promesse est en partie appliquée.
C’est la priorité numéro 20 de Martine Aubry : « une gestion saine et efficace sans augmenter les impôts. » Mais la formulation est un peu générale. Et elle ne promet pas d’améliorer la situation. Dans son bilan de mandat, la majorité se félicite de n’avoir procédé à « aucune augmentation des impôts communaux depuis 2018 ». Cette affirmation concerne notamment la taxe foncière (Lille est l’une des grandes villes où la taxe foncière est peu élevée : elle se classe 40e ville de plus de 100 000 habitants sur 42). De quoi considérer cet aspect de la promesse comme tenu. Les plus critiques de la gestion municipale pourront en revanche relever que l’extension du stationnement payant dans plusieurs quartiers de la capitale des Flandres peut être considéré comme une sorte de nouvel impôt local. Concernant l’endettement, en baisse constante depuis plusieurs années (tombé à 339 millions d’euros en 2022, soit 14 millions d’euros de moins qu’en 2020), il a finalement repris en 2025, dans un contexte budgétaire fortement contraint par les décisions de l’État. Un léger retour à l’emprunt a en effet été décidé, une première depuis 2018. Pour 2026, la ville prévoit un endettement à hauteur de 414 millions d’euros pour poursuivre ses investissements, contre 388 millions d’euros en 2025. À ce niveau d’emprunt, il faudra 9,9 années à la ville de Lille pour apurer sa dette, contre environ 6,4 ans en 2024 et 8 ans en 2025 (le seuil d’alerte est à 12 ans). En ce sens, on peut dire que l’endettement reste « contenu ». À noter toutefois que d’après le site des collectivités locales du ministère de l’Intérieur, l’endettement par habitant des Lillois est plus important que la moyenne nationale : il s’élevait à 1486 euros en 2021 contre 1111 euros pour les villes de la même strate de la population.
Martine Aubry ne s’est pas tout de suite convertie à la gratuité des bus, des trams et des métros réclamée dès 2016 par un collectif d’associations et de syndicats. Mais c’est sa vision d’une gratuité progressive qui devrait s’imposer. Elle est en tout cas en bonne position pour pousser le projet à la Métropole européenne de Lille qui dispose de la compétence en la matière. Une première étape a été franchie le 1er janvier 2022 – deux ans après l’échéance annoncée par Martine Aubry – lorsque les personnes de moins de 18 ans se sont vu accorder la possibilité de voyager gratuitement sur tout le territoire métropolitain. Une mesure à 8,5 millions d’euros par an pour la métropole, qui compte toutefois s’arrêter là. La gratuité pour tous ? « C’est, à l’heure actuelle des finances de la métropole, totalement inatteignable », tranchait Damien Castelain sur BFMTV en 2021. Tant pis donc pour les étudiants, seniors, personnes handicapées ciblées par la maire de Lille lors de sa campagne électorale.
Explorer toutes les promesses de Martine Aubry
Dans son programme pour les élections municipales de juin 2020, Martine Aubry a multiplié les promesses. Nous en avons recensé 217 au total. Aidez nos journalistes à vérifier si ces engagements sont tenus.
Lutte contre la vacance des logements – 2000 mobilisables sur 7000 vacants
La maire de Lille, elle, avançait vouloir en requalifier 2 000 sur 7 000. Un objectif réduit car s’appuyant sur le chiffre des logements effectivement mobilisables, le reste concerne selon la Ville « la rotation normale des habitants dans le parc de logement (vacance de friction : déménagements, travaux) et ne restent pas vacants longtemps. Ils n’ont pas vocation à faire l’objet d’une mobilisation par les collectivités ». Les 2000 logements visés par Martine Aubry concernaient alors des logements vacants depuis au moins deux ans.
Pour réussir ce défi, la Ville a pu compter sur l’appui de la Métropole européenne de Lille qui a présenté en 2021 un dispositif innovant contre la vacance. Mais celui‐ci ne visait que 1 600 logements à remettre sur le marché de l’ensemble de la métropole… et sur une période de 12 ans.
Lors du conseil municipal du 12 décembre 2025, l’un des derniers du mandat, Anissa Baderi, adjointe au maire en charge du logement a fait un point sur la situation. « Pour rappel, le [Plan local de l’habitat 2022–2028] relève 2900 logements vacants », a‑t‐elle précisé, ajoutant que « la Ville de Lille dispose d’une concession logements vacants dégradés avec La Fabrique des quartiers qui lui permet d’agir ».
Aujourd’hui, 638 logements ont été remis sur le marché, a ajouté l’élue. L’action de la Ville s’articule autour de différents dispositifs : procédures d’abandon manifeste, service communal d’hygiène et de sécurité qui réalise des visites et produit des arrêtés d’insalubrité.
Avec 638 logements remis sur le marché, nous considérons cette promesse comme en partie appliquée. Un bilan trop faible, au regard des oppositions, qui proposent quasiment toutes dans leur programme pour 2026 d’agir davantage à cet égard, alors que « des logements sont vacants depuis plusieurs dizaines d’années », critique par exemple l’équipe de Violette Spillebout.

Logements vacants à Lille : la vérité sur les chiffres, les promesses et les réquisitions
Montée en puissance de l’Organisme Foncier Solidaire
Si l’ancienne ministre du Travail dit que le dispositif a été “inventé à Lille” c’est qu’Audrey Linkenheld (actuelle 1ere adjointe) était en 2014 co‐rapporteure de la loi pour l’accès au logement et un urbanisme rénové dite “loi Duflot”. La création des OFS était l’une des mesures phares de ce texte. L’Organisme lillois a été agréé en 2017. Il met en œuvre ce qu’on appelle un bail réel et solidaire, qui consiste à dissocier la propriété du terrain et la propriété des murs, pour faire baisser le prix des logements : l’OFS acquiert le terrain et en reste propriétaire, tandis que le ménage est propriétaire du bâti (sur une durée comprise entre 15 et 99 ans).
Interrogée, la Ville de Lille explique qu’après une phase d’expérimentation du Bail réel solidaire sur deux premières opérations (Cosmopole et Carré Latin), le mandat 2020–2026 a permis de développer le modèle. En 2020, Lille comptait 32 logements en Bail réel solidaire. A l’issue du mandat 117 logements ont été livrés, auquel s’ajoute 177 logements supplémentaires contractualisés, dont 14 encore en commercialisation.
La Ville de Lille se félicite « du succès de l’offre auprès des ménages lillois » et précise avoir « décidé de généraliser ce modèle à la production de logements destinés à l’accession abordable » en 2024.
Multiplications des KAPS (colocations abordables en échange d’un engagement solidaire)
Le projet de KAPS est mené par l’Association de la fondation étudiante pour la ville (AFEV) et permet aux jeunes de moins de 30 ans de vivre dans une colocation à loyer modéré tout en renforçant le lien social via le développement d’actions solidaires dans les structures de quartier (centres sociaux, mairie de quartier, associations de proximité…). Le projet a été lancé en 2018 dans les quartiers de Moulins, Wazemmes, Bois Blanc, Lille Sud et Fives. Selon les données de la MEL, le dispositif comptait 45 kapseurs en 2020 (dont une partie vivant également à Pont de Bois, à Villeneuve d’Ascq). L’objectif était alors de passer à 75 kapseurs en 2020.
Interrogée sur l’évolution du dispositif, la mairie de Lille précise que l’AFEV accompagne désormais des kapseurs dans trois quartiers : la résidence Magenta à Wazemmes, les résidence Alsace et Trévise à Moulins et le secteur Concorde – en cours de réhabilitation – à Faubourg de Béthune. Au total, 13 logements sont dédiés au dispositif, pour 27 kapseur.
La Ville précise que les kapseurs ont été formés à la gestion de conflit, la communication non violente, le montage de projet et les violences sexistes. A Moulins, les kapseurs ont par exemple participé à l’animation du programme festif et artistique « Jacques Jacques Jacques », sur la place Jacques Fébvrier, et à Wazemmes, ils ont contribué à l’animation d’un jardin partagé.
Au regard des chiffres, nous pouvons donc dire que l’objectif de multiplication des kapseurs n’est pas atteint à la fin du mandat, même si le dispositif a été pérennisé.
Régulation plus stricte de l’accès au coeur de ville par les camions de livraison
En 2018, un diagnostic sonore de la ville de Lille pointait néanmoins les importantes nuisances provoquées par les camions de livraison, avant tout les matins en cœur de ville. L’enjeu de leur régulation est également écologique, dans l’optique de limiter la pollution et d’améliorer la qualité de l’air.
Interrogée sur la mise en place de cette « régulation plus stricte » – une promesse particulièrement imprécise – la Ville de Lille explique avoir « privilégié une action incitative auprès des commerçants et des artisans pour les encourager à recourir aux solutions durables pour la logistique du dernier kilomètre ».
Depuis 2024, la Ville participe au programme « Marguerite », en partenariat avec la CCI Grand Lille et la Chambre des Métiers et de l’Artisanat Hauts‐de‐France (avec l’accompagnement de la Maison des mobilités durables), pour expérimenter quatorze solutions de logistique urbaine (cyclo‐logistique, livraisons mutualisées, tournées d’approvisionnement, évacuation de déchets, solutions de stockage…).
Ce programme vise la conversion de 136 artisans et commerçants à des solutions logistiques durables, testées à moindre coût. Une dizaine de commerçants testent actuellement le dispositif et une première conversion a été réalisée.
Ce n’est donc pas une régulation mais une incitation.
Création de parkings relais en silo aux entrées de ville
Néanmoins, la promesse de Martine Aubry consistait bien en la création de nouveau parkings‐relais. Le programme citait d’ailleurs la porte de Valenciennes et le CHR. Nous classons en conséquence cette promesse comme non tenue.
Renforcement des aides financières locales à la transition énergétique
En plus de ces différents dispositifs, la mairie de Lille propose différentes aides (recensées dans ce guide daté de 2020). Il en est ainsi d’une prime plafonnée à 25 000 euros pour des travaux d’amélioration des performances énergétiques des logements de plus de quinze ans. Il est également possible de bénéficier d’une aide pour l’installation de panneaux solaires ou récupérateurs d’eau de pluie.
Interrogée, la mairie précise que « ces aides municipales ont connu plusieurs évolutions au cours du mandat, en lien avec celles de l’ANAH et pour renforcer leur efficacité ». Une première refonte a été opérée en février 2021, pour redéfinir les critères et conditions d’octroi des primes :
- Le montant des plafonds de travaux subventionnables et celui des aides mobilisables de la Ville de Lille a été relevé, sous réserve d’un gain énergétique correspondant à une sortie de passoires thermiques et/ou d’une haute performance énergétique (atteinte de l’étiquette C ou gain de performance minimum de 40 %)
- L’aide bonifie davantage le recours aux éco‐matériaux ainsi qu’aux énergies renouvelables
- Une aide spécifique pour la rénovation des copropriétés (qui représentent 3/4 des logements privés) a été créée
- Une nouvelle prime municipale de 1 000 euros par logements a été décidée, dans le cadre des aides à la transition écologique pour les logements souhaitant se connecter au réseau de chaleur urbain. La Ville soutient également financièrement le recours à d’autres énergies renouvelables, comme le bois énergie ou le solaire.
Le montant de l’aide a ainsi augmenté de 36 % avec un montant moyen d’aide de 8 006 euros pour un propriétaire très modeste et de 25 % avec un montant moyen d’aide de 7 116 euros pour un propriétaire modeste. Une seconde réforme a été opérée en 2025 pour intégrer l’évolution des aides de l’ANAH, dont le budget va connaître une nouvelle baisse en 2026.
Installation d’une serre de 150 m² en agriculture verticale à Fives Cail
Si la Halle gourmande a bien été créée, témoin que la réhabilitation de la friche à Fives Cail compte parmi les projets d’urbanisme phare menés par la mairie de Lille, la serre agricole, pressentie pour être installée sous le toit de l’ancienne halle G1, n’a pas été construite.
Préférant voir le verre à moitié plein, la Ville indique qu’une serre de plain‐pied a vu le jour. Celle‐ci est gérée par l’association Lilotopia qui expérimente l’agriculture urbaine. Quant à la toiture de la halle G1, la Ville maintien qu’elle « permet l’installation d’activités agricoles ». « Les aménagements sont livrés et en attente d’un exploitant. » En conséquence, nous classons cette promesse comme non tenue.
Installation de caméras à 360° sur les véhicules pour détecter les salissures
Suppression rapide des plastiques à usage unique dans les activités municipales
La Ville de Lille est notamment signataire de la Charte Ville sans perturbateurs endocriniens et de la Charte culture durable et partagée visant à éviter l’usage de plastiques à usage unique, notamment dans le cadre des évènements culturels et sportifs.
Interrogée sur l’application de cette mesure au sein des activités municipales depuis 2020, la Ville de Lille explique que « la suppression des plastiques est mise en place progressivement, particulièrement au sein des crèches municipales et des cantines scolaires ». Ainsi, 4 millions d’euros d’investissements ont par exemple été programmés pour remplacer les barquettes des cantines par des bacs en inox.
La suppression n’est néanmoins pas totale pour le moment, et manque donc de remplir le critère de « rapidité » voulu par Martine Aubry. C’est donc une promesse en partie appliquée.
Élaboration d’un « plan périnatalité »
En 2025, la Ville de Lille a inauguré la Maison des parents, au sein de la Maison des solidarités implantée près du métro Porte des Postes. Ce lieu, est, selon la Ville « ouvert aux futurs parents et jeunes parents avec ou sans rendez‐vous ». Cet espace convivial leur permet d’échanger et d’être accompagnés à travers des permanences et des ateliers collectifs autour des besoins fondamentaux des jeunes enfants, d’accéder aux services de PMI [protection maternelle et infantile] et à des groupes de parole dirigés par une psychologue clinicienne.
La Ville de Lille a également organisé « des temps d’information et de sensibilisation » pour les agents municipaux, à destination des agents des crèches et de la Maison des solidarités concernant les 1000 premiers jours de la vie de l’enfant. Un groupe de travail sur la périnatalité et la dépression post partum a également été organisé par le Conseil lillois en santé mentale.
Large concertation pour établir une tarification incitative à la réduction des déchets
Interrogée sur l’abandon d’une concertation à ce sujet, la mairie de Lille a précisé à Mediacités que « la tarification incitative pour la collecte des déchets défendue par la Ville n’a pas été retenue par la Métropole européenne de Lille, compétente de matière de déchets, faute de consensus entre les communes membres. Dans l’attente d’un engagement sur la possibilité de sa mise en œuvre, la concertation des Lillois sur la tarification a dû être reportée ». C’est donc une promesse abandonnée.
Amplification de la lutte contre le gaspillage alimentaire dans les cantines
- Défis zéro Gaspi et pesées
- « Référents antigaspi »
- Animations (affiches, jeux)
- Présentation du menu (affichage, explications)
- Gâchimètre à pain
- Gâchimètre à eau
- Affinage des effectifs prévisionnels
- Deux portions proposées : petite faim/grande faim
- Fruits découpés plutôt qu’entiers
- Distribution du pain (pas de libre service)
- Distribution de l’eau (pas de libre service)
- Distribution du fromage blanc/yaourt (pas de libre service)
- Accompagnement des enfants sur le temps du repas
- Smoothies avec les fruits non distribués
- Valorisation des biodéchets par compostage
- Réutilisation de l’eau non consommée
Les cantines lilloises ont ainsi montré une diminution de 30% des restes d’assiette depuis 2020, selon la mairie.
Facilitation des sorties culturelles en famille (carte aux trésors culturels…)
Interrogée, la Ville de Lille précise qu’avant chaque période de vacances scolaires, « un carnet de liaison est remis aux enfants scolarisés dans les écoles publiques maternelles et élémentaires de Lille. Ce support d’information, diffusé à environ 12 700 exemplaires, constitue un outil de communication ». Il permet de donner aux familles les informations pratiques relatives aux centres de loisirs, mais constitue surtout un « agenda des enfants destiné aux 0–12 ans », avec le programme de l’ensemble de l’offre culturelle proposée pour cette tranche d’âge.
La municipalité ajoute que « les opérations saisonnières Lille aventure nature et Lille neige, gratuites pour les Lillois, proposent de nombreuses activités et animations » pour les familles. Pas de traces, en revanche, d’une carte aux trésors culturels ou de nouvelles propositions de dimanches en famille, outre la pérennisation de dispositifs existants.
Installation d’un comité faune et flore dans chaque quartier
A la fin du mandat, la ville a atteint ses objectifs en matière d’arbres plantés et a bien rejoint le programme Refuges LPO. Néanmoins, Mediacités n’a pas trouvé de trace d’installation de comité faune & flore dans chaque quartier pour viser à surveiller l’avancement des projets en lien avec la biodiversité.
Interrogée, la Ville de Lille précise que « ce comité a été renommé “Je découvre la biodiversité de mon quartier” et a pris la forme d’animations pédagogiques de science participative favorisant la découverte et la sensibilisation à la faune et la flore pour les habitants. Ces animations ont été lancées sous forme de test en 2022, dans les quartiers de Wazemmes et Saint‐Maurice‐Pellevoisin. Portées par les associations GON et LPO, elles ont permis de touché près de 400 personnes. Un parcours de découverte est en cours de réalisation dans le cimetière de l’Est. »
A terme, le dispositif vise aussi à impliquer les habitants dans les protocoles de sciences participatives, visant à faire remonter des données de terrain aux scientifiques et agents de la ville.
La Ville ajoute que « Vauban, Faubourg, Lille et Hellemmes ont intégré cette démarche en avril 2023. Depuis 2024, 100% du territoire lillois est concerné. L’appel à projet “sciences participatives dans les quartiers’ est pérennisé et un déploiement à Lomme et Hellemmes est envisagé ».
Néanmoins, cette initiative s’éloigne d’un comité, qui s’entend, comme un petit groupe de personnes investi d’un pouvoir de surveillance ou de décision. S’il permet aux habitants de chaque quartier de découvrir ou de mieux connaître la biodiversité locale, le programme n’implique pas les habitants dans les aménagements liés à la biodiversités décidés par la ville.
Nouveaux thèmes pour les clubs proposés le midi et le soir
En 2022, la Ville de Lille adoptait une délibération visant à « poursuivre le développement des clubs sur le temps du midi, du soir et du mercredi » et lançait un appel à projets visant à développer plusieurs thématiques : logique et sciences, transition écologique, citoyenneté et vivre ensemble, art et culture, numérique, santé et bien être, pratique linguistique.
Depuis, la Ville de Lille explique avoir déployé deux nouvelles offres :
- L’apprentissage de l’anglais. Adopté en juin 2023, le plan anglais consiste à des clubs animés le temps du midi par des étudiants internationaux anglophones, en partenariat avec l’Université de Lille et différents ateliers sur le temps périscolaire.
- L’éducation aux médias. Sur le temps périscolaire, les « ateliers philo » permettent aux enfants d’aborder les questions liées à l’utilisation des écrans. Les clubs citoyens abordent aussi les usages numériques. Pour l’année scolaire 2025–2026, l’offre a été renforcée en partenariat avec l’association Neo Core (réflexions sur l’IA et les deep fake, exploration du stop motion et sensibilisation à la surexposition/à la déconnexion).
Cette offre reste limitée par rapport aux ambitions initiales de la Ville.
Publication chaque année d’un indice lillois et local de la biodiversité
Interrogée à ce sujet, la mairie indique qu’un « travail méthodologique a été mené » afin de constituer cet indice… sans toutefois avoir être concrétisé. La Ville concède en effet avoir préféré « préserver la mobilisation prioritaire des ressources humaines de la Ville sur les actions menées au bénéfice de la biodiversité ». Pour cette raison, nous classons cette promesse comme non tenue.
Notons tout de même que la Ville indique ne pas avoir abandonné ce projet, puisqu’elle nous indique, au futur dans le texte, que « cet indice s’appuiera sur un diagnostic des parcs et jardins de la Ville ». Et d’indiquer qu’un premier inventaire faune flore d’un parc par quartier a commencé en 2025.
Généralisation de Journées Sport Santé avec les écoles
La Ville de Lille a ainsi contribué au développement du « sport santé », en mettant en place, par exemple, des dispositifs comme « l’école du sport » – une heure d’activité physique gratuite après l’école pour les élèves du primaire -, à Lomme, ou le « baby vélo » à Hellemmes. Les dispositifs de ce genre sont détaillés dans le plan local de promotion santé et le projet éducatif global 2022 – 2026.
Parmi les autres initiatives en la matière, la Ville de Lille cite « des initiations sportives et handi sportives sur le temps scolaire », « l’organisation d’olympiades scolaires », « l’accueil et l’échange avec des athlètes de haut‐niveau dans les classes », « l’expérimentation du diagno‐forme, qui permet l’évaluation de la forme des élèves, une fois par an, dans l’ensemble des écoles du quartier de Fives » et « l’organisation de la semaine sport santé par la Direction des Sports les 11, 12 et 13 juin 2025 » pour 20 classes de CM2 de la Ville.
Malgré l’augmentation des initiatives en la matière, il semble donc qu’il n’y ait pas eu de généralisation des journées sport santé pour toutes les classes et écoles de la Ville. Nous classons donc cette promesse comme en partie appliquée.
Renforcer la présence humaine au pied des immeubles
Interrogée, la Ville de Lille explique que les effectifs des agents de liaison et de médiation sociale (les médiateurs municipaux) ont augmenté de deux personnes depuis 2020, passant de 14 agents à 16 agents (11 agents titulaires, 3 adultes relais, un coordinateur et un coordinateur adjoint). La Ville finance également les clubs de prévention tels qu’Itinéraires, touchés néanmoins de plein fouet par le recul des financements de l’Etat et du Département ces derniers mois et contraints à des réorganisations internes de leurs effectifs.
Des moyens qui restent nettement insuffisants pour mailler le territoire jour et nuit afin de lutter contre le trafic de stupéfiant, qui reste préoccupant à Lille. Le manque d’effectif a notamment animé le Grand débat des municipales organisé par des associations étudiantes le 21 janvier 2026. Arnaud Deslandes a lui‐même concédé qu’il fallait déployer davantage de médiateurs de rue « notamment la nuit ». La candidate insoumise, Lahouaria Addouche, qui a elle‐même travaillé dans un club de prévention lillois regrette également que les postes de médiateurs sociaux soient globalement « des contrats précaires de trois ans qui ne permettent pas de créer du lien avec les habitants ».
Au vu de ce constat, nous considérons cette promesse comme non tenue.
Favoriser l’émergence de vraies rues‐jardins
Les services de la mairie ont précisé leur définition : « des rues végétalisées et particulièrement apaisées ». « Dans ces rues, la circulation est réduite aux riverains permettant un partage de l’espace public au bénéfice des piétons, voire elles sont rendues entièrement piétonnes », nous indique‐t‐on encore.
La réponse liste ensuite plusieurs exemples de « rues‐jardin ». Il s’agit, à chaque fois, de petites artères, peu fréquentées, telles que la rue du Dr Yersin et la rue Bayard à Moulins, ou encore les rues du Chaufour, Durnerin et de la Tranquilité à Wazemmes.
Si ces rues, peu passantes, permettent effectivement une circulation « apaisée », leur « transformation en jardin » ne saute pas aux yeux. Des projets plus visibles sont néanmoins en cours, notamment rue d’Inkermann où de larges bacs destinés à accueillir des végétaux ont été installés.
Aussi, la mairie a mis en place depuis le précédent mandat le permis de végétaliser, avec un budget dédié, qui permet aux habitants de végétaliser leur façade, planter au pied de leur maison ou sur les trottoirs pour animer les rues. Ces plantations, qui existent bien, restent disparates. Elles ne peuvent à elles seules constituer l’émergence d’un jardin.
Pour toutes ces raisons, nous classons donc cette promesse comme non tenue.
Achèvement des travaux sur la façade de l’Hôtel de Ville
Interrogée, la Ville de Lille nous a signalé que les travaux du bâtiment « Les arcades » étaient sur le point de démarré, les marchés publics ayant été notifiés en octobre 2025. La période de préparation du chantier est en cours. « Une première phase de travaux a eu lieu, visant à conforter la fiabilité technique et économique de la méthodologie », précise‐t‐elle. Mais les travaux effectifs ne devraient démarrer qu’au printemps 2026, pour une livraison estimée fin 2027/début 2028. C’est donc une promesse non tenue sur le mandat en cours.
Doublement des médiateurs santé (aides aux démarches, accompagnement aux rendez‐vous)
Interrogée, la Ville de Lille explique que « les premiers médiateurs santé ont été recrutés à partir de 2021 : ils étaient alors trois. Une nouvelle vague de recrutement a eu lieu en juillet 2025 » avec un quatrième recrutement en cours après accord de la Préfecture et de l’Agence régionale de santé.
Pour rappel, les médiateurs santé sont à différencier des ambassadeurs santé, qui sont quand à eux une soixantaine à intervenir bénévolement pour des actions de prévention.
Puisque la Ville explique que les premiers médiateurs santé ont été recrutés en 2021, difficile de comprendre la promesse de Martine Aubry de doubler ces effectifs. Avec quatre médiateurs santé recrutés en six ans, la mairie ne pouvait donc que remplir cette promesse si elle partait de 0.
Nouvelles cartes « Lille et moi » avec des services élargis
Dans son programme, Martine Aubry a souhaité élargir les services auxquels ses habitants peuvent bénéficier. La Ville de Lille précise qu’au cours du mandat, « le Pass Lille et moi a été amélioré en termes de fonctionnalité » et que « les offres existantes ont été confortées ». Pas de nouveaux avantages donc, mais une pérennisation du dispositif existant.
Renforcement du réseau « court emploi et handicap »
- L’organisation d’un circuit court dédié aux jeunes en situation de handicap lors de la semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées, qui a lieu chaque année
- La création d’un « parcours projet adapté » en 2024. Ce parcours réservé aux jeunes en situation de handicap propose un mois d’ateliers et de visites d’entreprises pour construire un projet professionnel.
- L’organisation d’un forum « Handi Fest » en juin 2025 qui a permis de sensibiliser au handicap et d’évoquer l’insertion dans un emploi adapté
- Le renforcement de l’accompagnement des porteurs de handicap au sein de la Mission locale Lille Avenirs qui dispose de dix référents dédiés, un par service.
Création d’un service de transport éco‐responsable pour lutter contre l’isolement
La Ville n’a néanmoins pas créé elle‐même ce service.
Augmentation des séances de formation au numérique des centres sociaux
La mairie, qui subventionne ces structures, finance également des postes de conseillers ou médiateurs numériques. Et ce, « malgré le désengagement financier de l’Etat depuis 2025 », précise‐t‐elle. Ils sont au nombre de six, et il est possible de prendre rendez‐vous avec l’un d’entre eux gratuitement.
La Ville de Lille explique que la question de l’accès aux ressources numériques « est désormais inscrite au cœur des contrats de projets » des centres sociaux et est « un enjeu majeur de leur programme d’action », en particulier dans les quartiers du sud de Lille. La Ville cite également des partenariats avec des structures de l’économie sociale et solidaire comme Emmaüs connect qui offre la possibilité d’accéder à du matériel informatique et à un accompagnement pour l’utiliser.
La Ville ajoute que le CCAS a également recruté au cours du mandat un conseiller numérique qui propose des ateliers dédiés au sein des espaces seniors. Difficile néanmoins de savoir si les séances de formation au numérique ont effectivement augmenté au cours du mandat.
Ouverture des écoles et des cantines le mercredi midi aux seniors
Interrogée, la Ville de Lille précise que « cette expérimentation a été très bien accueillie, tant par les seniors que les enfants ». Il a donc été décidé de pérenniser le dispositif, en l’étendant progressivement à de nouveaux quartiers. La municipalité explique que depuis, tous les quartiers sont concernés excepté Bois‐Blancs « pour des raisons techniques ». Elle ajoute également qu’à Wazemmes, l’Ecole régionale du premier degré (ERPD) Ernest Couteaux, établissement avec internet spécialement destiné aux enfants de parents exerçant des professions mobiles, aux familles dispersées ou en difficulté financières ponctuelles est également concernée.
Développement du mentorat avec 500 adultes accompagnant 1 000 jeunes lillois
Le dispositif de mentorat est géré par l’association « Duo for a job » depuis 2021, installée au Bazaar Saint So. Le but est de mettre en relation des habitants de 50 ans et plus avec des jeunes de 18 à 33 ans, réfugiés ou issus de l’immigration pour les accompagner dans leur recherche d’emploi ou de formation pendant six mois à raison de deux heures par semaine, selon le site de la Ville.
Hausse des services civiques pour intervenir au domicile des seniors
La Ville de Lille précise que chaque année, 8 à 10 jeunes en service civique sont affectés au dispositif « Pass Seniors » (service de la ville dédié aux aînés), 2 à 3 à l’EHPAD municipal et 4 au Clic (Centre local d’information et de coordination)-relais autonomie. Parmi ces jeunes, seulement ceux affectés au Clic‐relais autonomie interviennent directement au domicile des seniors, sans que nous ne sachions si ce nombre est en hausse sur le mandat.
Il existe également depuis dix ans le réseau solidarité seniors, un appel au volontariat hors service civique pour que des personnes puissent consacrer un peu de leur temps libre (au moins deux fois par mois) à une personne âgée. Les volontaires sont formés et suivis par un agent de la Ville.
Recrutement de 1 800 jeunes en service civique
Selon les chiffres de la Ville de Lille, « sur la période 2021–2025, 259 jeunes ont été engagés sur une mission de service civique » au sein des services de la mairie.
A la fin du mandat, 1 863 contrats services civiques ont été signés sous l’agrément « Mission locale Lille avenirs », « auxquels il faut ajouter les services civiques portés par Unis‐Cités et par les structures portant leur propre agrément », précise la Ville, qui ajoute que ces recrutements sont intervenus « malgré la baisse de l’enveloppe nationale » dédiée en 2025. C’est donc un objectif dépassé.
Le Jardin des Plantes sera rénové
Le réaménagement du Jardin des Plantes, parc de 11 hectares situé au sud du périphérique de Lille entre le Faubourg d’Arras et le Faubourg de Douai, est un des projets phares de cette ambition de végétalisation de Lille.
« Les bassins du jardin feront l’objet d’une réfection, le belvédère et les cheminements en proximité immédiate seront restaurés. Ces travaux seront réalisés fin 2023, début 2024 », pouvait‐on lire sur le site de la ville de Lille. Un projet finalement achevé en avril 2025, pour un investissement de 2,5 millions d’euros. De nouvelles plantes aquatiques seront ajoutées en cours d’année.
L’Association des Amis du Jardin des plantes déplore néanmoins la fermeture, en 2022, de la serre équatoriale située sur le site. Une décision prise en raison de sa consommation énergétique excessive, avait justifié la majorité. Selon Pierre Semal, son président, elle pourrait devenir un musée de la biodiversité végétale. Une pétition en ligne « Sauvons la serre du jardins des plantes ! » avait recueilli 12 000 signatures.
Objectifs Plan local pour l’insertion et l’emploi : emploi durable pour 1 800 lillois dont 600 de plus de 45 ans
La Ville de Lille précise qu’en date de décembre 2025, « 1458 Lillois participant au PLIE ont intégré un emploi durable ». Parmi eux, « 526 étaient des 45 ans et + ». Elle ajoute qu’un nouveau partenariat avec l’association Solfa a été établi pour accompagner les femmes très éloignées de l’emploi, mais que le PLIE a dû « revoir ses objectifs à la baisse suite à l’arrêt du financement par le Département du Nord dès 2021 et à la baisse du financement du Conseil régional », pour une perte totale de 226 000 euros. C’est donc une promesse en partie appliquée du fait de la baisse globale des financements.
5 000 jeunes bénéficiaires d’un accompagnement renforcé vers l’emploi et allocation mensuelle
Les jeunes concernés bénéficient d’un “parcours entièrement personnalisé qui peut durer de 6 à 12 mois avec l’objectif de les aider à définir leur projet professionnel et à trouver un emploi.” Ils peuvent également toucher une allocation mensuelle pouvant aller jusqu’à 528 euros.
La Ville de Lille précise que l’objectif de 5000 jeunes « a été atteint et même dépassé », avec 8 189 bénéficiaires à la fin 2025.
Renforcement du programme « Un logement d’abord » destiné aux SDF
Ce programme s’appuie essentiellement sur le dispositif « Pensions de Famille » (ou Maison Relais) adapté aux personnes « isolées ou à des couples très désocialisés, qui ont connu la rue ou des passages répétés en structures d’hébergement » et à qui ne convient pas forcément un logement social ordinaire. Chaque résident de ce dispositif dispose d’un logement propre de 18 à 30 mètres carrés, d’une salle d’activité commune et de l’assistance d’un coordinateur salarié.
La Ville de Lille précise qu’à ce jour il existe quatre pensions de familles, pour un total de 66 logements. Au cours du mandat, trois nouvelles pensions ont été engagées et sont actuellement en chantier pour permettre l’installation d’une cinquantaine de logements supplémentaires (à Hellemmes, Moulins et dans le Vieux‐Lille).
L’une d’entre elles sera située dans la résidence « solidaire, intergénérationnelle et ouverte sur le quartier » Maracci, sur le site de l’ancienne école privée Sainte‐Marie. Au même endroit, on pourra également retrouver une crèche, une médiathèque, des logements intergénérationnels, une maison de santé, quinze logements en accession libre et un tiers‐lieu géré par l’association Habitat et Humanisme. La livraison est prévue en 2027.
Installations dans l’espace public de nouveaux terrains de sport en accès libre (avec vestiaires)
Voici la liste des nouveaux terrains inaugurés :
‑Un city‐stade sur le site du Petit Maroc, à Fives, inauguré en 2020
‑Un city‐stade rue Paul Ramadier dans le Vieux‐Lille inauguré en 2021
‑Deux plateaux sportifs dédié au basket 3x3 avenue du Peuple Belge inaugurés en 2021
‑Un city‐stade et un plateau sportif dédié au basket 3x3 sut le site des Pyramides, inaugurés en 2023
‑Un city‐stade et un plateau sportif dédié au basket 3x3 sur le terrain Michelet, inauguré en 2023
‑Un terrain de football sur le site Maxime Gorki inauguré en 2021
‑Un city‐stade et un plateau sportif dédié au mini‐basket sur le site Marcel Bertrand inauguré en 2022
‑Un plateau sportif dédié au basket 3x3 dans le square Philippe de Comines inauguré en 2023
Aucun de ces nouveaux équipements ne comportent néanmoins de vestiaires ou de douches. La Ville de Lille précise que « des études techniques ont été menées dans le cadre de plusieurs projets et n’ont pas permis d’aboutir à la mise en œuvre de ceux‐ci ». C’est donc une promesse en partie appliquée.
Soutien aux nouveaux sports urbains
En premier lieu, la Halle de Glisse a été entièrement rénovée au cours du mandat. Le skatepark intérieur a été entièrement réhabilité en 2022, et réaménagé pour pouvoir accueillir à la fois une zone d’apprentissage et des zones dédiées à la pratique de plus confirmée. Il est d’ailleurs désormais habilité à recevoir des évènements de haut niveau. En 2025, les travaux de réaménagement du skatepark extérieur baptisé streetpark ont été réalisés « afin de proposer une offre complémentaire gratuite », avec plusieurs axes de pratique gradués accessibles à tous. La Halle de Glisse a notamment accueilli en 2024 une grande compétition de BMX.
La Ville a aussi impulsé la création d’un skatepark et d’un pump track en accès libre sur le site des Pyramides, dans le quartier Vauban‐Esquermes, créé ou requalifié des plateaux destinés à accueillir des joueurs de basket 3x3 (deux terrains dans le Vieux‐Lille, un terrain à Moulins, un à Lille‐Sud, un à Vauban‐Esquermes, et un dernier en cours de création à Wazemmes).
La Ville de Lille a également accueilli des évènements visant à valoriser la pratique du break dance et la culture hip hip, comme le Hip Open Dance ou les championnats de break dance.
Enfin, la Ville a développé dans certains quartiers (Vieux‐Lille, Vauban‐Esquermes, Lille‐Sud et Lille‐Moulins) de nouvelles zones d’agrès et de « street workout » en accès libre.
Généralisation du label « valides‐handicapés » pour encourager des pratiques sportives mixtes
La Ville de Lille est en revanche détentrice du label « Ville active et sportive », et a obtenu en 2024 quatre lauriers, soit le plus haut niveau de reconnaissance. Il récompense notamment l’offre de pratiques diversifiées et accessibles. La municipalité explique avoir mené différents travaux pour favoriser la pratique sportive pour tous durant ce mandat, en prolongement du mandat précédent, durant lequel elle avait inauguré le complexe sportif Micheline Ostermeyer, salle omnisport entièrement adaptée à la pratique des personnes en situation de handicap, qui accueille plusieurs clubs et sections sportives évoluant à haut niveau comme la section rugby fauteuil de l’IRIS Rugby ou le LUC handibasket.
Les services de la Ville expliquent également mener des actions en faveur de l’inclusion par le sport en soutenant des évènements favorisant la rencontre entre pratiquants parasportifs et valides. Chaque semaine, la Ville propose par exemple des créneaux de sport gratuits et adaptés accessibles à la fois aux personnes en situation de handicap et aux personnes valides. Des subventions spécifiques ont également été attribuées à des associations sportives accueillant des personnes en situation de handicap durant le mandat.
Renforcement des liens avec le LOSC : idendification de lieux pour les supporters
Interrogée, la Ville de Lille explique que durant ce mandat, « les liens avec le LOSC ont été réaffirmés et renforcés », au sein de l’espace public lillois ou de l’Hôtel de Ville. Elle fournit ainsi une liste de différents évènements :
‑Célébration en 2021 des dix ans du doublé coupe‐championnat, avec une exposition sur les grilles du parc JB Lebas et dans les quartiers Lillois. Encouragements visuels du LOSC dans sa quête du titre de champion de France avec installation d’oriflammes, d’une écharpe autour du cour de la Déesse, de lumières rouges et blanches projetées sur les bâtiments publics et l’organisation d’une parade des joueurs en centre‐ville.
‑Exposition sur l’histoire de l’Olympique lillois, l’ancêtre du LOSC à l’occasion des 90 ans du titre de champion de France en 1933, en 2023.
‑En 2024, remise de la médaille d’or de la Ville à Eden Hazard, ancien joueur emblématique du LOSC, en présence de supporters puis célébration des 80 ans du LOSC avec une exposition spécialement consacrée aux supporters sur les grilles du parc JB Lebas, un maillot sur la statue de la Déesse, des mises en lumière spécifique et l’installation d’une statue du Dogue au centre de la vieille Bourse.
‑Diffusion au cinéma d’un documentaire consacré à l’ancien entraîneur du LOSC Vahid Halilodzic, en présence de supporters du LOSC invités par la ville en 2025. La même année, une exposition consacrée à l’équipe féminine a été installée à l’Hôtel de Ville et la plaine Grimonprez‐Jooris a été inaugurée à l’emplacement de l’ancien stade mythique du club en présence d’associations et de représentants de supporters.
Malgré le foisonnement d’initiatives visant à supporter, célébrer et renforcer les liens avec le LOSC durant ce mandat, aucun lieu n’a dont été identifié de façon pérenne pour réunir les supporters du LOSC les jours de match ou pour des célébrations particulières. Nous classons donc cette promesse comme en partie appliquée.
Accompagnement particulier des équipes féminines vers le niveau national
-rénovation d’équipements pour les adapter à la pratique féminine (nombre et qualité des vestiaires, sécurité des accès, diversité des espaces de pratique). Exemples : en 2024, les zones vestiaires ont été réaménagées, des casiers sécurisés ont été installés, et de nouveaux espaces ont été développés afin d’accueillir de nouvelles activités comme la boxe loisirs, discipline dans laquelle les femmes sont majoritaires.
Les vestiaires de la salle du Croquet et du Stade Jean Bouin ont été agrandis « afin d’offrir aux équipes féminines les mêmes conditions que les équipes masculines et encourager le club à engager davantage d’équipes féminines ».
-accompagnement des clubs et aides financières. La municipalité explique que parmi les critères de subventionnement au cours du mandat, la « priorité a été donnée aux clubs lillois impulsant la création de sections féminines (FC Lille Sud, US Carrel) » et que « des aides exceptionnelles ont été versées pour favoriser les conditions de la pratique féminine et la participation à des compétitions ».
La Ville explique avoir soutenu la création d’une équipe féminine engagée en championnat au LUC Volley, via l’attribution de créneaux adaptés en semaine et d’une subvention exceptionnelle pour la pratique en compétition.
Elle a également lancé en 2021 une convention de partenariat entre l’équipe féminine du LOSC et trois clubs de football Lillois (OS Fives, US Carrel et ES Louvière Pellevoisin) visant à favoriser les passerelles entre pratique amateur et de haut niveau pour les joueuses et encadrant.es. Elle précise qu’une nouvelle convention sera lancée début 2026, possiblement ouverte à d’autres clubs.
-valorisation des parcours féminins
‑sensibilisation aux violences sexistes et sexuelles : en 2025, la Ville et l’Office Municipal des Sports des sessions ont été organisées à destination des clubs, pour sensibiliser quarante encadrants et/ou responsables associatifs Lillois.
Expérimentation d’une vraie démocratie en ligne
C’est sur ce site également que la municipalité organise les budgets participatifs, ou qu’elle a ouvert un droit de pétition locale en 2021. Si 37 pétitions ont été déposées, aucune n’a pu donner suite à un vote en conseil municipal faute du nombre de signatures requises, nécessitant l’approbation d’un cinquième des électeurs Lillois.
La Ville de Lille fait valoir : « près de 350 000 visites sur la plateforme au cours de ce mandat dont 72 % en entrée directe, près d’1,4 millions de pages consultées et près de 39 000 contributions apportées », précisant également que 3000 habitants sont abonnés à la newsletter associée.
Malgré les limites du dispositif, la Ville de Lille a bien expérimenté une forme de démocratie en ligne et l’a pérennisée au cours du mandat. Nous classons donc cette promesse comme tenue.

À Lille, la « vraie démocratie en ligne » de la mairie peine à décoller
Instauration d’un droit de pétition locale
Le fonctionnement du dispositif a été dessiné lors du conseil municipal du 21 février 2021, ouvrant donc la voie aux premiers dépôts de pétition sur le site de participation citoyenne de la ville. Mais attention à bien respecter la longue liste de règles édictées par la Ville de Lille : être âgé de 16 ans minimum, vivre à Lille, avoir son siège associatif dans la ville… Une fois ces premières conditions respectées, la pétition déposée doit concerner une question relevant des compétences de la municipalité et ne pas présenter de critères discriminants ou injurieux. Passé ce cap, elle doit surtout recueillir l’approbation d’un cinquième des inscrits sur la liste électorale.
Résultat, si 37 pétitions ont été déposées, aucune n’a été examinée par le conseil municipal. Si cette promesse est bel et bien tenue, lors de ses débuts, des experts en démocratie participative s’interrogeaient (à juste titre ?) sur le fonctionnement du dispositif.

Lille : le nouveau dispositif de pétition locale est‐il assez démocratique ?
Déconcentration de pouvoirs vers les mairies de quartier
Interface et un dialogue entre la mairie et les citoyens, chaque mairie de quartier est dotée d’un conseil de quartier, composé de dix habitants tirés au sort, de quinze habitants volontaires et de cinq représentants de groupes politiques. Ils disposent d’un budget permettant de financer les associations locales. Un fonds de participation citoyenne permet aussi de financer des microprojets chaque mois (en moyenne 20 000 euros par an et par quartier).
Interrogée sur l’évolution des prérogatives des mairies de quartier, la Ville de Lille cite la création du salon citoyen à Fives, qui a fait de la mairie de quartier « un lieu ressources, administratif, social, mais aussi informatif sur les projets en cours, lieu de recueil et d’échanges sur des projets et idées à proposer au quartier ou à la ville ». Inauguré fin août 2025, le projet doit être expérimenté durant un an pour envisager de l’étendre à d’autres quartiers.
La Ville de Lille ajoute que « durant ce mandat, les conseillers de quartier ont été amenés à s’exprimer [de façon consultative] sur les délibérations intéressant le quartier en amont du vote du Conseil municipal, ainsi que, chaque année, sur la programmation du contrat de ville ». Une prérogative dont ils disposaient déjà auparavant.
L’actuel maire de Lille Arnaud Deslandes a récemment concédé qu’il fallait refonder les conseils de quartier dont le modèle est vieillissant, afin de permettre notamment plus de représentativité, et de favoriser l’engagement en permettant des participations ponctuelles sur des projets précis.
Lancement de double appels à projets en matière d’urbanisme avec un premier appel à citoyens
Interrogée, la Ville de Lille précise que « plusieurs projets ont fait l’objet de démarches dans l’esprit d’un double‐appel à projet, la concertation ayant pour but de définir les [grandes] orientations, avant de lancer l’appel d’offres de maîtrise d’œuvre ». Elle cite ainsi plusieurs exemples :
‑la concertation citoyenne autour de l’avenir de l’avenue du Peuple Belge – dont le résultat est critiqué par les oppositions -, qui « sert de définition au programme ensuite dressé par les concepteurs ».
‑l’opération de logements « Les Sheds du coin du monde » de la friche Annappes‐Madagascar à Fives (anciennement dite Brunel), qui a fait l’objet d’une « démarche de co‐conception avec les habitants, menée par la Ville de Lille et le bailleur social 3F Notre Logis », permettant d’intégrer des locaux vélos partagés, des locaux associatifs, un jardin ouvert sur le quartier où une plantation citoyenne a été organisée. Notons néanmoins que si ce projet s’est achevé durant le mandat, l’appel à projet avait été lancé en 2016, soit lors de la précédente mandature.
‑une démarche similaire sur le site de l’ex CLID, rue du Jardin des Plantes, lancée dans un premier temps avec le promoteur ICADE et poursuivie avec LMH devenu propriétaire du terrain, suite à la mobilisation d’une association de riverains inquiète de l’avenir du quartier.
‑les concertations autour des requalifications de la place Maréchal Leclerc, le jardin des Olieux, le Square de la boule ou Ravel Debussy dans le cadre du budget participatif notamment. « Les citoyens ont pu émettre des demandes, un cahier des charges en termes d’équipements de proximité, afin par la suite de cadrer le projet », précise la Ville.
Initialement envisagé par Martine Aubry, le double‐appel à projets envisagé sur le devenir de la piscine Marx Dormoy n’a pas pu avoir lieu, « la piscine ayant dû être maintenue en activité en lien avec le recours contre le projet de piscine à Saint‐Sauveur », regrette la municipalité.
La Ville se félicite par ailleurs du plan de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations « coconstruit et concerté avec les associations et les habitants » avant qu’un appel à projet soit lancé auprès des professionnels et associations susceptibles d’y répondre.
Notons néanmoins que ces consultations restaient globalement organisées et encadrées par la municipalité. Un dispositif qui limite la possibilité qu’ont les habitants de proposer eux‐mêmes un projet innovant pour la ville. Pour cela, il vaut donc mieux se tourner vers le budget participatif.
Approfondissement de la mutualisation au sein de l’association entre Lille, Lomme et Hellemmes
Les communes associées partaient de loin en la matière, selon un constat dressé par un rapport interne en 2019, dont Mediacités s’était fait l’écho. Les auteurs décrivaient alors « une organisation à trois sans objectifs et règles clairs, à géométrie variable, où la mutualisation progresse peu », faisant même peser des risques juridiques sur la ville de Lille.
Interrogée, la Ville de Lille précise que, depuis le début du mandat, « la mutualisation a été approfondie par différentes actions » :
‑mutualisation des services informatiques entre Lille et Lomme
‑intégration des approches en matière de transition écologique entre les trois villes
‑approche globale du développement des espaces verts dans le cadre du plan 90 hectares
‑intégration des services techniques d’Hellemmes au sein de la Comed pour gérer le patrimoine bâti et les espaces verts en commun avec Lille
‑travaux pilotés directement par Lille à Lomme (exemple : stade des Ormes)
‑en matière de ressources humaines, unification de la paie entre Lille, Lomme et Hellemmes
La Ville de Lille ajoute : « la mutualisation s’est aussi approfondie progressivement de façon générale, par des échanges plus nourris et plus fréquents au niveau des services en favorisant la participation des directeurs des communes associés aux comités de direction stratégiques et opérationnels lillois ».
Plusieurs « particularismes de gestion » cités par la Chambre régionale des comptes en 2018 restent d’actualité, notamment à Lomme, qui conserve des services de comptabilité, commande publique, ressources humaines, finances, sa police municipale…
Ateliers avec les associations pour imaginer les futurs ponts et passerelles
La Ville de Lille précise que « s’agissant de ponts, une concertation a été menée, en 2022, avec les habitants de Lille Sud et Moulins ainsi que l’Association droit au vélo (ADAV) autour du réaménagement du pont de Jussieu entre le Faubourg d’Arras et la Porte d’Arras », qui était jugé dangereux par de nombreux cyclistes.
Elle ajoute que « dans le cadre de la concertation autour de la gare d’eau [à Bois‐Blancs], le pont levis a été refait [en 2023] en intégrant des circulations piétonnes et cyclables, donnant lieu à une concertation en lien avec les usages de la gare d’eau ».
Une nouvelle passerelle baptisée « Canopée » a également été aménagée en 2025 au nord du Vieux‐Lille dans le cadre du projet « Euralille à la Deûle », porté par la MEL, qui a fait l’objet d’une consultation globale, afin de faciliter la circulation entre Lille, Saint‐André et La Madeleine. Elle est accessible aux personnes à mobilité réduite.
D’autres ponts ou passerelles ont été réhabilités au cours du mandat sans que cela ne donne forcément lieu à une concertation, à l’image du pont des Abattoirs ou de la passerelle Solférino.
Extension de l’offre culturelle et sportive du Pass seniors
Des réductions sont par exemple proposées sur la programmation du théâtre Sébastopol grâce à cette carte. Les seniors peuvent également participer aux sorties proposées par l’association Anim’âges (s’ils adhèrent à l’association).
Parmi les activités physiques proposées dans l’Agenda seniors 2025, on trouve notamment de la danse, du yoga, du gymball, de la marche, de l’aquagym ou encore du pilates… Les seniors peuvent également participer à des clubs de jeux de sociétés, à des cours d’informatique ou de langues. De nouvelles activités ont été ajoutées au cours du mandat, comme la sarbacane ou le tir, en 2025.
Au début du mandat, les personnes âgées ont subi les désagréments liés à la pandémie de Covid : « les espaces seniors ont dû fermer pendant presque un an et les activités collectives (culturelles et sportives) ont été fortement réduites voire interdites pour les seniors très anxieux à l’idée de sortir de chez eux », regrette la Ville de Lille.
La Ville de Lille précise que « l’offre culturelle et sportive du Pass sénior a été étendue et diversifiée » depuis que la situation est revenue à la normale.
Côté culture, la collectivité cite par exemple le développement de places gratuites ou à tarif privilégié réservées pour les seniors au Grand Sud, dans les Maisons Folies, au Palais des Beaux‐arts dans le cadre de « Fiesta ». « Un partenariat plus étroit avec la médiathèque Jean Levy a permis de réaliser une exposition sur les chutes et de co‐construire un défilé de mode intergénérationnel à l’occasion des 60 ans de la structure », ajoute‐t‐elle.
Côté sport, « depuis 2024, les espaces seniors proposent d’accompagner des groupes de personnes âgées vers des activités sportives extérieures à l’espace seniors (marche, piscine…). Lors de ce mandat, le e‑sport a également été proposé au sein des espaces grâce à des séances collectives encadrées ».
Depuis 2024, un nouveau projet intergénérationnel baptisé « Générations en action » réunit les enfants des centres de loisirs sportifs et les seniors autour d’activités variées. Un autre évènement annuel a vu le jour en 2025 : « Sport Seniors, étonnez‐vous », qui permet de faire découvrir pendant une journée différentes activités sportives et d’encourager à la pratique plus régulière.
Construction de 8000 logements
Entre 2015 et 2020 – soit quasiment la durée du précédent mandat de Martine Aubry – ce sont plus de 9 000 logements qui ont été construits à Lille.
Dans son programme local de l’habitat (PLH), publié en 2022, la ville de Lille (en prenant en compte Hellemmes et Lomme) prévoyait la construction de 141 nouveaux projets d’habitat d’ici 2028, pour un total de 8 788 logements. Un nombre qui reste inférieur aux nécessités du terrain : « sur le territoire Lillois, les besoins sont estimés à 10 850 logements », précise le document.
Dans son bilan sur le logement présenté lors du conseil municipal du 12 décembre 2025, Anissa Baderi, adjointe en charge du dossier, alertait : « les besoins sont toujours croissants et il nous faut pouvoir y répondre ». Elle explique que la production a été fortement impactée par la crise sanitaire et l’explosion des coûts de construction, mais aussi le recours contre le projet Saint‐Sauveur. « 2000 logements ont cruellement manqué aux Lillois en cette crise du logement », regrette l’élue.
En mars 2026, la Ville aura inauguré 6560 nouveaux logements dont 34% abordables. Parmi ces logements, 1200 logements sont destinés aux étudiants, 300 issus de transformation de bureaux. « Rien n’est jamais simple en matière de logement mais ce fut particulièrement difficile dans ce mandat (…) Nous sommes a 80% de l’objectif, c’est un beau résultat [dans ce contexte] », appuie Anissa Baderi.
C’est donc une promesse en partie appliquée par la majorité.
Rénovation de 13 000 logements dont 3 500 sociaux
Lors du conseil municipal du 12 décembre 2025, l’adjointe au maire en charge du logement, Anissa Baderi, a fait un point sur la situation en fin de mandat, rappelant que la rénovation des logements énergivores était une « priorité », alors qu’un quart des Lillois vit en situation de précarité énergétique.
Grâce à l’action de la Maison de l’Habitat durable (co‐gérée par la Ville et la MEL), l’élue précise que 4725 ménages Lillois ont bénéficié de conseils. Plus de 3700 logements privés ont été rénovés sur le plan énergétique avec des aides publiques. 729 logements ont fait l’objet d’une rénovation globale grâce aux aides de la Ville. « Le gain énergétique moyen est de 61% ce qui représente un saut de trois étiquettes énergétiques », précise Anissa Baderi.
En ce qui concerne les copropriétés, Anissa Baderi indique que 8 ont été accompagnées, pour un total correspondant à 720 logements. Le service d’habitat de la MEL (AMELIO) a quant a lui participé à la rénovation de 24 copropriétés, ce qui correspond à 2400 logements. 1882 logements sont en passe d’être rénovés d’ici fin 2026.
Dans le cadre de rénovations globales, la Ville a souhaité rehausser les exigences en matière de gain énergétique et a accompagné le financement de l’amélioration de 1058 logements.
Elle rappelle que des baisses successives de subventions allouées par l’Etat à l’Agence nationale de l’habitat (ANAH) sont intervenues au cours du mandat, ce qui a conduit à une suspension des aides en 2025.
Anissa Baderi précise que sur l’ensemble du mandat, 3 316 logements sociaux ont été réhabilités ou sont engagés dans un projet de réhabilitation, dont 1513 étaient encore en phase d’étude en 2025. « Nous observons une diminution significative du nombre de logements [classés] E,F, G dans le parc social : ‑37% », a‑t‐elle ajouté. L’élue cite notamment la résidence Charles Péguy à Lille‐Sud ou la résidence Sarrazins à Wazemmes.
Si nous sortons nos calculettes, la Ville de Lille a donc, à la fin du mandat, participé de près ou de loin à près de 12 000 projets de rénovation dont 3316 sociaux (dont certains sont engagés mais non terminés). La promesse de Martine Aubry est donc quasiment appliquée.
Ouverture de nouvelles places d’accueil avec une crèche VIP (vocation d’insertion professionnelle) aux horaires élargis, une crèche à Faubourg de Béthune, de nouvelles Maisons d’Assistantes Maternelles
La nouvelle crèche Concorde au Faubourg de Béthune a ouvert à la rentrée 2023. Celle‐ci compte 70 places.
Les Maisons d’assistantes maternelles (MAM) permettent aux assistantes maternelles de se regrouper entre elles et d’offrir un accueil semi‐collectif. La Voix du Nord faisait état, en 2018, de difficultés pour trouver des locaux adaptés. Sur son site de campagne, le maire Arnaud Deslandes indique que cette Maison ouvrira « bientôt », toujours dans le quartier Faubourg de Béthune, sans donner de date précise, et donc a fortiori au prochain mandat.
Recours accru à la vidéo protection et ouverture d’un Centre de supervision urbaine
Un centre de supervision urbain (CSU) a vu le jour le 2 février 2021. Le nouvel équipement a coûté 2,3 millions d’euros et reçoit en direct – et 24 heures sur 24 – les images venues de Lille et ses communes associées, Lomme et Hellemmes. L’équipe municipale précise que 3 801 vidéo‐interventions et 2 574 réquisitions judiciaires ont été enregistrées depuis la création du CSU.

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Hausse des clauses sociales et environnementales dans les marchés publics (49% en 2020)
Au cours du précédent mandat métropolitain, un schéma métropolitain de promotion des achats publics socialement et écologiquement responsables (SPAPSER) a été adopté pour la période 2019–2021.
La promesse de Martine Aubry est la même que celle formulée par Damien Castelain au niveau de la MEL. Il s’agit concrètement de systématiser la présence d’enjeux sociaux et environnementaux dans les appels d’offres.
Mediacités a pu remarquer que plusieurs agents métropolitains étaient actifs sur la question. Au cours de sa campagne municipale 2020, Martine Aubry parlait de la présence de clauses sociales et environnementales dans 49 % des marchés publics en 2020. Dans son rapport de développement durable 2024, la Ville de Lille indique que 85 % des marchés comportent des clauses environnementales, une part qui reste stable par rapport à 2023. C’est donc une promesse tenue.
Création d’un réseau des ambassadeurs de la récup”
‑Plusieurs groupes Facebook gérés par des particuliers sont accessibles, notamment Lille à récup”, qui compte près de 50 000 membres
‑la ville a recensé, en partenariat avec la Chambre des Métiers et de l’artisanat, les professionnels de la réparation de sont territoire, dont une trentaine ont été labellisés « Répar’Acteurs »
‑la ville soutient, à travers son dispositif Lille Répare, un réseau de dix structures appelées Repair Cafés, qui visent à rassembler des citoyens pour réparer des objets collectivement, via une subvention à la Maison Régionale de l’Environnement et des Solidarités (MRES). Plusieurs évènements ont déjà été organisés au cours du mandat afin de rassembler ces structures, comme le Repair Café Géant, à l’automne 2024 à la Gare Saint‐Sauveur.
EuraClimat, nouveau pôle d’excellence consacré à la lutte contre dérèglement climatique
Le projet devait être mené « avec la MEL et en concertation avec tous les partenaires publics et privés intéressés. » Après EuraTechnologies, EuraSanté ou encore EuraMaterials, EuraClimat doit constituer une nouvelle « filière d’excellence » métropolitaine.
Le projet a bien été lancé par la MEL, en 2021. « Volontairement, le projet ne s’amorce pas autour d’un site physique mais autour d’un ensemble de déclinaisons opérationnelles pouvant former un ensemble de solutions (…) », précise la délibération.
Dans son rapport de développement durable 2024, la Ville de Lille précise certaines actions menées par Euraclimat depuis sa création : lancement d’une « communauté de labellisés » suite à plusieurs sessions d’appel à manifestation d’intérêt pour « innover pour l’excellence climatique », avec plus d’une trentaine de projets retenus, soutien à la réalisation d’un livre blanc à destination de la filière textile…
100% de produits bio et locaux dans les crèches et les écoles d’ici 2026
A la fin du mandat, la Ville de Lille affirme désormais servir « plus de 80 % de bio et/ou local » dans les cantines scolaires, sans donner le détail. Nous classons donc cette promesse comme en partie appliquée. Un détail plus précis est donné dans le rapport de développement durable 2024 :
‑54% de produits bio dans les écoles, 38% dans les crèches
‑33% de produits locaux dans les écoles, 41% dans les crèches
Multiplication des arceaux, box et parkings à vélos
Avec 50 box en 2019, ils se sont multipliés à vitesse grand V et sont aujourd’hui passés à 172 dans toute la ville (la municipalité évoquait un objectif initial de 300 à 400 implantés dans les rues lilloises).
Leur succès est très net, et la liste d’attente très longue. En 2021, 400 personnes attendaient de louer un box, qui peut stocker au maximum 5 vélos, pour une somme de 50 euros par vélo et par an.
La Ville et la MEL ont également inauguré de nouveaux parkings à vélo gratuits durant ce mandat, comme la station sécurisée située à Lille‐Europe, équipée de 440 arceaux. Pour y accéder, il faut détenir une carte Pass pass et s’inscrire en ligne pour six mois renouvelables. Au total, ce sont plus de 500 arceaux qui ont été installés au cours de ce mandat (essentiellement dans les rues), pour atteindre près de 7000 sur l’ensemble de la surface de la ville.
Avec une telle formulation, la mairie ne s’engage pas à ce que les aménagements soient à la hauteur des besoins. En restant aussi floue, il lui apparaît bien plus facile de valider cette promesse.

Les nouveaux box à vélos lillois sont‐ils suffisants ?
Réservation d’espaces pour les commerçants dans les parking privés
Formation de jeunes citoyens sauveteurs
Dans son programme politique en vue des élections municipales de 2020, Martine Aubry s’est engagée à former davantage de personnes. Faute d’avoir d’informations sur le nombre de citoyens sauveteurs à Lille – en août 2022, l’application SAUV’Life comptait 31 000 sauveteurs dans le département du Nord – il est difficile de suivre l’avancée de cette promesse.
Dans son plan local de promotion santé 2023–2026, la municipalité prévoit néanmoins de former plus de « jeunes citoyens sauveteurs », sans pour autant entrer dans les détails.
Mise en place de Zones à Faibles Émissions à la rentrée 2020
Le projet prévu en 2020 avait finalement été repoussé au 1er janvier 2025 pour faire face aux difficultés rencontrées pour accompagner les habitants dans leur changement de leurs pratiques de mobilité. Entrée en vigueur en 2025, la ZFE Lilloise se présente néanmoins comme une version très light de ce qui était envisagé au départ : si tous les véhicules doivent désormais arborer la fameuse vignette Crit’air, seuls ceux qui sont non classés sont interdits de circulation. Une mesure qui concerne un peu plus de 6000 véhicules. De nombreuses dérogations existent néanmoins : faire moins de 8000 km par an, posséder une carte Pass pass ou un abonnement TER, être un professionnel ou un commerçant ambulant, avoir une voiture de collection…
Quelques mois plus tard, l’Assemblée nationale se prononçait pour la suppression de ce dispositif dans le cadre du projet de loi « simplification ». Un amendement porté par Les Républicains et le Rassemblement national. Mais, en raison des turbulences au sein du gouvernement, la commission mixte paritaire devant valider ce texte ne s’est toujours pas réunie. De nombreux observateurs alertent également sur la fragilité juridique de cet amendement, qui pourrait être censuré par le Conseil constitutionnel s’il le considérait comme cavalier législatif. Affaire à suivre…
Modernisation du réseau lillois de fontaines
Outre les points d’eau destinés à la consommation, les fontaines de la place de la République ont également été rénovées fin 2024, grâce à des travaux de réparation du socle et de la margelle. Après des années à sec, les fontaines du jardin des Plantes ont également fait peau neuve dans le cadre des travaux de rénovation du site.
Création d’un hub des mobilités Porte des Postes
Mais ce projet, lié à la réalisation du futur tramway de Lille et sa couronne dont la finalisation est prévue au mieux en 2035 et à la mise en place du service express métropolitain ferroviaire (SERM) qui ne devrait pas voir le jour avant 2040 n’a pas pu aboutir durant ce mandat. En décembre 2025, le chef de l’opposition écologiste Stéphane Baly s’emportait : « Une illustration de la future gare figurait déjà dans le programme de Martine Aubry… en 2008. Or l’étude ne sera finalisée, au mieux, qu’au début de l’année 2028. Vingt ans de retard. Dans ces conditions, il est désormais très probable que la mise en service n’intervienne pas au cours du prochain mandat ».
Ouverture d’une piscine olympique métropolitaine à Saint‐Sauveur
La construction d’une piscine olympique sur la friche Saint‐Sauveur, c’est le serpent de mer lillois. Comme Mediacités s’en fait régulièrement l’écho, le projet patine depuis plus de dix ans. En cause : les multiples recours contre le projet déposés par des associations écologistes.
A la fin du mandat, le projet de réhabilitation de la friche reste globalement en pause, mis‐à‐part la réalisation d’un parc. Mediacités est longuement revenu sur les raisons d’un abandon de la piscine qui ne dit pas son nom. La Ville de Lille s’est finalement résolue à la hâte, à construire une nouvelle piscine transitoire Porte d’Arras, qui ouvrira à l’été 2026, alors que Marx Dormoy est à bout de souffle.
La campagne municipale 2026 sera l’occasion de relancer le sujet… Ou non.

Friche Saint‐Sauveur : la justice valide la conformité du projet avec la loi sur l’eau

Friche Saint‐Sauveur : qu’est-ce donc que cet « avis favorable » voté par la mairie de Lille ?

Saint‐Sauveur, distribution de l’eau, gens du voyage : les décisions de la MEL sur trois dossiers clés

Saint‐Sauveur : un projet touché mais pas coulé par la justice

Saint‐Sauveur : le projet a du plomb dans l’aile
Inauguration d’un démonstrateur de l’agriculture urbaine au Palais Rameau en 2021
Le boulevard Schuman sera redessiné en promenade paysagère (parcway)
L’objectif était également d’aménager le pourtour du futur palais de Justice de Lille, en créant par exemple un parc en lieu et place de la rue Gandhi. Des arbres seront plantés aux abords de ces axes, et des îlots de fraîcheur créés.
La MEL avance également sur son projet Euralille à la Deûle, qui consiste en une requalification des espaces situés entre Euralille et la partie du canal située entre Saint‐André‐Lez‐Lille et La Madeleine, en longeant le boulevard Schuman. Plusieurs promenades ont déjà été créées, notamment en dessous du boulevard. Les travaux étant encore en cours, nous classons cette promesse comme en partie appliquée.
Lancement de la rénovation des secteurs Concorde (Faubourg de Béthune) et Aviateurs (Bois Blancs)
Des travaux sont en cours dans le secteur : de nombreux immeubles ont été déconstruits et un mur anti‐bruit a été construit pour réduire les nuisances sonores entre le quartier et le boulevard périphérique. Si « une majorité des immeubles devra être déconstruite », la ville assure que « chacun sera accompagné par un(e) chargé(e) de relogement ».
Aux Bois‐Blancs, c’est le quartier des Aviateurs qui est concerné par un vaste programme de renouvellement urbain… au grand dam de certains habitants. Le projet prévoit 180 démolitions et 113 logements « requalifiés ». L’objectif étant de tendre vers des habitations plus abordables et diversifiées.
En décembre 2025, le conseil municipal de Lille a adopté un nouvel avenant à la convention qui le lie à la métropole sur le sujet. Cet avenant prévoit notamment le déploiement de 9 millions d’euros de subventions supplémentaires. A cette occasion, la Ville de Lille indique qu” « à mi‐parcours de son avancement, le NPRU avance dans les délais prévus, 84% des subventions ayant déjà été engagées ».
Multiplication des composteurs collectifs ou individuels
C’est pour cette raison que les composteurs individuels et collectifs se sont multipliés. Dix‐neuf sites collectifs sont installés dans des parcs et jardins à Lille, ainsi que 15 sites de compostage « de rue ».
Enfin, des containers dédiés aux déchets alimentaires – sur le modèle des points d’apport volontaire pour le tri du verre ou des cartons – ont vu le jour dans plusieurs quartiers.
Inauguration d’une maison des mobilités durables en coeur de ville
Davantage de bornes de recharge électrique
Agrandissement du musée d’histoire naturelle et transformation en musée de la nature, de l’homme et des civilisations
Les travaux prévoient d’augmenter de 72% les espaces publics et de présenter plus d’objets aux visiteurs. Un nouveau parcours sera créé ainsi que des espaces extérieurs ou un musée « à hauteur d’enfant » pour les plus jeunes. Montant du projet ? Prévus initialement pour 19 millions d’euros, ils ont finalement été réévalués pour 28 millions d’euros !
Au vu du retard du projet, qui ne verra donc pas le jour durant ce mandat, nous classons cette promesse comme en partie appliquée.
Lancement d’un budget participatif réservé aux projets des enfants
Le budget participatif lillois désormais ouvert aux enfants
Hausse du budget participatif : 2 millions d’euros par an
Sur le mandat en cours, seules deux éditions du budget participatif se sont tenues. En 2021, pour un montant de 2 millions d’euros, puis en 2024, pour un montant de 4 millions d’euros. Avec un montant total de 6 millions d’euros sur six ans de mandat, la Ville de Lille n’a donc pas investi 2 millions d’euros chaque année. Nous classons donc cette promesse comme en partie appliquée.
Le budget participatif lillois désormais ouvert aux enfants
Création de parcelles maraîchères dans les jardins partagés et jardins familiaux
Dans le cadre du programme “quartiers résilients” du nouveau programme de renouvellement urbain, des jardins familiaux et une ferme urbaine ont été inaugurés en avril 2023 au Faubourg de Béthune. L’exploitation maraîchère compte 4 500m². Plusieurs jardins partagés ont également été inaugurés au cours du mandat, comme le jardin Jeanne Barret, à Wazemmes, à l’été 2025.
Nous continuerons d’accueillir des réfugiés dans notre ville et de favoriser leur insertion professionnelle
Depuis 2024, la Ville de Lille a également mis en place des séjours « de répit » pour les adolescents ukrainiens de Kharkiv. 120 enfants ont pu être accueillis grâce à ce dispositif.
Un an et demi plus tôt, le 18 août 2021, les talibans prenaient le contrôle de Kaboul. Depuis, 110 Afghans ont été recueillis dans des logements appartenant à la ville de Lille. La solidarité des Lillois semble, cette fois‐ci, s’être orientée vers des dons physiques : vêtements, produits d’hygiène… en tout 1 644 donateurs se sont manifestés en une semaine. Mais, de l’aveu même de la maire de Lille, « aucun particulier ne s’était porté volontaire pour accueillir chez lui des réfugiés afghans ».
C’est malgré tout une promesse tenue pour la mairie de Lille, qui a aussi œuvré pour l’insertion professionnelle des réfugiés, “surtout grâce au réseau”, confie Martine Aubry. Une dizaine de réfugiées ukrainiennes ont ainsi pu trouver un emploi dans la restauration, et les artistes afghans sont particulièrement suivis par la mairie.
Cela n’a cependant pas empêché certains migrants d’être expulsés de leurs habitats de fortune, comme ceux qui vivaient sur la friche Saint‐Sauveur et qui ont dû quitter les lieux début septembre. Si leurs conditions de vie étaient loin d’être dignes – le lieu étant connu pour le trafic de drogues et la prostitution – les exilés ne se sont pas tous vus proposer une solution d’hébergement.
Aménagement de « parcours et chemins de la forme »
Nouvelle prime « air‐bois » pour remplacer la cheminée ou le poêle
Depuis, trois phases se sont succédées : entre 2021 et 2023, la première a permis le renouvellement de 2000 équipements au bois polluants. Entre 2024 et 2025, les conditions d’attribution ont été revues (le niveau de la prime dépend des revenus du demandeur, et le dispositif a été ouvert aux appareils de chauffage au charbon) : 1300 appareils supplémentaires ont été renouvelés. Une troisième phase ouvrira en 2026. Cette fois, la prime sera versée une fois que les travaux seront effectués pour les ménages intermédiaires et aisés, mais toujours en amont pour les plus modestes.
Il s’agit d’une mesure de santé publique : le chauffage au bois est, en effet, après le trafic automobile, l’un des principaux facteurs de la pollution atmosphérique. Mediacités pointait néanmoins en septembre 2022 les failles d’un dispositif bénéficiant surtout aux plus riches et risquant de manquer son objectif initial d’amélioration de la qualité de l’air.
Nous classons en conséquence cette promesse comme tenue, avec la réserve que cette prime émane de la MEL, et non directement de la ville de Lille.

À Lille, les dérives de la prime au chauffage au bois de la MEL
2 000 m² réservés pour un square rue de Fontenoy
4 ha d’espaces verts programmés sur le site de Fives Cail
Nous notons cette promesse comme tenue puisque l’engagement de Martine Aubry concernait la programmation et non la création de ce nouvel espace vert sur la friche Fives Cail.
500 000 €/an pour végétaliser et apaiser 20 rues de quartier sur proposition des habitants
Certains aménagements ont effectivement fait l’objet de concertations citoyennes, comme les rues Inkermann, Chaufour et Durnerin, l’angle des rues Iéna‐Hondschoote ou la rue Littré à Wazemmes. Dans ce dernier cas, ce sont les élèves d’écoles maternelles et élémentaires du quartier qui ont participé au projet. Mais les artères concernées restent bien souvent choisies par la municipalité (on y associe les habitants en second temps), et inégalement réparties selon les quartiers.
Recours systématique aux couches biologiques pour lutter contre perturbateurs endocriniens
La gestion de la crèche Concorde du Faubourg de Béthune, ouverte en septembre 2023, a été confiée à la fédération Léo Lagrange (qui détient 73 crèches en France). Parmi les critères listés par la Ville d’accorder la délégation de service public est mentionné l’engagement de « fournir des couches écologiques et biodégradables », comme l’explique Lille Actu.
Certaines crèches municipales continuent néanmoins d’utiliser des couches classiques. C’est donc une promesse en partie appliquée.
Adapatation plus fine des aménagements de l’espace public aux personnes porteuses de handicap
Sur ce dernier point, un appel d’offres à été ouvert en avril 2022 pour repenser les aires de jeux du territoire aux enfants porteurs de handicap. Leur renouvellement « poursuit une démarche inclusive, visant notamment à prendre en compte les situations de handicap, quelle que soit leur nature : moteur, sensoriel, psychique et mental ». Des aires de jeux adaptées ont ainsi vu le jour au Square de L’Arbonnoise, ou à Mont‐à‐Camp à Lomme.
Il est aussi possible de suivre les travaux réalisés par la mairie dans son rapport annuel sur l’accessibilité. En 2022 par exemple, le cimetière du Sud a été rénové. En 2021, la mairie a remis aux normes six passages piétons dans l’ensemble de la commune.
Diffusion de l’habitat participatif à Lille Sud, Fives Cail, Saint‐Sauveur
La Ville de Lille comptait déjà quelques projets pilote lors du précédent mandat : Les Voisins du quai, Les Voisins et cætera et La Coop à Fourchon à Bois Blancs, Les liens du Sud à Lille‐Sud, Couleurs Vernis à Fives ou La Pépinière à Saint‐Maurice‐Pellevoisin.
Un nouveau projet Les Cailloux verts a vu le jour à Fives fin 2025, après avoir été initié en 2016 (20 logements). Le site dédié à l’Habitat participatif dans le Nord répertorie d’autres projets en cours, comme à Lomme. Très peu de projets concernent la Ville de Lille. En l’état, nous ne pouvons donc pas dire que l’habitat participatif s’est « diffusé » à Lille‐Sud, Fives Cail ou Saint‐Sauveur.
Contrôle renforcé de la location type AirBnB
Depuis l’été 2020, un agent municipal est spécifiquement dédié à une mission de contrôle des logements sur Airbnb, comme l’expliquait Mediacités dans un décryptage paru en 2022. « Vu la masse de données à analyser, ce n’est pas facile », reconnaissait l’adjointe à l’Habitat Anissa Baderi ».
Depuis le 1er avril 2024, les propriétaires souhaitant proposer une résidence secondaire sur une plateforme de location à courte durée doivent formuler une démarche visant à obtenir le changement d’usage de leur logement, et « justifier la compensation de cette mutation par la création d’un logement équivalent », indique la Ville. Quand il s’agit d’une résidence principale, le propriétaire doit également s’enregistrer auprès de la mairie de Lille et peut louer ce logement dans la limite de 120 jours par an. En 2024, plus de 2500 logements avaient été proposés à la location comme meublés de tourisme en ligne.
Fort de ces nouvelles règles, la Ville a fait condamner, pour la première fois, le 21 octobre 2025, le propriétaire d’un logement Airbnb à une amende de 33 000 euros reversée à la commune. Il avait été traduit en justice après avoir été contrôlé par les services municipaux, qui avaient constaté que le bien était abusivement loué. A cette occasion, la municipalité précisait avoir mené 600 vérifications d’adresse et 200 contrôles sur un an (dont une soixantaine de logements visités). « Dès qu’une infraction est constatée, la Ville saisit systématiquement la justice sur la base des procès‐verbaux qu’elle dresse », indique le service presse.
Développement d’un réseau d’éco‐brumisateurs pour rafraîchir la ville
Ils sont activés dès 25 degrés ressentis les mercredis après‐midi, et les week‐ends hors vacances scolaires ainsi que tous les après‐midi pendant les vacances scolaires. En cas de pic de chaleur, ils sont actifs toute la journée.
Des bâtiments frais aux espaces extérieurs, en passant par des points d’accès à l’eau, tous les lieux frais de la métropole ont été répertoriés sur une carte interactive.
Création d’un nouveau parc des Berges de la Deûle de 24 ha
Depuis le début du mandat, la gare d’eau s’est refait une beauté, de même que le site des Pyramides – ancien bidonville – désormais parc sportif. Depuis l’été 2025, la plaine Marx Dormoy a également fait peau neuve grâce à la déminéralisation d’une partie du parking. Des espaces ludiques, de pique‐nique ou de repos ont été installés, en attendant la mise en place d’un terrain de basket, de tennis de table et de structures d’escalade. Le site a notamment accueilli le dispositif « Lille Aventure nature » pendant les vacances scolaires.
Une concertation citoyenne s’est achevée le 15 janvier 2026 afin de recueillir l’avis des habitants sur cette promenade, et notamment sur les usages qu’ils aimeraient en faire (mobilier urbain, accessibilité, jeux pour enfants, infrastructures sportives…) pour la transformer en véritable parc. Le projet ne sera donc pas totalement achevé d’ici la fin du mandat, ce pourquoi nous classons cette promesse comme en partie appliquée.
Lancement d’un plan de places vertes
Mediacités fait le point à la fin du mandat. De nombreuses places ont en effet subi d’importants travaux de rénovation et sont désormais plus « vertes ». Voici ce qu’il en est :
-La place du Maréchal Leclerc est en passe de devenir « un grand parc public » de 6800 mètres carrés. Les travaux ont débuté fin septembre 2025 et devraient s’achever au printemps 2026. Ce parc sera clôturé et fermé la nuit, sur le modèle de Jean‐Baptiste Lebas.
‑La place Rihour reste aujourd’hui très minérale. La Ville aurait pu profiter des travaux de réfection de voirie lancés en 2023 pour envisager des travaux, mais a visiblement abandonné cette partie du projet.
‑Les transformations de la Place Philippe Lebon sont déjà bien visibles. Une partie de la chaussée a laissé la place à des espaces verts. De nouveaux arbres vont être plantés. Les travaux, toujours en cours, doivent également s’achever au printemps 2026.
‑La place des Reignaux a été piétonnisée en 2022 afin de devenir plus apaisée, mais n’a pas été verdie. Le maire de quartier de Lille‐Centre Franck Hanoh expliquait vouloir donner plus de places à des animations et évènements, sans évoquer de projet d’aménagement spécifique.
‑La Place Casquette a effectivement été réaménagée, pour accueillir de nouveaux terrains de pétanque et un pourtour plus végétal.
‑Les travaux de la place Madeleine Caulier ont démarré en février 2025 et devraient s’achever au printemps 2026. Elle devrait être complètement métamorphosée pour laisser la part belle aux espaces verts, avec des zones sauvages, des aires de jeux et une « zone de brumisation pour se rafraîchir en cas de pic de chaleur ».
‑Les travaux de la place Jeanne d’Arc sont terminés et ont laissé place à plus de verdure et d’espaces pour les mobilités douces. La statue de Jeanne d’Arc a été nettoyée et déplacée au centre.
‑La place Maurice Schumann n’a pas connu de travaux d’ampleur au cours du mandat et n’a pas été verdie. Idem pour la place Maréchal Vaillant et le square Morisson.
Avec cinq places effectivement métamorphosées et cinq places dont la promesse semble avoir été abandonnée depuis le début du mandat, nous classons cette promesse comme en partie appliquée.
Végétalisation de 400 façades par an, des toitures et des rues
Doublement de l’espace réservé aux piétons dans le réaménagement de l’espace public
Première difficulté, il est bien difficile d’évaluer cette promesse sans savoir d’où on part et vers quel l’objectif on tend – la ville de Lille n’ayant pas communiqué sur ses chiffres. Enfin, comment juger l’action piétonne de la ville de Lille, dont la Grand place voit voitures et piétons se croiser quotidiennement ?
En y regardant de plus près cependant, on peut observer que la place des piétons semble de plus en plus importante dans les nouveaux aménagements. Sur le boulevard Carnot ou dans la future rue du Molinel, les trottoirs apparaissent plus larges (même si certaines pistes cyclables empiètent sur les trottoirs) et la place accordée à la voiture moins importante.
Sans bilan chiffré, nous ne pouvons néanmoins pas savoir si l’espace réservé aux piétons a effectivement été « doublé ».
Extension des places de stationnement « shop and go » gratuites pendant 20 minutes
Ce dispositif semble avoir disparu depuis. Il a en effet été remplacé par ce qu’on appelle la « zone azur » qui permet depuis le 6 janvier 2025 de bénéficier d’une heure de stationnement gratuit pour faire son shopping, à l’heure où l’ensemble de la ville a basculé sur un système de stationnement payant. Sont par exemples concernées : la rue Nationale, la rue Léon Gambetta, la rue des Postes, ou encore la rue Pierre Legrand. En ce sens, nous pouvons donc dire qu’il a bien été étendu.
Avance d’indemnisation pour travaux par la MEL
Voici ce qui a évolué : l’instruction des dossiers est désormais simplifiée avec une seule procédure métropolitaine à suivre « qui permettra d’accélérer le versement des indemnisations tout en sécurisant la dépense publique et en garantissant une égalité de traitement entre tous les demandeurs ». Les commerçants peuvent prétendre à une indemnisation « dès lors que le volet anticipation aura été traité à l’occasion du comité technique local initié par la commune au moins deux mois avant le démarrage des travaux ». Cette indemnisation permet de percevoir 2000 euros maximum par mois de chantier, dans la limite de 20 000 euros par commerce et par chantier.
Optimisation des stations V’Lille
Depuis 2021, une quarantaine d’espaces pour les vélos en libre‐service V’Lille ont été ajoutés, et certains ont été agrandis. Leur nombre s’élève désormais à 266, répartis dans 21 communes de la MEL. La MEL doit encore en ouvrir 40 autres d’ici 2031 si elle espère atteindre son objectif de 300 stations : 34 stations sont déjà prévues pour une livraison en 2026/2027. A Lille, de nouvelles stations ont été créées rues Jeanne d’Arc, rue Gambetta, à la Gare d’eau, à la Cité Marianne, à Hellemmes ou allée des Marronniers. Les stations République, Jemmappes et Wazemmes ont quant à elles été agrandies.
Depuis septembre 2025, des V’Lille nouvelle génération ont été mis en service « plus adaptés à la pratique urbaine et aux besoins des usagers ». Ils ont néanmoins rapidement été retirés pour cause de vols (les attaches étant trop fragiles). Ils sont depuis progressivement réintroduits, pour un déploiement qui s’étalera jusqu’en 2028. Les abonnés Ilévia permanents ont désormais accès gratuitement au service avec leur carte Pass Pass.
Demander à la MEL l’amélioration du service des encombrants
Les modalités ont évolué à partir d’octobre 2021. Les délais pour prendre rendez‐vous ont notamment été revus à la baisse. La présence de l’usager n’est également plus obligatoire au moment du retrait des déchets.
Faire appel à des projets d’urbanisme transitoire
Trouver un espace d’urbanisme transitoire à Lille n’est pourtant pas mince affaire. Les projets ne croulent pas – à l’exception des espaces Saint‐Sauveur et de l’ancienne friche gourmande à Fives Cail. Encore moins les appels à projets. D’ailleurs, la carte de l’Agence d’urbanisme de Lille métropole qui répertorie ces projets est assez peu fournie à Lille.
Quelques uns ont tout de même fleuri depuis le début du mandat, comme le projet de la place Jacques Febvrier, près de la Porte d’Arras, démarré en 2021. L’idée est de changer l’image de la place (auparavant associée au trafic de drogues), qui a complètement été repeinte en bleu en attendant la réhabilitation des logements et un nouvel aménagement.
En fin d’année 2025, après la fermeture du Bistrot St‐So, l’une des nombreuses structures qui permettent d’animer la friche Saint‐Sauveur en attendant son réaménagement complet, la ville a relancé un appel d’offres et a missionné le Bunker à paillettes pour redonner vie au lieu pendant un an.
Considérant néanmoins que les projets d’urbanisme transitoire ne se bousculent pas au portillon, nous classons cette promesse comme en partie appliquée.
Ouverture aux habitants des appels à projets du Fonds Solidarité Climat de la Fondation de Lille
Pour la dernière édition, en 2023, cinq organismes ont pu bénéficier d’une aide financière, comme le projet CASBAH qui permet aux habitants d’agir dans l’adaptation de leur habitat face aux vagues de chaleur ou encore le projet « un pavé dans la mare » qui promeut la protection des milieux aquatiques.
Seules les associations, établissements scolaires ou centres sociaux de Lille ou de la région ont pu y participer. Il n’y a pas eu de nouvelle édition depuis. Ainsi, c’est une promesse abandonnée.
Favoriser l’emploi des femmes : negotraining, places VIP dans les crèches…
Consciente de ces inégalités, Martine Aubry a promis de favoriser l’emploi des femmes, en organisant notamment des séances de « négo‐training » – un dispositif d’aide à la négociation salariale à destination des femmes – sur le modèle de ce qui se fait déjà à Nantes. Elle s’est aussi engagée à ouvrir des places de crèches VIP (à vocation d’insertion professionnelle) et des séances de coaching vers l’emploi. Depuis le début du mandat, ces actions ont essentiellement été portées par les associations locales qui bénéficient entre autres du soutien de la mairie.
L’APEC (Association pour l’Emploi des Cadres) de Lille a mis en place des ateliers gratuits de négotraining depuis 2023. Le CDIFF (Centre d’informations sur les Droits des femmes et des familles) a également pu proposer des ateliers de négotraining, notamment à Sciences Po Lille.
Il existe à Lille une crèche à vocation d’insertion professionnelle, Lillomômes, située rue de Courmont, qui dispose de 37 places. Le but est d’accueillir les jeunes enfants de parents sans emplois et d’accompagner les parents vers l’emploi, grâce à l’intervention d’une conseillère d’insertion professionnelle. D’autres crèches municipales ou associatives, comme les P’tit Minouches à Lille‐Sud ou les Oisillons proposent des places dédiées au dispositif AVIP (crèche à vocation d’insertion professionnelle).
La Ville subventionne également des structures comme l’association Little big women pour ses actions de formation professionnelle à destination des femmes.
Politique d’open data municipale
Sur son site, la ville de Lille répertorie également les différents jeux de données versés. On en compte plus d’une cinquantaine, classés en différentes catégories (transports et déplacements, culture et patrimoine, éducation…).
Mise en service d’une application de géocaching proposant un parcours ludique dans les rues
Actions renforcées en faveur de l’égalité filles‐garçons, notamment en sciences
Dans le même objectif, Martine Aubry s’est engagée à des « actions renforcées en faveur de l’égalité filles‐garçons, notamment côté sciences grâce à des rencontres avec les femmes scientifiques ». La Ville de Lille a lancé en partenariat avec le Musée d’histoire naturelle, des classes découvertes d’une semaine pour que les élèves découvrent la démarche scientifique « hors les murs ».
« Un accent est mis tout au long de la semaine sur l’égalité filles‐garçons grâce à des rencontres de professionnels et notamment de femmes scientifiques de la métropole. Le but étant de susciter des vocations dès le plus jeune âge, pour toutes et tous », précise l’article de présentation.
La Ville a également fait appel à des associations telles que les Rencontres Audiovisuelles ou SOLFA dans une démarche d’éducation aux médias (EMI) afin d’analyser des dessins animés ou des publicités et traquer les représentations stéréotypées liées au genre, et de créer une vidéo avec les élèves pour résumer ces clichés et « ce qu’il est possible de faire pour s’en débarrasser ».
Depuis le début du mandat, de nombreuses cours de récréation ont également été rénovées pour inclure davantage de verdure. L’occasion d’en profiter pour repenser l’espace et« promouvoir la mixité et l’égalité », en imaginant des activités annexes au football, par exemple.
C’est donc une promesse tenue.
Mise en réseau de lieux labellisés « amis des enfants »
Jumelage avec des missions locales de villes partenaires pour proposer des jobs dans d’autres régions
Appui à l’ouverture à Lomme d’un lycée métropolitain dédié aux jeunes sortis du système scolaire
Accompagnement des élèves de 3e dans leur recherche de stage
Ouverture d’une ressourcerie
Si la maison des solidarités a bien ouvert en 2024 près de la Porte des Postes, Mediacités n’a pas trouvé de trace d’une ressourcerie. D’autres lieux de ce type existent, lancés par des associations ou des bailleurs sociaux, et donc indépendants de la Ville : la Ressourcerie du Secours populaire, de LMH ou de l’ABEJ Solidarité. Nous classons donc cette promesse comme abandonnée.
Impulsion d’une foncière citoyenne capable d’investir dans les locaux professionnels
Mediacités relève que :
‑en janvier 2025, la gouvernance de l’OFSML a été renouvelée pour quatre ans et comprend 8 administrateurs dont deux professionnels du secteur, un représentant de la Ville, un représentant de la MEL, un représentant de la Fédération des Promoteurs Immobiliers, un représentant de l’Union régionale de l’Habitat, un représentant de l’Etablissement public foncier et un représentant Action logement. Il n’y a donc pas d’habitants dans cette gouvernance.
‑L’OFSML est une association à but non lucratif, et n’est pas une fondation
‑le Bail réel solidaire a été étendu mais est loin d’être généralisé
‑aucune information ne concerne l’investissement dans des locaux professionnels
Sur son site, la Ville explique avoir « lancé une étude avec un cabinet spécialisé afin d’impulser une Foncière citoyenne permettant d’investir directement dans des locaux professionnels et commerciaux ». Nous n’avons pas de trace d’une suite donnée à cette étude. Nous classons donc cette promesse comme abandonnée.
Développement de l’appli « Sheefoo » pour faire connaître les commerçants
Sensory Map numérique permettant un accès serein aux loisirs pour les enfants handicapés
C’est notamment grâce à cela qu’une salle « sensori‐moteurs » a pu être créée au sein du groupe scolaire Bichat‐Littré. Derrière ce terme, on retrouve « des aménagements permettant l’exploration sensorielle et le développement moteur pour les enfants présentant des troubles du spectre autistiques et retards psychomoteurs ». L’espace dispose donc d’équipements de psychomotricité adaptés pour ce type de public.
Un espace similaire a été financé à l’école Lalo en 2021. D’autres explorations « sensorielles » sont menées régulièrement, comme à Euralille en 2022.
Promesse de Martine Aubry, la carte a pour but de permettre aux enfants handicapés d’avoir « un accès aux loisirs serein » en visualisant les lieux et les créneaux horaires des équipements en ligne. Une carte interactive existe bel et bien sur le site de la mairie. En cliquant sur chaque équipement de la ville, on accède à une page qui nous permet de consulter les horaires et les informations en termes d’accessibilité. C’est donc une promesse tenue.
Lancement d’un plan « arts numériques »
Un « plan numérique » a été mis en place afin de doter toutes les écoles de mallettes numériques, robots et autres équipements innovants pour l’apprentissage, de pouvoir prêter des équipements numériques y compris en dehors du temps scolaire, d’accompagner vers une maîtrise croissante du numérique (même si le projet de Trinum de Lomme, censé être un lieu ressource a été abandonné) et de développer le sens de l’analyse critique des jeunes via via l’éducation aux médias. Nous classons donc cette promesse comme tenue.
Soutien au projet « Ma boutique à l’essai »
Fin 2025, aucune “boutique à l’essai » n’existe à Lille, nous classons en conséquence cette promesse comme non‐tenue.
Animation d’un réseau de voisins solidaires « bienveilleurs »
Ces initiatives s’inspirent de l’association du même nom, présente dans d’autres villes comme Amiens, Laval ou Mérignac. « 90 % des Français se disent prêts à se rendre régulièrement service entre voisins ! », prône‐t‐elle sur son site web.
A Lille‐Sud et Faubourg‐de‐Béthune, l’association VoisinMalin a été fondée sur le même principe en 2014, soutenue par la ville de Lille. Les résidents ont par exemple participé à une mission de désinsectisation. C’est sur ce modèle que souhaitait s’appuyer Martine Aubry. Pour l’heure cependant, la ville de Lille n’a pas mis en place de réseau similaire à l’échelle de la ville. depuis le début du mandat. Nous classons donc cette promesse comme non‐tenue.
Lancement d’un concours « Lille ville collaborative »
Installation d’une cellule anti‐stupéfiants dans les quartiers
Six ans plus tard, nous n’avons pas trouvé – ni dans les délibérations du conseil municipal, ni en ligne – d’informations prouvant la mise en place d’un tel dispositif. Nous classons ainsi cette promesse comme abandonnée.
Organisation d’une « green week » festive
Relance des locations longue durée de vélos électriques
Mais lors de sa campagne électorale en vue de l’élection municipale de 2020, Martine Aubry a promis le grand retour de ce service de location. Finalement, il n’est toujours pas possible de louer un V’Lille pour une longue durée. Promesse non tenue.
Optimisation du dispositif « metrominuto » pour recenser les trajets à pieds les plus intéressants
S’il en existe quelques unes dans le centre‐ville de Lille, ce dispositif n’est pas excessivement développé, et aucune « optimisation » ne semble avoir été effectuée depuis le début du mandat actuel.
Les boulevards de la Moselle et de la Lorraine seront aménagés en promenade urbaine
« Il n’y aura pas le début du commencement d’une nouvelle ligne de tramway pendant ce mandat », affirmait de toute façon le vice‐président de la MEL en charge des mobilités et des transports publics, Sébastien Leprêtre, dès le début du mandat en 2020. Et les travaux n’ont pas été engagés pour transformer ces axes. Promesse non tenue.
Lancement de l’appli « Citoyens dans ma rue »
Finalement, cette application citoyenne s’appelle SignaLille. Elle permet aux habitants et aux habitantes de signaler aux agents de la ville toute sorte d’anomalies ou incivilités liées à la propreté, l’éclairage public, les espaces de jeux et les espaces verts…
Promesse tenue.
Requalification des artères commerçantes : rue Gambetta et Pierre‐Legrand
À l’heure actuelle cependant, les travaux n’ont pas démarré. Rien n’indique non plus une éventuelle rénovation de la rue Pierre Legrand. Nous classons donc cette promesse comme non tenue.
Achat de véhicules plus performants et écologiques
La ville déploie pour la période 2022–2026 un Plan de mobilité employeur (PDME) dans lequel elle prévoit le verdissement progressif de la flotte municipale. En 2024, 58,6% des véhicules achetés sont des véhicules peu polluants selon les chiffres publiés par la ville dans son rapport développement durable 2025. Toujours selon ce rapport, au 31 décembre 2024, seulement 19,4% des véhicules du parc municipal étaient des « engins » à faibles ou très faible émission. Ce qui revient à 80,6% de véhicules encore considérés comme polluants.
Cette promesse n’est pas donc pas encore tenue.
Remise en service de la ligne de TER Lens‐Villeneuve d’Ascq passant par Lille Sud
Notons par ailleurs que c’est la Région – et non la ville de Lille – qui se charge du réseau ferré régional.
Travail sur un projet de gare routière pour désengorger Lille Europe
Au‐delà des mots utilisés – qui ne l’engagent pas à grand‐chose si ce n’est à y réfléchir – la mairie de Lille n’a, à ce jour, pas encore avancé à la création d’un tel espace. Les autocars de tourisme partent, aujourd’hui encore, du boulevard de Turin, à l’arrière de la gare Lille Europe. Nous classons donc cette promesse comme abandonnée.
Réalisation de plus de 10 jardins, grâce au budget participatif
Lutte renforcée contre le jet de mégots
Un jet de cigarette dans la rue à Lille est passible d’une amende de 135 euros. Depuis le dernier mandat, les actions de la municipalité se sont multipliées (amendes, cendriers de table interdits, cendriers sur pieds distribués aux commerçants…).
L’apparition d’une police du cadre de vie chargée, entre autres, de la propreté de la voirie, dans la commune associée de Lomme, ainsi que le déploiement de l’application SignaLille doivent permettre de contribuer à lutter contre ces incivilités. Enfin, la ville est devenue partenaire de l’éco‐organisme Alcome en mars 2024 pour renforcer son action.
Cette promesse est donc tenue.
Création d’une police du cadre de vie
Elle a débarqué dans la commune associée de Lomme en 2022. Composée de deux agents de sécurité voie publique, de la police municipale et de deux agents du service propreté, elle est habilitée à dresser des contraventions. En 2021, 6 000 mètres cubes de déchets sauvages ont été ramassés par les agents Lommois…
À Lille, à la place d’une brigade spécifique, une application – SignaLille‐ a été déployée dès l’été 2025 pour permettre aux habitantes et aux habitants de signaler tous problèmes liés au cadre de vie (propreté, éclairage public, voirie…) et de faciliter leur traitement par les services de la ville.
On considère donc cette promesse comme non tenue.
Émergence d’un laboratoire urbain fonctionnant comme un workshop permanent
Si cette promesse gagne la palme de l’énoncé le plus incompréhensible, elle restera lettre morte puisqu’aucun projet de ce genre n’a vu le jour depuis le début du mandat.
Ouverture du Trinum à Lomme, pôle des arts et cultures numériques intégrant un laboratoire citoyen de la donnée
Ce « nouvel espace de vie agréable » « aux espaces arborés environnants » était pourtant dans les tuyaux depuis 2018. Après un premier report en 2020 en raison « d’ajustements » avec les architectes, l’ouverture du lieu fut prévue en 2025, avant de tout bonnement être abandonné. « Trop gros. Trop cher [avec le retard, le projet aurait dû coûter finalement près de 16 millions d’euros]. Et peut être trop fou », se résignait le maire de Lomme Olivier Caremelle auprès du média Vozer. C’est donc une promesse abandonnée. Seule une salle de spectacle est actuellement en étude.
Ouverture de nouvelles lignes de tram métropolitaines
De nouvelles lignes de tramway à l’échelle de la métropole sont bel et bien prévues dans le Schéma directeur des infrastructures de transports (SDIT). La première ligne reliera Neuville‐en‐Ferrain, Tourcoing, Roubaix, Wattrelos et Hem. La seconde ligne desservira Wambrechies, Marquette‐Lez‐Lille, Saint‐André‐Lez‐Lille, Lambersart, La Madeleine, Lille, Loos, Haubourdin, Faches‐Thumesnil, Wattignies et Templemars.
On peut toutefois attendre longtemps avant que de telles infrastructures sortent de terre. « Il n’y aura pas le début du commencement d’une nouvelle ligne de tramway pendant ce mandat », affirmait même le vice‐président de la MEL en charge des mobilités et des transports publics, Sébastien Leprêtre. Et si l’on en croit les projections de la MEL, ce sera aussi le cas pour le mandat suivant (2026–2032). En effet, ces deux projets (dont les études sont toujours en cours, en concertation avec les habitants) ne devraient voir le jour qu’à horizon 2033–2035. C’est donc une promesse non‐tenue.
Élaboration d’un cahier des charges pour des bâtiments et une ville « bas carbone »
Ce cahier des charges élaboré notamment avec des professionnels de la construction de la rénovation et de l’aménagement du territoire définit sept priorités déclinées pour chacune en exigences et en objectifs à respecter pour les signataires souhaitant s’engager dans une démarche en faveur d’une ville plus durable. Cette promesse est donc tenue.
Interdiction des camions aux heures de pointe sur le périph
A la fin du mandat, une telle mesure n’a toujours pas été mise en place. Nous classons donc cette promesse comme non‐tenue.
Réserver une voie pour les transports en commun et le covoiturage sur le périphérique
Déminéraliser l’avenue du Peuple Belge après une consultation des Lillois
Lors de la campagne électorale de 2020, le projet se réinvite dans le débat. Martine Aubry promet alors de mobiliser les Lillois pour redessiner le futur visage de l’avenue du Peuple Belge. Une consultation citoyenne est lancée en 2022 : 14 000 personnes y répondent pour choisir entre quatre scénarios.
Le scénario le plus plébiscité par les votants est celui de la création d’un parc (27%), en enterrant une nouvelle fois l’idée d’une remise en eau même partielle du canal. Martine Aubry n’a pas pu cacher son émotion, et s’est dit « déçue » de la tournure des événements.
Un espace vert prendra donc place sur cet espace de 57 000 mètres carrés, avec mobilier de détente et arbres plantés. La place de la voiture devrait aussi être réduite pour créer de nouveaux itinéraires cyclables. Avec un montant total des travaux s’élevant à 25 millions d’euros, c’était l’hypothèse la moins onéreuse. Pour l’heure cependant, le visage de l’avenue du Peuple Belge n’a pas bougé d’une feuille, le début des chantiers étant prévu pour 2026.
Meilleure accessibilité des lieux culturels
La mairie sort chaque année un « rapport d’accessibilité », dans lequel elle détaille les nombreuses actions à destination des personnes porteuses de handicap, et grâce auquel il nous est possible de suivre l’avancée de cette promesse.
On y apprend entre autres la réalisation de travaux de mise en accessibilité de l’Opéra et du Palais des Beaux‐Arts, ou l’achat de 15 sièges pliants et 2 fauteuils roulants (un pour adulte, un pour enfant) pour un total de 21 418 euros. Ils ont été installés dans le Palais des Beaux‐Arts, « à destination des personnes ne pouvant pas rester debout pendant toute une visite du musée ».
Dans le musée de l’Hospice comtesse enfin, un « mobilier de médiation » a été réalisé : il comprend un espace de consultation en braille ou en gros caractères et un espace d’exploration tactile. Enfin, en mars 2023, l’exposition au Palais des Beaux arts « prière de toucher » a permis aux visiteurs de contempler l’art autrement… par le toucher.
Transformation du périphérique en boulevard urbain planté
La voie la plus à gauche de l’autoroute A1 est désormais réservée au covoiturage (validant ainsi l’une des promesses du président de la métropole lilloise), une telle décision n’a pas encore été prise sur le périphérique lillois.
Pour le reste, la ville peut compter sur le collectif l’Arrassine, à l’origine de la plantation de la micro‐forêt aux abords de la porte d’Arras, pour verdir quelques espaces proches du périphérique lillois.
Davantage une « vision » qu’une véritable promesse, de l’aveu même de la maire de Lille, le projet d’aménagement du périphérique est au point mort. « Je vous mentirais si je vous disais qu’on a engagé les travaux », a confessé Audrey Linkenheld, l’ex‐première adjointe à la mairie de Lille, lors d’un point presse organisé en octobre 2023 à l’occasion de la mi‐mandat.
Parcs, jardins et squares : 90 hectares créés ou réaménagés
Lors du conseil municipal du 21 novembre 2025, Marion Gauthier, adjointe au maire chargée de la transition écologique dans la ville, a présenté le rapport développement durable 2025 dans lequel on peut suivre l’évolution des hectares de verdure déjà transformés et des livraisons à venir.
Selon les chiffres présentés, à la fin du mandat 50 hectares de parcs, jardins et square seront livrés. À partir de 2026, l’aménagement de 30 autres hectares d’espaces verts est déjà engagé. Ce qui fait un total de 80 hectares assurés à l’horizon 2031. Les 10 restants font encore l’objet de pré‐études.
Plusieurs projets d’espaces verts sont accomplis ou en bonne voie. Les places Jeanne d’Arc et Phillipe Lebon ont été verdies. La rénovation des 11 hectares du Jardin des Plantes s’est achevé en 2025 avec des travaux sur les bassins pour un montant d’1,2 million d’euros. En juillet 2025, la ville inaugurait le nouveau Parc de la charité, un espace de 6000 m2 dans le quartier Vauban‐Esquermes, après avoir acheté le jardin privé de la communauté des filles de la charité de Saint‐Vincent de Paul.
On peut considérer que cette promesse est en partie appliquée.
Recrutement de plus de 50 policiers municipaux (portés à 170)
Fin 2025, ils sont 165 à exercer dans la capitale des Flandres. La promesse est donc tenue, à 5 postes près.
Lancement d’un bus de la santé mobile pluridisciplinaire
La ville de Lille a intégré ce projet dans le plan local de promotion santé 2023–2026 : « le réseau santé Lille Métropole, avec le soutien du CHU, de l’ARS et de la Ville de Lille, travaille à la création d’une unité mobile médico‐sociale afin d’aller au plus près des publics les plus éloignés », explique‐t‐il.
Le projet s’est finalement concrétisé en 2024, avec l’inauguration du bus du réseau Santé Solidarité Lille Métropole subventionné par la ville, qui sillonne la métropole pour faciliter l’accès aux soins des plus précaires.
Pas d’augmentation des impôts et un endettement limité
Dans son bilan de mandat, la majorité se félicite de n’avoir procédé à « aucune augmentation des impôts communaux depuis 2018 ». Cette affirmation concerne notamment la taxe foncière (Lille est l’une des grandes villes où la taxe foncière est peu élevée : elle se classe 40e ville de plus de 100 000 habitants sur 42). De quoi considérer cet aspect de la promesse comme tenu.
Les plus critiques de la gestion municipale pourront en revanche relever que l’extension du stationnement payant dans plusieurs quartiers de la capitale des Flandres peut être considéré comme une sorte de nouvel impôt local.
Concernant l’endettement, en baisse constante depuis plusieurs années (tombé à 339 millions d’euros en 2022, soit 14 millions d’euros de moins qu’en 2020), il a finalement repris en 2025, dans un contexte budgétaire fortement contraint par les décisions de l’État. Un léger retour à l’emprunt a en effet été décidé, une première depuis 2018.
Pour 2026, la ville prévoit un endettement à hauteur de 414 millions d’euros pour poursuivre ses investissements, contre 388 millions d’euros en 2025. À ce niveau d’emprunt, il faudra 9,9 années à la ville de Lille pour apurer sa dette, contre environ 6,4 ans en 2024 et 8 ans en 2025 (le seuil d’alerte est à 12 ans). En ce sens, on peut dire que l’endettement reste « contenu ». À noter toutefois que d’après le site des collectivités locales du ministère de l’Intérieur, l’endettement par habitant des Lillois est plus important que la moyenne nationale : il s’élevait à 1486 euros en 2021 contre 1111 euros pour les villes de la même strate de la population.

Finances des communes : Lille à la recherche de marges de manoeuvre
1 ha de parc à la place de l’ancien rectorat, rue Saint‐Jacques
C’est dans ce cadre que s’inscrit le projet de transformation de l’ancien rectorat situé rue Saint‐Jacques dans le vieux‐Lille en un espace vert. Entamée à l’été 2022, la démolition des bâtiments est désormais terminée laissant place aux travaux d’aménagements, qui ont commencé en 2023. Plutôt qu’un parc, c’est en fait trois nouveaux jardins accolés qui sont prévus : le square Carnot, le jardin du Rectorat et le jardin de l’Abreuvoir. Initialement prévue en 2025, l’inauguration du parc a finalement été décalée à 2026 pour les deux premiers espaces et 2027 pour le dernier. Nous classons donc cette promesse comme tenue.
Intégration du point de vue de l’enfant dans tous les aménagements de l’espace public
Elle explique avoir mis en place en 2022 le « premier laboratoire français de la Ville à hauteur d’enfant ». Présidé par le maître de conférence en sociologie Clément Rivière, ce laboratoire est composé d’associations, de parents, de chercheurs et d’experts. Cette initiative a permis de créer et d’adopter une « charte Ville à hauteur d’enfants » en juin 2024, élaborée avec 1005 jeunes Lillois qui comprend 18 engagements censés guider les prochains projets portés par la Ville.
La Ville a multiplié depuis plusieurs mandats les initiatives d’inclusion des plus jeunes, en lien notamment avec les conseils municipaux des enfants et de la jeunesse. Les enfants peuvent par exemple prendre part au budget participatif dès l’âge de 9 ans. La Ville a également construit de nouvelles aires de jeu, avec des aménagements à la Citadelle en 2022 ou dans les nouveaux espaces verts créés depuis 2020, à l’instar du Parc Rosa Bonheur à Lomme.
Poursuite de la répartition équilibrée des logements locatifs sociaux entre quartiers
Le document fait clairement état d’un objectif de réalisation « d’au moins 30 % de logements locatifs sociaux » hors quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) où cet objectif « ne s’applique pas » afin d’opérer « un rééquilibrage en faveur du logement intermédiaire » afin de diversifier les types d’habitats. A Lille les QPV sont essentiellement situés sur le secteur sud de la ville (Moulins, Wazemmes, Lille‐Sud, Faubourg de Béthune…).
Un détail des types de constructions de logements par quartier est fourni. Voici le nombre de logements sociaux envisagés par quartiers :
‑Bois‐Blancs : 66 sur 251 (26%)
‑Lille‐Centre : 582 sur 1558 (57%)
‑Faubourg de Béthune : 79 sur 548 (14%)
‑Lille‐Fives : 171 sur 935 (18%)
‑Hellemmes : 260 sur 830 (31%)
‑Lille‐Sud : 57 sur 1258 (4 %)
‑Lomme : 277 sur 1255 (22 %)
‑Moulins : 218 sur 743 (29%)
‑Saint‐Maurice‐Pellevoisin : 222 sur 552 (40%)
‑Vauban‐Esquermes : 137 sur 464 (29%)
‑Vieux‐Lille : 190 sur 215 (88%)
‑Wazemmes : 49 sur 179 (27%)
Si ces constructions sont effectivement réalisées d’ici 2028, la promesse sera effectivement respectée. Ce qui nous permet de classer cette promesse comme tenue.
Programme « circuit court » pour trouver un contrat durable à 3 000 jeunes lillois
Dans un bilan de son action à ce sujet sur son site, la Ville précise que ce mandat a permis le « renforcement du programme circuit court (…) et a bénéficié à 3 100 jeunes Lillois ». C’est donc une promesse tenue.
100 % des élèves de maternelle et de primaire s’initieront à l’art et à la culture (contre 70 % aujourd’hui)
Depuis 2005, la ville met en place des plans artistiques, comme le « plan musique danse théâtre » du Conservatoire de Lille, le « plan lecture » mené par les bibliothèques municipales, le « plan architecture et patrimoine » du service Ville d’art et d’Histoire et enfin le « plan culture scientifique » organisé par le musée d’histoire naturelle. Ils sont par ailleurs tous inscrits et pérennisés dans le projet éducatif global de la ville de Lille.
En obtenant ce label, la mairie a atteint son objectif d’initier 100% des élèves de maternelle et de primaire à l’art et la culture. Nous classons donc cette promesse comme tenue.
Développement du Réseau Express Vélo (REV)
Avec un total de 230 kilomètres, les premiers aménagements du « réseau express vélo » lillois ont été inaugurés en juin 2023. Signalétique, compteurs affichant le nombre de cyclistes ou encore une aire avec une station de gonflage ont fait leur apparition sur le Grand boulevard, reliant Lille et Tourcoing. Reste maintenant à terminer le réseau. Et ce ne sera encore loin d’être le cas avant la fin du mandat.
En février 2024, La Voix du Nord expliquait en effet que le plan de mobilité avait été imaginé à horizon 2035. Le chantier reste immense. Nous classons donc cette promesse comme en partie appliquée.
Incitations à la création de collectifs zéro déchet et de défis famille zéro carbone
La ville de Lille subventionne également des associations éco‐responsables, comme Des Jardins et des Hommes, qui a reçu une enveloppe de plus de 18 000 euros en 2022 pour son action de compostage et de recyclage de biodéchets.
Ces actions sont‐elles suffisantes pour permettre à Martine Aubry de valider sa promesse de campagne à mi‐mandat ? L’absence de mention des « défis famille zéro carbone » la pénalise pour obtenir ce précieux label. La ville de Lille n’est d’ailleurs pas partie prenante du programme « Familles zéro déchets », initié à Roubaix et désormais ouvert à toutes les villes de la MEL. Concernant les défis zéro carbone, c’est au niveau de la MEL que ça se passe sous le dispositif « défi climat ». Nous classons donc cette promesse comme non tenue.
Construction ou rénovation de nouveaux groupes scolaires (Porte de Valenciennes, Fives Cail, Saint‐Sauveur, Montessori à Bois Blancs, Florian Moulin‐Pergaud à Lille Sud, Rostand à Hellemmes, Marais de Lomme, George Sand à Five)
-Les travaux de rénovation thermique de l’école Montessori‐Brossolette à Bois‐Blancs ont débuté à l’été 2023 et « devraient s’étaler sur trois ans », explique Lille Actu.
-Fin juin 2023, la relocalisation de l’école Florian‐Moulin‐Pergaud de Lille Sud a été actée par la mairie. Particulièrement vétuste, l’école doit être reconstruite quelques centaines de mètres plus loin, et ce malgré la fronde de nombreux parents qui ont lancé une pétition en ligne.
‑En 2023, l’école ultramoderne Ariane Capon a été inaugurée Porte de Valenciennes.
‑A Fives et Hellemmes, 50 millions d’euros ont été investis pour un programme s’étalant entre 2023 et 2028 pour rénover neuf écoles, prenant en compte notamment la création d’une « école‐parc » dans l’optique de « rapprocher les enfants de la nature, de développer les îlots de fraîcheur et d’ouvrir les écoles sur la vie du quartier ». En septembre 2025, la Ville et la Métropole annonçaient également avoir achevé la réhabilitation de l’école Georges Sand, avec six nouvelles classes élémentaires.
‑en 2022, La Voix du Nord annonçait la création d’un nouveau groupe scolaire dans le quartier du Marais de Lomme, toujours en construction.
Seul le projet Saint‐Sauveur est donc désormais en pause, puisqu’il s’inscrit dans l’enlisement du projet d’aménagement plus large de la friche. Nous classons donc cette promesse comme tenue.
Rénovation d’un équipement sportif par quartier
Finalisation de la mise en accessibilité des bâtiments municipaux
Sur le mandat, quelque 344 bâtiments municipaux devraient être mis aux normes, selon Sylviane Delacroix, adjointe au maire chargée de l’inclusion des personnes en situation de handicap. Lorsque nous l’avons rencontrée en novembre 2021, 150 établissements avaient déjà été rénovés et 55 étaient encore en travaux.
La majorité affirme avoir achevé l’ensemble de ces travaux en 2024. « Entre 2015 et 2024, la Ville de Lille aura investi plus de 30 millions d’euros dans les travaux d’accessibilité », précise‐t‐elle.
150 places d’accueil en plus pour les tout petits (1 540 existantes)
Martine Aubry avait promis 150 places d’accueil en crèche supplémentaires. Il n’y en aura finalement eu que 93 créées, selon le bilan de mandat de l’équipe municipale. De quoi classer cette promesse comme « en partie appliquée ».
Mettre en place un Conseil de la nuit chargé de la régulation et la concertation autour de la vie nocturne
Nous rejoindrons le programme national Refuges LPO pour le retour des oiseaux en ville
Au delà de l’intégration à ce programme, notons que le budget participatif lillois pour l’année 2022 a désigné parmi les lauréats un projet porté par la LPO Nord, qui ambitionne justement de “rendre Lille aux oiseaux”. Il s’agit de renforcer les sites favorables à la nidification ainsi que de l’installation de deux postes d’observation dans le parc urbain de Lomme et à la Citadelle.
Aménagement de parvis sécurisés et sans voiture devant les écoles ainsi que de « rues scolaires »
Dans son bilan de mandat, la majorité précise qu’avec la création de rues scolaires et la création de parvis piétons, ce sont 64 abords d’écoles qui sont désormais sécurisés (sur 79 équipements).

Rues scolaires : l’expérimentation du « mode de ville » se poursuit en mai
Piétonisations ponctuelles concertées
L’été, la mairie décide aussi de piétonniser certaines rues de l’hypercentre et du Vieux‐Lille. Ces mesures doivent permettre aux Lillois de « déambuler » pour « profiter des commerces, bars et restaurants, dans un environnement apaisé et mieux partagé ».
Dans son bilan de mandat, l’équipe municipale explique avoir mis en place au total 10 144 mètres carrés de piétonnisations temporaires.
Apaiser les axes de circulation : plus grande place au vélo, piétons, arbres, végétation
Depuis le début du mandat actuel de Martine Aubry, plusieurs aménagements cyclables ont été réalisés sur les espaces ciblés par la mairie, avec une accélération en fin de mandat, concernant la rue du Molinel ou la rue Solférino.
La municipalité a également choisi un éclairage public plus sobre en matière de consommation énergétique et respectueux de la biodiversité, pour lequel elle a consacré, en 2023, un investissement de 3,9 millions d’euros.
Dans son bilan de mandat, la majorité affirme avoir mis en place 10 144 mètres carrés de piétonnisations temporaires, avant de décider de la piétonnisation de la Grand Place, qui interviendra en janvier 2026. Avec la création de rues scolaires, de parvis piétons et sécurisés, l’équipe municipale explique avoir sécurisé les abords de 64 écoles (sur 79). Enfin avec plus de postes de vélo et des rues plus cyclables, la part modale du vélo est passée de 2 % à plus de 10 %. De quoi classer cette promesse comme tenue.
Plus de 20 000 arbres plantés d’ici 2026 et des mini‐forêts
Dès 2020, 3 200 arbres ont été introduits à Lille, dont 2 200 dans des mini‐forêts. Des plantations citoyennes étaient aussi réalisées dans sept écoles du territoire. Selon une étude de l’Institut Montaigne publiée lors des élections municipales de 2020, la promesse de planter 20 000 arbres coûterait 37,6 millions d’euros. La mairie de Lille, quant à elle, avance le chiffre de cinq millions d’euros par an, soit un total de 30 millions d’euros.
En 2023, dans le magazine de la ville de Lille « LilleMag », la majorité municipale affirmait que l’objectif de 20 000 arbres était atteint. Dans leur bilan de fin de mandat, Martine Aubry et Arnaud Deslandes affirment même que les résultats ont été plus que doublés, avec 49 000 arbres plantés au cours du mandat.
« La nature en ville n’est pas uniquement une question arithmétique », nuance néanmoins l’élu municipal écologiste Stéphane Baly. En effet, tous les arbres ne se valent pas et n’ont pas le même potentiel d’absorption de dioxyde de carbone.
De plus, l’impact de forêts urbaines ne fait pas consensus entre les scientifiques comme l’écrivait Mediacités en décembre 2021. « Aucune étude sérieuse n’a encore démontré leurs éventuels bénéfices ou conséquences sur la biodiversité des alentours », expliquait notamment Annabel Porté, chercheuse en écologie forestière à l’Inrae de Bordeaux (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement).

À Lille, les « forêts urbaines » de Martine Aubry désespèrent les Verts
Ouverture d’une « maison des solidarités pour accueillir les personnes victimes de précarité
Un mois après l’ouverture de ce nouvel espace, La Voix du Nord relevait un franc succès rencontré auprès des lillois avec plus de 1000 visiteurs accueillis en un mois, dont un tiers venu de façon spontanée. En juin 2025, une Maison des parents y était ajoutée pour accompagner plus spécifiquement les familles de futurs parents ou d’enfants de 0 à 12 ans.
Lancement d’une plateforme et d’une « Maison des Parents »
La mairie souhaite déplacer plus tard ce lieu et précise être « en quête de locaux ».
Ouverture d’un parc boisé de 1,4 ha rue de Canteleu
100% de nos écoles seront « vertes » d’ici 2025 (débétonisation et végétalisation des cours, activités nature et développement durable, installation de jardins pédagogiques et de lieux de compostage)
La perspective d’écoles lilloises « 100 % vertes » est ainsi encore lointaine, mais la situation progresse. Un jardin pédagogique est notamment en projet pour la cour de l’école Saint‐Vincent dans le quartier Moulins.
Achèvement de la débétonisation des cours d’écoles
Au mois de juin 2025, 17 écoles sur les 79 ont été débitumées. C’est désormais au tour de l’école Thierry Launay de voir ce type de travaux démarrer pour l’été. Si le travail est engagé, la perspective d’une débétonisation de la totalité des écoles lilloises sera donc loin d’être effective pour la fin du mandat.
Réduire de moitié notre empreinte carbone bien avant 2030
Au cours de la campagne municipale de 2020, c’était la course entre les candidats à qui afficherait l’objectif de réduction de l’empreinte carbone lilloise le plus ambitieux. Un concours d’annonce auquel Martine Aubry a également participé.
« Pour réduire de moitié notre empreinte carbone bien avant 2030, c’est toute la ville Bas Carbone qui se prépare : les quartiers dont l’habitat, privé ou social, s’est dégradé sont transformés en quartiers durables, et les friches industrielles renaissent sous forme de vrais morceaux de ville, mêlant nature, logements et activités », détaille‐t‐elle dans son programme.
Seulement, l’objectif est bien trop ambitieux et nous pouvons d’ores et déjà écrire que cette promesse ne sera pas tenue. Une réduction de moitié de l’empreinte carbone de Lille nécessite en effet une baisse colossale des consommations, notamment via une réduction très importante de l’utilisation de la voiture ou encore des rénovations thermiques de bâtiment. Un projet impossible à réaliser sur le temps court d’un mandat.
Dans l’édition des mois d’octobre et novembre du magazine de la ville de Lille consacré au bilan de mi‐mandat, l’équipe municipale met en avant le chiffre d’une réduction de 24,5% des gaz à effet de serre émis par les activités sur le patrimoine de la ville – et des communes associées de Lomme et d’Hellemmes entre 2019 et 2022.
Dans un communiqué envoyé à la presse à l’été 2025, la ville de Lille revoit néanmoins son objectif à la baisse, disant vouloir « réduire les émissions de gaz à effet de serre de 38% d’ici 2026, 45% d’ici 2030 et viser la neutralité carbone bien avant 2050 ».
Nouvelles lignes du bus à haut niveau de service (Lille‐Villeneuve d’Ascq et Lille‐Lesquin)
La ligne rejoignant l’aéroport, quant à elle, a été mise à l’écart. « Un tramway est intéressant à partir de 100 000 personnes par jour. Pour l’aéroport, on a tout au plus 8 à 10 000 voyageurs quotidiens », justifie Jacques Richir, conseiller municipal en charge des mobilités. De quoi classer cette promesse en « non tenue ».
Doublement des rames du métro effectif en 2023
Mais en 2025, on les attend encore… Malgré la multiplication des essais par le constructeur Alstom, le doublement des rames est désormais prévu pour le premier semestre 2026. Un retard qui n’en finit plus, qui compromet grandement les plans de la MEL. Elle prévoyait de transférer les anciennes rames de la ligne 1 vers la ligne 2, sur laquelle roulent des rames trop anciennes qui doivent être mises au rebut.
Le manque d’anticipation de la MEL a même entraîné, en juillet 2024, en pleine période de Jeux Olympiques, l’immobilisation de 83 rames après la découverte d’amiante nécessitant des travaux de rénovation.
Et les galères s’accumulent pour les usagers, avec la mise en service du nouveau pilote automatique sur la ligne 1 en novembre 2024, qui a apporté son lot de problèmes techniques récurrents. En partenariat avec l’association de défense des usagers des transports Mobilille, Mediacités recense les dizaines d’heures de perturbations enregistrées depuis cette date.
Installation de bornes « coups de pompe »
S’il est difficile de trouver une trace de ces nouveaux aménagements, le rapport développement durable 2021 le juge « bien engagé ». Un conseil de quartier du Vieux‐Lille de septembre 2022 qualifie par ailleurs leur installation « déjà réalisée ».
Un tweet – publié le 6 mars 2020, soit avant la réélection de Martine Aubry – de la mairie de Lille vient confirmer leur déploiement aux abords de la gare Lille Flandres et de la Citadelle.
Dans son bilan de mi‐mandat publié en octobre 2023, la mairie de Lille a dénombré l’installation de 10 bornes, validant donc la promesse de Martine Aubry.
Expérimentation d’un kiosque solidaire (offres et besoins en services de proximité)
C’est probablement lui qui a donné l’idée à Martine Aubry de promettre, un an plus tard, « l’expérimentation d’un kiosque solidaire, où des voisins pourraient signaler leurs offres et besoins en services de proximité (colis, babysitting, ménage, réparations, informatique) ».
L’association Un été au clair de lune, porteuse du projet, a reçu une subvention de plus de 10 000 euros en février 2022 de la part de la mairie de Lille, pour mener à bien les études techniques.
Mais, en raison du décès du porteur du projet, le nouvel établissement n’ouvrira pas ses portes, a confirmé la maire de Lille à l’occasion de son bilan de mi‐mandat, en octobre 2023.
Augmentation des places de stationnement PMR
Cette formulation très floue – l’engagement peut tout à fait être validé avec l’ajout d’une unique place de stationnement PMR sur le mandat – suffit pour classer cette promesse comme « tenue ».
Gratuité progressive des transports en commun dès 2020 aux ‑18 ans, étudiants, seniors, personnes handicapées
Une première étape a été franchie le 1er janvier 2022 – deux ans après l’échéance annoncée par Martine Aubry – lorsque les personnes de moins de 18 ans se sont vu accorder la possibilité de voyager gratuitement sur tout le territoire métropolitain. Une mesure à 8,5 millions d’euros par an pour la métropole, qui compte toutefois s’arrêter là. La gratuité pour tous ? « C’est, à l’heure actuelle des finances de la métropole, totalement inatteignable », tranchait Damien Castelain sur BFMTV en 2021.
Tant pis donc pour les étudiants, seniors, personnes handicapées ciblées par la maire de Lille lors de sa campagne électorale.

Les transports en commun de la MEL gratuits pour les moins de 18 ans
Requalification de la friche Lestiboudois et du site des Pyramides
Celles de Lille sont nombreuses, à l’image de l’iconique friche Saint‐Sauveur dont l’avenir fait encore l’objet d’une grande bataille entre les associatifs et les collectivités.
Dans son programme, Martine Aubry en a ciblé deux : la friche Lestiboudois et le site des Pyramides, qu’occupaient autrefois une cinquantaine de personnes. Cette dernière a été évacuée en janvier 2023, sur demande de la préfecture du Nord. Depuis, la mairie a souhaité transformer ce site en y construisant un terrain de basket. Des plantations suivront en 2024.
Sur la friche Lestiboudois, la ville de Lille souhaite implanter des habitations et un jardin public, même si les contours du projet ne sont pas encore dessinés.

Contre les campements Roms, le préfet du Nord serre de nouveau la vis
Verdir les entrées de villes et faciliter leur franchissement à pied ou à vélo
Certains trottoirs ont été élargis pour favoriser la marche à pied, comme sur le boulevard Carnot ou la rue de Jussieu.
Concernant le verdissement des entrées de ville, des arbres ont été plantés aux abords de la porte d’Arras et d’autres attendent de grandir sur le boulevard Carnot.
Achèvement de la gare d’eau et de la halte nautique aux Bois‐Blancs
Une nouvelle jetée de 113 mètres de long et de 5 mètres de long a été construite. Elle permet l’amarrage de 17 péniches destinées au logement et d’un bateau recevant du public.
Déploiement de points d’apport volontaire de déchets
L’une des mesures phares adoptée par les élus est de trier le verre séparément – contrairement à ce qui se faisait avant – via des points d’apport volontaire (PAV) installés un peu partout dans la métropole. La ville de Lille fait partie des premières communes de la MEL à développer son réseau de PAV pour le verre.
Notons aussi que quelques (rares) bennes existaient déjà avant le vote du schéma directeur et permettaient de trier tous les déchets. D’autres ont fait leur apparition récemment au Faubourg de Béthune pour collecter verre, métal plastique et papiers ainsi que les ordures ménagères.
Lancement d’un défi « Commerçants zéro déchet » sur les marchés
Cinq mois plus tard, Jacques Richir, l’adjoint en charge de la gestion des marchés en plein air, se confiait à La Voix du Nord. Selon la mairie, 5 tonnes de déchets sont triés chaque dimanche par les commerçants du marché de Wazemmes. À la place de jeter, ces derniers les déposent sur des containers à roulette mis à disposition pour l’occasion. Il est également possible de trier les cartons sur place.
L’expérimentation devrait s’étendre aux autres marchés de la ville.
Organisation régulière de journées sans voiture
À Lille, la circulation sur le boulevard de la Liberté a été interrompue mensuellement pendant deux ans… avant de reprendre en 2023. Une expérimentation qui n’a pas eu l’effet escompté, de l’aveu même de la municipalité.
Si l’initiative n’a pas pris, la Ville de Lille a pérennisé la piétonnisation du centre‐ville de Lille le samedi. L’été, la mairie décide aussi de rendre certaines rues de l’hypercentre et du Vieux‐Lille piétonnes. Ces mesures doivent permettre aux Lillois de « déambuler » pour « profiter des commerces, bars et restaurants, dans un environnement apaisé et mieux partagé ».
En annulant les Dimanches de la Liberté, et au vu du périmètre restreint de la piétonnisation du centre‐ville, la ville de Lille ne tient donc pas cette promesse.
Mise en place d’un téléphérique entre Fives Cail et Saint‐Sauveur
Verra‐t‐il le jour avant la fin du mandat, en 2026 ? Très peu probable. Les dernières études renvoyaient le chantier à 2030. Même si un appel d’offres pour piloter et exploiter le futur téléphérique de la MEL a refait surface en 2021.
Soutien au développement du vélo‐taxis et des livraisons en vélo cargo par des entreprises socialement responsables
Créée à Lille en 2006, la société de vélo‐taxi Happymoov permet aux Lillois de faire leurs courses ou de se déplacer sans émettre le moindre Co2. « À bord, on peut aussi chanter, raconter des histoires, mettre de la musique, t’aider à faire tes courses, t’aider à monter et à descendre », liste l’entreprise sur son site.
Présente dans nos rues depuis plus de 15 ans, la ville la sollicite notamment pendant les journées du patrimoine, où les visiteurs peuvent se déplacer gratuitement à bord d’un de leurs véhicules.
D’autres entreprises ont misé sur le deux‐roues dans la capitale des Flandres, comme lille.bike, service de livraison à vélo ou encore Urby, société concurrente présente à Lille depuis 2018.
Amélioration des continuités cyclables
De nombreux nouveaux aménagements ont vu le jour récemment, comme sur la rue Saint‐Amand, la rue de Cambrai, le boulevard Carnot ou encore le pont de Tournai.
Avec une telle formulation, la mairie ne s’engage pas à ce que les aménagements soient à la hauteur des besoins. En restant aussi floue, il lui apparaît bien plus facile de valider cette promesse.
Valorisation du transport fluvial pour particuliers et marchandises
En 2020, le président de la métropole et les représentants des Voies navigables de France avaient estimé un investissement de 200 à 250 000 euros pour mettre les navettes sur l’eau. La principale difficulté résidait à l’époque en la vitesse des bateaux. Aujourd’hui cependant, le projet ne figure pas dans le plan de mobilités de la MEL à l’horizon 2035, et semble avoir disparu des radars.
La ville de Lille a cependant terminé un autre chantier important : la construction de sa gare d’eau, en collaboration avec la MEL. Achevée en 2023 et située aux Bois‐Blancs, elle constitue la première halte nautique sur la Deûle, accessible aux bâteaux de plaisance.
Une nouvelle jetée de 113 mètres de long et de 5 mètres de large a été construite. Elle permet l’amarrage de 17 péniches destinées au logement et d’un bateau recevant du public.
Concernant les marchandises, Martine Aubry peut s’appuyer sur les ports de Lille. Avec 12 sites multimodaux répartis dans la métropole lilloise et plus de 2 millions de tonnes de marchandises acheminées par l’eau en 2022, c’est le troisième port fluvial français après Paris et Strasbourg. Avec ce trafic, les ports de Lille enregistrent un nouveau record, en progression de 3,26 % par rapport à 2021. Le site lillois est accessible directement par transports en communs, à quelques minutes seulement du centre‐ville.
Lancement d’une manifestation culturelle destinée aux adolescents
En ce début d’année scolaire 2023, les adolescents ont été invités participer à la création d’une fresque collaborative à l’occasion des journées du patrimoine ou à personnaliser leur propre Tote bag aux Archives départementales.
Valorisation de l’hospice Comtesse comme Musée de l’histoire de Lille
Fondé en 1237 par la comtesse Jeanne de Flandres, cet ancien hospice accueillait jadis les malades et les pèlerins. Aujourd’hui, l’ancien dortoir des religieuses du premier étage permet de découvrir l’histoire de la capitale des Flandres, du XVIe siècle à la Révolution française.
Cette nouvelle collection permanente vient donc valider la promesse de campagne de Martine Aubry de faire de cet espace le musée de l’Histoire de Lille.
Organisation de « classes culture »
Le projet éducatif global de la ville de Lille 2023 – 2026 cite par exemple la classe culture accueillie à l’Institut pour la photo. D’autres classes ont pu exposer leurs œuvres lors de l’exposition Môm’Art de la saison culturelle Utopia. Elles ont été exposées à la Gare Saint‐Sauveur entre mai et septembre 2022.
Extension du contrat Santé mentale à toute la ville
C’est via ce conseil que des « espaces écoute santé » ont ouvert, dès 2017, dans les mairies de quartiers. Depuis 2022, les dix quartiers de Lille sont intégrés à ce dispositif et bénéficient d’une permanence psychologique.
Formation de nouveau ambassadeurs de la santé
Elle a ainsi promis de former de nouveaux ambassadeurs de la santé, des personnes chargées d’entrer en contact avec les Lillois les plus défavorisés pour les inciter à se dépister ou à consulter un professionnel.
La mairie subventionne chaque année les associations qui accompagnent ces médiateurs, comme Espace Santé, à Faubourg de Béthune.
Soixante‐cinq ambassadeurs santé bénévoles sillonnaient la ville de Lille en 2020. Ils étaient 70 en 2022. Dans son plan local de promotion santé 2023–2026, la ville prévoit de former davantage d’ambassadeurs santé, pour qu’ils puissent se rendre le plus possible sur le terrain.
Comité citoyen de suivi des propositions de la conférence citoyenne 2019 « Mieux respirer à Lille »
Constitué de 52 personnes tirées au sort (parmi 178 volontaires) et alimenté par les contributions de 248 participants sur la plateforme de démocratie participative participez.lille.fr, un comité citoyen a formulé des propositions pour « mieux respirer à Lille ». Elles ont été suivies par une réponse de la ville de Lille quelques mois plus tard, en novembre 2019.
Lors de sa campagne électorale en vue des élections municipales de 2020, Martine Aubry a promis de mettre en place un comité citoyen de suivi des propositions émises à l’issue du débat citoyen.
L’engagement semble tenu, à en croire le plan lillois pour le climat 2021 – 2026, qui fait état de trois réunions entre 2020 et 2021 « sur des thèmes ciblés, comme la mobilité ».
Signature de la charte des villes sans perturbateurs endocriniens
La ville de Lille tient encore une fois l’une de ses promesses, même si elle ne s’engage pas à grand‐chose. On regrette notamment qu’elle n’ait pas rendu accessible le bilan annuel d’évaluation du dispositif qu’elle avait pourtant promis aux habitants.
Multiplication des dépistages visuels et dentaires à l’école
La volonté d’agir dès le plus jeune âge via des actions de sensibilisation à l’école est également inscrite dans le projet éducatif global 2022‐ 2026 ainsi que dans le plan local de promotion santé.
Toutefois, il est difficile d’estimer l’ampleur des interventions, faute de détails dans les feuilles de route de la mairie.
Installation d’un conseil lillois de la santé
Il se décline en plusieurs commissions thématiques : le conseil lillois de la santé mentale, présent à Lille depuis 2011, la commission addiction, le groupe « santé » du conseil lillois de la jeunesse et les pôles ressources santé. Installé depuis avril 2023, ses actions doivent être évaluées chaque année.
Identification de référents « En lieux sûrs » pour lutter contre le harcèlement de rue
Avec ce label, la ville de Lille coche l’une des promesses de Martine Aubry, qui s’était engagée à « dire stop aux violences et aux discriminations ».
Un réseau « demandez Angela » existe par ailleurs pour soutenir les personnes victimes de violences. Avec le nom de code « où est Angela », les établissements partenaires s’engagent à mettre en sécurité et porter assistance (en appelant la police ou en mettant la personne en lieu sûr) à celles ou ceux qui en feraient la demande.
Création d’un comité d’éthique encadrant l’usage de la vidéprotection
Composé de 11 membres, dont 5 élus municipaux, il assure un rôle d’information auprès des citoyens. S’ils estiment avoir subi un préjudice, ces derniers doivent s’adresser à lui pour consulter les caméras de surveillance.
C’est donc une promesse tenue pour Martine Aubry, même si on regrette que le rapport annuel d’évaluation de l’efficacité de la vidéosurveillance – que doit produire le comité d’éthique – ne soit pas disponible en ligne.
Ouverture d’une salle de consommation à moindre risques
Résultat, la maire de Lille a été informée par une lettre du Premier ministre de l’époque Jean Castex, que sa « salle de shoot » n’ouvrirait pas. La raison avancée mettait en cause le choix du lieu, Jean Castex indiquant préférer une implantation au sud de Saint‐Sauveur. Pour Martine Aubry, toutefois, le véritable responsable de cette décision était clair : Gérald Darmanin.
Au final, la SCMR s’est un temps muée en vaccinodrome et n’accueillera donc pas le public initialement visé… Au grand dam de Martine Aubry qui ne tiendra donc pas sa promesse… malgré elle.

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Officialisation d’un Haut conseil pour le climat
Lille fait bien partie de cette instance, notamment au travers des 5 représentants au collège « citoyens ».
50 jeunes sans domiciles soutenus par l’action « un chez soi d’abord »
La branche expérimentale à destination des jeunes s’adresse aux personnes sans‐abri atteintes de maladies psychiatriques âgées de 18 à 25 ans. Il s’agit d’une action test, menée à Lille et à Toulouse. Dans la capitale des Flandres, 50 jeunes sont hébergés par ce dispositif, selon l’ABEJ Solidarité. Tout âge confondu, 150 sans‐abri sont accompagnés.
Montée en puissance du « Fonds Intracting » pour financer la rénovation énergétique des bâtiments municipaux
Le budget primitif 2023, adopté lors du conseil municipal du 3 février 2023 [dernière délibération des budgets primitifs, p.23] a doté le fonds intracting à hauteur d’un million d’euros. Il s’agit d’un réinvestissement “des économies générées par [les] actions de performance énergétique”. Un cercle vertueux donc puisque les travaux réalisés permettent à leur tour de faire des économies d’énergie.
Il en est ainsi notamment des actions de modernisation de l’éclairage sur la médiathèque Jean Lévy (Lille centre) ainsi que du Tri Postal.
Inscription de l’impératif climatique dans le Plan local d’urbanisme
Poursuite de la lutte contre les marchands de sommeil
En 2022, la cour d’Appel de Douai confirmait la condamnation d’un marchand de sommeil lillois à un an de prison et à une amende de 20 000 euros. Le couple était propriétaire de plusieurs logements indignes rue du Faubourg‐des‐Postes à Lille Sud.
Dans un communiqué de presse cité par La Voix du Nord, la ville de Lille avait tenu à souligner « le caractère inédit et la lourdeur de ces sanctions, qui font de ce jugement un signal fort en direction de tous ceux qui exploitent, à travers la difficulté pour certains de se loger, la pauvreté et le désarroi des personnes les plus fragiles. »
Au‐delà de ce jugement emblématique, la ville de Lille compte une dizaine d’inspecteurs dédiés à la lutte contre l’habitat indigne. Des éléments qui concordent à « une poursuite de la lutte contre les marchands de sommeil ». Néanmoins, le respect de cet engagement ne pourra être estimé qu’en fin de mandat, c’est pourquoi nous classons pour l’heure cette promesse comme « en cours d’évaluation ».
Construction d’un budget municipal climatique sur l’impact des politiques municipales
Il s’agit par exemple d’estimer les effets positifs de l’ajout de pistes cyclables sur la qualité de l’air. Notons néanmoins que la méthode de calcul ne fait pas consensus. Les élus écologistes considèrent cette évolution davantage comme « une évaluation budgétaire à l’aune de critères climatiques » qu’un véritable “budget climatique”. Ils regrettent notamment que le coût environnemental de l’artificialisation des sols soit insuffisamment pris en compte.
Des investissements dynamiques et maîtrisés
Appel à projets pour améliorer l’inclusion sportive des personnes en situation de handicap
Parmi les activités proposées plusieurs étaient sportives, à l’instar du handi judo.
Ouverture d’une piscine à Fives Cail
En conseil municipal, le 30 septembre 2022, la réalisation de la nouvelle piscine a été validée. La municipalité table sur une ouverture courant de l’année 2027, soit après la fin du mandat de Martine Aubry, c’est pourquoi nous classons cette promesse comme non tenue.
Versement d’une aide à la licence sportive « famille »
Une ville à hauteur d’enfant et inclusive avec aménagements adaptés
Cette promesse relève davantage de l’intention ou du slogan que d’un engagement clair et analysable de manière factuelle par Mediacités, c’est pourquoi nous classons « invérifiable ».
Fournitures scolaires gratuites (hors trousse et agenda)

À Lille, c’est la fin des listes de fournitures scolaires
Maintien de tarifs de cantine équitables (0,50€ à 4,75€ pour coût de revient repas à 11€)
Lancement d’un plan anglais dans toutes les écoles primaires et maternelles
Lancement d’un appel à projet visant à renouveler nos espaces de jeux pour enfants
Développement de tiers lieux et d’espaces de coworking
Soutien au Repair Café et filières de l’économie circulaire
Expérimentation du dispositif « Territoire zéro chômeur longue durée » à Fives
En 2017, deux quartiers de la MEL (Les Oliveaux à Loos et le Triangle Menin à Tourcoing) sont entrés dans le dispositif en tant que territoires pilotes, avec des résultats encourageants comme Mediacités le remarquait en avril 2023. Pour autant, la généralisation de ce dispositif avance à tout petits pas. Seul le quartier lillois de Fives, a obtenu l’habilitation « Territoire zéro chômeur longue durée » en novembre 2022.

Heurs et malheurs des territoires « zéro chômeur » de la métropole européenne de Lille
Développement accru des logements innovants adaptés
Plusieurs résidences intergénérationnelles existent déjà Lille, à l’instar des 95 appartements au 132, rue Bayard, propriété de l’agence immobilière Sergic. Impossible néanmoins de déterminer si depuis le début du mandat 2020/2026 de Martine Aubry, le nombre de « logements innovants adaptés à la perte de mobilité » a augmenté à Lille.
Soutien d’actions de vie collective via des appels à manifestation d’intérêt
Émergence d’habitats partagés adaptés aux seniors et aux jeunes actifs
Développement de l’habitat intergénérationnel
Après « l’appel à proposer des projets autour desquels plusieurs générations pourront se retrouver, partager, échanger » lancé en 2021, un second appel à projets du même type a à nouveau eu lieu en 2022. Le dépôt des candidatures s’est clôturé le 15 janvier 2023. Mediacités n’est pas parvenu à identifier les lauréats.
Plusieurs résidences intergénérationnelles existent déjà Lille, à l’instar des 95 appartements au 132, rue Bayard, propriété de l’agence immobilière Sergic. Un autre projet est également en cours de finalisation à Lille Sud.
À mi‐mandat, nous pouvons noter que des actions sont indéniablement menées en faveur du lien intergénérationnel – et notamment via le logement – pour autant l’engagement d’un “développement de l’habitat intergénérationnel” formulé sans objectif – par exemple de nombre de logements de ce type créés d’ici la fin du mandat – est trop imprécis pour pouvoir être tranché par Mediacités. En conséquence, nous classons cette promesse comme « invérifiable ».
Résorption concertée des campements illicites grâce à des espaces transitoires d’insertion
Rétablissement de l’encadrement des loyers dès 2020
La préfecture fixe chaque année un prix de location au mètre carré que les propriétaires sont tenus de ne pas dépasser. Ce seuil maximal est notamment calculé en fonction de l’emplacement géographique du logement, de sa taille ou encore de sa date de construction. Ce plafond est appelé « loyer de référence majoré » puisqu’il représente 120 % du « loyer de référence » qui évolue avec les prix de l’immobilier. Les propriétaires peuvent facilement prendre connaissance du seuil à ne pas dépasser pour leur logement en ligne, sur un site dédié de la préfecture.
Notons toutefois que selon un baromètre publié en octobre 2022 par la fondation Abbé Pierre, 43 % des annonces de location testées à Lille entre août 2021 et août 2022 dépasseraient le plafond autorisé – de 190 euros en moyenne selon le décompte publié le 27 octobre 2022. En cause selon l’enquête menée par Mediacités, l’insuffisance des contrôles ainsi qu’une criante absence de sanctions pour les propriétaires‐fraudeurs.

Encadrement des loyers : à Lille, les propriétaires fraudeurs peuvent dormir sur leurs deux oreilles

À Lille, le coliving se faufile dans les failles de l’encadrement des loyers

Encadrement des loyers : une nouvelle règle à partir du 1er avril

Un partenariat « inédit » pour contrôler l’encadrement des loyers à Lille

Les nombreuses failles de l’encadrement des loyers à Lille
Création d’oasis urbaines
Concertation pour trouver une alternative aux terrasses chauffées
Une « commission terrasse » s’était par la suite tenue en avril 2022. Depuis, les terrasses chauffées ont disparu à Lille, comme la loi le prévoit.
Programmation d’espaces à cultiver au Faubourg de Béthune et d’un espace de vente et distribution
Dans ce cadre, des jardins familiaux et une ferme urbaine ont déjà été inaugurés en avril 2023.
Favoriser la mise en commun de jardins privatifs
« Mettre en commun » les jardins privés lillois serait ainsi assurément un moyen de réduire les inégalités climatiques. Néanmoins, un tel projet visant à rendre public des espaces privés n’est pas une mince affaire. En l’absence d’informations sur les manières de concrétiser cette proposition et le caractère flou du terme « favoriser », nous notons cette promesse comme invérifiable.
Un grand parc urbain permettra de relier Euralille à la Citadelle
Baptisé « Grand Euralille » et piloté par la MEL, le projet global comprend également la mise en place d’une ligne de tramway et la transformation du boulevard Schumann en « axe apaisé » laissant davantage de place aux piétons et aux cyclistes.
La concertation préalable a pris fin en octobre 2022, ainsi le parc urbain d’Euralille à la Citadelle ne verra assurément pas le jour durant ce mandat, c’est pourquoi nous notons cette promesse comme « non tenue ».
Notons au passage que la zone de 200 hectares doit accueillir dans les prochaines années trois projets urbanistiques d’ampleur : le Metropolitan Square à l’emplacement de l’ancien siège de la MEL, le nouveau tribunal judiciaire (en remplacement de celui de l’avenue du peuple belge, saturé) et les nombreux immeubles qui vont pousser sur le site du Tir à l’arc à La Madeleine.













Foire aux questions
Pourquoi les journalistes de Mediacités contrôlent‐ils les promesses de Martine Aubry ?
Nous nous sommes donc donné pour mission de vérifier si la maire de Lille va tenir ses engagements pour sa ville. Nous suivrons plus particulièrement ce que nous avons appelé les “promesses phares” de Martine Aubry, celles qui concernent les dossiers clés de son mandat 2020–2026.
D’où viennent les « promesses » vérifiées par Mediacités ?
Pour que vous puissiez facilement naviguer dans les promesses, nous les avons classées dans 14 thématiques (“Éducation et jeunesse”, “Urbanisme”, etc.). Nous avons préféré utiliser des termes neutres plutôt que les catégories présentes dans le programme de Martine Aubry (exemple : “Métamorphose paysagère” ou “Commerce et tourisme durables”).
À quoi correspondent les verdicts de chaque promesse ?
Nous avons défini six verdicts possibles pour chaque promesse de campagne :
Comment puis‐je aider Mediacités à vérifier les promesses ?
C’est là que vous intervenez : pour chaque promesse, vous pouvez nous suggérer de mettre à jour notre verdict. Si vous avez eu vent d’une information (confidentielle ou non) ou que vous pensez que notre verdict n’est plus à jour, cliquez sur une promesse et écrivez‐nous dans le formulaire intitulé “Vous avez une information à nous partager sur cette promesse ?”, au bas du volet latéral. Nous ne pouvons pas vous garantir de répondre à tous vos messages, mais nous faisons la promesse – et elle sera tenue ! – que chacun de vos messages sera lu attentivement.