Lyon et sa Métropole : le quitte ou double des écologistes au défi du phénomène Aulas
Stop ou encore ? En 2020, les écologistes Grégory Doucet et Bruno Bernard prenaient les manettes de la ville et de la métropole de Lyon. Avec Strasbourg, Bordeaux ou encore Poitiers, la troisième ville de France, perçue un temps comme « le berceau du macronisme », devenait un des symboles de la vague verte. Six ans et un mandat de polémiques plus ou moins fondées plus tard, les écologistes rempileront‐ils en mars 2026 ? Malgré un bilan à faire valoir, ils abordent le scrutin avec le vent de face, entre blacklash écologique et procès en dogmatisme instruits par leurs opposants. A Lyon, Grégory Doucet trouvera sur sa route plusieurs sérieux obstacles. Le premier s’appelle Jean‐Michel Aulas.
A 76 ans, l’homme d’affaires compte faire fructifier son glorieux passé à la tête de l’Olympique lyonnais pour s’installer dans le fauteuil d’Edouard Herriot. Vrai‐faux novice en politique, « JMA » a rassemblé derrière lui une droite en manque de leader et les restes de la macronie, le tout sous le patronage de Laurent Wauquiez. Résultat, le voici favori de l’élection.
Face à lui, Grégory Doucet espère installer l’idée d’un duel. Ce que la désunion de la gauche rend difficile. Comme un peu partout, La France insoumise ambitionne de compter ses forces aux municipales. A Lyon, c’est la députée Anaïs Belouassa‐Cherifi, 30 ans, qui défendra les couleurs d’un parti porté par de bons scores locaux lors des derniers scrutins (17,2% des voix aux européennes de juin 2024).
S’ajoutent les candidatures, comme en 2020, de Nathalie Perrin‐Gilbert, électron libre de la gauche lyonnaise en rupture avec Grégory Doucet depuis son limogeage du poste d’adjointe à la Culture, et de Georges Képénékian, intéri‐maire de Gérard Collomb quand celui‐ci était au gouvernement. Si Jean‐Michel Aulas ne plie pas le match dès le 15 mars prochain, tout ce petit monde fera‐t‐il bloc au second tour derrière le maire sortant ?
La présence de l’ancien président de l’OL dans le jeu municipal éclipse un peu plus le scrutin – pourtant bien plus stratégique – des métropolitaines. Organisée concomitamment, cette élection au suffrage universel direct est une exception lyonnaise, liée au statut particulier du Grand Lyon qui cumule les compétences d’une Métropole et d’un conseil départemental , avec un budget de près de 4 milliards d’euros, comparable à celui d’une Région.
Nos enquêtes et analyses sur les élections municipales 2026
Enjeux du scrutin, candidats sortants et nouveaux prétendants… Mediacités décrypte les élections municipales de mars 2026.
Les résultats du scrutin de 2020 dans la métropole lyonnaise
Posez vos questions sur les candidats et les enjeux de l’élection municipale à la rédaction.
Écoles, commerces, logement, transports… Vos élus municipaux et métropolitains prennent des décisions cruciales pour votre vie quotidienne. Mais qui sont‐ils et comment fonctionne l’institution ?
Voir aussi : L’action de la métropole de Lyon
Le maire

Grégory Doucet
Europe écologie – Les Verts
Un « inconnu aux portes de la mairie de Lyon », avions‐nous titré, en 2020, à la veille de son élection. Grégory Doucet, ancien cadre chez Handicap international, s’est depuis fait un nom et un prénom auprès des Lyonnais. Parfois à son corps défendant tant les polémiques, savamment initiées ou entretenues par ses opposants, ont émaillé les premières années de son mandat. L’ancien novice en politique en a tiré les conséquences en maîtrisant (contrôlant) désormais beaucoup plus sa communication. Pour autant, l’élu vert reste la bête noire des anti‐écologistes. Il faut dire que contrairement à son binôme Bruno Bernard, président de la Métropole qui goûte peu la médiatisation, le successeur de Gérard Collomb ne rechigne pas à se rendre sur les plateaux télé des médias nationaux ou à s’exprimer sur des sujets qui ne concernent pas forcément les compétences de sa ville. Celui qui aura 52 ans en mars 2026 a annoncé très tôt qu’il briguerait un deuxième mandat. Son enjeu sera double : maintenir une certaine collégialité dans son camp, alors que le conflit avec son ex‐adjointe Nathalie Perrin‐Gilbert a rétréci (un peu) sa majorité, et éviter, face à lui, la constitution d’un front « tout sauf Doucet ».
La composition du conseil municipal
Les compétences de la ville
👩🏫 Les écoles
La ville de Lyon construit et entretient les écoles maternelles et primaires. Elle organise également les temps périscolaires : garderie et cantine. Le mandat qui s’achève aura notamment été marqué par la montée en puissance du bio dans les menus des cantines scolaires et l’aménagement de « rues des enfants », soit la piétonnisation des abords de certaines écoles.
🚓 La sécurité
La police municipale de Lyon compte 290 agents (chiffre de juillet 2022). Elle s’occupe aussi du réseau de 558 caméras de vidéosurveillance déployé sur son territoire. Pendant son mandat, l’écologiste Grégory Doucet a confirmé le recours à la vidéosurveillance et a annoncé vouloir étendre (à la marge) son réseau.
🧸 La petite enfance
La municipalité gère les crèches et attribue, via les mairies d’arrondissement, les places dans ces établissements.
🎭 La culture
De nombreuses institutions culturelles dépendent ou/et sont financées par la ville de Lyon : l’opéra, le théâtre des Célestins, le musée des Beaux‐Arts, le musée d’Art contemporain, l’Auditorium-Orchestre national de Lyon, etc. C’est aussi le cas des bibliothèques, dont la BM de Part‐Dieu.
⛲ Les espaces verts
La place de la nature en ville et « la végétalisation » ont été l’un des grands thèmes du mandat 2020–2026, avec, entre autres, la création de dizaines de vergers municipaux (la majorité écologiste compte arriver à 54 vergers d’ici à mars 2026). La ville entretient les espaces verts, les squares mais aussi des parcs comme celui de la Tête d’Or.
🏗️ L’urbanisme et l’habitat
Si les orientations sont déterminées par le Grand Lyon (via le Plan local d’urbanisme et de l’habitat), c’est toujours le maire qui délivre les permis de construire.
⛹️♀️ Les sports
La ville construit et entretient les équipements sportifs (gymnases, piscines…) dédiés à la pratique amateur. Elle soutient les clubs.
🛣️ La voirie
La ville gère l’éclairage public, les fontaines et autorise les occupations de l’espace public (marchés forains, terrasses des bars et restaurants sur des places de stationnement pendant l’été).
🗃️ L’état civil
La ville délivre les cartes d’identité, les passeports et tout acte d’état civil.
🚗 Le stationnement
C’est la ville qui fixe les tarifs de stationnement (et le prix de l’amende), domaine dans lequel la majorité Doucet est intervenu en différenciant les tarifs en fonction du poids des véhicules. Une mesure pour lutter contre la vague des SUV. De la municipalité dépend aussi le service de fourrière.
💶 La fiscalité
La ville prélève la taxe foncière. Celle‐ci a augmenté de 9% en 2023, pour faire face à la hausse des prix de l’énergie, s’est défendu l’exécutif de Grégory Doucet.
Le bilan de Radar
Les promesses phares de Bruno Bernard et Grégory Doucet
Nos journalistes suivent les engagements de la mairie de Lyon et de la métropole du Grand Lyon sur certains dossiers clés. Ce travail de suivi va durer jusqu’en 2026.
Le « Réseau express vélo » de la campagne électorale a été rebaptisé « Les Voies lyonnaises », et les 450 kilomètres alors affichés ont fondu à 250 kilomètres à réaliser d’ici à 2026 [lire plus bas]… dans un premier temps. Face aux « contraintes techniques », dixit Bruno Bernard, le nombre de kilomètres de voirie réalisé ne devait ensuite n’être « que » de 200, comme l’avait annoncé le président de la Métropole dans Met’, le magazine de la collectivité, en janvier 2024. Las ! Au final, c’est l’objectif de 180 kilomètres (et non 250 ou 200) d’ici à mars 2026 qui a été retenu. Contraint sur le plan budgétaire, Bruno Bernard a encore réduit ses ambitions sur les Voies lyonnaises à l’approche de la fin du mandat. En conférence de presse, en janvier 2025, le président du Grand Lyon a aussi rejeté la responsabilité de cette baisse du nombre de kilomètres sur ses opposants en citant notamment l’ancien maire LR de Caluire‐et‐Cuire Philippe Cochet. Celui‐ci a livré bataille à la Métropole, pétition à l’appui, pour empêcher le passage de la « VL7 » sur la voie verte de la commune. Mi‐décembre 2025, selon le tableau de bord de l’association La Ville à vélo, 131 kilomètres de Voies lyonnaises ont été réalisés, 36 kilomètres sont en travaux et 5 autres kilomètres sont prévus. Soit un total de 171 kilomètres qui ne font pas tout à fait 180… Tout en saluant « une volonté politique sans précédent en faveur des mobilités actives », l’association cycliste de référence dans la Métropole déplore « un projet inachevé » et « de nombreuses discontinuités à traiter rapidement ». Une carte élaborée et diffusée par La Ville à vélo, que nous reproduisons ci‐dessous, illustre assez bien le propos… « On ne finira pas la totalité du réseau d’ici à la fin du deuxième mandat » En tout, le réseau des Voies lyonnaises comprend, sur le papier, 350 kilomètres. Interrogé par Mediacités en janvier 2026, le président de la Métropole Bruno Bernard, candidat à sa réélection, a déclaré que l’ensemble ne serait pas achevé d’ici à la fin d’un éventuel deuxième mandat. « On prévoit la construction de 100 kilomètres supplémentaires sur les six prochaines années », précise l’écologiste. Soit environ 280 kilomètres livrés en 2032. L’équivalent de deux tiers de la promesse initiale écrite noir sur blanc dans le programme électoral de 2020. Fallait alors se montrer un peu moins ambitieux à l’époque ? « Non, je ne le pense pas, cet objectif a permis de donner une forte impulsion alors qu’on partait de zéro », défend Fabien Bagnon, le vice‐président de la Métropole qui orchestré le déploiement de l’ex‐« REV ». [Notre analyse en septembre 2020] Bruno Bernard has a dream… Avec son « REV » (pour Réseau express vélo), le président de la Métropole promet de démultiplier les kilomètres de pistes cyclables. Objectif consigné dans son programme électoral : 450 kilomètres. De quoi favoriser l’usage de la petite reine jusque dans les communes périphériques et pas seulement le long du Rhône. Depuis son élection, l’écologiste a néanmoins nuancé son engagement : au cours de ce mandat, il vise la réalisation des 250 premiers kilomètres de REV. La promesse initiale était donc à comprendre au‐delà de 2026… Avec de nombreux cyclistes dans ses rangs – dont le maire de Lyon Grégory Doucet -, la majorité EELV se sait attendue sur le sujet vélo, marqueur par excellence de l’écologie politique en milieu urbain. Si le réseau cyclable s’est considérablement développé (passant de 339 kilomètres en 2008 à 791 kilomètres en 2018, d’après les chiffres de la Métropole), Lyon est encore loin de pédaler autant que Strasbourg où la part modale du vélo atteint les 8% (pour l’agglomération) et 15% (pour la ville). Quand il était co‐président de l’association La Ville à vélo, Fabien Bagnon, devenu vice‐président de Bruno Bernard chargé « des mobilités actives », défendait, dans Lyon Capitale, que le Grand Lyon pouvait viser 10% de parts modales d’ici à 2026. À lui de jouer maintenant !
Depuis la rentrée de septembre 2022 et le renouvellement du marché public de sa restauration scolaire collective, la ville de Lyon s’est engagée à servir au moins 50% de produits d’origine biologique dans les cantines des écoles primaires et maternelles. Cette proportion doit atteindre progressivement 75% d’ici à l’année scolaire 2025–2026, à la fin du mandat… et non 100 % comme promis en 2020. Comme nous l’avons expliqué dans une enquête consacrée aux cantines des collèges de la Métropole, l’objectif de menus exclusivement composés de produits bio est difficilement atteignable. Pour certains aliments, comme les produits de la mer, il paraît illusoire, sans compter les contraintes de prix, de temps, de quantités et de saisonnalité. [Septembre 2020] 100% de bio dans les cantines des crèches et écoles de Lyon, et dans les collèges du Grand Lyon. La promesse est plutôt consensuelle, mais les écologistes vont devoir élaborer la bonne recette pour tenir leurs objectifs, en trouvant des fournisseurs en nombre suffisant, si possible locaux (l’objectif est de 50% de produits locaux d’ici 2022), le tout sans augmenter le prix des repas. Depuis septembre 2020, la ville de Lyon a annoncé que 60% des produits viendraient désormais d’un périmètre de 200 kilomètres maximum et que 40% seront issus de l’agriculture biologique. L’étape suivante sera plus longue à mettre en place. Les 40 000 repas collectifs (collèges, maisons de retraite…) servis chaque jour par la Métropole représentent aussi un levier majeur pour développer la production agricole locale, qui ne représente pour l’heure que 5% de la consommation des habitants du Grand Lyon. En offrant de nouveaux débouchés aux producteurs, la collectivité espère ainsi favoriser l’émergence d’un marché local et bio conséquent. A condition que la logistique suive : pour répondre aux besoins, les agriculteurs vont aussi devoir se regrouper pour proposer des tarifs plus abordables.
La promesse initiale, qui visait les 37 quartiers « politique de la ville » de Lyon, était très ambitieuse et n’a pas été atteinte. Dans une interview donnée aux Échos en 2021, Gautier Chapuis, alors conseiller municipal délégué « à l’alimentation locale et à la sécurité alimentaire » évoquait d’ailleurs l’installation d’une maison de l’alimentation dans chaque arrondissement, un objectif déjà plus modeste : « Nous souhaiterions pouvoir en installer au moins une dans chaque arrondissement. Elles s’articuleraient autour d’une offre de restauration, peut‐être de jardins partagés et de vente de produits locaux. » Pour autant, la commune n’a pas rien fait. Dans le quartier de la Part‐Dieu, la ville de Lyon a créé en 2021 un « pôle alimentaire pour les plus précaires », composé d’un restaurant social et d’une épicerie solidaire et sociale. Coût du projet : deux millions d’euros. En octobre 2022, une « Maison engagée et solidaire de l’alimentation » (Mesa) a ouvert ses portes dans le quartier La Plaine Santy (8e arrondissement de Lyon), au sein d’un périmètre classé « prioritaire » de la politique de la ville. Le projet porté par les associations Vrac et Récup et gamelles est soutenu par la ville et la métropole de Lyon, entre autres partenaires. Ce tiers‐lieu propose une cantine, une épicerie solidaire ou encore des animations et événements autour de l’alimentation. Son ambition : rendre accessible une nourriture de qualité à tous. La Ville a aussi initié une démarche baptisée « les Hallimentaires », pour « créer et soutenir un réseau de lieux dans les arrondissements de Lyon qui œuvrent à la « démocratie alimentaire », c’est-à-dire qui proposent ou s’emploient à favoriser une alimentation qualitative, durable et accessible », précise une délibération de mai 2025. Dans ce cadre, la Ville a accordé des financements à l’épicerie sociale et solidaire « Le marché des sages », rouverte par l’Armée du Salut dans le quartier de Moncey (Lyon 3e), ou à l’association Récup & Gamelles, qui gère le restaurant antigaspi et à tarification solidaire La Récuperia (Lyon 8e). [Notre analyse en septembre 2020] Manger mieux, ce n’est pas que pour les bobos ! C’est en tout cas le sens de cette promesse des élus EELV. Ces Maisons de l’alimentation proposeront une aide alimentaire métropolitaine, des ateliers de cuisine collectifs ou encore de la vente en circuits cours, dans les 37 quartiers prioritaires de l’agglomération. Alors que la « vague verte » électorale n’a pas submergé la périphérie populaire lyonnaise, comme Mediacités l’a écrit, l’enjeu pour la collectivité est de montrer qu’elle sera capable de mettre sur pied de nouveaux lieux répondant aux besoin de ces zones, souvent moins bien dotées en termes de magasins bio ou de vrac à des prix corrects.
[janvier 2026] « Je ne dirais pas que c’est un échec : cela n’a pas marché ». Les élus du Grand Lyon vont‐ils paraphraser Emmanuel Macron pour défendre leur bilan en matière de logement social ? Force est de constater que leur promesse très ambitieuse de porter à 6000 le nombre de nouveaux logements sociaux financés chaque année, contre environ 4000 au début du mandat, est restée un vœux pieu, malgré une volonté politique incontestable. Début 2026, le vice‐président au Logement, Renaud Payre, évoquait un « record » de 4336 logements sociaux financés en 2025 par la Métropole. Une embellie après les années noires du Covid et de la crise ukrainienne (seulement 3471 logements sociaux avaient été financés en 2022). Mais ce niveau est en réalité similaire à celui prévu par le plan local d’urbanisme voté en 2019 sous le mandat précédent. Les écologistes n’ont donc pas réussi à un changer d’échelle, pas aidés par certaines communes qui traînent les pieds depuis des années pour atteindre l’objectif de 25 % de logement social fixé par la loi. Il est vrai que cette promesse a fortement souffert de la crise de l’immobilier causée par la hausse des taux de crédits et du coût des matières premières après 2022. Pour faire face à cette donne nationale, le Grand Lyon a débloqué en 2023 une enveloppe d’urgence de 10 millions d’euros pour « sauver des opérations à l’arrêt ». De quoi éviter un crash total du marché, mais pas de quoi faire des miracles non plus. [juillet 2023] Impossible d’évaluer cette promesse avant la fin du mandat – d’où son statut « en cours d’évaluation » -, mais force est de constater que la Métropole est, à mi‐mandat (en juillet 2023), loin de son objectif. En 2022, on dénombrait la construction ou la mise en chantier de seulement 3 084 logements sociaux neufs dans le Grand Lyon. Ce chiffre est toutefois en sensible augmentation par rapport à 2021, année encore marquée par la crise du Covid (2 526 logements). [septembre 2020] Un cadeau de mariage empoisonné ? Cette promesse ne figurait pas dans le programme des écologistes, mais dans celui de la Gauche Unie, ralliée à EELV au second tour des élections. L’enjeu est crucial : avec des loyers qui flambent et près de 100 000 habitants supplémentaires attendus d’ici 2030 dans la Métropole, les classes les moins aisées ont de plus en plus de mal à se loger dans l’agglomération. Sous le précédent mandat, près de 4000 logements sociaux étaient créés par an. Passer à 6000 équivaudrait donc à une hausse de 50%. Pour tenir cet objectif ambitieux, l’équipe de Bruno Bernard devra dégager des financements considérables, trouver du foncier et surtout réussi à mieux répartir les logements sociaux sur le territoire pour éviter de les concentrer en périphérie. Quitte à forcer la main des maires des communes aisées de l’Ouest ? « On leur souhaite bien du courage », ironise Michel Le Faou, le “Monsieur logement” de l’ère Collomb. Mediacités documentera les grandes étapes de ce chantier majeur des six prochaines années.
Pendant la campagne électorale de 2020, les écologistes avaient fait feu de tout bois : « Nous créerons des forêts urbaines de 3 à 5 hectares (…), même en plein cœur de la Part‐Dieu ! », martelait le programme de Grégory Doucet et de Bruno Bernard. Six ans plus tard, des « boisements » plus modestes ont parfois remplacé les « forêts » promises [lire notre enquête à ce sujet], mais la métropole de Lyon s’est tout de même dotée, en 2021, d’un ambitieux plan Nature de 44 millions d’euros, qui prévoit notamment l’aménagement de « forêts urbaines ». En mars 2022, Pierre Athanaze, vice‐président de la Métropole délégué à l’Environnement, considérait que la collectivité en avait déjà plantées cinq. Alors, engagement tenu ? Oui et non. Certes, plusieurs autres ensembles ont été livrées en fin de mandat, comme celui de Chassieu en février 2025, où 4 300 arbres ont été plantés. Mais, là où les écologistes promettaient des sites de « 3 à 5 hectares », les réalisations sont souvent en deçà : ainsi le « bois de la Part‐Dieu », inauguré en janvier 2026, situé entre le centre commercial et la gare, doit comporter à termes 140 arbres (la moitié sont déjà en terre) sur seulement 1,2 hectare d’espaces publics. De même, les plantations de Saint‐Priest ne couvrent que deux hectares, tandis que la centaine d’arbres de Sathonay‐Camp ne couvrent qu’1,4 hectare. Arbres plantés à la Confluence. Photo : A.Bamas [Septembre 2020] Les Lyonnais n’en finissent plus de suer. Après l’été particulièrement chaud de 2019 pendant lequel le mercure a flirté à plusieurs reprises avec les 40°C, les mois de juin, juillet et août 2020 ont aussi réservé leur lot « d’épisodes caniculaires ». Dans ce contexte, rien de mieux que de planter des arbres pour tenter de faire baisser (un peu) la température et, surtout, de lutter contre le phénomène des îlots de chaleur, comme nous l’expliquions dans une précédente enquête. Combien de « forêts urbaines », les écologistes planteront‐ils au cours du mandat ? Leur programme, qui mentionnait aussi 80 hectares boisés sur les Balmes de Fourvière ou un verger municipal par arrondissement [lire le suivi de ces promesses par ailleurs], ne le précisait pas. Une chose est sûre : les Lyonnais jugeront aussi leurs élus, en 2026, à l’étendue de la canopée de la ville.
L’encadrement des loyers est entrée en vigueur pour les communes de Lyon et de Villeurbanne en novembre 2021. [Notre analyse en septembre 2020] Un plafond sinon rien. Adoptée en 2018, la loi Elan donne la possibilité aux agglomérations volontaires de mettre en place un encadrement des loyers à titre expérimental sur une période de cinq ans. Mais l’outil n’a pas été utilisé par Gérard Collomb puis David Kimelfeld, frileux à l’idée de réduire la liberté du marché. Bruno Bernard et ses alliés de gauche veulent aller vite sur ce dossier, pour lancer le dispositif dès 2021, après avoir déposé un dossier auprès de l’Etat à l’automne 2020. Le sujet est généralement abordé aux côtés de deux autres promesses de la majorité : la lutte contre les marchands de sommeil, et le contrôle des règles de location des immeubles en Airbnb, qui participent à une explosion des loyers dans certains quartiers. Autant de sujets scrutés avec attention par Mediacités, qui documente de longue date le phénomène de la gentrification des quartiers populaires dans l’agglomération.
Le plan des investissements du Sytral (le syndicat des transports en commun devenu autorité organisatrice des mobilités) pour le mandat, voté à la fin de l’année 2020, s’élève à 2,55 milliards d’euros, un montant sensiblement moins élevé que celui promis pendant la campagne électorale. [Notre analyse en septembre 2020] Voilà une promesse que Bruno Bernard mettra lui‐même en œuvre. Contrairement à l’engagement des écologistes de mettre fin aux situations de cumul, le patron de la Métropole a décidé, au lendemain de son élection, qu’il présiderait aussi le Sytral, le puissant syndicat des transports en commun. À ce poste, il envisage de doubler l’effort d’investissement dans les bus, métros ou tramways qui s’élevait à 1,4 milliard d’euros pour le mandat 2014–2020. « Notre objectif est d’investir de l’ordre de 2,5 à 3 milliards d’euros », a précisé le président du Sytral lors de son installation – depuis, il a fixé son ambition dans la fourchette basse avec un programme d’investissements chiffré à 2,55 milliards d’euros pour le mandat. 2,55 milliards d’ euros, pour quoi faire ? Dans les cartons des verts : des nouvelles lignes de bus, dont certaines en site propre, des télécabines du côté de Francheville ou de Sainte‐Foy‐lès‐Lyon, les tramways T9 (entre Lyon et Vaulx‐en‐Velin) et T10 (« tramway‐rocade » dans l’Est lyonnais, entre Vénissieux et Gerland, en passant par Saint‐Fons), la ligne T6 Nord (à Villeurbanne), le prolongement des métros B et D, etc. Et le métro E ? Rien n’est moins sûr ! Alors que ce projet, lancé en son temps par Gérard Collomb, figurait dans des documents de campagne de ses candidats (relire notre article sur le sujet), Bruno Bernard a laissé entendre qu’il pourrait bien l’abandonner.
Bruno Bernard voulait en faire un des actes « importants » de son mandat. Pour justifier le passage en régie publique de la gestion de l’eau, au détriment donc d’une délégation de service public à un prestataire privé (Veolia jusqu’au 1er janvier 2023), le président du Grand Lyon a convoqué la philosophie – « l’eau est un bien commun » – et l’économie – « récupérer les marges » générées par cette activité pour « entretenir et améliorer notre patrimoine ». Le chantier, piloté par la vice‐présidente déléguée à l’Eau et à l’assainissement Anne Grosperrin, s’est révélé d’envergure : « Eau du Grand Lyon », le nom de la filiale de Veolia qui gérait plus de 4 000 kilomètres de réseaux, approvisionnait les robinets de plus d’1,3 million d’habitants et employait 280 salariés. Mediacités a suivi ses grandes étapes, à retrouver dans nos publications ci‐dessous.
Explorer toutes les promesses de Bruno Bernard et Grégory Doucet
Dans leur programme pour les élections municipales et métropolitaines de juin 2020, Bruno Bernard et Grégory Doucet ont multiplié les promesses. Nous en avons comptabilisé 174 au total.
Doubler l’offre d’accueil de loisir pendant les vacances d’été
Selon Stéphanie Léger, adjoint chargé de l’Education à la Ville d Lyon, le nombre de places a connu « une progression significative », passant de 8 000 en 2021 à 12 000 en 2025, avec « un taux de remplissage proche de 100 % ». Dans le même temps, le nombre de « semaines d’accueil » organisées dans ce cadre est passé de 6424 semaines en 2021 à 11 928 en 2025.
Un bel effort donc. Mais le nombre de places d’accueil n’a pas été doublé comme promis, d’où le classement de cette promesse dans la catégorie « en partie appliquée ».
Créer un Réseau Express Vélo (REV) de 450 kilomètres
Las ! Au final, c’est l’objectif de 180 kilomètres (et non 250 ou 200) d’ici à mars 2026 qui a été retenu. Contraint sur le plan budgétaire, Bruno Bernard a encore réduit ses ambitions sur les Voies lyonnaises à l’approche de la fin du mandat. En conférence de presse, en janvier 2025, le président du Grand Lyon a aussi rejeté la responsabilité de cette baisse du nombre de kilomètres sur ses opposants en citant notamment l’ancien maire LR de Caluire‐et‐Cuire Philippe Cochet. Celui‐ci a livré bataille à la Métropole, pétition à l’appui, pour empêcher le passage de la « VL7 » sur la voie verte de la commune.
Mi‐décembre 2025, selon le tableau de bord de l’association La Ville à vélo, 131 kilomètres de Voies lyonnaises ont été réalisés, 36 kilomètres sont en travaux et 5 autres kilomètres sont prévus. Soit un total de 171 kilomètres qui ne font pas tout à fait 180… Tout en saluant « une volonté politique sans précédent en faveur des mobilités actives », l’association cycliste de référence dans la Métropole déplore « un projet inachevé » et « de nombreuses discontinuités à traiter rapidement ». Une carte élaborée et diffusée par La Ville à vélo, que nous reproduisons ci‐dessous, illustre assez bien le propos…
« On ne finira pas la totalité du réseau d’ici à la fin du deuxième mandat »
En tout, le réseau des Voies lyonnaises comprend, sur le papier, 350 kilomètres. Interrogé par Mediacités en janvier 2026, le président de la Métropole Bruno Bernard, candidat à sa réélection, a déclaré que l’ensemble ne serait pas achevé d’ici à la fin d’un éventuel deuxième mandat. « On prévoit la construction de 100 kilomètres supplémentaires sur les six prochaines années », précise l’écologiste. Soit environ 280 kilomètres livrés en 2032. L’équivalent de deux tiers de la promesse initiale écrite noir sur blanc dans le programme électoral de 2020. Fallait alors se montrer un peu moins ambitieux à l’époque ? « Non, je ne le pense pas, cet objectif a permis de donner une forte impulsion alors qu’on partait de zéro », défend Fabien Bagnon, le vice‐président de la Métropole qui orchestré le déploiement de l’ex‐« REV ».
[Notre analyse en septembre 2020] Bruno Bernard has a dream… Avec son « REV » (pour Réseau express vélo), le président de la Métropole promet de démultiplier les kilomètres de pistes cyclables. Objectif consigné dans son programme électoral : 450 kilomètres. De quoi favoriser l’usage de la petite reine jusque dans les communes périphériques et pas seulement le long du Rhône. Depuis son élection, l’écologiste a néanmoins nuancé son engagement : au cours de ce mandat, il vise la réalisation des 250 premiers kilomètres de REV. La promesse initiale était donc à comprendre au‐delà de 2026…
Avec de nombreux cyclistes dans ses rangs – dont le maire de Lyon Grégory Doucet -, la majorité EELV se sait attendue sur le sujet vélo, marqueur par excellence de l’écologie politique en milieu urbain. Si le réseau cyclable s’est considérablement développé (passant de 339 kilomètres en 2008 à 791 kilomètres en 2018, d’après les chiffres de la Métropole), Lyon est encore loin de pédaler autant que Strasbourg où la part modale du vélo atteint les 8% (pour l’agglomération) et 15% (pour la ville). Quand il était co‐président de l’association La Ville à vélo, Fabien Bagnon, devenu vice‐président de Bruno Bernard chargé « des mobilités actives », défendait, dans Lyon Capitale, que le Grand Lyon pouvait viser 10% de parts modales d’ici à 2026. À lui de jouer maintenant !

La métropole de Lyon à la recherche de 80 millions d’euros pour boucler son budget

Gonette, cirque, chauffage urbain et moutons au menu du prochain conseil du Grand Lyon

Logements étudiants, pont de Neuville et piles à hydrogène au menu du conseil métropolitain du Grand Lyon

ZFE « amplifiée », pont de Vernaison et forêt vierge au menu du prochain conseil de la métropole de Lyon

Polluants éternels, Presqu’île apaisée et hirondelles menacées au menu du prochain conseil de la Métropole de Lyon

Mixité sociale, budget, train coopératif et goodies « écoresponsables » au menu du conseil de la Métropole de Lyon

Régie de l’eau, messagerie numérique, éclairage et « dorlotoir » à abeilles au menu du conseil de la Métropole de Lyon

Tramways, lanceurs d’alerte, énergie solaire et « chèque‐vacances »… au menu du prochain conseil métropolitain du Grand Lyon

Par où passeront les « autoroutes à vélos » du Grand Lyon ?

Vélo : le « REV » promis à Vaulx‐en‐Velin et Saint‐Fons… mais pas pour tout de suite

Vélo : le « Réseau express » des écologistes permettra‐t‐il à Lyon de rattraper Strasbourg ou Grenoble ?

Piste cyclable « écologique » : la Métropole de Lyon s’adonne-t-elle au greenwashing ?

Municipales 2020 : tout roule pour le lobby du vélo

Vélo : Lyon en queue de peloton
Doter chaque crèche et chaque relais d’assistantes maternelles d’un accès à un espace extérieur végétalisé
En résumé, 77 crèches ont donc vu leur espace extérieur s’améliorer ces six dernières années, soit une moitié environ des établissements.
[Juillet 2023] La végétalisation des cours de crèches figure dans le programme d’investissement de la ville de Lyon pour la petite enfance, doté d’un budget de 71 millions d’euros pour l’ensemble du mandat. Sur cette enveloppe, 20 millions d’euros étaient dédiés à la végétalisation des écoles et des crèches et, plus précisément, 4,5 millions à la végétalisation de 85 crèches d’ici à 2026, sur les 156 crèches de la ville. Nous ne savons pas si les crèches non‐concernées par ce plan bénéficiaient déjà d’un espace extérieur végétalisé.
Dans un bilan publié sur son site en mai 2025, la Ville indiquait que 15 « cours nature » avaient été réalisées. Une quarantaine de crèches associatives ont par ailleurs bénéficié d’un lot consolation sous la forme de « kits hors sol pour renforcer le lien avec la nature ». Même si l’investissement demeure important, on reste donc loin de l’objectif initial d’équiper « chaque crèche ».
Augmenter l’offre en crèches municipales
Au final, le nombre de nouvelles places ouvertes au cours du mandat s’élève à 182, crèches municipales et associatives confondues. Mais, complète Steven Vasselin, « 123 autres places ouvriront d’ici à la fin de l’année 2026, 158 autres en 2027 et encore 245 autres places en 2028 et 2029 ». Soit un total de 708 mais qui ne sera atteint que bien au‐delà du mandat actuel, d’où le choix de considérer cette promesse comme « en partie appliquée ».
[Juillet 2023] En 2022, la ville proposait 4 777 places, réparties dans 50 crèches municipales et 106 crèches associatives. Pour augmenter son offre, la ville se heurte cependant à un problème de recrutement, comme Mediacités l’avait raconté en février 2022 : entre 10 et 15 % des 950 postes d’auxiliaires de puériculture et d’éducatrices de jeunes enfants étaient alors vacants dans les établissements municipaux. Cette pénurie a même entraîné le gel de près de 200 places à la rentrée 2022.
> Consulter notre dossier : « Petite enfance : crèches en souffrance »
La ville de Lyon a lancé, en mars 2022, un plan de recrutement pour pallier ce manque. Objectif : recruter une centaine de professionnels. Il repose en partie sur la revalorisation des salaires des agents, avec une augmentation mensuelle comprise entre 80 et 200 euros.

Les crèches municipales de Lyon et Villeurbanne au‐delà du « point de rupture »
Créer une plateforme internet d’information sur les offres d’accueil pour la petite enfance
Obliger toutes les assistantes maternelles à rejoindre un relais d’assistantes maternelles
Pour autant, la ville de Lyon a ouvert cinq RPE au cours du mandat. Mais il en faudrait une quinzaine supplémentaire, selon Steven Vasselin, pour répondre aux besoins. Aujourd’hui, le site de la ville de Lyon recense 19 relais en tout.
Mettre en place des critères écologiques et sociaux dans l’attribution des aides aux entreprises
Depuis 2022, près de 400 entreprises ont bénéficié d’une aide directe de la part de la Métropole, pour un total de 3,1 millions d’euros, selon les données fournies à Mediacités par la collectivité début 2026. Ces subventions concernent principalement les secteurs de l’alimentation (17%), du commerce/artisanat (15%), de l’industrie (11%) et des déchets (10%).
A titre d’exemple, en septembre 2025, la collectivité a attribué 600 000 euros d’aides à 20 entreprises pour les soutenir dans la mise en place de projets écologiques : achats de machines pour diminuer leur prélèvement en eau, équipements moins gourmands en énergie, réduction des déchets, développement d’une « nouvelle activité industrielle circulaire »…
Par ailleurs, la Métropole a accordé 46 783 euros de subventions à des TPE/PME dans le cadre du dispositif Lyon Eco Energie (LEE) pour des travaux d’amélioration de leurs performances énergétiques (isolation de toiture, remplacement d’éclairage, pompe à chaleur…)
Enfin, 97 328 euros ont été versés à 26 entreprises pour « la réalisation de bilans carbone collectifs, l’analyse du cycle de vie, le développement des achats et la transformation en société à mission ».
Élargir les trottoirs
Cet argent a servi a élargir des trottoirs et « résorber des points noirs de la marche à pied », selon les mots de l’élu : « Au début du mandat, en 2020, on avait comptabilisé 18 % de voirie dans l’agglomération sans trottoirs ou avec des trottoirs non réglementaires. » Le chantier des Voies lyonnaises a par ailleurs contribué au développement des trottoirs puisque chaque création de ces « super pistes cyclables » a été accompagnée d’une requalification de l’ensemble de la voirie concernée.
[Juillet 2023] A la mi‐mandat, les travaux pratiques quant à l’élargissement des trottoirs étaient en cours, comme rue de la Convention, à Villeurbanne, ainsi que nous l’avions relevé dans L’Œil de Mediacités, à l’occasion d’un conseil métropolitain.
Développer le métro E
Malgré tout, le syndicat des transports en commun (devenu autorité organisatrice des transports) a reconsulté la population sur le projet – il avait déjà l’objet d’une consultation publique en 2019 -, conformément au plan de mandat adopté en décembre 2020. Las ! Au printemps 2022, Bruno Bernard enterre définitivement le métro E (au sens figuré). A la place, il promet un « tram express », en partie souterrain, deux fois moins coûteux et livré d’ici une dizaine d’années.
Pour l’Ouest Lyonnais, nous avons opté pour un Tram Express en partie souterrain.
Livrable en seulement 10 ans, 2 fois – coûteux que le projet Métro E et bien plus adapté à la densité de population de cet axe.
Il permettra de joindre Alaï – Jean‐Macé en 20 min. pic.twitter.com/GJtWOrc1X7
— Bruno Bernard (@brunobernard_fr) May 16, 2022
En juillet 2023, le Sytral a opté pour une nouvelle version du projet, baptisé « TEOL », qui privilégie une desserte du secteur Charcot, au détriment du quartier Saint‐Irénée. Deux options restaient encore sur la table pour chaque bout de ligne : un passage par le cours Suchet ou par la rue Montrochet, côté Confluence (les deux options nécessitent la construction d’une passerelle sur la Saône) ; une desserte du quartier Libération, à Tassin‐la‐Demi‐Lune, ou un tracé direct entre Ménival et Alaï, côté Ouest lyonnais.
« Ce n’est pas gênant de changer d’avis sur un projet »
Lors de ses voeux à la presse, le 23 janvier 2026, Bruno Bernard est revenu sur l’abandon du métro E, alors que son adversaire LR Véronique Sarselli s’est engagée à ressusciter ce projet. « Nous avons fait le choix d’abandonner la ligne E car nous avons trouvé une alternative – TEOL [lire plus haut] – qui nous permettra de desservir ce secteur tout en réalisant une économie d’un milliard d’euros par rapport à la construction d’un nouveau métro. Cet argent nous a permis de faire la rocade tramway à l’Est avec T9 et T10 pendant ce mandat et T8 lors du prochain mandat », justifie le président de la Métropole.
« Oui, le métro E figurait sur la profession de foi d’un de nos candidats, mais ce n’est pas gênant de changer d’avis sur un projet : avant d’être élu, je n’avais pas toutes les infos, assume l’écologiste. Je ne savais pas par exemple qu’il était possible de faire passer un tramway sous la colline [référence au tunnel prévu pour la circulation de TEOL]. »

Nouveaux tramways, reconnaissance faciale, réfugiés afghans à Lyon… Le récap’ de l’été 2021

Transports en commun : le Sytral de Bruno Bernard prévoit d’investir 2,5 milliards d’euros

Bruno Bernard prend (aussi) le volant des transports en commun lyonnais

Ligne E : un métro, c’est trop ?
Créer un ticket unique TER et TCL
La responsabilité de l’échec de cette promesse est partagée entre la Métropole et la Région. Entre les deux collectivités, les relations ont été fraîches – c’est un euphémisme – tout au long du mandat. « Sur le sujet de la tarification comme sur d’autres, nous avons dû faire face à une opposition politicienne de Laurent Wauquiez [ex‐président de la Région] qui ne veut pas travailler avec la métropole de Lyon », confirme Jean‐Charles Kohlhaas, vice‐président du Grand Lyon chargé des Transports.
Créer une plateforme pour les logements partagés
> Lire aussi le suivi de la promesse « Créer une plateforme « logement contre services » de mise en relation entre étudiants et particuliers ».
Engagement auprès du Pacte pour la transition.
Créer une conférence des maires d’arrondissement pour qu’ils aient tous le même niveau d’information
Si cette « conférence » ne dispose pas de pouvoirs particuliers, elle constitue un lieu de dialogue, d’échanges d’informations et de consultation. Elle permet de « prendre en compte les spécificités locales dans la conduite des politiques municipales », vante aussi le cabinet de Grégory Doucet. Elle s’est réunie deux ou trois fois par an. La dernière « conférence des maires » a eu lieu le 27 mai 2025, avant le début de la période de réserve électorale (à partir du 1er septembre 2025).
Engagement auprès du Pacte pour la transition.
Créer un label « métropoli’pain » pour promouvoir la farine locale
Créer une plateforme « logement contre services » de mise en relation entre étudiants et particuliers
Développer des services d’appui aux aidants
La collectivité subventionne notamment l’association Métropole Aidante, créée le 23 avril 2019. La Métropole lui avait déjà accordé, sous le mandat précédent, des subventions à hauteur de 400 000 euros entre 2019 et 2022. En juillet 2022, la Métropole a renouvelé cette subvention, cette fois‐ci pour un montant de 450 000 d’euros pour la période 2023–2026. L’association Métropole Aidante organise notamment, dans un « lieu ressources » dédié aux aidants, des actions de sensibilisation, des formations et des actions de soutien psychosocial.
Toujours dans la continuité du mandat précédent, le Grand Lyon propose d’autres actions : un soutien à une trentaine de structures d’aides aux aidants, une allocation personnalisée d’autonomie destinées aux personnes âgées et aux aidants, et l’accueil d’aidants dans les Maisons de la Métropole.
L’action de la majorité de Bruno Bernard s’inscrivant dans la continuité de celle de ses prédécesseurs et l’augmentation de la subvention à Métropole Aidante étant toute relative, nous avons considéré cette promesse comme « en partie appliquée ».
Création d’un nouveau parc, place Ferrandière
Offrir la possibilité de payer en Gonette dans les équipements métropolitains
La Gonette est une monnaie locale utilisée à Lyon, créée en 2015 par l’association éponyme. Selon son site internet, La Gonette recense 380 commerces, artisans, associations qui acceptent cette monnaie (1 Gonette = 1 euro). La ville de Lyon s’est engagée à promouvoir cette monnaie, jugée comme plus responsable : pour chaque Gonette en circulation, un euro est placé sur « un compte en banque éthique », en l’occurrence La Nef et le Crédit coopératif, deux banques qui financent des projets à portée culturelle, sociale ou environnementale. La ville de Lyon subventionne l’association de la Gonette à hauteur de 7 000 euros. La Métropole est aussi adhérente à l’association avec une cotisation annuelle de 12 000 euros, maintenue en 2025, malgré un rapport de la Chambre régionale des comptes, publié en 2024, qui épinglait la gestion de la monnaie locale.
@SoNantes @Sol_Violette @La_Gonette @EuskalMoneta… Derrière l’arbre #bitcoin, la forêt des monnaies locales et leurs dilemmes. Décryptage à lire sur @Mediaciteshttps://t.co/fBNyERfgLR pic.twitter.com/xvPbTX1GTJ
— Mediacités Nantes (@MediacitesNtes) December 28, 2017
Engagement auprès du Pacte pour la transition

Gonette, cirque, chauffage urbain et moutons au menu du prochain conseil du Grand Lyon

Monnaie locale : pour que les collectivités lyonnaises utilisent la Gonette

Gonettes, SoNantes, Sol‐Violette et les autres : les dilemmes des monnaies locales
Intégrer Lyon dans les réseaux des trains de nuit
En janvier 2023, dans Le Progrès, le collectif d’usagers « Oui au train de nuit sur Lyon » précisait être « en discussion avec la Métropole et les élus locaux pour appuyer ce projet [le développement des trains de nuit]. En revanche ils n’ont pas beaucoup de leviers pour le débloquer ». Le développement des trains de nuit dépend en effet d’un grand nombre d’acteurs dont l’État, la SNCF et les Régions.
Sur le front ferroviaire, ville et métropole de Lyon avaient toutefois investi (à hauteur respectivement de 20 000 et 80 000 euros) dans la coopérative Railcoop, qui portait le projet de rouvrir la ligne Lyon‐Bordeaux, au début de l’année 2023 [à (re)lire dans L’Œil de Mediacités]. Mais cette société, qui rassemblait des citoyens et des collectivités, a rencontré de lourdes difficultés financières et de gouvernance, comme l’avait révélé Mediacités en avril 2023, avant d’être placée en liquidation judiciaire en 2024.
Après des reports à répétition, #Railcoop, la compagnie ferroviaire citoyenne, devrait enfin lancer sa ligne Bordeaux‐Lyon à l’été 2024. Ce lancement ne masque pas les difficultés de la coopérative lotoise, qui s’apprête à changer de direction.https://t.co/VGsjj97TRl
— Mediacités Toulouse (@MediacitesTlse) April 25, 2023
Renforcer les activités d’accompa‐gnement extra‐scolaires
Mais nous n’avons pas identifié de données permettant d’avoir un aperçu global de l’évolution de cette politique pendant le mandat. Nous avons sollicité l’élue chargée de ce dossier à la ville de Lyon. En attendant un éventuel retour de sa part, cette promesse est donc classée comme « invérifiable ».
Diminuer le prix des Lyon City Card en 2020 et 2021
En 2025, l’office du tourisme OnlyLyon, qui gère ce dispositif, a mis en place une offre « bas carbone », qui permet d’obtenir une réduction de 10 % sur la Lyon City Card pour les visiteurs qui viennent en train ou en car longue distance. Mais pas de quoi compenser la hausse des tarifs de ces dernières années.
Mettre en place une délégation métropolitaine dédiée à la santé et à l’environnement
Créer un réseau de maisons de santé de proximité
Dans le Contrat local de santé 2022–2027, la métropole et la ville de Lyon s’engagent, avec l’Agence régionale de santé (ARS) et d’autres institutions partenaires, à accompagner les maisons de santé pluri‐professionnelles dans leurs actions. L’objectif est de faciliter l’installation des médecins, et donc l’accès aux soins pour les habitants (les déserts médicaux ne concernent pas que les zones rurales).
La ville de Lyon a financé ainsi, à hauteur de 90 000 euros, l’installation d’une maison de santé dans le 1er arrondissement de Lyon, ainsi qu’une autre à la frontière entre le 1er et le 4e arrondissement, pour un montant de 50 000 euros, dont l’ouverture est attendue pour 2027. Si la collectivité n’est pas restée inactive sur le sujet, difficile pour autant de conclure à la création d’un réseau, d’où le choix de considérer cette promesse comme « en partie appliquée ».
Alternatives à la médecine libérale traditionnelle, les centres de #santé de la métropole lyonnaise permettent de lutter contre les déserts médicaux et les inégalités d’accès aux soins. Mais ils peinent encore à trouver un modèle économique stable. ⤵️https://t.co/jBvtPlSsbD
— Mediacités Lyon (@MediacitesLyon) June 21, 2023
Engagement auprès du Pacte pour la transition.
Installer des professionnels soignants dans des secteurs peu pourvus et très peuplés
Lors du conseil municipal du 31 mars 2022, Céline de Laurens, adjointe au maire de Lyon chargée de la Santé, a déclaré qu’au cours du mandat une enveloppe de 500 000 euros était dédiée à l’accompagnement des médecins qui souhaitent s’installer. Cela passe par un soutien à l’aménagement de locaux ou un appui dans la recherche de locaux. Dans ce cadre, la Ville a notamment mis à disposition un local rue de Marseille pour la création d’un centre de santé mental destiné aux étudiants, en partenariat avec l’Université de Lyon.
En août 2025, une douzaine de bailleurs sociaux ont signé une convention avec la sécurité sociale (CPAM) et l’Agence régionale de santé (ARS), les engageant à proposer des locaux pour faciliter l’installation de professionnels de santé, notamment dans les quartiers prioritaires au titre de la politique de la ville. Si elle n’est pas directement partie prenante de cette convention, la ville de Lyon a joué un rôle « d’entremetteur », comme le relate Tribune de Lyon.
> Lire aussi le suivi de la promesse : « Créer un réseau de maisons de santé de proximité »
⚕️ Comment les centres de #santé réinventent‐ils la médecine de ville à #Lyon ? De Bron au 3e arrondissement, découvrez comment ces structures médicales innovantes luttent contre les déserts médicaux et les inégalités d’accès aux soins.https://t.co/Q3lnqy4KJQ
— Mediacités (@Mediacites) June 21, 2023
Faire signer à tous les élus une chartre d’engagement afin de s’assurer de leur exemplarité
Selon une délibération votée lors du conseil municipal du 20 septembre 2022, « ce comité intervient dans le cadre de la prévention des risques de conflits d’intérêts. (…) Il a pour objectifs de formaliser des règles déontologiques applicables au sein de la ville de Lyon, de prévenir et d’anticiper des risques éthiques et de non conformité, et de diffuser une culture déontologique commune à la ville de Lyon ». Il répond en partie à l’objectif de « la chartre d’engagement » de la campagne de 2020, raison pour laquelle nous avons considéré cette promesse comme « en partie appliquée ».
La @villedelyon a voté la création d’un comité de déontologie et de transparence pour ses élus. Points forts, faiblesses : Aurore Granero, membre de @ObservatoireEP, passe au crible l’initiative. https://t.co/FXYlMIANiH
— Mediacités (@Mediacites) October 8, 2021
Engagement auprès du Pacte pour la transition.
Refonder les conseils de quartier comme les conseils citoyens avec un tirage au sort et en incluant les résidents étrangers
Même si les conseils de quartiers se réunissent régulièrement pour des « dialogues » (résumés en dessin) pour discuter de leur renouvellement ou de la manière de toucher un plus large public, leur fonctionnement n’a pas fait l’objet d’une réforme particulière au cours de ce mandat, ni en ce qui concerne le tirage au sort, ni du côté de l’intégration de résidents étrangers.
Créer une commission extra‐municipale du temps long avec droit d’alerte et droit de veto
En 2023, à mi‐mandat, la ville de Lyon n’avait pas créé de telle commission, mais la majorité écologiste assureaitque l’idée n’était pas abandonnée et qu’elle se concrétiserait dans la deuxième moitié du mandat. Début 2026, aucune assemblée de ce type ne figurait parmi les différentes assemblées participatives de la ville de Lyon (Conseil de quartier, conseil municipal des adolescents, assemblée des jeunes).
En attendant, la collectivité a mis en place des dispositifs dans lesquels les citoyens peuvent émettre un avis sur la transition écologique et sociale, à l’instar du « baromètre du bien‐être », lancé en janvier 2023.
Engagement auprès du Pacte pour la transition
Permettre à chaque jeune enfant de passer une journée par semaine en structure collective
Mais elle se heurte à un problème de recrutement, du fait de la pénurie nationale d’auxiliaires de puériculture et d’éducatrices de jeunes enfants. Même si la situation tend à s’améliorer : En avril 2022, 200 postes étaient vacants dans les 50 crèches municipales et 106 crèches associatives, contre 45 en 2025, selon le chiffre évoqué par l’adjoint à la petite enfance de la ville de Lyon interviewé en 2025 par Lyon Mag.
> Consulter notre dossier : « Petite enfance : crèches en souffrance »
Confrontées à une pénurie de personnel, les crèches municipales de Lyon et Villeurbanne au‐delà du « point de rupture » https://t.co/iBJs60xv6U
— Mediacités (@Mediacites) February 22, 2022
Créer un conseil consultatif pour les résidents étrangers et un conseil d’arrondissement des enfants
En cette fin de mandat (janvier 2026), nous n’avons en revanche trouvé aucune trace de la mise en place d’un conseil consultatif pour les résidents étrangers, même si l’adjointe au maire de Lyon Sylvie Tomic avait repris cette promesse, en 2023, lors de la présentation d’un « plan hospitalité » en 50 points.
Dans la ville voisine de Saint‐Etienne, une telle instance, qui implique dans la vie locale des habitants qui n’ont pas le droit de vote et qui ne sont pas ressortissants d’un pays de l’Union européenne, est en place depuis 2018. Par ailleurs, l’idée n’est pas neuve à Lyon : en 2005, lors de son premier mandat, l’ex‐maire Gérard Collomb avait fait voter la création d’un conseil des résidents étrangers lyonnais, qui avait vocation à être consulté sur les projets de la ville de Lyon. Mais depuis, nous n’avons aucune trace de ce conseil dans les délibérations de la collectivité.
Engagement auprès du Pacte pour la transition
Mettre en place un budget participatif équivalent à 5% du budget d’investissement
La réalisation les plus emblématique – et la plus controversée – de la première édition du budget participatif est l’installation d’ombrières sur la place Bellecour (pour 1,5 million d’euros), traduction de l’envie de végétalisation exprimée par les Lyonnais pour le grand carré de terre battue de la Presqu’île.

L’installation baptisée « Tissage urbain », sur la place Bellecour. Photo : N.Barriquand/Mediacités.
[Février 2022] La majorité de Grégory Doucet a adopté un budget participatif d’un montant de 50 millions d’euros, à l’occasion du conseil municipal du 26 mars 2021. Le montant équivaut à environ 4,2 % du budget prévu par la programmation pluriannuelle des investissements (PPI), soit légèrement moins que l’engagement pris pendant la campagne des élections municipales.
Ses modalités ont été précisées lors du conseil municipal du 27 janvier 2022 [lire notre article de l’époque]. Principale limite à la nature participative de ce budget, la moitié de l’enveloppe, soit 25 millions d’euros, sera fléchée sur des projets déjà programmés. Pour cette raison (et le montant inférieur à la barre des 5% – lire plus haut), nous avons considéré cette promesse comme « en partie appliquée ».
Publier systématiquement les documents majeurs avant les débats ainsi que les votes des élus, y compris ceux des conseils d’arrondissement
Engagement auprès du Pacte pour la transition.
Renforcer le travail d’accompa‐gnement au numérique dispensé dans les médiathèques
Certaines délibérations du conseil municipal font écho à la promesse de 2020. Le 30 septembre 2021, la ville ainsi voté la rénovation de la médiathèque de Vaise, prévue depuis 2018, qui inclut la création d’espaces adaptés aux usages du numérique, « propices à accueillir de nouveaux services ».
Engagement auprès du Pacte pour la transition.
Faire appel à des chefs lyonnais pour les repas des cantines des crèches, écoles et collèges

Cantines scolaires de Lyon : ce plastique que vos enfants continueront d’ingurgiter
Proposer des repas dont 50 % des aliments sont d’origine locale dans les crèches et les écoles
Construire cinq nouveaux collèges au cours du mandat
[janvier 2024] Selon une enquête de Mediacités, publiée en septembre 2019, près de 2000 collégiens du Grand Lyon étaient alors scolarisés ans des bâtiments préfabriqués. A la rentrée 2021, la Métropole a dévoilé son plan de mandat en faveur des collèges. Après l’ouverture des établissements Simone Veil (à Saint‐Priest), Gisèle Halimi (dans le 7e arrondissement de Lyon), Gilbert Chabroux (Villeurbanne), la collectivité prévoit deux autres ouvertures d’ici à 2026 : un collège de 700 places à Vénissieux (destiné aussi aux enfants de Saint‐Fons ; sa construction devait débuter en début d’année 2024) en 2025 et un collège à Albigny‐sur‐Saône. Initialement promis pour 2026, ce dernier établissement devrait finalement ouvrir ses portes à la rentrée de septembre 2027 (début des travaux à la fin de l’année 2025).
En 2021, le Grand Lyon comptait 81 collèges publics, dans lesquels sont scolarisés 70 000 élèves.
Jusqu’où les « sections d’excellence » peuvent‐elles réduire les inégalités dans les #collèges ghettos du Grand #Lyon ? Découvrez les enjeux et les limites de cette solution controversée. ⤵️https://t.co/3urnhVbXUt
— Mediacités (@Mediacites) May 24, 2023

Redécoupage de la carte scolaire à Vénissieux et Saint‐Fons : le Grand Lyon reporte sa décision

Choix budgétaires « difficiles » et coups de ciseaux sur la carte scolaire au prochain conseil du Grand Lyon

Collèges ghettos dans le Grand Lyon : « Les écarts deviennent insupportables »

Grand Lyon : près de 2000 collégiens scolarisés dans des préfabriqués
Proposer des repas 100% bio dans les collèges, les écoles et les crèches
Comme nous l’avons expliqué dans une enquête consacrée aux cantines des collèges de la Métropole, l’objectif de menus exclusivement composés de produits bio est difficilement atteignable. Pour certains aliments, comme les produits de la mer, il paraît illusoire, sans compter les contraintes de prix, de temps, de quantités et de saisonnalité.
[Septembre 2020] 100% de bio dans les cantines des crèches et écoles de Lyon, et dans les collèges du Grand Lyon. La promesse est plutôt consensuelle, mais les écologistes vont devoir élaborer la bonne recette pour tenir leurs objectifs, en trouvant des fournisseurs en nombre suffisant, si possible locaux (l’objectif est de 50% de produits locaux d’ici 2022), le tout sans augmenter le prix des repas. Depuis septembre 2020, la ville de Lyon a annoncé que 60% des produits viendraient désormais d’un périmètre de 200 kilomètres maximum et que 40% seront issus de l’agriculture biologique. L’étape suivante sera plus longue à mettre en place.
Les 40 000 repas collectifs (collèges, maisons de retraite…) servis chaque jour par la Métropole représentent aussi un levier majeur pour développer la production agricole locale, qui ne représente pour l’heure que 5% de la consommation des habitants du Grand Lyon. En offrant de nouveaux débouchés aux producteurs, la collectivité espère ainsi favoriser l’émergence d’un marché local et bio conséquent. A condition que la logistique suive : pour répondre aux besoins, les agriculteurs vont aussi devoir se regrouper pour proposer des tarifs plus abordables.

Bio et local à la cantine des collèges du Grand Lyon : les écologistes ont eu les yeux plus gros que le ventre

Omelettes récurrentes, menus végétariens, viande discrète : ce que révèle l’analyse des menus des cantines de Lyon

Des repas « 100% bio et 50% local » dans les cantines scolaires à Lyon ? Revoir notre #DébatRadar

Cantines scolaires : « Basculer en bio, c’est simple. Le vrai défi, c’est d’atteindre 50% de local »

Cantines scolaires de Lyon : ce plastique que vos enfants continueront d’ingurgiter
Réduire les déchets pour fermer l’un des deux incinérateurs du Grand Lyon
En 2023, le vote de la délibération n°2023–2021 en conseil du Grand Lyon [(re)lire dans L’Œil de Mediacités] a même constitué un renoncement sur le sujet puisque la Métropole a alors décidé d’accepter (contre rémunération) une partie des ordures ménagères de l’agglomération de Vienne pour continuer de faire fonctionner ses deux incinérateurs, dont l’activité est impactée par la baisse de la quantité de déchets.
[juillet 2023] La métropole lyonnaise compte deux incinérateurs, l’un à Gerland, en régie publique, l’autre à Rillieux‐la‐Pape, exploité, par délégation, par le groupe Suez. Ces deux incinérateurs arrivent en fin de vie en 2024, et ouvrent le débat suivant : doit‐on les réparer, pour un coût estimé à plus de 400 millions d’euros, ou s’en séparer ?
Mis en service en 1989, ces incinérateurs sont critiqués pour leurs impacts écologiques. Selon Le Progrès, l’incinérateur de Gerland a été épinglé pour rejeter de l’eau entre 35° et 40°C dans le Rhône, alors que le maximum légal fixé par le code de l’environnement est de 30°C seulement. La combustion des déchets rejettent également de grandes quantités de CO2 dans l’air.
L’incinérateur de Gerland, à Lyon.Dans son « Schéma directeur déchets à échéance 2030 », un plan doté de 145 millions d’euros, la Métropole affiche l’objectif de réduire de moitié la quantité de déchets incinérés. Pour cela, elle souhaite « déployer des solutions adaptées aux usagers pour réduire et trier leurs déchets » et les « accompagner dans le changement de leurs pratiques ». Le budget de prévoit en 2023, par exemple, 6,5 millions d’euros dédiés aux « actions de prévention et de sensibilisation au tri » afin de « afin de réduire l’incinération des déchets ménagers ».
Cependant, la fermeture des incinérateurs n’est pas envisagée. Au contraire : le schéma du Grand Lyon indique vouloir rénover les deux sites existants.
Introduire les logiciels libres dans les services publics
Lors du conseil municipal du 7 juillet 2022, la ville de Lyon s’est fixée comme objectif de sortir de sa dépendance à Microsoft – coûteuse et problématique en matière de souveraineté – en basculant, d’ici à 2026, 80% de son système informatique en « bureautique libre ». Nous n’avons pas eu accès à un bilan de fin mandat pour savoir si cette bascule avait été effective, d’où le classement de cette promesse dans la catégorie « en partie appliquée ».
Élaborer « un plan ambitieux » de commande participatif d’art public
Adhérer au GIP Cafés Cultures
Réinventer la Fête des Lumières, notamment via des initiatives participatives à l’échelle des arrondissements
En début de mandat, la municipalité a tenté d’impulser une dose de sobriété énergétique à l’événement, avant d’opter pour une fête plus resserrée géographiquement, austérité budgétaire oblige. Mais le schéma général de cette fête reste globalement le même.
[Décembre 2022] En dehors des incontournables spots (place des Terreaux, place des Jacobins, place Bellecour, cathédrale Saint‐Jean…), la Fête des Lumières a investi de nouveaux espaces comme la place Voltaire, dans le 3e arrondissement de Lyon, la Manufacture des Tabacs ou encore le jardin de l’Institut Lumière, dans le 8e arrondissement. Pour la deuxième année consécutive, le parc Blandan, dans le 7e arrondissement était aussi de la partie, avec des œuvres lumineuses pensées pour les enfants.

Réaménager la place Gabriel‐Péri, à la Guillotière
En décembre 2021, la place Gabriel‐Péri était aussi au menu du conseil métropolitain. Le Grand Lyon a voté une enveloppe de 2,3 millions d’euros pour des opérations d’urbanisme d’ici à la fin du mandat, en 2026. Objectif : « rectifier » le « caractère anxiogène » du secteur, selon les mots de la délibération (n°2021–0869).
Concrètement, la Métropole prévoit alors de créer de nouveaux passages piétons sur le cours Gambetta, de supprimer le stationnement en épis sur ce même axe, de piétoniser la rue de Marseille aux abords de la place Gabriel‐Péri, ainsi que la petite rue Moncey. La circulation rue Paul‐Bert sera aussi interdite ou « apaisée » a minima. Enfin, « la place du Pont » doit être végétalisée.
En janvier 2023, Grégory Doucet Bruno Bernard ont présenté leur plan de bataille pour la place Gabriel‐Péri, présenté comme un « plan d’actions global ». Concrètement, ville et métropole de Lyon annoncent vouloir végétaliser le cours Gambetta, installer des toilettes publiques et « apaiser » la rue Paul‐Bert en élargissant les trottoirs et en créant de nouveaux passages piétons. La placette devant La Poste doit être aussi reliftée.
A plus long terme, une piste cyclable à double sens doit être aménagée cours Gambetta (elle correspondra à un tronçon de la ligne 12 des Voies lyonnaises) et les quais du tramway seront agrandis de dix mètres. En revanche, l’hypothèse d’une démolition du Clip, l’immeuble incurvé et vitré qui borde la place Gabriel Péri côté 3e arrondissement, est abandonnée. Trop chère (entre 70 et 110 millions d’euros) selon les services du Grand Lyon, qui envisagent alors de travailler sur « une meilleure intégration du bâtiment dans le quartier ».

Le Clip, bâtiment emblématique de la place Gabriel Péri. Photo : J.Simoes.
En juillet 2024, la ville et la métropole de Lyon ont inauguré les premiers aménagements sur et autour de la place Gabriel Péri (création de massifs végétalisés, trottoirs élargis, nouvelle placette devant La Poste). Les travaux dans le secteur ne sont pour autant pas terminés avec, dans les cartons, le projet de la Voie lyonnaise n°12 (piste cyclable).

Dans l’antre du Clip, mastodonte décrié de la Guillotière

Berges du Rhône, Microsoft et création de drapeaux au menu du conseil municipal de Lyon

Guillotière : le préfet annonce la création d’une brigade dédiée au quartier

Transports en commun, GL Events et eau potable au menu du prochain conseil métropolitain du Grand Lyon

Guillotière : entre trafic de cigarettes et descentes de flics, à la rencontre de ceux qui vivent « la place du Pont »
Favoriser les cinémas en plein air et les expositions de rue
Réduire les délais de traitement des dossiers d’aide sociale
A notre connaissance, la collectivité ne publie pas d’indicateur global sur les délais de traitement des dossiers, d’où le classement de cette promesse dans la catégorie « invérifiable ». Selon un baromètre national, les délais de traitement de la MDMPH étaient de 5,6 moins au troisième trimestre 2025, soit un point de plus que la moyenne nationale.
Installer des fontaines à eau
Mailler le territoire de lieux pairs‐aidants et de groupes d’entraide mutuelle
Dans le Grand Lyon, ces besoins sont en partie centralisés par le collectif « Métropole aidante », qui regroupe 150 acteurs privés, publics ou associatifs. Lancé en 2019 sous le mandat de David Kimelfeld, ce réseau organise notamment des rencontres itinérantes avec les aidants. En 2022, la Métropole lui a accordé une subvention de fonctionnement de 450 000 euros sur quatre ans.
Le Grand Lyon a également subventionné à hauteur de 400 000 euros la Maison de répit de Tassin‐la‐Demi‐Lune, un lieu unique en son genre en France, ouvert depuis 2018.
La pair‐aidance désigne l’intégration dans le processus de soin d’ex‐patients pouvant utiliser leur expérience pour accompagner des personnes hospitalisées. A Lyon, l’hôpital psychiatrique du Vinatier fait figure de précurseur dans ce domaine, comme le documente cette enquête de solutions publiée par Mediacités en juillet 2025. Mais, à notre connaissance, la Métropole n’est pas engagée dans ce dispositif.
Quant aux groupes d’entraides mutuelles, qui sont des associations créées par et pour des usagers, ils existent de longue date sur le territoire et certains font l’objet de conventionnements avec la Maison départementale et métropolitaine des personnes handicapées (MDMPH).
Voter un budget « sensible au genre »
A Lyon, cette promesse a été réalisée par étapes à partir de 2021, comme le détaille la feuille de route publiée par la commune. Dans un premier temps, cinq structures ont fait l’objet de diagnostics (la mairie du 7e arrondissement, le musée des Beaux‐Arts, la direction des sports, la direction des espaces verts et la direction de la commande publique). Cette étape a par exemple permis de constater que la majorité des œuvres achetées par le musée des Beaux Arts étaient faites par des hommes.
La démarche a ensuite été étendue progressivement à l’ensemble du budget municipal, mais prend du temps. La Ville s’était fixé comme objectif d’avoir analysé toutes ses dépenses de fonctionnement (près de 850 millions d’euros par an) d’ici à la fin du mandat en 2026 et d’infléchir en parallèle ses politiques. On ne peut donc pas considérer que le budget actuel est intégralement sensible au genre, ni que l’ensemble des déséquilibres ont été résolus, d’où le classement ce cette promesse dans la catégorie « en partie appliquée ».
Lutter contre le non‐recours au droit d’accès aux aides sociales
En 2021, la ville de Lyon a mis en place « un baromètre du non‐recours aux droits et prestations », en lien avec la métropole de Lyon et les services sociaux. Ce baromètre consiste en une étude, financée par la fondation Nexity (le promoteur immobilier), menée dans les 7e et 8e arrondissement de Lyon.
En 2024, la Métropole a intégré l’expérimentation nationale « Territoire zéro non‐recours », avec pour objectif d’établir un diagnostic plus fin sur les causes de ce non‐recours et d’aller vers les publics concernés. Ce dispositif, d’une durée de trois ans, avait pour objectif d’améliorer l’accès du public à différentes aides (APL, prime d’activité, chèque énergie, etc.) dans les quartiers de Moulin à Vent (8e arrondissement de Lyon/Vénissieux), du Mas du Taureau (Vaulx‐en‐Velin) et dans le 7e arrondissement, notamment la Cité Jardin.
Diminuer la Taxe d’enlèvement des ordures ménagères pour les copropriétés les plus actives dans la réduction des déchets
Au cours du mandat, le taux de la TEOM a augmenté en 2024, passant de 4,93 % à 5,19 %. Il a été reconduit à ce même niveau en 2025 et en 2026.
La métropole de Lyon avait été attaquée plusieurs fois en justice par l’association Canol, qui estimait la taxe supérieure au coût réel de la collecte et du traitement des déchets. En 2020, le tribunal administratif de Lyon avait ainsi accordé le droit aux contribuables d’être remboursés de la taxe payée en 2016, 2017 et 2018 – une décision finalement annulée en 2022.
Collecte d’ordures ménagères dans le Grand Lyon. Photo : A.Campi/We Report.Renforcer la prise en charge des mineurs non accompagnés et l’hébergement d’urgence
Au cours du mandat, la ville de Lyon et la Métropole ont ouvert de nouvelles places d’hébergement d’urgence pour ces jeunes, qu’il s’agisse de l’ancien commissariat du 7e arrondissement (situé à l’arrière du bâtiment de la mairie de la place Jean Macé) avec une centaine de places destinées, depuis l’été 2021, à des familles sans domicile fixe, ou des « Stations », deux centres d’hébergement d’urgence composés de préfabriqués gérés par l’association Le Mas. La collectivité a aussi dû faire face aux blocages des communes de droite, qui ont agité les fantasmes sécuritaires pour s’opposer à l’implantation de centres sur leurs territoires.
Mais la politique de la Métropole a aussi été marquée par des dysfonctionnements de son dispositif d’accompagnement (lire nos enquêtes ici ou là) et a ordonné des évacuations de campements ou de squats sans toujours proposer des solutions de relogements aux jeunes présents sur place. Plus globalement, son dispositif reste insuffisant face à l’étendues des besoin. Exemple parmi d’autres : début 2026, près de 300 jeunes s’entassaient dans des conditions très dégradées dans le campement des Chartreux (4e arrondissement).
Engagement auprès du Pacte pour la transition.

Pour faire des économies, la métropole de Lyon rogne sur l’hébergement des femmes et enfants sans‐abri

Enfants sans toit : la ville de Lyon prolonge d’une semaine la mise à l’abri d’une douzaine de familles

Plus de 290 enfants à la rue dans le Grand Lyon : « C’est le retour du « monde d’avant », en plus brutal »

Contrôles nocturnes des jeunes migrants : les méthodes indignes du prestataire du Grand Lyon
Respecter les engagements de la Charte de l’association nationale des villes et territoires accueillants
Suite à une délibération votée en décembre 2020, la ville de Lyon a adhéré à l’Association nationale des villes et territoires accueillants (ANVITA) et a signé sa charte. Les principes de ce texte étant pour certains très larges (« mettre en œuvre tout dispositif permettant aux personnes, quel que soit leur statut, de vivre dignement dans nos territoires », par exemple), difficile de conclure de façon catégorique que la collectivité respecte bien tous les engagements de ce texte, d’où le statut « en partie appliquée » de cette promesse.
Construire le « tramway‐rocade » T8 pour relier Saint‐Fons, Vénissieux, Bron et Vaulx‐en‐Velin
Ce futur tronçon prolongera le T10, dont la mise en circulation interviendra en 2026. Il desservira les communes de sud et de l’est de l’agglomération, mais en partie seulement. S’il est prévu qu’il circule entre Saint‐Fons et Vénissieux, son terminus a été implanté à la gare de Vénissieux. Pour rejoindre Bron et Vaulx‐en‐Velin, il faudra emprunter d’autres moyens de transport ou attendre que sorte de terre le T8 nouvelle version, le « tramway‐rocade » de la promesse de 2020 correspondant donc à l’addition du T10 et du futur T8.

Tramways, lanceurs d’alerte, énergie solaire et « chèque‐vacances »… au menu du prochain conseil métropolitain du Grand Lyon

Nouveaux tramways lyonnais : le dessous des rails

Transports en commun lyonnais : l’Etat met 81 millions d’euros sur la table… sur 2,5 milliards
Instaurer la gratuité pour les premiers mètres cubes d’eau
Cette promesse est liée à la création d’une régie publique de l’eau.
Créer une cellule de recueil de témoignages de femmes victimes de violences
La Métropole a également lancé en 2023 la création d’un observatoire des violences faites aux femmes, piloté par l’agence d’urbanisme UrbaLyon.
La métropole et la ville de Lyon subventionnent plusieurs associations qui proposent des permanences d’écoute et d’accompagnement pour les femmes victimes de violences, dans la continuité des subventions accordées lors de précédents mandat.
En 2024, a été ouverte la Maison des femmes au sein de l’hôpital Edouard Herriot. Ce lieu a été lancé par les Hospices civils de Lyon et soutenu par de nombreux acteurs (Métropole, Ville, préfecture, Région, ARS…). Il réunit des professionnels variés (médecins, psychologues, accompagnement juridique et social, police…) pour prendre en charge et accompagner l’ensemble des femmes victimes de violence.
Le parquet de Lyon dispose par ailleurs d’une cellule violences intrafamiliales (VIF), chargée de coordonner les actions de protection des victimes.
Former les agents à la détection de situations de violences et de discriminations contre les femmes
La métropole de Lyon indiquait dans un communiqué avoir organisé en 2025 des « temps de formation » sur les violences conjugales pour ses agents et agentes. La collectivité a également réalisé une campagne de communication interne pour lutter contre les propos sexistes et le harcèlement sexuel, et a mis en place un dispositif de signalement à destination de ses personnels.
Lutter contre l’habitat indigne
Lors du conseil métropolitain du 24 janvier 2022, le Grand Lyon a voté la constitution d’une « Équipe métropolitaine de l’habitat (EMHA) ». Dotée de cinq agents, elle s’est vue assignée, entre autres missions, la lutte contre l’habitat indigne (voir la délibération n°2022–0931).
Pour lutter contre les marchands de sommeils, la collectivité a notamment réalisé des opérations d’acqusition‐réhabilitation de certains immeubles ou s’est portée partie civile lors d’un procès en 2021. Ella a aussi lancé en 2023 une plateforme en ligne, qui avait reçu plus de 650 signalements lors de sa première année.
Le programme des écologistes mentionnait notamment le quartier du Grand Trou, dans le 8e arrondissement de Lyon, dans lequel trois immeubles s’étaient effondrés en 2018 [relire sur Mediacités notre article : Route de Vienne, l’appel au secours d’un quartier délaissé].
Cette action s’inscrit toutefois dans la continuité des précédents mandats, sans rupture radicale de méthode, d’où le classement de cette promesse dans la catégorie « en partie appliquée ».
Favoriser les initiatives de colocation
Le Grand Lyon a également subventionné, en juillet 2022, un projet de « Koloc’ solidaires », initié par l’association Afev, à hauteur de 33 000 euros. Il s’agit de « de colocations de logements sociaux pour des étudiants s’engageant dans des actions de solidarité locales (lutte contre l’illettrisme, aide aux devoirs et lutte contre le décrochage scolaire, volontariat en service civique, etc.) ».
Fin 2025, une colocation destinées aux étudiants et à des personnes en situation de handicap a ouvert ses portes à Vaise. Un projet de l’association Alged soutenu par la collectivité.
Renforcer les dispositifs d’hébergement pour les personnes sans‐abri
Mais, pendant la campagne de 2020 et au début de leur mandat, les écologistes ont fait de ce sujet une priorité, en souhaitant mettre en place une « politique d’hospitalité volontaire » allant au‐delà de leurs obligations légales, en partant du constat d’une carence de l’Etat sur ce sujet. Les écologistes et leurs alliés avaient notamment promis un plan « zéro enfants à la rue » et « un objectif de résorption totale des bidonvilles et campements ». Une ambition difficile à mettre en œuvre : même s’il a augmenté à 8800 places, le parc d’hébergements d’urgence géré par la préfecture dans le Rhône est complètement et durablement saturé. Plus de 3000 personnes étaient à la rue dans l’agglomération lyonnaise pendant l’hiver 2025–2026.
Pendant les six ans du mandat, la métropole et la ville de Lyon ont fourni un effort incontestable. Alors que la commune de Lyon n’avait quasiment aucune politique en la matière en 2020, elle gère aujourd’hui près de 500 places (en grande partie via le CCAS). Le Grand Lyon dispose aujourd’hui de 737 places « stabilisées », auxquelles s’ajoutent des dispositif temporaires comme la Colline (190 places) ou la Maison Decomberousse, qui s’adressent aux mères isolées avec enfant, ainsi que des centaines de nuitées d’hôtel financées chaque année. L’ensemble de ce dispositif permet de mettre à l’abri chaque année environ 3000 personnes « contre 40 en 2019 », indique la collectivité sollicitée par Mediacités en janvier 2026.
La Métropole précise à Mediacités que le budget consacré à l’hébergement d’urgence pour les mères isolées avec enfants de moins de 3 ans est passé de 800 000 euros en 2019, à 11,3 millions d’euros en 2024.
Les écologistes, ainsi que la commune de Villeurbanne, ont également soutenu un dispositif humanitaire inédit, qui avait permis de mettre à l’abris plus de 200 personnes fin 2025. A cela s’ajoute la tentative d’instaurer un rapport de force avec l’Etat, y compris en l’attaquant en justice pour mettre en évidence ses carences.
#MediacitésLyon #Solutions À Lyon, des « sites humanitaires » bousculent la prise en charge des sans‐abris et soulignent les carences de l’État
Une initiative qui a déjà permis de loger près de 200 personnes, mais elle suscite la réprobation de la préfecture et de certains acteurs du secteur.
[image or embed]
— Mediacités (@mediacites.fr) 23 septembre 2025 à 18:29
Si le renforcement du dispositif d’hébergement d’urgence est réel (d’où le classement de cet engagement dans les promesses « tenues ») le mandat a toutefois aussi été marqué par des couacs et des échecs importants : qu’il s’agisse de la remise à la rue de jeunes mères avec des bébés âgés de quelques jours, de la difficile gestion des mineurs non‐accompagnés par la collectivité ou encore d’expulsions de squats qui ont entraîné une forte défiance de la part des collectifs militants. Fin 2025, plus de 300 enfants étaient sans solution d’hébergement à Lyon, selon le collectif Jamais sans toit.
[juillet 2023, à la mi‐mandat] La Métropole consacre 8,6 millions d’euros à son plan de lutte contre le sans‐abrisme. L’enveloppe sert, entre autres, à subventionner des centres d’hébergement d’urgence indépendants.
Le Grand Lyon aide également des associations qui œuvrent à la réinsertion des sans‐abris. Elle a ainsi annoncé reconduire « 28 projets pilotes en matière d’accompagnement » comme par exemple, en octobre 2021, le programme « Premières heures de chantier », initialement créé par Emmaüs Défi, financé à hauteur de 140 000 euros. Il s’agit d’accorder aux bénéficiaires un accompagnement social, et un contrat de travail « utile » de quatre heures par semaine, encadré par un éducateur spécialisé, payé au Smic.
Les moyens accordés au programme « Logement d’abord », un dispositif de lutte contre le sans‐abrisme piloté par l’État, ont par ailleurs légèrement augmenté (de 1,02 million d’euros en 2018 à 1,1 millions euros en 2023).
Dans une tribune publiée sur Rue89Lyon en février 2023, la vice‐présidente de la fédération nationale des Samu sociaux déplorait toutefois des efforts trop faibles. Selon le Grand Lyon, on dénombre 20 000 personnes mal logées dans la métropole, dont 2500 sans‐abri.
Engagement auprès du Pacte pour la transition.

Pour faire des économies, la métropole de Lyon rogne sur l’hébergement des femmes et enfants sans‐abri

Enfants sans toit : la ville de Lyon prolonge d’une semaine la mise à l’abri d’une douzaine de familles

Plus de 290 enfants à la rue dans le Grand Lyon : « C’est le retour du « monde d’avant », en plus brutal »
Aider à l’installation de magasins de vrac
Nous n’avons pas trouvé de trace de soutiens spécifiques de la ville de Lyon ou de la Métropole accordés à cette filière, mise à part quelques subventions à des projets ponctuels d’épiceries ou de cantines solidaires.
Une loi fixe un objectif de 20 % de produits « sans emballage primaire imposé » d’ici à 2030 pour les grandes surfaces.
Valoriser la filière textile
[Juillet 2021] La Métropole de Lyon a voté une subvention de 100 000 euros à l’association Village des créateurs, qui rassemble environ 70 créateurs indépendants ou entreprises de la mode. A cette occasion, la majorité de Bruno Bernard rappelait que la collectivité avait aussi soutenu financièrement le pôle de compétitivité Techtera (textiles techniques et matériaux souples) à hauteur de 70 500 euros en 2021 ou encore Unitex, l’interprofession régionale du secteur textile (25 000 euros en 2021). « Le textile est une filière prioritaire dans notre feuille de route économique », soulignait alors Emeline Baume, vice‐présidente chargée de l’Economie. Le Grand Lyon prévoit de recruter « un chef de projet dédié » afin d’œuvrer à la structuration de la filière.
Étendre le programme Territoire Zéro Chômeurs à l’ensemble de la Métropole
Lancée en 2017, l’entreprise EmerJean a permis de créer plusieurs dizaines d’emplois dans le quartier de Villeurbanne Saint‐Jean. A la tête de la métropole de Lyon, Bruno Bernard souhaitait étendre le dispositif dans cinq autres territoires du Grand Lyon. En fin de mandat, quatre secteurs avaient dupliqué le dispositif, soit un de moins que la promesse initiale qui est donc considérée comme « en partie appliquée ».
Habilité « Territoire zéro chômeur de longue durée » en 2022, le quartier de la Plaine Santy, dans le 8e arrondissement de Lyon, est le deuxième du genre à avoir été développé dans la Métropole après celui de Saint‐Jean. Comme à Villeurbanne, une entreprise à but d’emploi, l’EBE Sainty Plaine Actions, a été créée. La ville de Lyon qui subventionne le projet à hauteur de 200 000 euros en 2022 (aide votée lors du conseil municipal du 7 juillet 2022) prévoyait l’embauche d’une vingtaine de personnes d’ici à la fin de cette même année et 240 emplois en CDI à terme.
Le quartier de Saint‐Fons Arsenal‐Carnot‐Parmentier a été le troisième à intégrer le dispositif début 2023, avec l’entreprise SFAIRE, qui développe une filière de reconditionnement de vélos et une autre de maraîchage et de production de fleurs.
Le quartier des Brosses, à Villeurbanne, a rejoint l’expérimentation en mai 2023. L’entreprise Bross’Up comptait plus de cinquante salariés en juin 2025, selon le site de la commune. L’objectif initial était de fournir un emploi à 300 personnes au cours des cinq premières années.

Manne des parkings, dispositif « zéro chômeurs » et Louis XIV au menu du conseil métropolitain du Grand Lyon.

À Villeurbanne, les leçons contrastées du dispositif « Zéro chômeur »

A Villeurbanne, révolution « zéro chômeur » cherche équilibre économique
Renégocier des baux commerciaux pour plus de diversité commerciale
Le 1er avril 2021, la ville de Lyon a mis en place un « périmètre de sauvegarde du commerce et de l’artisanat de proximité » sur le secteur Guillotière‐Péri. Ainsi, lors de la cession d’un bail commercial – en d’autres termes, lorsqu’un commerçant décide de partir – la commune peut exercer un « droit de préemption » et devenir alors prioritaire pour la reprise de ce bail commercial. La Ville dispose ensuite de deux ans pour le céder au commerçant de son choix.
Cet outil accorde à la collectivité un certain pouvoir de décision sur l’offre commerciale du quartier. Objectif pour la Guillotière : « préserver son identité de quartier dont l’offre commerciale multiculturelle constitue une richesse », alors même que « l’hyper-centre exerce une pression immobilière de nature à déséquilibrer la diversité de l’offre commerciale ».
Un premier commerce a été préempté par la ville au printemps 2023, pour 40 000 euros, au n°7 de la rue de Marseille. La ville s’était alors engagée à rétrocéder gracieusement le bail commercial au futur exploitant des lieux, choisi par l’intermédiaire d’un jury. D’autres rétrocessions similaires ont eu lieu au cours du mandat, comme aux numéros 12 et 34 du cours Gambetta.
Selon le plan d’actions pour le commerce et l’artisanat, publié en juin 2025, la ville possède deux périmètres de sauvegarde du commerce, à la Guillotière et dans les Pentes de la Croix‐Rousse. Dans ces secteurs, elle avait procédé à cette date à 3 préemptions, tandis que 7 locaux ont été acquis par la société patrimoniale du Grand Lyon (Sempat) et 8 par la SACVL, le bailleur social de la commune.
« On a modelé le quartier pour répondre aux aspirations de nouveaux habitants à fort pouvoir d’achat », déplore une restauratrice qui vit à « la Guill” » depuis 25 ans. Enquête de @Simoesjennifer_ sur les commerces de ce quartier de #Lyon via @MediacitesLyon https://t.co/ErJqYb2P5M
— Mediacités (@Mediacites) February 9, 2022
Mettre en place des hôtels de logistique afin de distribuer, sur le dernier kilomètre, les marchandises avec des modes doux tels que des voitures électriques ou des vélo‐cargos
En septembre 2023 a été ouvert l’Hôtel logistique urbain (HLU) construit au Port Édouard‐Herriot, dans le 7e arrondissement de Lyon, en partenariat avec la Compagnie nationale du Rhône qui possède le site. L’objectif de cette infrastructure de 29 000 mètres carrés est de parvenir à livrer la moitié de ses marchandises via des moyens de transports décarbonés (électriques, hydrogène, et plus marginalement vélos cargo…). Il s’agit à notre connaissance du seul hôtel logistique créé pendant le mandat, d’où le classement de cette promesse (qui en annonçait plusieurs) dans la catégorie « en partie appliquée ».
En parallèle, le Grand Lyon a aussi cherché à développer la « cyclo‐logistique » notamment en soutenant le programme national Colis Activ développé par la Fédération française des usagères et usagers de la bicyclette (FUB), qui revendiquait en 2025 un rythme de 50 000 colis livrés chaque mois.
Engagement auprès du Pacte pour la transition.
Interdire les bâches publicitaires sur les chantiers et en haut des immeubles
Comme souligné dans la délibération d’adoption du RLP, la commission d’enquête publique sur le projet a noté que « l’écart entre l’interdiction de publicité sur bâches de chantier au RLP, alors que les bâches de chantier sur monuments historiques demeurent car celles‐ci relèvent d’une autre réglementation, sera difficile à comprendre pour l’usager de l’espace public ».
Par ailleurs, les bâches promotionnelles des entreprises qui travaillent sur le chantier restent autorisées. La communication politique est également interdite sur ces supports, n’en déplaise aux partisans de Jean‐Michel Aulas qui avaient déployé une banderole géante pour soutenir leur champion en octobre 2025.

Bâche en soutien à la candidature de Jean‐Michel Aulas, déployée en octobre 2025 quai Claude Bernard, dans le 7e arrondissement de Lyon. Photo : N.Barriquand/Mediacités.
Créer des Maisons de l’alimentation, notamment dans les 37 quartiers prioritaires de la politique de la ville
Pour autant, la commune n’a pas rien fait. Dans le quartier de la Part‐Dieu, la ville de Lyon a créé en 2021 un « pôle alimentaire pour les plus précaires », composé d’un restaurant social et d’une épicerie solidaire et sociale. Coût du projet : deux millions d’euros.
En octobre 2022, une « Maison engagée et solidaire de l’alimentation » (Mesa) a ouvert ses portes dans le quartier La Plaine Santy (8e arrondissement de Lyon), au sein d’un périmètre classé « prioritaire » de la politique de la ville. Le projet porté par les associations Vrac et Récup et gamelles est soutenu par la ville et la métropole de Lyon, entre autres partenaires. Ce tiers‐lieu propose une cantine, une épicerie solidaire ou encore des animations et événements autour de l’alimentation. Son ambition : rendre accessible une nourriture de qualité à tous.
La Ville a aussi initié une démarche baptisée « les Hallimentaires », pour « créer et soutenir un réseau de lieux dans les arrondissements de Lyon qui œuvrent à la « démocratie alimentaire », c’est-à-dire qui proposent ou s’emploient à favoriser une alimentation qualitative, durable et accessible », précise une délibération de mai 2025. Dans ce cadre, la Ville a accordé des financements à l’épicerie sociale et solidaire « Le marché des sages », rouverte par l’Armée du Salut dans le quartier de Moncey (Lyon 3e), ou à l’association Récup & Gamelles, qui gère le restaurant antigaspi et à tarification solidaire La Récuperia (Lyon 8e).
[Notre analyse en septembre 2020] Manger mieux, ce n’est pas que pour les bobos ! C’est en tout cas le sens de cette promesse des élus EELV. Ces Maisons de l’alimentation proposeront une aide alimentaire métropolitaine, des ateliers de cuisine collectifs ou encore de la vente en circuits cours, dans les 37 quartiers prioritaires de l’agglomération. Alors que la « vague verte » électorale n’a pas submergé la périphérie populaire lyonnaise, comme Mediacités l’a écrit, l’enjeu pour la collectivité est de montrer qu’elle sera capable de mettre sur pied de nouveaux lieux répondant aux besoin de ces zones, souvent moins bien dotées en termes de magasins bio ou de vrac à des prix corrects.

Villes et alimentation : « être 100% autonome, c’est illusoire »

Alimentation : que reste‐t‐il des innovations sociales nées, à Lyon, pendant le confinement ?

A Lyon, le supermarché coopératif Demain veut « sortir de l’entre-soi »

Le coronavirus, crash‐test du « manger local » pour la métropole de Lyon
Sanctuariser des espaces agricoles existants grâce aux outils d’urbanisme (PLU‑H…)
Renforcer les plans de lutte contre la pollution de l’air et de l’eau
1‐ A propos de la qualité de l’air
Le plan de lutte pour la qualité de l’air de la Métropole, présenté en octobre 2021, repose sur trois axes principaux : la fin du « tout‐voiture », le développement des mobilités douces et la rénovation des habitats du Grand Lyon.
Le premier volet repose sur une séries de mesures pour diminuer l’usage de la voiture, mais devait s’appuyer notamment sur la mise en place de la Zone à faibles émissions (ZFE) qui devait progressivement interdire de circulation les véhicules les plus polluants, non sans tiraillements. Alors que la Métropole avait pris les devant pour mettre en place ce dispositif – prévu par la loi – en prenant un peu d’avance sur le calendrier légal, l’Assemblée nationale a voté en mai 2025 la suppression de cet outil. Mais les règles de la ZFE continuent de s’appliquer début 2026, en attendant que cette modification termine son parcours législatif. Résultat : une grande confusion pour les automobilistes, et un gâchis financier et sanitaire pour la métropole de Lyon, qui pourrait remettre sur les routes de l’agglomération plus de 300 000 voitures, alors même que la qualité de l’air s’est améliorée ces dernières années.
Le second axe du plan (le développement des mobilités douces) recoupe les actions entreprises pour encourager la pratique du vélo (aides à l’achat d’un vélo, construction des Voies lyonnaises, etc.) et les projets d’investissement – 2,55 milliards d’euros pour la période 2021–2026 – dans les transports en commun : mise en place de quatre nouvelles lignes de bus, trois nouvelles lignes de tramway, etc.
Nouveaux tramways lyonnais : le dessous des rails https://t.co/lGQe6LfLJP
— Mediacités Lyon (@MediacitesLyon) March 16, 2022
Enfin, le Grand Lyon a aussi misé sur les aides à la rénovation pour diminuer la pollution de l’air à travers le programme Écoréno’v. Ce dispositif, à la peine sur la première moitié du mandat comme Mediacités l’avait documenté, offre des aides aux particuliers pour mieux isoler leurs habitats, mais aussi pour remplacer leurs installations de chauffage au bois (responsable de la moitié des émissions de particules fines) et au fioul par des systèmes moins polluants.
La promesse des écologistes de rénover 10 000 logements par an dans le #GrandLyon est compromise. Face aux obstacles techniques & financiers, les rénovations peinent à décoller et l’objectif de réduction de la précarité énergétique est loin d’être atteinthttps://t.co/kMC1bF8aVj
— Mediacités Lyon (@MediacitesLyon) April 12, 2023
Dans un bilan publié en 2023, l’observatoire Atmo Auvergne‐Rhône‐Alpes constatait « une une forte amélioration de la qualité de l’air en lien avec les actions qui ont été mises en place ». Sur la période 2019–2023, l’observatoire constatait une diminution de la concentration moyenne pour le dioxyde d’azote (-23%), les PM2.5, un type de particules fines (-11%), ou encore pour le nombre de jours de surexposition à l’ozone (-36%).
2 – A propos de la qualité de l’eau
Là encore, la protection de la ressource en eau recoupe quantité de mesures, qu’il s’agisse de débitumer les sols (des écoles par exemple) dans le cadre de la démarche « Ville perméable », de protéger les zones de captage d’eau potable ou de limiter les rejets polluants.
Depuis le 1er janvier 2023, l’eau potable du Grand Lyon est gérée par une régie publique, qui a pris la suite du concessionnaire privé Veolia [lire par ailleurs le suivi de la promesse : Gérer l’eau en régie].
#MediacitésLyon Eau du #GrandLyon : trois ans après le passage en régie publique, le plus dur reste à venir…
[image or embed]
— Mediacités (@mediacites.fr) 13 janvier 2026 à 17:51
À cette occasion, la Métropole a rédigé une convention pour définir le nouveau cadre de gestion des ressources en eau. Elle s’engage notamment à prendre en compte les enjeux écologiques, sociaux et environnementaux, et à assurer la qualité de l’eau.
Dans le cadre du scandale de la pollution aux PFAS, ces « polluants éternels » rejetés par des industriels de la vallée de la chimie qui ont contaminé le Rhône et les nappes d’eau du sud de l’agglomération, la Métropole a assigné en justice les entreprises Arkema et Daikin.
Ralentir l’artificialisation des sols
Pour lutter contre ce phénomène, la métropole de Lyon a œuvré sur plusieurs fronts. D’abord en modifiant à deux reprises (en 2022 et en 2024) le plan local d’urbanisme et d’habitat (PLU‑H), ce qui a permis de transformer (« rétrozoner » dans le jargon administratif) près de 150 hectares de « zones à urbaniser » en espaces agricoles et naturels.
La Métropole a aussi utilisé l’outil, très solide car difficile à modifier ultérieurement, des périmètres « Penap » (pour « protection des espaces naturels et agricoles périurbains ») qui sanctuarisent la destination naturelle ou agricole de terres. Trois Penap ont été créés pendant le mandat : celui de Quincieux du côté du Mont‐d’Or (1350 hectares), celui de la plaine du Biézin (757 hectares sur les communes de Chassieu, Décines‐Charpieu et Meyzieu) et celui du Grand Parc de Miribel‐Jonage, finalisé début 2026 (1943 hectares). A la fin du mandat, les Penap couvraient 13 886 hectares, contre 9836 hectares en 2020.
En toile de fond, la Métropole a aussi maintenu les orientation du Scot (schéma de cohérence territoriale) le document stratégique qui fixe les grandes orientations du territoire à long terme. Actuellement en cours d’élaboration, le nouveau Scot doit être voté lors du prochain mandat mais sa version actuellement à l’étude prévoit d’atteindre un objectif de zéro artificialisation nette des sols d’ici 2050, en application de la loi ZAN votée en 2021 mais qui fait l’objet de fortes contestations au niveau national. Selon Jérémy Camus, vice‐président de la Métropole chargé de l’agriculture, la politique menée actuellement par les écologistes, si elle était poursuivie jusqu’en 2030, aboutirait à une division par deux de la surface artificialisée par rapport à la décennie précédente.
Créer 14 tiers‐lieux, un par circonscription métropolitaine
Le Grand Lyon a notamment soutenu le projet des Grandes Voisines, plus grand tiers‐lieu de France, à Francheville. Le site propose plusieurs activités : l’hébergement de 475 personnes en situation de précarité, un atelier de couture, des activités culturelles, sportives, d’éducation populaire, un pôle santé, une ludothèque, un hôtel, un restaurant, des chantiers d’insertion ou encore des locaux pour les entrepreneurs de l’économie sociale et solidaire. Les travaux du lieu et les services proposés – notamment l’hébergement de mères isolées et les activités d’insertion professionnelle – ont été financés à hauteur de 542 000 euros en 2021.
La Métropole a par ailleurs accordé plusieurs subventions pour la création de tiers‐lieux à Villeurbanne, Vaulx‐en‐Velin, Vénissieux, Lyon ou encore Sathonay‐Camp. S’il existe désormais des tiers‐lieux dans l’ensemble des circonscriptions métropolitaines, le Grand Lyon n’a pas créé ex‐nihilo un tiers‐lieu dans chacune des circonscriptions, d’où la qualification « en partie appliquée » de cette promesse.
Financer la conversion bio de 350 exploitations agricoles
Avant même l’arrivée des écologistes, la tendance était à un fort développement du nombre de fermes bio dans le Grand Lyon : leur nombre avait été multiplié par 4 entre 2010 et 2020, mais la filière a ensuite traversé une importante crise après la période du Covid.
Depuis 2020, le nombre d’exploitations en bio a augmenté, passant de 54 en 2020 à plus de 70 en 2024, selon le rapport Transition et résilience publié fin 2025 par le Grand Lyon, tandis que la surface agricole en agriculture biologique a augmenté de 250 hectares à la fin du mandat.
Cette embellie peut s’expliquer d’une part par une amélioration du secteur sur le plan national, mais aussi par le volontarisme de la Métropole. La collectivité a notamment mis en place un « plan bio », en continuant de compléter jusqu’à 24 000 euros les aides à la conversion de l’Etat qui avaient été abaissées à 18 000 euros. Elle a aussi financé près de 200 projets pour des aides à l’investissement d’exploitations situées dans des Penap (lire par ailleurs la promesse « ralentir l’artificialisation des sols »).
En septembre 2023, la collectivité a adopté son « Plan métropolitain de soutien à la bio pour le soutien et la promotion de l’agriculture biologique locale ». Sur la période 2024–2025, 34 exploitations ont bénéficié de subventions allant de 500 à 9500 euros par dossier, pour un montant total de 134 600 euros. Seulement six de ces enveloppes étaient destinées à des aides à l’installation, les autres sommes correspondant à des conseils, une aide à la certification biologique ou à des démarches d’amélioration pour des exploitations déjà labellisées en agriculture biologique.
Interdire l’installation de nouvelles grandes surfaces et limiter les agrandissements des existantes
Un dossier nuance toutefois ce jugement : le projet d’extension de l’hypermarché Leclerc de Meyzieu, dans les cartons depuis 2018, que le Grand Lyon n’a pas fait échouer mais a contribué à réorienter. En 2020, nous l’avions recensé parmi les « dix projets anachroniques dans le monde de l’après‐Covid ».
Soucieuse de préserver des terres agricoles qui seraient d’une « grande valeur agronomique », comme le soulignait, en mars 2023, la vice‐président chargée de l’urbanisme Béatrice Vessiller, dans Tribune de Lyon, la majorité s’oppose alors à laisser l’enseigne s’étendre (initialement, le propriétaire voulait tripler la surface de son commerce, avec une galerie marchande de 73 boutiques) et prône un restructuration de l’hypermarché à périmètre constant. En parallèle, la Commission nationale d’aménagement commercial (Cnac) a émis par deux fois, en 2021, un avis défavorable à ce projet de gigamarché.
Anachronique ? A Meyzieu, près de #Lyon, un hypermarché #Leclerc prévoit de tripler sa surface, en grignotant 9,5 hectares de terres agricoles. A lire sur @MediacitesLyon https://t.co/nL9mApc9aV pic.twitter.com/Z1k9bCVsMD
— Mediacités (@Mediacites) May 20, 2020
Mais le projet est revient ensuite par la fenêtre, sous le nom de « Quartier nourricier », avec toujours aux manettes le patron du Leclerc de Meyzieu. Comme l’a détaillé Le Progrès, ce projet prévoit un doublement de la surface commerciale (de 10 000 à 22 000 mètres carrés), à côté d’un programme de construction de 500 logements et un parc agricole de 77 000 mètres carrés. L’ensemble – soutenu par la Métropole – a été validé par la Commission nationale d’aménagement commercial (Cnac) en 2025.
Engagement auprès du Pacte pour la transition
Réorienter le projet Part‐Dieu en faveur du logement et des équipements publics
Au moment de l’adoption de cette ré‐orientation, l’opposition, et notamment l’ancien président du Grand Lyon Gérard Collomb, grand défenseur d’une « skyline » dessinée à coup de tours, avait dénoncé « une mise à terre » du projet Part‐Dieu.
Distribuer des composteurs et des lombri‐composteurs
En parallèle, en mars 2021, la collectivité a voté la distribution gratuite de composteurs individuels pour les habitants qui disposent d’un jardin ou d’un accès à de la pleine terre, et la mise en place de sites de compostage partagés au pied d’immeubles. Budget total : deux millions d’euros. La distribution de 20 000 composteurs était prévue entre 2021 et 2022. En cette fin de mandat (janvier 2026), la Métropole affiche 24 000 composteurs individuels distribués gratuitement et un objectif de 60 000 d’ici à 2030. Selon la loi mentionnée plus haut, tous les foyers devaient disposer dès 2024 d’une solution leur permettant de trier leur déchets biodégradables.
En revanche, les délibérations votées (en mars 2021, en avril 2022 ou en avril 2023) ne font aucune mention de lombricomposteurs. Ceux‐ci sont similaires aux composteurs classiques, à la différence que les organismes décomposeurs – en l’occurrence, des vers – ne sont pas présents naturellement, mais sont amenés au départ.
> Lire par ailleurs le suivi de la promesse : Étudier la possibilité de collecter les biodéchets des habitants
Collecter les biodéchets de la restauration collective et des restaurants
Du côté des restaurants, en revanche, la Métropole n’a pas déployé un tel dispositif de collecte. Sur son site, la collectivité se borne à rappeler les obligations des restaurateurs qui produisent plus de 120 litres de déchets alimentaires par semaine. Ceux‐ci ne peuvent pas les apporter dans les bornes à compost disposées dans la rue et doivent recourir aux services de collecte d’un prestataire privé.
> Lire par ailleurs le suivi de la promesse : Distribuer des composteurs et des lombricomposteurs
Installer des poubelles de tri dans l’espace public
Un « Schéma directeur pour la gestion des déchets vers 2030 », doté de 145 millions d’euros de budget, a été publié en juin 2022 par la Métropole. Il comprend le déploiement de « solutions de tri sélectif hors foyer », visibles dans certains endroits [voir la photo ci‐dessous], conformément à la nouvelle législation, dans le cadre d’une « expérimentation des solutions permettant d’assurer la pratique du tri dans les lieux publics et sur les évènements ».
Mais en cette fin de mandat (janvier 2026), une simple balade dans les rues de Lyon suffit à constater que toutes les poubelles grises où se mêlent plastique, métal ou biodéchets n’ont pas été remplacées par des solutions de tri, d’où le statut « en partie appliquée » de cette promesse.
Poubelles de tri installées dans le square du Colombier, dans le 7e arrondissement de Lyon. Photo : NB/Mediacités.Étudier la possibilité de collecter les biodéchets des habitants
♻️ Le déploiement des bornes à composts dans les territoires urbains va s’accélérer avec 400 nouvelles bornes installées à l’automne 2022, à Villeurbanne, Craponne, Sainte‐Foy‐Lès‐Lyon, Écully, Dardilly et Champagne‐au‐Mont‑d ’Or pic.twitter.com/RgnxNUm0C5
— Bruno Bernard (@brunobernard_fr) August 5, 2022
[décembre 2024] Trois ans après la pose de la première borne, la métropole de Lyon a achevé le déploiement de son réseau de boîtes marron à Saint‐Genis‐Laval, avec l’implantation d’un 2579e point de collecte, en décembre 2024.
Si la collectivité revendique alors « plus de 12 500 tonnes de déchets alimentaires » collectés et d’avoir « faciliter le geste de tri de plus d’un million d’habitants du territoire », il n’en reste pas moins que le choix d’un tel dispositif pour traiter les biodéchets dans des secteurs modérément urbanisés (plutôt que la distribution de composteurs individuels ou le développement de composteurs collectifs) pose question, comme Mediacités l’a abordé dans cet article.

Les bornes à compost du Grand Lyon sont‐elles vraiment une bonne idée ?
Déclasser l’A43 et la transformer en boulevard urbain
Piétoniser et créer des zones limitées à 20km/h aux abords des écoles
En tout, en cette fin de mandat (janvier 2026), ce sont 150 écoles et crèches qui ont vu leurs abords aménagés, d’après le chiffre communiqué par Tristan Debray, adjoint au maire chargé de « la ville des enfants ». Autrement dit, toutes les écoles publiques de Lyon (on en compte 207 pour 33 000 enfants scolarisés) n’ont pas bénéficié de cette politique, mais vu le nombre d’établissements concernés, nous avons tout de même considéré cette promesse comme « tenue ».
[octobre 2020] Les abords de sept groupes scolaires ont été piétonisés dès la rentrée de septembre 2020. C’est le cas, par exemple, d’un tronçon de la rue Saint‐Michel [photo ci‐dessous], dans le 7e arrondissement, où se trouve l’école Gilbert Dru, des abords de l’école Robert Doisneau dans le 1er arrondissement ou encore de ceux de l’école Edouard Herriot, dans le 8e.

Les aménagements provisoires aux abords de l’école Gilbert Dru, dans le 7e arrondissement de Lyon, « piétonisés » par la ville de Lyon, à la rentrée 2020. Photo : N.Barriquand/Mediacités.
Equiper gratuitement 10 000 jeunes en vélo
Les premiers prêts de vélos ont eu lieu à la rentrée de 2021. L’année suivante, en 2022, la Métropole a décidé d’étendre son dispositif, baptisé « Freevélo’v » à tous les étudiants âgés de 18 à 25 ans, et pas seulement les boursiers, et d’allonger la durée du prêt à sept ans maximum.
D’après une délibération votée en juillet 2025 (n°2025–4391), 8000 vélos reconditionnés avaient alors déjà été distribués dans le cadre de cette politique. Depuis l’an dernier (2025), celle‐ci à été étendue à l’ensemble des jeunes habitants âgés de 14 à 25 ans (contre 18–25 ans auparavant).
Multiplier par 4 le nombre d’arceaux pour vélos
Multiplier par dix le stationnement sécurisé pour les vélos
En cette fin de mandat (janvier 2026), le site de la Métropole consacré à la pratique du vélo affiche 2150 places de stationnement sécurisé dans des « parcs relais vélo » ou « vélostations » ; une soixantaine de box sécurisés, installés dans les rues, dans chacun desquels il est possible de garer 8 vélos, soit 480 places ; et enfin 2060 places dans des parkings publics. Soit un total d’environ 4700 places. Malgré, l’inauguration en 2025 du parking vélos de la Part‐Dieu, place Béraudier, « plus grande vélostation de France », comme se félicitait la ville de Lyon, avec 1500 places, on ne peut considérer la promesse de 2020 qu’en « partie appliquée ».

Taxe des ordures en hausse, parking relais et œdicnèmes criards au menu du conseil du Grand Lyon

Le grand chamboule‐tout des parkings du Grand Lyon

Logements étudiants, pont de Neuville et piles à hydrogène au menu du conseil métropolitain du Grand Lyon

Vélos, ZFE, gros sous et « brigade logement » au menu du prochain conseil métropolitain du Grand Lyon

Vélo : le « Réseau express » des écologistes permettra‐t‐il à Lyon de rattraper Strasbourg ou Grenoble ?
Construire le tramway T7 entre Vaulx‐en‐Velin et la Part‐Dieu et Bellecour
Contrairement à la promesse initiale formulée par les écologistes, ce tramway n’ira pas jusqu’à la Part‐Dieu ou Bellecour mais jusqu’au terminus du métro B Charpennes. Pour cette raison et parce qu’il ne sera pas inauguré avant la fin du mandat, nous avons considéré cette promesse comme « en partie appliquée ».
Augmenter de 20 agents les effectifs de la police municipale
Fin septembre 2020, Grégory Doucet avait précisé sa promesse à l’occasion d’une conférence de presse : le maire de Lyon annonce alors sa volonté de recruter une vingtaine d’agents sur les postes à pouvoir « pour revenir à l’effectif théorique » de la police municipale, alors à 350. Il ne s’agissait donc pas de créer 20 nouveaux postes ? Si, rectifie, lors d’une interview accordée à Mediacités début octobre 2020, l’adjoint à la sécurité Mohamed Chihi. Selon lui, l’objectif est bien d’augmenter l’effectif de « la PM » à 370 postes. Sachant que seulement 300 d’entre eux étaient pourvus à l’automne 2020, l’effort de recrutement s’annonçait donc trois plus important que ce que la promesse initiale du maire de Lyon laissait entendre…
A l’été 2022, marqué par une passe d’armes entre Grégory Doucet et le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin sur la sécurité, la ville de Lyon a ensuite communiqué sur l’objectif de 365 agents de police. Objectif qu’elle souhaite atteindre d’ici à la fin du mandat, en 2026. Sauf que… En juillet 2022, la collectivité ne recensait que 287 policiers. Comme le notait alors 20 Minutes, les 53 recrues enregistrées depuis l’élection des écologistes en 2020 ne compensait pas les départs au sein de la « PM ».
A l’approche de la fin du mandat, Grégory Doucet affiche désormais un objectif de 360 policiers. « On a fixé ce cap », a‑t‐il asséné sur le plateau de BFM Lyon, en mai 2025. « On n’a jamais autant recruté », assurait‐il en octobre 2025, en annonçant que les effectifs atteignaient désormais 307 agents.
Autrement dit : même si la commune a recruté bien plus que 20 policiers au cours du mandat, le nombre d’agents effectivement en poste à la fin du mandat est sensiblement le même qu’il y a six ans. Nous estimons donc que la promesse initiale, qui était d’augmenter le nombre d’agents réellement en poste, n’a pas été tenue.

Services publics : selon que vous serez policier ou non

Sécurité : les villes gouvernées par la gauche peinent à se réinventer

Policiers municipaux : il n’y en aura pas pour tout le monde

Sécurité : face à la « colère » des habitants, le jeu d’équilibriste des pouvoirs publics lyonnais

Grand Lyon : quelles communes comptent le plus de policiers municipaux ?
Elaborer un plan d’acquisition de nouvelles terres agricoles
L’équivalent de 1240 terrains de football… En 2019, Mediacités avait publié une longue enquête sur la disparition des (dernières) terres agricoles du Grand Lyon. Une bretelle d’autoroute par ici, un lotissement par là ou un stade gigantesque à Décines : en dix ans, le territoire en avait perdu près de 900 hectares.
Pour lutter contre ce phénomène, la métropole de Lyon a adopté, en juin 2021, une stratégie agricole, dotée d’une enveloppe de 10 millions d’euros pour le mandat. L’un de ses objectifs est de ralentir l’artificialisation des sols, qui, selon les chiffres du Grand Lyon, grignoterait un hectare de terre agricole tous les jours à l’échelle du département du Rhône.
Pour tenir cet objectif, la Métropole dispose notamment de l’arme des classements en périmètre « Penap » (pour « protection des espaces naturels et agricoles périurbains ») qui empêchent des parcelles de basculer en « zones constructibles ». Fin 2025, les six Penap du territoire couvraient désormais 12 700 hectares, contre un peu moins de 10 000 hectares en début de mandat, après l’extension du périmètres du Penap de l’Est Lyonnais sur la plaine agricole du Biézin (Chassieu, Décines‐Charpieu et Meyzieu) et de celui du secteur Plaine et Monts‐d’Or (Quincieux). Un projet est également en cours pour protéger potentiellement 1935 hectares dans le Grand Parc de Miribel‐Jonage.
La Métropole a aussi misé sur des achats de foncier. Elle avait prévu d’y consacrer deux des onze millions d’euros de l’enveloppe citée plus haut. Dernier exemple en date, en novembre 2025, elle a par exemple acquis trois parcelles de 36 hectares pour près de 53 000 euros.
« L’objectif est de ne pas perdre d’exploitations », soulignait Jérémy Camus, le vice‐président du Grand Lyon chargé de l’Agriculture, dans Mediacités, en juillet 2021. Dans l’agglomération lyonnaise, on en dénombre aujourd’hui près de 240.
Dés‐imperméabiliser les cours d’école
A l’été 2025, la Ville revendiquait avoir végétalisé près de 40 cours d’écoles (et autant de crèches). A l’heure d’écrire ces lignes, fin janvier 2026, nous n’avons pas eu accès au bilan définitif du mandat, mais il est probable qu’il sera en deçà des chiffres annoncés au départ, d’où le classement de cette promesse dans la catégorie des promesses « en partie appliquées ».
Développer des trames vertes et bleues
Depuis 2020, plusieurs textes votées par la métropole de Lyon vont dans ce sens. Le 24 avril 2023, une délibération approuvée en commission permanente (la n° CP-2023–2228) attribue ainsi des subventions à 8 structures « œuvrant à des actions de préservation et de valorisation des milieux naturels et des espèces pour l’année 2023 », dans le cadre du développement des trames vertes et bleues pour un total de 291 492 euros.
Le développement de la trame verte passe aussi par le le financement de jardins nourriciers individuels ou partagés, par exemple à Vénissieux ou Givors, ou bien par des aides à la végétalisation de copropriétés. L’amélioration de la trame bleue, qui concerne donc les cours d’eau, se traduit par le lancement d’une première phase de renaturation de la Rize, un ruisseau en grande partie enterré et très pollué qui court de Décines‐Charpieu à Villeurbanne
Engagement auprès du Pacte pour la transition.
Instaurer un double sens bus et réduire la circulation automobile à une voie sous le tunnel de la Croix‐Rousse
La mise à 2x1 voie « n’est pas prévue dans l’immédiat », confiait déjà, en novembre 2023, le cabinet de Bruno Bernard à Luc Arbib. La collectivité redoute qu’un tel projet, sans la création d’une nouvelle ligne forte de transport en commun sur le trajet, aboutisse à un important transfert de flux de circulation et ne se limite qu’à déplacer les problèmes. Aujourd’hui, environ 35 000 véhicules empruntent quotidiennement le tunnel de la Croix‐Rousse (contre 48 000 en 2017).
[juin 2023] Le tunnel de la Croix‐Rousse étant une « route à grande circulation », la métropole doit obtenir l’aval de l’État pour mener à bien le projet. Cependant, selon BFM TV, au printemps 2022, aucune demande n’avait été formulée en ce sens auprès de la préfecture.
Au Progrès, le vice‐président du Grand Lyon chargé des déplacements, Jean‐Charles Kohlhaas, affirmait alors avoir « des négociations à mener avec les services de l’État pour savoir quand est‐ce qu’ils nous autoriseront à supprimer deux voies de circulation voiture dans le tunnel de la Croix‐Rousse, pour pouvoir y mettre une voie de bus dans chaque sens ».
Grégory Doucet avait confirmé cette promesse lors d’un entretien accordé à Mediacités, le 15 juin 2020.
Mettre à disposition des locaux pour l’installation d’un atelier de réparation de vélo dans chaque circonscription
[juin 2023] La métropole de Lyon a subventionné l’installation de nouveaux ateliers de réparation de vélos en juin 2022, à hauteur 44 890 euros, dans les communes de Meyzieu, Givors, Décines, Saint‐Fons et Lyon. A mi‐mandat, en juillet 2023, toutes les circonscriptions du Grand Lyon n’étaient cependant pas encore couvertes, notamment à l’ouest de Lyon.
La Métropole a également accordé 43 000 euros de subvention à l’association Janus France, en octobre 2022, pour permettre le développement d’une coordination entre les ateliers de réparation du territoire. À noter que cette association avait déjà reçu des subventions lors du précédent mandat, en 2019, pour développer son atelier d’auto‐réparation de vélos. Le Grand Lyon a par ailleurs accordé plus de 110 000 euros de subventions pour soutenir des ateliers existants.
Engagement auprès du Pacte pour la transition
Appliquer la réglementation Airbnb (120 jours de location maximum par an)
Encore faut‐il faire faire respecter la règle. Dans cette optique, la métropole a créé en 2022 une « Équipe métropolitaine de l’habitat (EMHA) », rebaptisée « brigade du logement ». Dotée de cinq agents, elle a entre autres missions de « détecter les situations non conformes à la réglementation » en matière de location de meublés de tourisme, notamment ceux de la plateforme Airbnb (voir la délibération n°2022–0931). En 2021, un premier propriétaire qui dépassait le seuil des 120 jours illégalement a été sanctionné d’une amende de 21 000 euros. Mais ce contentieux, censé être dissuasif, avait été initié sous la majorité précédente.
A Lyon, près de 10 000 logements sont loués chaque année sur les plateformes, en grande partie sur Airbnb, un chiffre à mettre en perspective avec les plus de 300 000 logements recensés sur la commune.

Grand Lyon : face aux multiples abus, une « police du logement » encore très artisanale

Durcissement des règles Airbnb à Lyon : grandes annonces, effets limités

Vélos, ZFE, gros sous et « brigade logement » au menu du prochain conseil métropolitain du Grand Lyon

Cimetières, finances, cours d’école et food trucks au menu du conseil municipal de Lyon

Face à l’ogre Airbnb, des écologistes lyonnais bien timides
Porter le rythme de construction de logements sociaux à 6 000 par an d’ici à la fin du mandat
Début 2026, le vice‐président au Logement, Renaud Payre, évoquait un « record » de 4336 logements sociaux financés en 2025 par la Métropole. Une embellie après les années noires du Covid et de la crise ukrainienne (seulement 3471 logements sociaux avaient été financés en 2022). Mais ce niveau est en réalité similaire à celui prévu par le plan local d’urbanisme voté en 2019 sous le mandat précédent. Les écologistes n’ont donc pas réussi à un changer d’échelle, pas aidés par certaines communes qui traînent les pieds depuis des années pour atteindre l’objectif de 25 % de logement social fixé par la loi.
Il est vrai que cette promesse a fortement souffert de la crise de l’immobilier causée par la hausse des taux de crédits et du coût des matières premières après 2022. Pour faire face à cette donne nationale, le Grand Lyon a débloqué en 2023 une enveloppe d’urgence de 10 millions d’euros pour « sauver des opérations à l’arrêt ». De quoi éviter un crash total du marché, mais pas de quoi faire des miracles non plus.
[juillet 2023] Impossible d’évaluer cette promesse avant la fin du mandat – d’où son statut « en cours d’évaluation » -, mais force est de constater que la Métropole est, à mi‐mandat (en juillet 2023), loin de son objectif. En 2022, on dénombrait la construction ou la mise en chantier de seulement 3 084 logements sociaux neufs dans le Grand Lyon. Ce chiffre est toutefois en sensible augmentation par rapport à 2021, année encore marquée par la crise du Covid (2 526 logements).
[septembre 2020] Un cadeau de mariage empoisonné ? Cette promesse ne figurait pas dans le programme des écologistes, mais dans celui de la Gauche Unie, ralliée à EELV au second tour des élections. L’enjeu est crucial : avec des loyers qui flambent et près de 100 000 habitants supplémentaires attendus d’ici 2030 dans la Métropole, les classes les moins aisées ont de plus en plus de mal à se loger dans l’agglomération. Sous le précédent mandat, près de 4000 logements sociaux étaient créés par an. Passer à 6000 équivaudrait donc à une hausse de 50%.
Pour tenir cet objectif ambitieux, l’équipe de Bruno Bernard devra dégager des financements considérables, trouver du foncier et surtout réussi à mieux répartir les logements sociaux sur le territoire pour éviter de les concentrer en périphérie. Quitte à forcer la main des maires des communes aisées de l’Ouest ? « On leur souhaite bien du courage », ironise Michel Le Faou, le “Monsieur logement” de l’ère Collomb. Mediacités documentera les grandes étapes de ce chantier majeur des six prochaines années.

Mixité sociale, budget, train coopératif et goodies « écoresponsables » au menu du conseil de la Métropole de Lyon

Logement : ces « fonds vautours » qui font main basse sur l’immobilier lyonnais

Nouveaux tramways, reconnaissance faciale, réfugiés afghans à Lyon… Le récap’ de l’été 2021

Rhône : ces communes qui paient (très) cher leur manque de logements sociaux

Bâtir 6000 logements sociaux par an dans le Grand Lyon : la promesse des écolos et de la gauche est‐elle réaliste ?
Banir les produits à usage unique dans les événements organisés en partenariat avec la ville et la Métropole
Difficile pour autant de conclure que l’intégralité des événements organisés en partenariat avec le Grand Lyon ou la ville de Lyon sont passés en mode zéro déchet, vu le nombre et la diversité des événements, d’où notre verdict « promesse en partie appliquée ». Mais la Métropole a par ailleurs supprimé le plastique à usage unique dans les cantines des collèges et de l’administration et a mis en place des dispositifs pour favoriser la consommation d’eau du robinet ou de fontaines à eau, au lieu de bouteilles en plastique.
Le Grand Lyon développe aussi un accompagnement en faveur d’un « événementiel écoresponsable » ou un système de vaisselle consignée, par exemple pour le portage des repas gérés par les CCAS.
Prolonger le métro B jusqu’à Saint‐Genis‐Laval
Construire deux passerelles piétons‐modes actives entre Gerland et Oullins et entre Gerland et Confluence
La passerelle de la Saulaie, entre Gerland et Oullins, a été validée lors du conseil métropolitain de mars 2023. Longue de 350 mètres, elle devrait coûter près de 40 millions d’euros (contre 21 millions d’euros initialement et sera réservée aux cyclistes (notamment ceux qui empruntent la Voie lyonnaise 9) et aux piétons. La Métropole a choisi en octobre 2025 le groupement de maîtrise d’œuvre qui construira le futur ouvrage au‐dessus du Rhône. La livraison est attendue pour 2030, au lieu de 2028 comme prévu au départ.
Pour le deuxième projet, le Grand Lyon a finalement renoncé à cet ouvrage qui devait relier les nouveaux îlots de la ZAC des Girondins et le quartier de la Confluence. « Ce projet n’était pas du tout dans nos programmes et n’a pas été retenu », a justifié dans Tribune de Lyon, en août 2022, Fabien Bagnon, vice‐président de la Métropole chargé des « mobilités actives ». Faux, comme le prouve ci‐dessous le document de campagne des candidats écologistes dans le 7e arrondissement de Lyon. Ce projet de passerelle « a été abandonné pour des raisons budgétaires, la ville de Lyon n’y étant pas particulièrement attachée », a également avancé Fabien Bagnon.

Création d’une ferme urbaine à Champvert, dans le 5e arrondissement
Lutter contre les nuisances sonores
Concrètement, la politique de réduction du bruit est tributaire des mesures mises en place par ailleurs dans le domaine de la mobilité : instauration des zones limitées à 30 kilomètres/heure, promotion de mode de déplacements moins bruyants comme le vélo, renouvellement de la flotte du Sytral avec des bus à moteur électrique ou au biogaz, plus discrets que les moteurs thermiques… Avec quelques résultats mesurables par endroit : la création d’une Voie lyonnaise dans la montée de la Boucle (entre le 4e arrondissement et Caluire‐et‐Cuire) a entraîné une baisse moyenne de 1,5 décibel des niveaux sonores.
De son côté, la ville de Lyon a également pris plusieurs mesures contre les nuisances sonores dont un arrêté municipal contre l’utilisation de radios et autres appareils bruyants sur la place Mazagran, à la Guillotière (pas franchement respecté). La ville a enfin mis en place des « Conseils lyonnais de la nuit », chargés entre autres de prévenir les nuisances nocturnes.
D’autres mesures semblent davantage relever du gadget ou de la communication. A l’image des « zones calmes » créées par le Grand Lyon dans des parcs du territoire. Ces sites se résument pour l’essentiel à quelques banquettes et à un panneau invitant les promeneurs à se détendre un instant. Une politique à bas bruit en quelque sorte…
Planter des « forêts urbaines » de 3 à 5 hectares
Alors, engagement tenu ? Oui et non. Certes, plusieurs autres ensembles ont été livrées en fin de mandat, comme celui de Chassieu en février 2025, où 4 300 arbres ont été plantés. Mais, là où les écologistes promettaient des sites de « 3 à 5 hectares », les réalisations sont souvent en deçà : ainsi le « bois de la Part‐Dieu », inauguré en janvier 2026, situé entre le centre commercial et la gare, doit comporter à termes 140 arbres (la moitié sont déjà en terre) sur seulement 1,2 hectare d’espaces publics. De même, les plantations de Saint‐Priest ne couvrent que deux hectares, tandis que la centaine d’arbres de Sathonay‐Camp ne couvrent qu’1,4 hectare.

Arbres plantés à la Confluence. Photo : A.Bamas
[Septembre 2020] Les Lyonnais n’en finissent plus de suer. Après l’été particulièrement chaud de 2019 pendant lequel le mercure a flirté à plusieurs reprises avec les 40°C, les mois de juin, juillet et août 2020 ont aussi réservé leur lot « d’épisodes caniculaires ». Dans ce contexte, rien de mieux que de planter des arbres pour tenter de faire baisser (un peu) la température et, surtout, de lutter contre le phénomène des îlots de chaleur, comme nous l’expliquions dans une précédente enquête. Combien de « forêts urbaines », les écologistes planteront‐ils au cours du mandat ? Leur programme, qui mentionnait aussi 80 hectares boisés sur les Balmes de Fourvière ou un verger municipal par arrondissement [lire le suivi de ces promesses par ailleurs], ne le précisait pas. Une chose est sûre : les Lyonnais jugeront aussi leurs élus, en 2026, à l’étendue de la canopée de la ville.
Isoler les bâtiments publics
Pendant ce mandat, les écologistes ont déjà mené des travaux importants sur plusieurs sites, comme la patinoire Baraban ou encore la bibliothèque de la Part‐Dieu. La ville de Lyon avait déjà voté, en mars 2021, la mise en place d’un plan de rénovation énergétique de ses équipements publics. Objectif : « Répondre aux obligations réglementaires, réduire [l]es dépenses » et l’impact environnemental. Dans le cadre de ce programme, 13 millions d’euros ont été alloués à l’isolation des bâtiments municipaux. En parallèle, la ville a lancé plusieurs programmes de rénovation des groupes scolaires, des crèches et des gymnases, qui comprennent l’isolation des bâtiments.
« En tout, on consacre 120 millions d’euros de la PPI [Programmation pluriannuelle de l’investissement] à la rénovation énergétique de nos bâtiments », précisait à Mediacités, début 2025, Sylvain Godinot, adjoint au maire de Lyon chargé de la transition écologique. En 2024, la Ville avait réduit de 21 % sa consommation d’énergie par rapport à 2019 et vise une réduction de 25 % à l’horizon 2030.
La rénovation des bâtiments publics s’inscrit dans une politique nationale. La loi Elan, promue en 2018, prévoit notamment une diminution de 60 % de la consommation d’énergie d’ici à 2050 dans tous les bâtiments du tertiaire. L’État a accordé 950 millions d’euros aux collectivités locales pour engager des travaux de rénovation thermique.
Engagement auprès du Pacte pour la transition
Finir l’aménagement du parc des Hauteurs, dans le 9e arrondissement
L’agence d’urbanisme de la métropole de Lyon a développé un projet pour réunir ces lieux dans un même « parc urbain » dès 1989. Une partie des travaux ont été réalisés mais certains aménagements prévus n’ont jamais vu le jour. Résultat, la situation s’est dégradée, notamment sur le talus de terre situé sous la basilique de Fourvière, qui menace de s’affaisser.
En 2024, la Ville a voté une enveloppe de plus de 4 millions d’euros pour restaurer le jardin du Rosaire et sécuriser le talus de Fourvière. Du fait de la technicité des travaux, la facture s’est ensuite alourdie en 2025, dépassant les 5 millions d’euros.
La présente promesse recoupe celle, plus large, du « grand parc des Balmes de Fourvière ».Ce projet doit créer un vaste réseau de sentiers, promenades et belvédères sur la colline de Fourvière. La première tranche de ce chantier a été lancée en octobre 2025 et la seconde phase est prévue courant 2026.
> Lire aussi le suivi de la promesse : « Créer les Balmes de Fourvière, “forêt urbaine” de 80 hectares »
Lyon, Villeurbanne et les villes qui le souhaitent deviendront des villes limitées à 30 km/h
Si la Métropole s’est félicitée qu’entre 2019 et 2023 le nombre d’accidents de la circulation à Lyon a baissé de 35 % grâce à la limitation à 30 km/h, tous les automobilistes sont loin d’avoir modulé leur vitesse, comme Mediacités l’avait révélé en août 2023, sur la base des données des radars pédagogiques.

Jusqu’à 140 km/h en Presqu’île : à Lyon, le mirage de la « ville à 30 km/h »
Développer des télécabines
Bruno Bernard a‑t‐il pensé, malgré tout, qu’il réussirait à inaugurer des télécabines au cours de son mandat ? Un vague projet de ligne aérienne a été évoqué par son vice‐président Jean‐Charles Kohlhaas entre Vaise et la colline de la Croix‐Rousse en 2022. Mais, en cette fin de mandat (janvier 2026), aucun câble n’a été tiré entre les rives de la Saône et le plateau du 4e arrondissement.

Vidéosurveillance, tram de l’Ouest et Arménie au menu du prochain conseil de la métropole de Lyon

Transports en commun lyonnais : l’Etat met 81 millions d’euros sur la table… sur 2,5 milliards

Grand Lyon : le téléphérique de Bruno Bernard ne coûtera‐t‐il vraiment que 160 millions d’euros ?

Transports en commun : le Sytral de Bruno Bernard prévoit d’investir 2,5 milliards d’euros
Piétonniser les cœurs de villes et d’arrondissements
En matière de piétonnisation, les majorités de Grégory Doucet et Bruno Bernard avaient ouvert le bal dès septembre 2020, avec une opération baptisée « La voie est libre », soit la fermeture à la circulation, le temps d’un week‐end, du secteur de la Presqu’île (entre Perrache et le boulevard de la Croix‐Rousse) et de la rue de la Thibaudière, dans le 7e arrondissement. L’initiative a ensuite été répétée, comme le samedi 21 mai 2022, et étendue à d’autres arrondissements et quartiers.
En parallèle de ces piétonnisations éphémères, une portion du cours Charlemagne, à la Confluence (au niveau du centre commercial), est interdite à la circulation automobile depuis mars 2021. Mi‐2025, la rue du Mail, artère commerçante de la Croix‐Rousse, est aussi devenue piétonne.
Le flou de sa formulation (« les cœurs de villes et d’arrondissements ») et le fait que tous les arrondissements n’aient pas été concernés par des projets de piétonnisation pérennes expliquent que nous ayons classé cette promesse dans la catégorie « en partie appliquée ».
Promouvoir le cyclotourisme sur la Via Rhôna et les visites pédestres guidées
Tout le long du Rhône ? Non, une portion résiste encore et toujours aux cyclotouristes au sud de Lyon et son aménagement fait débat depuis les années 2000. Un tracé possible entre Pierre‐Bénite et Givors a été proposé par la région Auvergne‐Rhône‐Alpes, mais la Métropole a refusé de modifier son plan local de l’urbanisme et de l’habitat (PLU‑H) en conséquence (voir la délibération 2022–0986 votée en janvier 2022) au motif notamment du manque d’études sur l’impact écologique du projet. Selon Lyon Capitale, la Région présidée par Laurent Wauquiez s’est depuis retirée du dossier et il revient maintenant au Grand Lyon de dessiner un trajet alternatif. En attendant, Lyon « est toujours le seul point noir des 815 kilomètres d’itinéraire cyclable qui conduisent du lac Léman à la Méditerranée », écrivait Le Monde en décembre 2023.
En 2021, la métropole de Lyon a par ailleurs signé une convention, avec plusieurs autres villes traversée par la Via Rhôna, pour la « mise en tourisme » du tronçon Lyon‐Léman, et a apporté 8 000 euros à ce projet qui ambitionne notamment de coordonner les actions de communication ou d’améliorer la signalétique sur la voie.
Au sujet des visites pédestres guidées, dans son plan de Développement du tourisme responsable, la métropole de Lyon dit miser sur le réseau des Lyon City Greeters, des bénévoles qui font visiter la ville. L’office de tourisme de Lyon (subventionné à hauteur de 4,6 millions d’euros par le Grand Lyon, une enveloppe restée stable par rapport au mandat précédent) est chargé de ce projet.
Réaliser « une coulée verte » entre Charpennes et Opéra
Si la majorité écologiste du Grand Lyon et celle de la ville de Lyon n’ont pas manqué de projets de végétalisation [lire par ailleurs le suivi des promesses « Planter des « forêts urbaines » de 3 à 5 hectares » ou « Subventionner la végétalisation d’espaces privés »], en cette fin de mandat (janvier 2026), nous n’avons recensé aucun projet ou annonce de la part de l’une ou l’autre des collectivités en lien avec la promesse d’un tel aménagement entre l’opéra et Charpennes.
Bus à liaison rapide entre Part‐Dieu et Chassieu, et entre Saint‐Priest et Mions
Entre Saint‐Priest et Mions, un bus circulait déjà avant 2020, la ligne 62. A la rentrée 2022, le Sytral a annoncé avoir « renforcé » cette ligne de bus « pour permettre une desserte efficace du secteur ».
#Lyon | Découvrez les zones en marge des transports en commun dans l’agglomération lyonnaise. Des secteurs laissés à l’écart, malgré les projets de tramway de la majorité écologiste de la #métropole.https://t.co/Y2ERMn2jnm
— Mediacités Lyon (@MediacitesLyon) April 26, 2023
Augmenter de 20% l’offre de bus actuelle [2020]
L’offre de bus a par ailleurs momentanément diminué (en 4 et 8 %), à la fin de l’année 2022, à cause d’une pénurie de chauffeurs. Keolis, le délégataire du Sytral, souffrait alors d’un manque de 300 professionnels.
À noter enfin que le Sytral devrait avoir acquis en tout 400 nouveaux bus écologiques entre 2022 et 2026 – une ambition affichée en début de mandat et confirmée en mai 2025. Ces véhicules fonctionnent essentiellement avec du gaz naturel ou de l’électricité, et remplacent progressivement les anciens bus.
Engagement auprès du Pacte pour la transition.

Grand Lyon : la carte des communes oubliées des transports en commun
Création d’un parc Saint‐Pothin, entre la rue de Sèze et le cours Lafayette, dans le 6e arrondissement
Ci‐dessous, extrait de la profession de Florence Delaunay, candidate écologiste dans le 6e arrondissement en 2020 :

Ne plus accueillir à Lyon de cirques avec des animaux sauvages
Des éléphants et des lions… mais sous forme d’hologrammes. Au printemps 2022, André‐Joseph Bouglione a planté son chapiteau à Confluence pour un spectacle estampillé « 100 % humain », sans animaux sauvages. A la même période, dans la commune voisine de Villeurbanne, le passage d’un cirque animalier faisait polémique, tandis que la Métropole portait plainte en 2024 contre un cirque franco‐belge accusé d’exploiter des animaux sauvages, mais aussi – surtout ? – de s’être installé sans autorisation préalable à Vénissieux, puis à Vaulx‐en‐Velin.
Ceci dit, à notre connaissance, contrairement à de nombreuses communes en France (y compris celles de Chassieu ou de Vernaison dans la métropole de Lyon), la ville de Lyon n’a pris aucune délibération ou aucun arrêté municipal pour interdire les spectacles avec animaux sauvages, d’où le classement de cette promesse dans la catégorie « en partie appliquée ». Il est vrai que ce genre d’arrêté municipal est en théorie attaquable en justice par les circassiens. Un risque judiciaire d’autant plus inutile qu’une loi votée en 2021, mais qui entrera en vigueur en 2028, interdira de toute façon à l’avenir les animaux sauvages dans les cirques.
Créer les Balmes de Fourvière, « forêt urbaine » de 80 hectares
Présenté dans le programme électoral des écologistes comme la promesse d’un « second poumon lyonnais » (après le parc de la Tête d’Or), il consiste à relier entre eux des espaces verts déjà existants comme le parc des Hauteurs, le belvédère de l’Antiquaille ou le jardin des Curiosités, pour l’aménagement au total de 80 hectares d’espaces verts.
En décembre 2024, une délibération a acté le lancement d’une première tranche de travaux pour près de 4,4 millions d’euros. Ceux‐ci ont débuté en octobre 2025 et concernent le place Abbé Larue (5e arrondissement), la liaison de la rue Cardinal Gerlier à la rue Pierre Audry avec la plantation d’une trentaine d’arbres et la liaison de l’avenue Sergent Berthet à la montée des Carriers (9e arrondissement).
Une seconde phase doit s’ouvrir à partir de février 2026. Elle concerna des secteurs boisés jusqu’alors non‐ouverts au public. Les promeneurs pourront monter à Fourvière depuis Saint‐Jean via l’Antiquaille, ou bien accéder au belvédère du bastion du fort Saint‐Just, un site jusqu’alors utilisé par une association, appelé à devenir l’une des plus belles vues sur Lyon.
Depuis le jardin des Curiosités, dans le 5e arrondissement de Lyon. Photo : NB/Mediacités.
« Forêts urbaines » : les écologistes lyonnais élaguent leurs promesses
Doter 20 toits d’écoles et de collèges de panneaux solaires
Côté ville, l’appel à manifestation d’intérêt lancé en 2022 portait sur 12 bâtiments municipaux. Au moment de désigner le lauréat, la coopérative Un Deux Toits Soleil, le chiffre était déjà redescendu à 9. Mais une fois les études sur la solidité et la compatibilité des toitures terminées, seuls quatre groupes scolaires ont finalement été retenus, pour des travaux étalés entre 2024 et 2025.
Même causes, mêmes effets côté Métropole. Alors que la collectivité visait au départ l’équipement de 11 toitures de collèges en panneaux photovoltaïques, trois établissements ont dû être écartés « en raison de fortes contraintes techniques », précisait une délibération de 2025. En 2024, la Métropole communiquait sur le chiffre de six collèges en passe d’être équipés, soit « l’équivalent de la consommation annuelle de 860 personnes », précisait‐elle.
Au final, c’est donc une douzaine d’établissements qui ont pu être équipés durant le mandat et non pas 20 comme annoncés. Dernier exemple en date : les 428 panneaux solaires du collège Pablo Picasso, à Bron, ont été mis en service au printemps 2025, pour une production annuelle estimée à 190 MWh, comme le relate un article de Reporterre consacré à la coopérative citoyenne chargée d’une partie de ces installations.
[Février 2025] Sauf surprise, la promesse d’équiper 20 toitures d’écoles (gérées par la Ville) et de collèges (gérés par la Métropole) de panneaux solaires ne sera pas atteinte. D’ici à la fin du mandat, on ne devrait en dénombrer que 9. Dans un premier temps, la ville de Lyon avait identifié 12 toitures. La coopérative Un deux toits soleil, chargée de développer les installations photovoltaïques pour le compte de la collectivité, en a d’abord retenu neuf d’entre elles. Ce chiffre est tombé à seulement trois, à l’issue des études de faisabilité.
« Le problème de fond, c’est la rentabilité du photovoltaïque sur toiture, constate auprès de Mediacités Sylvain Godinot, adjoint au maire de Lyon chargé de la transition écologique. Les tarifs d’achat [de l’électricité produite] garantis sur vingt ans ne sont pas assez attractifs. »
[Octobre 2022] En juin 2022, le conseil métropolitain du Grand Lyon a adopté un programme de développement de l’énergie photovoltaïque baptisé « plan Métropole solaire ». Entre autres choses, il y est question d’installer des panneaux noirs sur les toits de 11 collèges comme nous l’avions relevé dans L’Œil de Mediacités.

Produire de l’énergie entre voisins dans le Grand Lyon : une tendance balbutiante mais prometteuse

Polluants éternels, Presqu’île apaisée et hirondelles menacées au menu du prochain conseil de la Métropole de Lyon

Tramways, lanceurs d’alerte, énergie solaire et « chèque‐vacances »… au menu du prochain conseil métropolitain du Grand Lyon
Végétaliser l’avenue des Frères Lumière (8e) et le parvis de la mairie du 8e arrondissement
Le projet a fait l’objet d’une concertation, lancée en mars 2022 sur la plateforme jeparticipe.grandlyon.com. Un collectif de riverains s’était alors opposé à la perspective de piétoniser l’avenue (option qui n’a pas été retenue) et à la suppression de 74 places de stationnement (70 places seront bien supprimées).
Projet de réaménagement de l’avenue des Frères Lumière. Image : ville de Lyon/studio Alma.La végétalisation du parvis de la mairie du 8e s’inscrit quant à elle dans le projet plus vaste de réaménagement de la place du Bachut, vaste triangle de béton et de parking devant la Maison de la Danse, dont le chantier a été lancé en juillet 2025 pour une livraison au printemps 2026. Une centaine de nouveaux arbres doivent être plantés sur le site, qui comportera aussi des transats et des tables de pique‐nique. Maison de la danse oblige, la place sera rebaptisée esplanade Pina Bausch, du nom de la danseuse et chorégraphe allemande.
Obtenir le label Cit’ergie Gold (délivré par l’Ademe)
Quelques mois tard, en novembre 2025, la métropole et la ville de Lyon se sont vues attribuer « la médaille d’or » de l’European Energy Award, organisation à l’échelle continentale donc, dans laquelle on retrouve entre autres l’Ademe, et qui distingue « les collectivités les plus engagées dans la transition énergétique et climatique ».
[Février 2025] La ville de Lyon devrait décrocher le label Cit’ergie Gold en mai 2025 suite à un audit externe mené sur la base de plusieurs centaines d’indicateurs. « Cette évaluation indépendante est la plus crédible sur les politiques climat air énergie, commente Sylvain Godinot, adjoint au maire de Lyon chargé de la transition écologique. La 5e étoile [le niveau « Gold »] distingue les résultats et pas seulement les intentions. »
[Juin 2023] Le label Cit’ergie, label européen créé en 2007, évalue la qualité des politiques municipales dans le cadre de la transition écologique sous l’égide de l’Ademe (l’Agence de la transition écologique). Le niveau « Cit’ergie Gold » correspond au niveau le plus élevé de la certification.
Depuis 2020, année de la campagne électorale municipale et métropolitaine, Cit’ergie a été renommé « Climat‐Air‐Énergie ». Chaque année, le label accorde un certains nombres de points aux communes participantes pour évaluer les politiques réalisées en termes de planification territoriale, d’approvisionnement en énergie, ou de mobilité.
La ville de Lyon est labellisée « Cit’ergie » (puis « Climat‐Air‐Énergie ») depuis 2016. Elle affiche, en 2023, 4 étoiles sur 5 et un score de 65%. La capitale des Gaules fait mieux que Toulouse ou Lille (3 étoiles sur 5), mais moins bien que Nantes ou Bordeaux (5 étoiles sur 5). Et elle reste en‐deçà de la promesse de campagne de Grégory Doucet : d’après le site de l’Ademe, la certification « Cit’ergie Gold » correspond aujourd’hui à un score de 75% et plus.
Engagement auprès du Pacte pour la transition
Instaurer la gratuité des transports en commun pour les faibles revenus
L’abonnement solidaire gratuit pour les personnes disposant des plus faibles ressources (bénéficiaires du RSA, de l’allocation adulte handicapé, de l’allocation de solidarité personnes âgées, etc.)
→ Environ 130 000 personnes pourraient bénéficier de la gratuité. pic.twitter.com/XjLz0VxNBm
— SYTRAL (@SYTRAL_RHONE) November 23, 2020
En parallèle, un abonnement à 10 euros a lui aussi été instauré en début d’année 2021, réservé aux faibles revenus : les allocataires de Pôle emploi non imposables, les élèves boursiers, les demandeurs d’emploi de moins de 24 ans et les personnes non imposables âgées de 65 ans et plus. Soit, potentiellement, 70 000 personnes, d’après le Grand Lyon. Le Sytral estime le coût de ces deux nouveaux abonnements entre 10 et 12 millions d’euros par an.
La gratuité ne s’appliquant que pour une part des faibles revenus, nous avons considéré, dans le cadre de l’évaluation Radar, que la promesse formulée pendant la campagne électorale de Bruno Bernard n’était qu’en partie appliquée.
Proposer un abonnement mensuel aux transports en commun de 10 euros pour les chômeurs, contrats aidés et personnes en situation de handicap
Instaurer la gratuité des transports en commun pour les moins de 10 ans
[Janvier 2025] Une promesse appliquée par étapes. Au printemps 2021, le prix de l’abonnement TCL pour les 4–10 ans (les transports en commun sont gratuits pour les moins de 4 ans) a significativement baissé, pour s’établir à 9,30 euros par mois. A partir du 1er septembre 2025, comme l’a annoncé Bruno Bernard au début de cette même année, la gratuité sera instaurée pour tous les usagers des TCL de moins de 10 ans, habitants ou non la Métropole.
🚇👩👧👦 C’était une promesse : Les transports en commun gratuits pour les enfants jusqu’à 10 ans dès le 1ᵉʳ sept 2025 !
Cela fait partie des gratuités ciblées efficaces pour les familles : munis d’une carte de gratuité, ils pourront voyager sur l’ensemble du réseau TCL !
[image or embed]
— Bruno Bernard ✓ (@brunobernard.bsky.social) 16 janvier 2025 à 11:00
Développer des navettes fluviales sur la Saône
Deux ans plus tard, ça y est ! Le 18 juin 2025, les « Navigônes », c’est leur nom, sont mises à l’eau. Elles relient finalement Vaise à Confluence, en desservant deux autres arrêts sur un parcours d’un peu plus de 6 kilomètres, et sont accessibles aux abonnés des TCL. Pour les autres, le trajet coûte 3 euros. Selon BFM Lyon, l’ouverture de la ligne fluviale mobilise un financement de 53 millions d’euros pour un objectif de 1 500 passagers par jour.
🔵🌊 ELLES SONT ENFIN LÀ ! 💙
Les navettes fluviales en service sur le réseau TCL : c’est fait. Elles ont commencé à naviguer aujourd’hui !
Lyon retrouve la Saône comme axe de transport du quotidien. 😍
[image or embed]
— Bruno Bernard ✓ (@brunobernard.bsky.social) 18 juin 2025 à 11:30
Acheter 100% de l’électricité auprès de fournisseurs d’énergies renouvelables
Installer des détecteurs de présence pour l’éclairage public
Seules les zones résidentielles sont concernées par la pose de détecteurs. « Dans le centre, la vie nocturne, même en début de semaine, ne nous permet pas de couper l’éclairage public », explique Sylvain Godinot, adjoint au maire de Lyon chargé de la transition écologique.
Concomitamment au déploiement des détecteurs, la municipalité convertit ses lampadaires aux LED, moins consommatrices d’énergie : le seuil de 50 % de l’éclairage public en LED doit être franchi à la fin de l’année 2025, contre 30 % en 2020.
[Juin 2023] Le conseil Municipal a approuvé, en 2021, un plan de « développement de l’éclairage public par détection » entre 2021 et 2026. Son objectif est d’installer des détecteurs de présence pour l’éclairage public pour permettre des économies d’énergie. Des systèmes d’éclairage par détection ont d’abord été installés dans les quartiers de Charcot‐Valdo, dans le 5e arrondissement, et dans le quartier de Transvaal‐Monplaisir, dans le 8e arrondissement.
L’extension du dispositif à d’autres quartiers, notamment sur le plateau de la Croix‐Rousse ou dans le 9e arrondissement, a été votée en janvier 2022, pour un budget de 3,5 millions d’euros.
Engagement auprès du Pacte pour la transition
Subventionner la végétalisation d’espaces privés
A la Sainte Catherine 2024 (soit le 25 novembre), jour où « tout bois prend racine », le Grand Lyon revendiquait 2041 arbres distribués gratuitement à des particuliers, pour une enveloppe budgétaire de 84 000 euros.

Vidéosurveillance, tram de l’Ouest et Arménie au menu du prochain conseil de la métropole de Lyon

Logements étudiants, pont de Neuville et piles à hydrogène au menu du conseil métropolitain du Grand Lyon

300 000 arbres à planter dans le Grand Lyon : il n’y aura pas d’ombre pour tout le monde

« Forêts urbaines » : les écologistes lyonnais élaguent leurs promesses
Créer une dizaine de lignes de bus pour notamment desservir les quartiers populaires
Quelques mois plus tard, le Sytral, présidé par le même Bruno Bernard, adoptait son plan d’investissement pour 2021–2026. Or, celui‐ci ne prévoit pas la création d’une « dizaine » de lignes de bus mais de 4 seulement : Dardilly‐Gare de Vaise ; Bellecour‐Gare d’Yvours ; Part‐Dieu‐Sept Chemin ; Aéroport Lyon Saint‐Exupéry‐Vaulx‐en‐Velin.
> Lire aussi le suivi de la promesse : « Augmenter de 20% l’offre de bus actuelle [2020] »
Abandonner le projet de barrage sur l’Yzeron
Ce projet a été abandonné en février 2022 par le Sagyrc (le Syndicat de gestion de l’Yzeron et du Charbonnières). Selon Lyon Capitale, Jean‐Charles Kohlhaas, président du Sagyrc et vice‐président écologiste de la métropole de Lyon, le barrage était « irréalisable » en termes « d’impact environnemental ».
Un nouveau programme d’actions et de prévention des inondations a été annoncé par le Sagyrc et de nouvelles études ont été lancées pour déterminer des aménagements possibles. Les dernières crues centennales à Sainte‐Foy‐lès‐Lyon et Oullins, en contrebas, remontent à 2003 et avaient affecté plus de 700 foyers.
Rénover 10 000 logements par an, via le programme Ecoréno’v
La Programmation pluriannuelle d’investissement (PPI) votée au début du mandat de Bruno Bernard a doublé le montant alloué au dispositif Ecoréno’v, passé de 33 millions d’euros (projets réalisés) à 74 millions d’euros pour la période 2021–2026. Mais comme nous l’avons documenté à la mi‐mandat, le nombre de logements concernés est loin des 10 000 par an, il a même baissé depuis 2020 [lire ci‐dessous notre enquête pour comprendre cette tendance], d’où le choix de considérer cette promesse comme « non tenue ».

Rénovation énergétique des logements : la promesse non tenue des écologistes de la métropole de Lyon

10 000 logements rénovés par an dans le Grand Lyon : coup de froid sur la promesse des écologistes

Logement : quand les habitants se mobilisent contre les passoires thermiques

A Lyon, la transition énergétique à petite vitesse
Construire un plan piéton avec les citoyens
En amont, le Grand Lyon avait recueilli l’avis et les propositions des citoyens, par le biais de la plateforme jeparticipe.grandlyon.com : plus de 1600 propositions de la part de 1123 participants.
> Lire aussi le suivi de la promesse : « Élargir les trottoirs »
Engagement auprès du Pacte pour la transition
Créer un Conseil lyonnais de la nuit
Ce conseil est chargé de « définir les grandes stratégies de tranquillité publique pour une vie nocturne plus apaisée. Il valide les propositions et projets issus des réflexions des groupes de travail thématiques ».
> Lire aussi le suivi de la promesse : « Lutter contre les nuisances sonores »
Créer un corridor écologique entre les parcs Blandan et de Gerland
La majorité de Bruno Bernard a annoncé en avoir identifié 12, de « quelques kilomètres » à plusieurs « dizaines de kilomètres », dont la restauration est jugée prioritaire. Parmi eux, celui qui reliera le parc de Parilly à Miribel‐Jonage.
Une liaison verte entre les parcs Blandan et de Gerland compte‐t‐elle aussi parmi les douze projets comme promis en 2020 ? Non, d’après un document de travail interne du service « Nature et biodiversité » que nous a transmis la Métropole. Les 12 corridors écologiques jugés prioritaires se trouvent pour la plupart dans des territoires périphériques du territoire [voir la carte ci‐dessous]. Une autre carte du même document identifie, entre les parcs Blandan et de Gerland, l’avenue Jean Jaurès, comme un « corridor à renforcer ».
Carte extraite d’un document de travail du service « Nature et biodiversité » de la métropole de Lyon.Construire avec les habitants un projet pour l’ancienne École nationale des Beaux‐Arts
En mai 2023, la ville de Lyon a lancé une consultation en ligne, pour recueillir l’avis des habitants sur le futur du site de l’ancienne Ecole nationale des Beaux‐Arts dans le cadre d’un projet de tiers‐lieu dédié à la transition écologique. Le coût de l’opération est estimé à 9 millions d’euros.
[Avril 2022] Sous le précédent mandat de Gérard Collomb, ce bâtiment emblématique des Pentes de la Croix‐Rousse était destiné à un projet immobilier porté par le Crédit agricole. En 2021, la majorité écologiste a pris la décision de conserver l’ancienne Ecole nationale des Beaux‐Arts dans son patrimoine municipal. Une partie du bâtiment continuera d’héberger les services archéologiques de la collectivité, une autre sera restaurée en tiers‐lieu, ouvert à des projets et « initiatives citoyennes » qui s’inscrivent dans une démarche de transition écologique. Les travaux devraient commencer en 2023, après une phase de concertation baptisée « Réinvestir les lieux ».

Dans les Pentes, le deal entre la ville de Lyon et le Crédit agricole ne passe pas
Encadrer les loyers
[Notre analyse en septembre 2020] Un plafond sinon rien. Adoptée en 2018, la loi Elan donne la possibilité aux agglomérations volontaires de mettre en place un encadrement des loyers à titre expérimental sur une période de cinq ans. Mais l’outil n’a pas été utilisé par Gérard Collomb puis David Kimelfeld, frileux à l’idée de réduire la liberté du marché. Bruno Bernard et ses alliés de gauche veulent aller vite sur ce dossier, pour lancer le dispositif dès 2021, après avoir déposé un dossier auprès de l’Etat à l’automne 2020. Le sujet est généralement abordé aux côtés de deux autres promesses de la majorité : la lutte contre les marchands de sommeil, et le contrôle des règles de location des immeubles en Airbnb, qui participent à une explosion des loyers dans certains quartiers. Autant de sujets scrutés avec attention par Mediacités, qui documente de longue date le phénomène de la gentrification des quartiers populaires dans l’agglomération.

Encadrement des loyers à Lyon et Villeurbanne : petite tuile juridique mais revers politique

Encadrement des loyers à Lyon et Villeurbanne : le « pas vu, pas pris » des propriétaires

Encadrement des loyers à Lyon et Villeurbanne : une annonce sur deux dans l’illégalité

L’encadrement des loyers à Lyon et Villeurbanne conforté par le conseil d’État

Grand Lyon : face aux multiples abus, une « police du logement » encore très artisanale

Encadrement des loyers : à Lyon et Villeurbanne, les locataires paient toujours trop cher

Vélos, ZFE, gros sous et « brigade logement » au menu du prochain conseil métropolitain du Grand Lyon

L’encadrement des loyers à Lyon et Villeurbanne débutera en novembre prochain

Face à l’ogre Airbnb, des écologistes lyonnais bien timides

Grand Lyon : Bruno Bernard réclame l’encadrement des loyers

La coopérative qui pourrait stopper la spéculation immobilière
Investir 3 milliards d’euros dans le développement des transports en commun
[Notre analyse en septembre 2020] Voilà une promesse que Bruno Bernard mettra lui‐même en œuvre. Contrairement à l’engagement des écologistes de mettre fin aux situations de cumul, le patron de la Métropole a décidé, au lendemain de son élection, qu’il présiderait aussi le Sytral, le puissant syndicat des transports en commun. À ce poste, il envisage de doubler l’effort d’investissement dans les bus, métros ou tramways qui s’élevait à 1,4 milliard d’euros pour le mandat 2014–2020. « Notre objectif est d’investir de l’ordre de 2,5 à 3 milliards d’euros », a précisé le président du Sytral lors de son installation – depuis, il a fixé son ambition dans la fourchette basse avec un programme d’investissements chiffré à 2,55 milliards d’euros pour le mandat.
2,55 milliards d’ euros, pour quoi faire ? Dans les cartons des verts : des nouvelles lignes de bus, dont certaines en site propre, des télécabines du côté de Francheville ou de Sainte‐Foy‐lès‐Lyon, les tramways T9 (entre Lyon et Vaulx‐en‐Velin) et T10 (« tramway‐rocade » dans l’Est lyonnais, entre Vénissieux et Gerland, en passant par Saint‐Fons), la ligne T6 Nord (à Villeurbanne), le prolongement des métros B et D, etc. Et le métro E ? Rien n’est moins sûr ! Alors que ce projet, lancé en son temps par Gérard Collomb, figurait dans des documents de campagne de ses candidats (relire notre article sur le sujet), Bruno Bernard a laissé entendre qu’il pourrait bien l’abandonner.

Gratuité des transports en commun : entre « réponse de gestionnaire » et « choix politique », les clefs du débat lyonnais

Tramways, lanceurs d’alerte, énergie solaire et « chèque‐vacances »… au menu du prochain conseil métropolitain du Grand Lyon

Nouveaux tramways lyonnais : le dessous des rails

Transports en commun lyonnais : l’Etat met 81 millions d’euros sur la table… sur 2,5 milliards

Nouveaux tramways, reconnaissance faciale, réfugiés afghans à Lyon… Le récap’ de l’été 2021

Tram T6 à Villeurbanne : l’usine Renault, épine dans le pied du Grand Lyon

Dans l’Est lyonnais, le « tramway Aulas » roule à vide

Grand Lyon : le téléphérique de Bruno Bernard ne coûtera‐t‐il vraiment que 160 millions d’euros ?

Transports en commun : le Sytral de Bruno Bernard prévoit d’investir 2,5 milliards d’euros

Bruno Bernard prend (aussi) le volant des transports en commun lyonnais

Ligne E : un métro, c’est trop ?
Faire du zoo de la Tête d’Or un refuge pour les animaux sauvages maltraités ou blessés et pour des espèces domestiques en voie de disparition
Sujet sensible que celui du zoo de la Tête d’Or comme Grégory Doucet l’a appris à ses dépens pendant la campagne électorale de 2020… Une fois élus, en 2021, les écologistes de la ville de Lyon ont fait voter un « projet d’évolution » du parc de la Tête d’Or pour « l’amélioration du bien‐être animal ».
La projet rappelle que le zoo a déjà développé, au cours de précédents mandats, un centre d’accueil pour les tortues de Floride, offrant ainsi une alternative à l’abandon de ces animaux de compagnie. Mais si la municipalité dit vouloir poursuivre cette initiative, le plan propose avant tout de « s’engager dans des actions de conservation in situ, pour des espèces de la faune française et européenne », en partenariat avec des associations et organismes extérieurs, et ne mentionne pas de projet concernant l’accueil d’animaux maltraités ou blessés.
A l’inverse, en 2021, la ville a déménagé les deux crocodiles de la Tête d’Or dans un oued protégé au Maroc, afin que les deux reptiles bénéficient d’un environnement plus approprié à leur espèce.
Consacrer un budget de 360 millions d’euros aux mobilités actives
Dans cette présentation des investissements du mandat, il est question de 200 millions d’euros consacrés au vélo et à la marche, quand, dans cet autre document officiel, synthèse du budget primitif 2023, la Métropole écrit investir 341,4 millions d’euros dans les « mobilités ». Ces chiffres restant en dessous des 360 millions d’euros, nous avons considéré la présente promesse comme « en partie appliquée ».
En matière de « mobilités actives », le projet phare de la mandature est la construction des Voies lyonnaises, soit 250 kilomètres de « super pistes cyclables », pour un budget de 280 millions d’euros.
> Lire aussi le suivi de la promesse : « Créer un Réseau Express Vélo (REV) de 450 kilomètres »
Engagement auprès du Pacte pour la transition
Soutenir les démarches collectives prônant l’économie circulaire, le réemploi et la réduction des déchets pour les particulieurs, artisans et commerçants
Conformément à la loi du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et l’économie circulaire, le Grand Lyon a également financé la prise en charge des déchets d’articles de sports et loisirs, de bricolage et de jardin, ou encore de jouets issues des déchèteries de la Métropole.
Autre initiative qui fait écho à la promesse formulée en 2020, la Métropole propose depuis 2022 une aide à l’achat d’un vélo d’occasion de 150 euros.
Entre 2021 et 2022, la ville de Lyon a de son côté voté l’attribution de subventions pour un montant total de 55 000 euros à des associations « agissant pour la réduction des déchets et la lutte contre le gaspillage ».
Engagement auprès du Pacte pour la transition.
Confirmer l’interdiction des publicités au sol et par projection
Engagement auprès du Pacte pour la transition.
Limiter les publicités à des panneaux de 4 mètres carrés contre 12 mètres carrés aujourd’hui [en 2020]
Interdire les écrans numériques ou panneaux vidéos publicitaires dans l’espace public
Inciter les employeurs à conserver un ou deux jours de télétravail par semaine
De son côté, la Métropole va tester, à partir de la rentrée de septembre 2023, la semaine de quatre jours pour ses agents volontaires.
Inclure la gestion des risques et les enjeux de la transition écologique dans le Projet éducatif de territoire
Quant à la Métropole, elle a renforcé sa politique d’éducation à destination des collégiens. De nouvelles ressources sur le thème de la transition écologique ont été ajoutées au « portail écocitoyens », un portail en ligne à destination des enseignants qui proposent des cours, des activités et projets clés en mains.
Soutenir les associations de lutte contre les discriminations
Dans le cadre de son plan « Sport inclusif et solidaire », le Grand Lyon a également lancé un appel à projets en mars 2023 en faveur d’une pratique sportive plus ouverte et accessible.
Le soutien aux associations de lutte contre les discriminations ne date pas de ce mandat. En janvier 2020 par exemple, la ville de Lyon alors dirigée par Gérard Collomb avait accordé 107 250 euros de subventions au titre de « la lutte contre les discriminations, de l’égalité et des droits des citoyens ».
Accompagner la montée en puissance du secteur de la santé
Notons toutefois que la métropole et la ville de Lyon, en partenariat avec l’Agence régionale de santé (ARS) et d’autres acteurs du secteur, ont signé un nouveau Contrat local de santé pour la période 2022–2027. L’un de ses cinq axes consiste à « développer la coordination, la mise en réseau et l’expertise de l’écosystème des acteurs du champ de la santé ».
Créer un cluster vélo
À Lyon, la Métropole soutient le cluster « Mobilité active et durable ». Cette association, en genèse depuis 2018, a officiellement été lancée le 10 juin 2020. Le Grand Lyon l’a financée à hauteur de 30 000 euros de subventions en 2020 – aide votée sous la précédente mandature de David Kimelfeld -, puis de 80 000 euros en 2021.
L’objectif est de « structurer un collectif qui fédère et anime la filière socio‐économique des mobilités actives et durables pour la rendre plus visible, innovante et collaborative ». Fin octobre 2021, le cluster « MAD » compte 95 membres, essentiellement des TPE et PME.
Mettre en place des plateformes de récupération des matériaux du BTP
Le second, mené en partenariat avec l’association Minéka, collecte ainsi des matériaux inutilisés sur les chantiers puis les propose à la vente à prix cassés. Cette association, subventionnée par le Grand Lyon, met également des surfaces de stockage à disposition.
Soutenir les petits commerçants touchés par la crise du coronavirus
Selon Le Figaro, 44 500 entreprises du territoire ont touché cette aide. La taxe de séjour de 2019 a également été reportée et les entreprises qui occupent des locaux de la Métropole ont aussi été exemptées de loyers pendant trois mois [lire à ce sujet notre article : GL Events, Engie, etc. : le Grand Lyon sommé de faire les comptes des aides versées pendant le Covid].
« Cet argent, c’est celui du contribuable ».
Dans un rapport, la @crc_ara dresse le bilan des aides financières aux entreprises versées par le #GrandLyon pendant la crise sanitaire. Et pousse la collectivité à réclamer des remboursements dans certains cas.https://t.co/nX5D5J3nE6
— Mediacités Lyon (@MediacitesLyon) July 4, 2023
Un second volet de ce plan a été adopté en novembre 2020. La Métropole a voté une exonération de loyer pour 400 petits commerçants. Elle s’est également engagée sur la digitalisation des commerces en octroyant 52 000 euros de subventions à l’association Entreprises et numérique. 175 000 euros ont également été attribués aux associations de commerçants et aux structures relais, destinés à assurer l’accompagnement des commerçants.
Du côté de la ville de Lyon, plusieurs mesures ont également été prises, comme l’exonération partielle des redevances relatives à l’occupation commerciale du domaine public (terrasses, étalages, marchés, concessions commerciales). Cette exonération, votée en mai 2020, a représenté un montant total de plus de 8 millions d’euros sur l’année.
> Lire aussi le suivi de la promesse « Instaurer la gratuité des terrasses pour surmonter la crise du Covid‐19 »
Proposer des repas dont 50 % des aliments sont d’origine locale dans les collèges
Mais comme nous l’avons expliqué dans les colonnes de Mediacités, la promesse formulée en 2020 est très difficile à tenir. Très peu d’exploitations produisent de la viande, des légumes et des fruits bio à moins de 50 kilomètres du centre de Lyon dans des quantités suffisantes.
🍅🍴Des menus #bio et locaux pour les cantines scolaires du Grand #Lyon ? Une belle idée des écologistes mais difficile à réaliser. Entre les coûts élevés et les contraintes d’approvisionnement, l’ambition #verte a du mal à se concrétiser.https://t.co/bMeIEqZGwy
— Mediacités Lyon (@MediacitesLyon) April 19, 2023
Les collectivités se heurtent aussi à des obligations légales : selon le droit européen, les marchés publics ne peuvent pas être attribués sur la base de critères géographiques. Le Grand Lyon joue toutefois sur des contraintes de prix, de temps, de quantités et de saisonnalité pour contourner cet obstacle et augmenter la part du « local ».
Prolonger le métro D jusqu’à Vaise Industrie
Équilibrer l’offre universitaire et le logement étudiant entre Lyon, Saint‐Etienne et Clermont‐Ferrand

Plus de 120 étudiants confinés dans un taudis du Crous de Lyon

Des étudiants de Lyon‐II lancent un « appel à la solidarité contre la précarité »

Précarité étudiante : à Lyon, le dramatique manque de logements du Crous

Après l’immolation devant le Crous, une manifestation contre la précarité étudiante
Définir un plan biodiversité, dont « un plan Abeille »
Selon la Métropole, le budget en faveur de la biodiversité est doublé par rapport au précédent mandat.
[SOLUTIONS] 🦇🦗🦋🐸🦔 Des grenouilles à Villeurbanne, des faucons pèlerins à la Part‐Dieu… Cette semaine, @Mediacites fait le point sur les actions entreprises pour la biodiversité en milieu urbain. https://t.co/MyMngpCfQW
— Mediacités Lyon (@MediacitesLyon) August 28, 2019
Proposer chaque jour une alternative végétarienne dans les cantines
Proposer deux repas végétariens par semaine dans les cantines
Acheter 25% du gaz auprès de fournisseurs d’énergies renouvelables
Composé à 90 % de matières agricoles, le biogaz est considéré comme plus écologique que le gaz naturel. Aucune information n’est en revanche disponible sur le sujet pour les bâtiments de la Métropole.
Résorber totalement les bidonvilles et les campements
En 2022, le Grand Lyon a présenté ses différentes mesures de lutte contre le sans‐abrisme : augmentation du budget du programme « Logement d’abord », financement de centres d’hébergement d’urgence, initiatives pour l’insertion des sans‐abris.
Valoriser le travail des femmes, notamment à travers la commande publique
Du côté de la Métropole, le « Schéma de promotion des achats responsables » (Spar) a été adopté en décembre 2021. Il vise lui aussi à favoriser, via la commande publique, l’égalité et l’inclusion.
Interdire l’épandage de pesticides à moins de 150 mètres des habitations
Au niveau national, l’épandage de pesticides est interdit à moins de 5 ou 10 mètres des habitations selon les types de culture.
Quels pesticides sont utilisés près de chez vous ? @Mediacites publie les cartes des substances toxiques achetées dans le #Rhône. Commune par commune, produit par produit. https://t.co/DQMRhqw4RB
— Mediacités Lyon (@MediacitesLyon) January 22, 2020

Rhône : où consomme‐t‐on le plus de pesticides, commune par commune
Renégocier avec l’État le Contrat local de sécurité
À Lyon, le Contrat local de sécurité a été remplacé par la « Stratégie territoriale de sécurité et de prévention de la délinquance » (STSPD) en 2014. Cette « stratégie » fixe les objectifs de travail sur trois ans pour améliorer la sécurité de la ville, la tranquillité publique et prévenir la délinquance. Il appartient uniquement au maire et au conseil municipal d’approuver cette stratégie, même s’ils doivent s’appuyer sur d’autres interlocuteurs pour la définir – comme le préfet.
La STSPD de Lyon a été redéfinie en 2022. Elle consiste à « cibler les jeunes » dans la prévention, « aller vers les personnes vulnérables pour mieux les protéger », « renforcer la tranquillité et la sécurité publiques », et « adapter la gouvernance et les outils de la STSPD ». Des objectifs qui figuraient déjà dans les précédentes versions de la STSPD. L’actuelle n’a pas fait l’objet d’une publication par la ville dans son intégralité.
Implanter dans tous les quartiers une antenne de police municipale
Municipalités cherchent policiers désespéramment… @mathieuperisse vous explique pourquoi ⤵️https://t.co/FPYUWkCu2P
— Mediacités (@Mediacites) January 11, 2021
Sécuriser 30 points noirs cyclables dans les douze premiers mois du mandat
Le 05 juin 2021, soit un an après l’élection de l’élection Bruno Bernard, la métropole de Lyon affirmait, dans un dossier presse, « travailler actuellement à résorber plusieurs points noirs cyclables de l’agglomération ». Exemples : des pistes cyclables sécurisées sur le pont Raymond Barre ou sur le pont Wilson.
🤩 Naissance d’une piste 🚲 tant attendue pour supprimer un point ⚫ majeur sur le Pont Wilson à #Lyon
🙏 Merci aux équipes du @grandlyon @brunobernard_fr @Gregorydoucet pic.twitter.com/YoI1sxDOHA
— Fabien Bagnon 🌿🚨 (@Fabien_Bagnon) February 19, 2022
> Lire aussi le suivi de la promesse : Créer un Réseau Express Vélo (REV) de 450 kilomètres
Engagement auprès du Pacte pour la transition
Augmenter les moyens alloués au programme « Logement d’abord » ainsi qu’à ceux de l’Office foncier solidaire
Le programme Logement d’abord est un dispositif de lutte contre le sans‐abrisme, lancé en 2017 par Emmanuel Macron. Il est mené par la Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement (Dihal) en collaboration avec les collectivités locales. À Lyon, le programme a pour objectif de « réduire de moitié le nombre de personnes sans‐abri dans l’agglomération ». Concrètement, il s’agit notamment de financer des logements sociaux ou des places de pensions de famille.
Ce plan est financé par des demandes de crédits de la Métropole auprès de l’État. Elles ont effectivement augmenté, comme nous l’avons repéré dans la délibération n°2023–2310 votée en mai 2023 : de 1 017 500 euros en 2018 à 1 100 000 euros en 2023. Une augmentation toute relative donc.
[Entretien] Christophe Robert (Fondation Abbé Pierre) détaille le rôle des acteurs locaux en matière de #logement. Il défend « la montée en compétence des agglomérations » et préconise « une contribution de solidarité urbaine » sur les plus‐values foncièreshttps://t.co/5NP3QqDmZe
— Mediacités Lyon (@MediacitesLyon) July 28, 2020
Office foncier solidaire
En 2019, la métropole de Lyon a créé un Organisme foncier solidaire (OFS). Objectif : lutter contre la hausse des prix des logements. Concrètement, cet organisme achète un terrain ; les ménages achètent ensuite les murs et deviennent propriétaires de leur logement ; ils paient en revanche un loyer à l’OFS de l’ordre d’1,5 euro par mètre carré pour le terrain. Ce dispositif permet d’offrir des appartements à un coût moindre que celui du marché.
À son lancement, l’OFS était doté d’un fonds de 4 millions d’euros. En 2023, la métropole de Lyon a prévu de l’abonder à hauteur de 5 millions d’euros.
> A lire sur Mediacités notre dossier : Immobilier : dans la jungle lyonnaise
Engagement auprès du Pacte pour la transition
Faire en sorte d’avoir un lieu de réemploi dans chaque circonscription métropolitaine
♻️ Et si demain, les 19 milliards de bouteilles en verre produites en France chaque année étaient consignées ?
cc @Boutabout_pdl @rebooteille @consign_up @_Lincassable https://t.co/1sYfvk2Cma
— Mediacités (@Mediacites) May 9, 2023
A plusieurs reprises, la Métropole a également accordé des subventions à des associations qui facilitent le réemploi : 188 000 euros distribués par exemple pour l’organisation d’ateliers de réparations de vélo en juin 2022.
Selon la carte mise en ligne sur le site du Grand Lyon, des lieux de réemploi sont présents dans toutes les circonscriptions de la Métropole, sans forcément qu’ils aient tous reçu des subventions ou un soutien financier de la part de la collectivité. Il existe aujourd’hui plus de 400 sites qui permettent d’offrir une seconde vie aux produits.
Engagement auprès du Pacte pour la transition
Bonifier la subvention pour le remplacement des chauffages à fioul et à bois
Par ailleurs, toujours en 2021, la Métropole de Lyon a renforcé le dispositif Ecoréno’v, un programme lancé en 2015 et qui soutient les travaux de rénovation des propriétaires (Ecoréno’v a rencontré des difficultés pour atteindre ses objectifs sur la première moitié du mandat – lire notre enquête sur le sujet). Dans ce cadre, la collectivité a notamment décidé d’accorder des « bonus » d’un montant de 500 euros aux propriétaires de maison qui se séparent de leur chauffage au fioul.
La promesse des écologistes de rénover 10 000 logements par an dans le #GrandLyon est compromise. Face aux obstacles techniques & financiers, les rénovations peinent à décoller et l’objectif de réduction de la précarité énergétique est loin d’être atteinthttps://t.co/kMC1bF8aVj
— Mediacités Lyon (@MediacitesLyon) April 12, 2023
D’autres bonus ont été créés, toujours dans le cadre du dispositif Écoréno’v, pour soutenir l’achat d’installations d’énergies renouvelables. Ces bonus peuvent aller de 500 euros pour l’installation d’un poêle à bois, à 3 000 euros pour une pompe à chaleur.
Engagement auprès du Pacte pour la transition
Sanctuariser les espaces naturels et agricoles de la Terre des Lièvres et du plateau des Maraîchers
Développer un baromètre du bien‐être écologique et social
La ville de Lyon a lancé son « Baromètre du bien‐être » via une série d’ateliers avec des habitants en janvier 2023. La démarche vise à aider les élus à mieux définir les politiques publiques en fonction de « ce qui compte le plus » pour les Lyonnais et de ce qui contribue à leur bien‐être. Les préoccupations identifiées seront présentées au conseil municipal dans le cadre de l’élaboration du budget 2024.
Favoriser les entreprises d’insertion via la commande publique
Voté en septembre 2021, le Schéma de promotion des achats socialement et écologiquement responsables (Spaser) de la ville de Lyon a fixé des objectifs en matière d’emploi d’insertion, dont celui de 150 000 heures d’insertion réalisées par an au titre des marchés publics de la collectivité. Du côté de la Métropole, un Schéma de promotion des achats responsables (Spar) a été adopté en décembre 2021. Il vise lui aussi à favoriser, via la commande publique, l’insertion de publics éloignés de l’emploi.
Renforcer la brigade cycliste
Planter un verger municipal par arrondissement
La création des #VergersMunicipaux est lancée ! 🍓🫐🌿
Dans le 8e arr, j’étais ce matin en compagnie de @Nicolas_Husson_, @ChapuisGautier, @BerzaneO et @ChrystelBertran afin de mettre en terre les premiers plants du tout premier verger municipal de #Lyon ! pic.twitter.com/dJsM33QCdE
— Grégory Doucet (@Gregorydoucet) November 23, 2020
Les huit autres sites plantés de cerisiers, de poiriers, de pommiers et de pêchers l’ont été au cours des automnes 2020 et 2021. Il s’agit du jardin Bodin Magneval (1er arrondissement), du square Général Delfosse (2e – Confluence), du jardin Jacob Kaplan (3e), du parc Chazière (4e), du 87, rue du commandant Charcot (5e), du square Descours (6e), de la rue Marie‐Madeleine Fourcade (7e – Gerland) et de la montée de l’Observance (9e).
[Avril 2023] D’autres vergers ont été plantés dans la ville, comme, dans le 7e arrondissement, au parc Blandan [photo ci‐dessous] ou au square Jules Guesde. Au printemps 2023, la majorité écologiste annonce qu’elle plantera finalement un verger par an et par arrondissement jusqu’à la fin du mandat pour atteindre 54 vergers d’ici à 2026.


300 000 arbres à planter dans le Grand Lyon : il n’y aura pas d’ombre pour tout le monde
Revaloriser la charte de coopération culturelle dans le but d’agir dans les quartiers prioritaires pour la politique de la ville
Engagement auprès du Pacte pour la transition
Sortir du diesel d’ici à 2026
« On va détendre le calendrier. » Dans une interview donnée à Tribune de Lyon en février 2023, Bruno Bernard revient sur un engagement phare de sa campagne électorale et de son début de mandat : l’interdiction des véhicules diesel (classés Crit’Air 2) au sein de la Zone à faibles émissions (ZFE) d’ici à 2026. Le président de la Métropole de Lyon reporte cette échéance à 2028 et justifie cette décision par les « inquiétudes sur la rapidité du calendrier » et sa volonté d’ouvrir « la discussion (…) avec les acteurs du monde économique ».

ZFE « amplifiée », pont de Vernaison et forêt vierge au menu du prochain conseil de la métropole de Lyon

Régie de l’eau, messagerie numérique, éclairage et « dorlotoir » à abeilles au menu du conseil de la Métropole de Lyon

Manne des parkings, dispositif « zéro chômeurs » et Louis XIV au menu du conseil métropolitain du Grand Lyon.

Dans le Grand Lyon, la lutte contre la pollution de l’air à l’épreuve des inégalités sociales

Zone à faibles émissions, RSA jeunes et « Only Lyon » au menu du prochain conseil métropolitain du Grand Lyon

Vélos, ZFE, gros sous et « brigade logement » au menu du prochain conseil métropolitain du Grand Lyon

ZFE dans la Métropole de Lyon : les points qui restent à trancher

Certains véhicules de particuliers aussi concernés par la ZFE : la boulette de la Métropole de Lyon
Renégocier les Contrats locaux de santé pour accorder une place importante à la santé environnementale
La ville de Lyon a signé un nouveau Contrat local de santé, le 10 janvier 2023, qui correspond à un programme de 43 actions pour la période 2022–2027. Le premier axe résonne avec la promesse formulée en 2020 puisqu’il s’agit de « promouvoir des milieux de vie favorables à la santé et au bien‐être de tous ». Concrètement : améliorer la qualité des logements, réduire les nuisances sonores, limiter l’impact des lumières sur la biodiversité et la santé humaine, etc. Plus d’une trentaine d’acteurs se sont engagés autour de ce « CLS » outre la ville et l’Agence régionale de santé : la préfecture, la Caisse primaire d’assurance maladie, le centre communal d’action sociale, les Hospices civils de Lyon et autres centres hospitaliers du territoire, ou encore les organismes professionnels du secteur de la santé.
Gérer l’eau en régie
Le chantier, piloté par la vice‐présidente déléguée à l’Eau et à l’assainissement Anne Grosperrin, s’est révélé d’envergure : « Eau du Grand Lyon », le nom de la filiale de Veolia qui gérait plus de 4 000 kilomètres de réseaux, approvisionnait les robinets de plus d’1,3 million d’habitants et employait 280 salariés. Mediacités a suivi ses grandes étapes, à retrouver dans nos publications ci‐dessous.

Eau du Grand Lyon : trois ans après le passage en régie publique, le plus dur reste à venir…

Eau du Grand Lyon : la facture va grimper en 2025

Eau du Grand Lyon : une « tarification solidaire » qui masque la flambée des prix

Eau du Grand Lyon : Veolia est parti avec la caisse

Régie de l’eau, messagerie numérique, éclairage et « dorlotoir » à abeilles au menu du conseil de la Métropole de Lyon

Eau du Grand Lyon : la régie publique provoque des remous au sein de la Métropole

Transports en commun, GL Events et eau potable au menu du prochain conseil métropolitain du Grand Lyon

Régie publique de l’eau : les salariés de Veolia mettent la pression sur la Métropole de Lyon

Eau : « La participation citoyenne, condition indispensable à la réussite de la régie du Grand Lyon »

Eau : à qui profitera la régie publique du Grand Lyon ? Revoir notre #DébatRadar

L’eau du Grand Lyon en régie publique : les inconnues d’un dossier à risques
Régie publique de l’eau : le Grand Lyon enclenche « la bascule »

Grand Lyon : pourquoi l’eau est (encore) trop chère
Signer la charte Habicoop et soutenir l’association afin de l’aider à trouver du foncier
La majorité de Bruno Bernard a voté, pour 2021, une subvention de 8000 euros, à l’association Habicoop Auvergne‐Rhône‐Alpes… dans la continuité de la majorité précédente. En 2020 et les années précédentes, Habicoop avait bénéficié de subventions de fonctionnement comprises entre 7000 et 8000 euros. A noter qu’en 2021, le Grand Lyon a par ailleurs soutenu, via une subvention de 5000 euros, la fédération Habicoop (qui agit à l’échelle nationale) pour expérimenter un programme d’évolution de copropriétés fragiles vers de l’habitat participatif.

Immobilier : antidote à la spéculation, l’habitat coopératif peine à décoller
Mettre en place une subvention de 500 euros pour l’achat d’un vélo à assistance électrique
Créer d’un nouveau service de location de vélo longue durée
Mettre en place un Schéma de promotion des achats responsables pour « une commande publique verte »
A l’échelle du mandat, le total des achats de la ville est estimé à 1 milliard d’euros. Ce Spaser remplace un précédent « schéma de promotion des achats responsables » adopté, en 2016, par la précédente majorité.
De son côté, la métropole de Lyon a voté, en janvier 2021, la mise en place d’un Schéma de promotion des achats responsables (Spar) – délibération n° 2021–0375. D’après la collectivité de Bruno Bernard, les marchés publics du Grand Lyon pèsent 600 millions d’euros par an, sans compter les 500 millions d’euros de dépenses via des contrats de délégation de service public ou de concession.
Adhérer à la Gonette afin de rémunérer avec cette monnaie locale les élus et volontaires à hauteur de 5%
Cette promesse était un engagement auprès du Pacte pour la transition.

Gonette, cirque, chauffage urbain et moutons au menu du prochain conseil du Grand Lyon

Monnaie locale : pour que les collectivités lyonnaises utilisent la Gonette

Gonettes, SoNantes, Sol‐Violette et les autres : les dilemmes des monnaies locales
Labeliser le nouveau cimetière de la Guillotière en refuge pour les animaux
Consulter la population sur une diminition du nombre de jours maximum de location Airbnb
Instaurer la gratuité des terrasses pour surmonter la crise du Covid‐19
Créer un RSA jeune pour les 18–25 ans
Lors du débat d’orientation budgétaire, en décembre 2020, la collectivité a prévu d’allouer 10 millions d’euros, pour l’année 2021, à ce RSA spécial moins de 25 ans. Le dispositif doit faire l’objet d’un vote lors d’un conseil métropolitain en mars 2021 pour de premiers versements en juin. D’après les estimations de la Métropole, 2000 jeunes sont potentiellement concernés.
Mettre en place un fonds de soutien à la culture de 4 millions d’euros
Les élections municipales en 15 questions
1. Pourquoi demande‐t‐on aux électeurs de retourner aux urnes deux ans après les dernières législatives ?
Depuis la mise en place du quinquennat en 2002 et l’inversion du calendrier électoral décidée en 2001, les élections législatives sont organisées dans la foulée de l’élection présidentielle. À quelques semaines près, le mandat du chef de l’État coïncide donc avec ceux des députés. La dissolution du 9 juin bouleverse ce calendrier.
Le choix d’organiser en premier le scrutin pour l’Élysée a renforcé la nature présidentielle de notre régime et la personnalisation de la vie politique autour de cette élection, selon de nombreux politologues. Depuis l’instauration du quinquennat, les Français ont toujours accordé au président élu une majorité à l’Assemblée nationale faisant de lui, de fait, le chef officieux du gouvernement, alors que ce rôle échoit officiellement, d’après la Constitution, au Premier ministre. Emmanuel Macron espère qu’il en sera encore ainsi le 7 juillet prochain. Mais cette fois, rien n’est moins sûr.
2. À quelles dates se dérouleront les élections législatives 2024 ?
Les Français établis à l’étranger, et qui sont représentés depuis 2012 par onze députés, voteront les dimanches 30 juin et 7 juillet, sauf ceux de la zone américaine (qui envoient deux élus au palais Bourbon). Eux se rendront aux urnes de leur ambassade ou de leur consulat les samedis 29 juin et 6 juillet.
3. Quand se déroulera la campagne électorale ?
Mais la campagne en elle‐même a commencé dès le 9 juin peu après 21 heures et l’annonce de la dissolution par le président de la République. Dans la stupeur et la confusion provoquée par un double séisme : la très large victoire du Rassemblement National aux européennes et la dissolution voulue par le président de la République.
Depuis, le paysage politique français connaît un double processus de décomposition / recomposition accéléré. Le 10 juin au soir, les partis de gauche (PS, LFI, Les écologistes, PC, etc) se sont rassemblés dans un nouveau Front populaire, pour faire barrage à l’extrême‐droite. Le lendemain, à 13 heures, le patron des Républicains, Eric Ciotti, a annoncé de son côté souhaiter une alliance entre son parti et le Rassemblement National. Il a été immédiatement désavoué par les principaux ténors du mouvement : Gérard Larcher, Laurent Wauquiez, Bruno Retailleau, Xavier Bertrand et d’autres. Et d’autres rebondissements sont encore à attendre.
4. Qui peut voter ?
5. Comment connaître la circonscription dans laquelle je vote ?
Pour trouver la vôtre, on vous conseille ce petit moteur de recherche. Confectionné en 2022 par nos confrères et consœurs du Parisien, il vous permettra de connaître votre « circo » à partir de votre adresse postale. Les limites n’ont pas changé depuis et sont toujours valables pour ces législatives 2024.
6. Comment les circonscriptions électorales sont‐elles découpées ?
On compte 539 circonscriptions en France métropolitaine, avec de grandes variations selon les départements : une seule dans la Creuse ; pas moins de 21 dans le département du Nord. Les circonscriptions restantes se répartissent entre les départements, régions et collectivités d’Outre-Mer (27 circonscriptions) et celles des Français de l’étranger (11 circonscriptions délimitées sur l’ensemble du globe).
7. Comment s’organise le scrutin législatif ?
« Scrutin universel direct » : tous les citoyens majeurs [voir la question 4, « Qui peut voter ? »] peuvent participer aux élections législatives et désignent directement leurs députés, contrairement aux sénateurs qui sont élus indirectement par « des grands électeurs ».
« Majoritaire à deux tours » : est élu député le candidat qui remporte une majorité de voix des suffrages exprimés.
- Soit à la majorité absolue (50 % des voix plus 1) lors du premier tour, à la condition que cette majorité représente un nombre de voix au moins égal au quart des inscrits. Autrement dit, une forte abstention peut empêcher l’élection d’un candidat au premier tour même si celui‐ci a franchi la barre des 50 % des voix.
- Soit à la majorité absolue ou relative au second tour dans le cas d’une triangulaire ou d’une quadrangulaire [voir la question 11, « Quels candidats pourront accéder au second tour ? »]. Autrement dit : celui qui arrive en tête remporte le siège de député.
« Uninominal » : les candidats se présentent individuellement, dans chaque circonscription, et non sur une liste. Chacun s’affiche néanmoins avec son suppléant, destiné à jouer les remplaçants en cours de mandat pour une raison ou une autre (la démission du député ou son entrée au gouvernement, par exemple).
Il est arrivé une fois que les élections législatives ont été organisées au scrutin proportionnel, chaque parti présentant une liste de candidats. C’était en 1986 et François Mitterrand, alors président de la République, qui sentait poindre la cohabitation, l’avait instauré pour atténuer le nombre de sièges perdus par la gauche. Résultat, avec près de 10 % des voix au niveau national, le Front national de Jean‐Marie Le Pen avait fait son entrée en force à l’Assemblée nationale : 35 députés.
« Par circonscription » : chaque électeur vote dans sa circonscription [pour trouver la vôtre, rendez‐vous au point 5 de notre questionnaire], un territoire qui rassemble un certain nombre de cantons. On compte 577 circonscriptions en France (un maximum inscrit dans la Constitution). Le nombre de circonscriptions par département tient compte de la population : le Nord, très peuplé, en compte 21 ; la Creuse, une seule.
8. Les élections législatives passionnent‐elles les foules ?
9. À quelles conditions peut‐on se présenter aux élections législatives ? ?
- Être âgé d’au moins 18 ans ;
- Disposer de la nationalité française ;
- Ne pas être atteint d’inéligibilité. C’est le cas, par exemple, des personnes condamnées pour un crime ou un délit et qui ont été interdites de droits civiques ; ou encore des anciens préfets qui se présenteraient dans le département où ils ont exercé leur fonction il y a moins de trois ans.
10. Peut‐on se présenter n’importe où aux élections législatives ?
C’est ce qui explique le phénomène des candidats « parachutés » pour les élections législatives, souvent des figures politiques nationales investies par leur parti dans des circonscriptions favorables, où la victoire leur est promise. Mieux vaut parier sur le bon cheval, cela dit : il est impossible de se présenter sur plus d’une circonscription législative.
11. Quels candidats pourront accéder au second tour ?
Ce système peut permettre à plus de deux candidats de s’affronter, le 19 juin, dans certaines circonscriptions. On parle alors de triangulaire (trois candidats) ou de quadrangulaire (quatre candidats). Mais celles‐ci ont tendance à se raréfier au fur et à mesure qu’augmente l’abstention [lire la question 8, « Les législatives passionnent‐elles les foules ? »] puisqu’il faut, on se répète, réunir les voix de plus de 12,5 % des inscrits pour passer le premier tour.
12. Les candidats aux élections législatives sont‐ils remboursés pour leurs frais de campagne ?
- Les dépenses de propagande électorale (impression des bulletins de vote, impression et pose des affiches de campagne) ;
- Les dépenses de campagne (mobilier, accessoires de propagande, local de campagne, conseil, coaching ou encore l’achat de presse locale). À noter que le plafond de dépenses autorisé dépend de la population de chaque circonscription électorale. À titre d’exemple, dans le Nord, un candidat peut dépenser au maximum 75 247 euros dans la 11e circonscription (144 800 habitants), mais « seulement » 67 415 euros dans la 17e circonscription (103 361 habitants).
Le montant du remboursement des dépenses de campagne est déterminé par la CNCCFP, dans la limite de 47,5 % du plafond fixé pour chaque circonscription.
Côté recettes, un candidat peut recevoir sur son compte de campagne les dons de particuliers (dans la limite de 4 600 euros par donateur) et d’un parti politique. Les entreprises, les associations ou les syndicats ne peuvent donc pas concourir au financement de la campagne d’un député. L’ensemble des dépenses et des recettes de campagne doivent être retracées sur un compte bancaire dédié, géré par le mandataire financier désigné par le candidat.
13. À quoi sert un député ?
Même s’il est élu dans une circonscription, le député représente la Nation. Le député participe tout d’abord à l’élaboration des lois. À ce titre :
- Il peut élaborer des propositions de lois ;
- Il vote les lois ;
- Il peut proposer des amendements aux textes législatifs. Sur la législature 2017–2022, les députés ont déposé un total de 200 173 amendements en séance publique ;
- Il peut saisir le Conseil constitutionnel pour qu’il se prononce sur la conformité d’un texte voté. Au moins 60 députés doivent se réunir pour demander le contrôle de constitutionnalité. Le plus souvent, cet examen est demandé par les députés de l’opposition, qui espèrent empêcher la promulgation d’une loi voulue par la majorité.
Le député exerce également une fonction de contrôle de l’action du Gouvernement, à travers plusieurs mécanismes :
- Il peut poser des questions écrites ou orales au Gouvernement. Durant la législature 2017–2022, les députés ont adressé 4 851 questions au Gouvernement ;
- Il peut participer à une commission d’enquête ou à une mission d’information parlementaire ;
- Il peut proposer et/ou voter une motion de censure pour mettre en cause la responsabilité du Gouvernement. Pour aboutir, la motion de censure doit recueillir la majorité absolue de l’Assemblée nationale, soit 289 voix. Cinq motions de censure ont été déposées, sans succès, par les députés entre 2017 et 2022. Depuis 2022, quatre ont été déposées. Là‐encore, sans réussir à faire tomber le gouvernement.
14. Un député peut‐il occuper d’autres mandats électoraux (maire, conseiller régional, etc.) ?
- maire (d’une ville ou d’un arrondissement) ;
- président ou vice‐président d’un conseil régional ;
- président ou vice‐président d’un conseil départemental ;
- président ou vice‐président d’une métropole, d’une communauté de communes et de tout autre établissement public de coopération intercommunale (EPCI).
Impossible également d’être à la fois député et sénateur, ou encore de cumuler un mandat parlementaire avec celui de député au Parlement européen. En revanche, rien n’interdit d’être à la fois député et conseiller municipal, départemental ou régional. A un détail près : il n’est possible de détenir qu’un seul mandat local en plus de celui de député.
15. Combien gagne un député ?
Mais ce n’est pas tout : un député dispose également d’une avance de frais de mandat, d’un montant de 5 950 euros par mois. Cette enveloppe permet de couvrir certaines dépenses autorisées, comme la location d’une permanence parlementaire dans leur circonscription, les frais de repas dans l’exercice de leurs fonctions ou encore les frais de formation. Le déontologue de l’Assemblée nationale veille au bon usage de l’enveloppe et contrôle de manière aléatoire les dépenses de chaque député — au minimum une fois par législature.
Ajoutons que certains frais des députés sont directement pris en charge par l’Assemblée nationale. Ceux qui se déplacent régulièrement entre leur circonscription et Paris bénéficient d’une carte SNCF pour voyager en première classe. Les élus profitent enfin de la Dotation matérielle du député : une enveloppe d’un montant maximal de 18 950 euros par an qui permet de couvrir des dépenses de taxi, des frais de courrier ou encore des abonnements Internet et téléphonie.
Soutenez un média qui enquête avec vous
Votre abonnement permet à nos journalistes de travailler, en toute indépendance, sur les sujets qui vous concernent.




















Foire aux questions
Pourquoi les journalistes de Mediacités contrôlent‐ils les promesses de Bruno Bernard et Grégory Doucet ?
Nous nous sommes donc donné pour mission de vérifier si le maire de Lyon et le président du Grand Lyon allaient tenir leurs engagements. Nous suivrons plus particulièrement ce que nous avons appelé les “promesses phares”, celles qui concernent les dossiers clés de leur mandat 2020–2026.
D’où viennent les « promesses » vérifiées par Mediacités ?
Pour que vous puissiez facilement naviguer dans les promesses, nous les avons classées dans 14 thématiques (“Éducation et jeunesse”, “Urbanisme”, etc.). Nous avons préféré utiliser des termes neutres plutôt que les catégories présentes dans le programme des écologistes (exemple : “Se déplacer mieux pour polluer moins”).
À quoi correspondent les verdicts de chaque promesse ?
Nous avons défini six verdicts possibles pour chaque promesse de campagne :